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 it’s a mission, not a party | solano

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MessageSujet: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:06

- Roan Diego, Solano -
| back off, she’s mine |
PRÉNOM(S) + Les prénoms choisis par le couple Solano pour leurs progénitures n’ont jamais été le fruit du hasard. Adeptes des significations, des valeurs et symboles, Diego et Roza Solano ont prénommé leur premier enfant, celui qui a fait le bonheur du jeune couple il y a des années de cela, Roan. S’ils aiment tout particulièrement faire dans l’originalité, c’est la signification du prénom qui a fait pencher la balance. En effet Roan, signifie « celui qui brille » et c’est exactement ce que souhaitaient les parents pour leur fils. Avant même d’être né, avant même de pousser son premier cri, Roan avait une importance toute particulière. Parce qu’il était le premier né d’une famille très puissante, qu’il avait certes d’ores et déjà un avenir tout tracé quant à l’héritage qui l’attendait, mais aussi et surtout parce qu’il s’agissait d’un homme. Et si Diego Solano aime chacun de ses enfants, son vœu le plus cher fut réalisé lorsqu’il apprit le sexe de son aîné. Parce que dans cette famille aux mentalités machistes et parfois datées, être un homme donne bien plus de prestance, d’importance. Alors oui, avant même de naître, Roan Solano était promis à un avenir d’excellence, de pouvoir et d’influence. Et jamais ô grand jamais, le garçon n’a souhaité décevoir son père. D’ailleurs ce dernier a insisté pour accoler à son premier prénom, le sien, Diego, simplement pour montrer au monde entier que Roan Solano est le digne fils de Diego Solano.NOM(S) + Tout le monde connaît la famille Solano, que ce soit ici, à Londres, ou plus globalement au Royaume-Uni, et plus encore en Colombie. Et pour cause, les Solano ont une véritable réputation qu’ils entretiennent depuis plusieurs générations. Leur famille est nombreuse et chacun y a une place particulièrement importante – malgré certaine déviance dont déplore le chef de famille. Si la famille est avant tout connu pour leur sens des affaires et pour leur chaîne d’hôtels de luxe dont ils sont à l’origine, ils ont aussi une toute autre réputation qui tient davantage au réseau de drogue auquel ils sont à la tête depuis des années et qu’ils mènent d’une main de fer. La plus grande fierté de Roan est probablement celle de faire partie intégrante de cette famille et d’y avoir un rôle prépondérant à jouer. Il sait qu’à la retraite de son père, il sera celui sur lequel reposera absolument tout, et ce même si ses sœurs ont toutes un rôle très important. Mais le fait est qu’il est le seul héritier masculin des Solano et qu’il aura la lourde charge de mener à bien leur business, quel qu’il soit. Depuis sa naissance, Roan est préparé et entraîné pour cela. Sa vie entière est tournée vers sa famille et leur grandeur et il sait pertinemment que ça sera toujours ainsi. Il n’a d’ailleurs jamais eu d’autre ambition que celle de prendre la relève de son père quand il le devra.  ÂGE + Roan est l’aîné de la famille se composant de quatre enfants. Il prend d’ailleurs son rôle de grand frère particulièrement à cœur. Parce qu’il a toujours été ainsi et que son père lui a appris à garder un œil permanent  sur ses sœurs, à être présents pour elles dans n’importe quelle situation, à les protéger et à les préserver. Alors oui, il est parfois un peu excessif mais il a été élevé ainsi et n’est pas prêt de changer. Aujourd’hui, Roan a vingt-neuf ans et il approche dangereusement de la trentaine. S’il est conscient qu’en vieillissant, se rapproche le moment où il devra prendre la relève de son père, il sait aussi que la pression de fonder à son tour une famille, à l’image de celle qu’a fondé Roza et Diego Solano, commence à se faire jour. Et s’il est parfaitement prêt à diriger leur business, il a un peu plus de mal à se dire qu’il devra dans un avenir proche, fonder la relève par ses propres moyens. DATE ET LIEU DE NAISSANCE + Comme le reste de sa famille, il était prévu que Roan naisse à Londres. Parce que c’est ici que la famille réside depuis plusieurs générations et que c’est ici qu’ils assoient leur pouvoir, leur influence et leur domination dans leur domaine. Et pourtant, ce n’est pas à Londres que l’aîné de la fratrie a vu le jour. En effet, du fait de ses quelques semaines d’avance et de son empressement à sortir du ventre de sa mère,  Roan est né alors que le couple Solano était en déplacement professionnel, bien que teinté par le plaisir de retrouver l’ensemble des Solano, à Bogota en Colombie. C’est d’ailleurs sous un soleil de plomb, qu’il a vu le jour Roan, dans une petite clinique privative le 16 Août 1986 très exactement. ORIGINES ET NATIONALITÉ + Du fait de sa naissance à Bogota, et de sa résidence à Londres, Roan possède la double nationalité, anglaise et colombienne, tout comme ses parents, ce qui a une importance tout particulière pour lui. Il est comme l’ensemble de sa famille, très attaché à ses origines et à ses racines. Et davantage par ses origines colombiennes. STATUT CIVIL + Diego Solano ne se mêle pas de la vie sentimentale de ses enfants, se reposant, en ce qui concerne ses filles sur la surveillance accrue de Roan, que le jeune homme prend d’ailleurs très au sérieux, au grand dam des demoiselles Solano. Et si Diego ne s’immisce pas dans la vie privé de son fils, il lui arrive parfois de lui faire quelques remarques en la matière, lui rappelant sans le moindre tact qu’il est celui sur lequel tout repose, qu’il est celui qui prendra la tête de leur empire et qui aura la lourde tâche de perpétrer leur nom. Dès lors, il n’hésite pas une seconde à lui faire comprendre qu’il a atteint un âge où il devrait préparer sa propre relève en se trouvant une charmante épouse et en ayant des enfants. Bien sûr, Roan hoche toujours la tête à cela, lui affirmant qu’il y travaillait, quand la vérité était toute autre. Roan Solano est à des années lumières de se marier et encore plus d’avoir des enfants. Parce qu’il n’a jamais rencontré qui que ce soit qui lui donne assez envie de faire son devoir, mais aussi et surtout parce qu’il a un véritable problème avec l’engagement en matière sentimentale. Le fait est que Roan excelle dans à peu près tous les domaines, sauf celui-ci. Beaucoup vous diront qu’il n’a d’ailleurs pas de cœur, qu’il lui est impossible de s’attacher à qui que ce soit d’autre qu’à sa famille et aux membres de son cartel –et encore. Qu’il ne parviendra jamais au résultat tant espéré par son géniteur. Et pour cause, Roan tient beaucoup à son célibat et à sa liberté. Pour lui, l’amour, si cela existe, n’est qu’une marque de faiblesse, qu’un moyen d’être atteint et une manière de se mettre à nu devant quelqu’un. Et s’il y a bien une chose que Roan ne fait pas, c’est se mettre à nu. Il ne se dévoile pas, il ne fait pas dans les sentiments et encore moins dans les émotions. Du moins, en principe. Car oui, la réalité est souvent bien différente du principe. Roan, conscient de son potentiel de séduction –parfois d’ailleurs un peu- sait parfaitement comment attirer une fille dans ses filets et cela a fait ses preuves plus d’une fois. Le côté mystérieux, ténébreux, inatteignable, dangereux, autoritaire et influant marche à tous les coups. Si bien qu’en règle générale, Roan n’a pas à faire le moindre effort pour avoir les filles qu’il souhaite. Elles sont là, sans qu’il n’ait besoin de faire quoi que ce soit pour ainsi dire. Et il en profite aisément. Bien trop au goût de ses sœurs d’ailleurs. Car oui, ses sœurs le connaissent par cœur et savent pertinemment qu’il n’a absolument pas pour objectif de rendre une femme heureuse et de la traiter avec respect. Bien au contraire. Roan n’est pas un modèle de vertu en matière de femmes. Parce qu’il les traite bien trop souvent mal, est directif, autoritaire, rustre et brutal avec elles et cela sans lui poser le moindre problème de conscience. Il les prend, couche avec elles, et ne leur prête plus le moindre intérêt. Voilà le comportement qu’il a envers les femmes. Ce qui peut sembler parfois contradictoire puisqu’il déteste par dessus tout que les hommes se comportent ainsi avec ses sœurs et qu’il serait prêt à tuer le premier qui agirait ainsi avec l’une d’entre elles. Et pourtant, c’est ce qu’il est et qu’il sera probablement jusqu’à ce qu’il rencontre celle qui parviendra –si elle existe – à réellement l’apprivoiser et avoir un certain ascendant sur lui. Bien sûr, si vous lui posez la question, Roan affirmera que ceci n’arrivera jamais, qu’il dirige, qu’il commande et qu’il est tout bonnement supérieur aux femmes. Ceci étant, depuis quelque temps, il semble mettre un peu plus de cœur à l’ouvrage quant à la séduction d’une certaine blonde. Et si son but premier était simplement de lui soudoyer quelques informations sur son frère, il semblerait bien qu’elle le fasse doucement flancher, le laissant se prendre à son propre jeu. Parce qu’aussi étrange que cela puisse paraître, lorsqu’elle entre dans une pièce, il ne peut détourner son regard d’elle, lorsqu’il se retrouve seul, le souvenir de leur baiser échangé le hante, et il ne rêve finalement que d’une chose, recommencer. Mais cela est sans compter sur cette flopée de sensations étranges qu’il a ressenti en attrapant ses lèvres qui le font de toute évidence complètement flipper. Ce qui est loin d’être dans ses habitudes.ÉTUDES/MÉTIER + Dans la famille Solano, l’éducation est très importante. Tous se doivent d’exceller dans à peu près tous les domaines et plus encore dans leur domaine de prédilection. Roan n’a pas fait défaut à ce devoir, rapportant au fil de sa scolarité d’excellentes notes et travaillant d’arrache pied pour parvenir à décrocher un diplôme de commerce et management dans une école très réputée de Londres. Cependant, si Roan a joué le jeu, s’il a effectué les années d’études qu’on lui demandait de faire, donnant de son énergie et de sa personne pour obtenir les meilleurs résultats possibles, il est évident que cela n’a pas vraiment grand intérêt pour lui. Il ne s’intéresse pas vraiment au commerce, à la gestion ou au management. Il est conscient que son parcours scolaire l’aide et l’aidera dans le futur, mais il est persuadé qu’il aurait pu arriver au même résultat sans. Mais une fois encore, il s’agissait là des désirs de son père auquel il s’est docilement plié. Car la vérité serait davantage de dire que Roan n’aimait pas l’école. Qu’il n’aimait pas se mélanger aux autres, devoir se sociabiliser et devoir se contrôler d’asséner toutes personnes qu’il qualifiait d’idiote d’une violente correction bien méritée. Fort heureusement, cela est aujourd’hui derrière lui et il peut dorénavant faire de sa vie, ce qu’il souhaite –dans une moindre mesure. En effet, comme la quasi totalité des membres de la fratrie, Roan travaille pour son père. Et s’il travaille à l’hôtel en tant que manager –aux côtés de sa chère sœur- c’est surtout son second emploi qui l’intéresse. Car oui, c’est finalement dans ce second domaine que Roan excelle. Il est depuis quelques années le bras droit de son père dans ses fonctions de leadeur de leur cartel sous-terrain. Autrement dit, Roan est le bras droit du plus grand dealeur du pays. Rien que ça. Dès lors, c’est Roan qui effectue beaucoup de transactions, qui prépare la marchandise, qui règle les différends, entre autres. Là est son domaine de prédilection, là est le domaine où il se sent bien et où il excelle et où il compte bien montrer à son père qu’il est digne d’assurer sa relève. TRAITS DE CARACTÈRE + Roan est le portrait craché de son géniteur. Au delà de sa ressemblance physique évidente avec ce dernier, Roan n’est pas le digne fils de Diego Solano pour rien. Puisque ce dernier a beaucoup misé sur l’éducation de son fils qu’il a construite à son image, et forgé afin qu’il devienne exactement ce qu’il est et est devenu au fil des années. Dès lors, Roan est souvent qualifié de cruel, violent, impulsif, sans cœur et j’en passe. Et tous ces qualificatifs sont parfaitement vrais. Roan n’a pas d’état d’âme, il n’a pas de sentiments ou ressentiments. Il agit spontanément de la manière qu’il souhaite sans se poser la question de savoir si ce qu’il pourrait dire ou faire pourrait faire quelques dommages collatéraux autour de lui. Les seuls dommages qu’il ne cautionne pas sont ceux à l’égard de ses petites sœurs. D’ailleurs, si on le dépeint souvent comme un être cruel et sans cœur, il est évident qu’il a un tout autre comportement envers ces dernières. Dans une moindre mesure, il parvient un peu plus à s’ouvrir à elles, à se confier et surtout, à accepter leur aide et à leur faire confiance. Enfin la confiance reste pour l’heure plutôt relative. Car si il leur accorde volontiers sa confiance dans de nombreux domaines, il ne le fait absolument pas lorsque cela intègre d’autres personnes, et notamment des personnes de sexe masculin. Davantage parce qu’il n’a pas confiance en eux qu’envers ces sœurs, mais tout de même. Il est terriblement protecteur et possessif, parfois même intrusif dans leur vie, mais il part du principe qu’il fait uniquement cela pour leur bien et qu’elles finiront par le remercier d’être présent pour leur garantir une certaine sécurité. Si Roan est possessif avec ses sœurs, il l’est aussi avec son entourage proche. Il n’a pas énormément d’amis ni de personnes qui comptent à ses yeux, c’est pourquoi celles qui sont auprès de lui sont très importantes et il a bien du mal avec l’idée même de devoir les partager. Beaucoup vous diront que Roan est toujours d’une humeur de chien, qu’il ne fait le moindre effort et qu’il fait toujours preuve de mauvaise humeur et de mauvaise foi, ce qui est tout à fait vrai. Il lui arrive de sourire et même de rire, mais le fait est que ceci est assez rare pour que ses sœurs ne cessent de lui en faire la remarque. Roan est perfectionniste et un brin maniaque. Personne ne pourra lui reprocher de laisser traîner ses affaires ou de vivre dans un bazar monstre car tout est toujours parfaitement bien rangé et qu’absolument rien ne traîne. Il déteste le désordre, il déteste quand quelque chose ne va pas dans son sens ou lorsque quelqu’un sort des rangs. Bien trop habitué à la rigueur, il n’est pour lui pas question de se laisser envahir, par quoi que ce soit, ou qui que se soit. C’est là encore un problème évident d’égo car il a ce besoin permanent de dominer, de contrôler, que ce soit les gens ou sa vie en générale. Cela le rend parfois un brin psychorigide mais il s’en contrefiche. Il est adepte du travail bien fait, et n’hésite d’ailleurs pas à hausser la voix quand ce n’est pas le cas. Par ailleurs, Roan n’est absolument pas diplomate. Il dit les choses, il les dit dès qu’il les pense et manque bien trop souvent de tact. Il est assez brusque dans ses propos et ceci peut parfois être difficile à encaisser. Ceci étant, on ne pourra jamais lui reprocher de manquer de franchise. S’il sait comment séduire une fille en faisant état de son charme naturel, dès qu’il n’est plus dans sa zone de confort, il a bien du mal à s’exprimer. Il déteste ne pas avoir le contrôle des choses et lors que cela est le cas, il sait pertinemment qu’absolument rien de bon n’en sortira. Roan n’est de toute évidence pas la personne la plus sociale qu’il existe, bien au contraire, mais il sait, quand cela est nécessaire jouer le jeu afin de manipuler toute personne qui serait susceptible de lui apporter un quelconque avantage. GROUPE + Hyde Park.

Wreck of the day

20 CHOSES À SAVOIR SUR MOI + one, ses sœurs représentent à peu près tout ce qu’il a et il serait capable d’absolument tout pour elles. A tuer certes, mais aussi à donner sa propre vie. Et ce même pour Camilla, avec qui il ne parle aujourd’hui pourtant plus. ϟ two, lorsqu’il ne travaille pas, il passe le plus clair de son temps à s’entraîner. Il fait énormément de sport, que ce soit des sports de combats ou de la musculation. Il ne s’arrête jamais. Il est aussi très fréquent de le voir se perfectionner au stand de tir privatif de la famille Solano. ϟ three, il a de véritables problèmes de colère et de violence. Il n’a jusqu’alors trouver de moyen pour canaliser sa colère, autre que celle de frapper. Seule Malaya, dans certains moments, aussi rares soient-ils parvient à faire redescendre sa colère. Elle parvient à lui faire faire un travail sur lui-même et à se contrôler, sans qu’il ne soit capable d’expliquer ce qu’il se passe réellement. ϟ four, énormément d’employés de l’hôtel où il exerce ses fonctions de manager, le détestent et préfèrent largement la présence de Malaya qui est bien plus douce et moins exigeante avec eux. Pour cause, Roan est bien trop souvent qualifié de véritable tyran. Sa tendance évidente à la rigueur démesurée et au contrôle exacerbé fait qu’il est constamment derrière les salariés, qu’il n’hésite pas à leur mettre à la pression, à hausser le ton et à les traiter comme des moins que rien, sans que cela ne lui pose le moindre problème. Il lui arrive aussi fréquemment de coucher avec ses employés, ce qui n’aide clairement pas à sa réputation. Il est absolument nul en relations humaines, mais lorsqu’il est en charge, le travail est toujours impeccable, malgré qu’il soit souvent fait dans une mauvaise ambiance. Le fait est qu’il s’en contrefiche et qu’il n’est pas mécontent d’être craint par ses employés. Seule Faye bénéficie d’un traitement de faveur en la matière, dans une moindre mesure. ϟ five, il parle couramment l’anglais et l’espagnol qui sont ses langues maternelles. Il a d’autre part quelques notions de russe et d’italien, qu’il a appris sur le tas dans le cadre de son travail. ϟ six, il n’est pas le moins du monde affectueux et encore moins tactile. Il déteste qu’on le touche et n’est pas un habitué des démonstrations d’affection. Le fait est qu’il ne connaît absolument pas la douceur et qu’il ne mesure bien trop souvent, pas sa force. Cependant, ses sœurs ont toujours fait exception à cette partie de lui. S’il n’est certes avare de compliments et d’ouverture de soi face aux autres, mais son regard laisse bien trop souvent montrer plus qu’il ne voudrait et c’est ainsi que ses sœurs ont appris à lire l’amour qu’il leur porte. De plus, il aime, à de rares occasions les serrer dans ses bras, histoire de les garder pour lui, rien que pour lui, même pendant un cours instant. De plus, Malaya a la fâcheuse tendance à toujours le chercher sur ce terrain, s’amusant bien trop souvent à pénétrer dans son espace vital. Il déteste ça, mais aujourd’hui, il a l’habitude et la tolère presque. Sauf quand il est énervé. ϟ seven, il a énormément de tatouages. Cela fait longtemps qu’il a arrêté de les compter. Chacun d’eux ont une signification particulière qu’il déteste devoir expliquer, car cela supposerait qu’il se livre à quelqu’un et jamais ô grand jamais il ne fait cela. ϟ eight, il ne tient pas en place. Sa sœur ne cesse d’ailleurs de dire qu’il a des tendances hyperactives. S’il n’a jamais été diagnostiqué dans ce sens, c’est un fait qu’on ne peut lui enlever, il déteste lézarder, il déteste quand rien ne se passe et est toujours en mouvement, ou en action. ϟ nine, s’il fume depuis très longtemps et que cela provoquera surement sa mort d’un cancer des poumons, il ne consomme pas les drogues qu’il vend. Parce que son père a toujours fait état que les meilleurs dealeurs étaient ceux qui étaient cleans et c’est exactement ainsi que Roan le conçoit. Il mentirait s’il affirmait ne jamais y avoir goûté, mais cela ne l’intéresse plus aujourd’hui. ϟ ten, il vit à l’hôtel dans une suite des plus immenses, juste en face de celle de sa sœur, Malaya. Cela lui permet donc de toujours avoir un œil sur elle. Et si la jeune femme vit ici parce qu’elle ne supporte pas l’idée de devoir faire le ménage elle-même, Roan a une philosophie bien différente. Le fait est qu’il interdit à qui que ce soit de pénétrer dans sa chambre, même aux femmes de chambre. Son problème de confiance l’en empêche et son côté maniaque fait qu’il n’est jamais totalement satisfait du travail qu’elles fournissent, si bien qu’il préfère tout faire lui-même. ϟ eleven, il est typiquement le genre de personne qui ne répond jamais au téléphone, parce que ce dernier est toujours en silencieux ou bien tout simplement parce qu’il n’a pas envie de répondre, mais qui déteste pourtant qu’on lui fasse la même chose. Il déteste qu’on ne lui réponde pas et s’énerve bien trop souvent quand Sara et Malaya agissent ainsi. ϟ twelve, s’il se fiche bien de savoir qui sera sous ses ordres à l’hôtel, lorsqu’il est de service, il lui arrive tout de même de regarder quand Faye effectue ses heures et de négocier avec Malaya pour échanger si besoin. Le fait est qu’il aime un peu trop quand la jolie blonde est présente. Et cela n’a échappé à absolument personne. Ni aux autres employés, ni à ses sœurs. Parce qu’il met bien souvent un frein à son hyperactivité pour discuter avec la jeune femme lorsqu’elle est au bar, qu’il est bien moins autoritaire avec elle, qu’il l’assène de temps en temps de clins d’œil entendus et lui sourit. Car oui, il arrive à Roan de sourire. ϟ thirteen, séduire les femmes est quelque chose qu’il aime particulièrement faire. Parce qu’il est parfaitement conscient de ses atouts et qu’il en joue sans la moindre retenue. Cependant, il déteste qu’on lui résiste. Et c’est probablement pour cette raison que Roan s’est donné pour mission, pour challenge de parvenir à mettre Ella Rosen dans son lit. Malgré le fait qu’elle soit la meilleure amie de sa sœur, et malgré le fait que cette dernière ne cesse de lui dire d’arrêter ce petit jeu. ϟ forteen, il ne sait pas cuisiner. Ou du moins, il le sait mais il cuisine affreusement mal. De toute évidence, il n’a pas le temps pour apprendre ni même l’envie. C’est pourquoi, vivre à l’hôtel est une véritable bénédiction pour lui de ce côté-ci. ϟ fifteen, il forme avec son meilleur ami, Alec un duo indissociable. Ils sont amis depuis à peu près toujours et sont si complémentaires qu’ils n’ont pas besoin de parler pour se comprendre. ϟ sixteen, s’il fait souvent preuve de mauvaise volonté et qu’il est parfois dur avec elle, il aime particulièrement lorsqu’il entraîne sa petite sœur, Sara au maniement des armes. Il aime passer du temps avec elle, et est incontestablement fier du travail qu’elle a accompli jusque là. ϟ seventeen, Roan a fait à peu près toutes les recherches possibles et imaginables sur Faye. Pas parce qu’il ne lui fait pas confiance ou qu’il doute d’elle, non. Simplement parce que c’est sa manière bien à lui d’apprendre à connaître quelqu’un et qu’il faut l’avouer, elle l’obsède quelque peu. ϟ eighteen, il a pas mal de cicatrices réparties sur son corps. Celles-ci sont en majeure partie le résultat de règlements de compte. Mais certaines sont aussi dues à ses entraînements à répétition où il va bien trop souvent au bout de lui-même et parfois même plus loin. ϟ nineteen, la sensation que lui procure une arme à feu lorsqu’il la tient entre ses mains et qu’il brandit sur quelqu’un est celle qu’il préfère. ϟ twenty, il sait jouer du piano qu’il a appris lorsqu’il était enfant avec sa mère, mais il n’en joue jamais. Car son père ne souhaite pas ce genre d’activité pour son fils et plus encore pour sa virilité.

We all want a happy ending

PSEUDO/PRÉNOM + benzorris/anouchka ÂGE + 23 ans, encore et toujours ! COMMENT AS-TU CONNU LE FORUM ? + demandez à mes co-admins qui m'ont perverti ! FRÉQUENCE DE CONNEXION + all day, all night (enfin presque !). TON DERNIER MOT + love sur les solanos.

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    Remember that I’m still a monster. I can listen to you scream and cry and beg and I still won’t let you out.


Dernière édition par Roan Solano le Dim 3 Avr - 21:18, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:07

chapter one

Il frappe, encore et encore. Il ne s’arrête plus. Il vient tout juste d’éviter un coup mais il sent qu’il devient plus lent, moins performant. La fatigue, l’épuisement le prend. Son souffle, saccadé, commence à lui manquer. Mais il frappe encore. Parce qu’il sait que c’est ce que Diego Solano attend. Il sait que s’il s’arrête maintenant, il se prendra un coup bien placé qui le clouera au sol en une fraction de seconde et le regard que lui lancera son père à ce moment-ci sera le pire qu’il lui soit donné de voir. Alors Roan continue. Il ne lâche rien. Du haut de ses seize ans, il continue de frapper son propre père. Car c’est ainsi que les hommes se forgent dans cette famille. C’est ainsi qu’ils transmettent leur savoir et leur détermination. C’est ainsi qu’ils deviennent les hommes qu’on attend d’eux. Diego et Roan sont enfermés dans le sous-sol de l’hôtel appartement à la famille, depuis des heures. Cela fait de très longues heures qu’ils s’entraînent et que le magna de la drogue ne laisse le moindre répit à son unique fils. Il est dur, exigent et parfois presque cruel envers son fils. Car finalement,  il n’est encore qu’un gamin qui ne demande qu’à faire plaisir à son père. C’est un fait, Diego est le modèle de Roan, celui qu’il aspire à être, celui qu’il respecte tant, qui l’impressionne, tout en étant totalement admiratif de cet homme qui n’est autre que son père. Pourtant, à cet instant précis, il a bien du mal à se plier aux exigences de ce dernier, qui continue de l’asséner de coups qu’il tente d’éviter. Et s’il y parvient difficilement, un violent coup en plein visage lui fait perdre l’équilibre et il se retrouve à terre. Il reste un instant sur le dos, le regard rivé vers le plafond, la respiration terriblement rapide. Il a besoin d’une pause. Il n’en peut plus. Il est épuisé, exténué, quand en face, malgré son âge plus avancé, Diego Solano ne laisse apparaître le moindre signe d’épuisement. Sa tête tourne, tant qu’il met un temps conséquent avant de sentir le sang couler sur le coin de sa bouche. Ses yeux se ferment, puis s’ouvrent à plusieurs reprises, tentant de reprendre comme il le peut un peu d’énergie. Ses doigts viennent finalement, dans un effort presque surhumain se poser sur sa lèvre en sang. « Relève toi ! » La voix autoritaire de son père vient le ramener à la réalité. Si bien que cette brève trêve s’interrompt aussi vite qu’elle a débuté. Dans un premier temps, il reste étendu sur le sol, n’ayant pas la moindre force de se relever, mais sous les ordres de son père, il finit par s’exécuter, le plus difficilement possible. Il crache le sang de sa lèvre fendue sur le sol avant de se remettre en position. Mais il n’est plus en état de se battre, il n’est plus état pour s’entraîner et le premier coup que son père lance en sa direction vient à nouveau l’atteindre. Il n’a plus la force de les éviter ni même de les encaisser. Il se retrouve rapidement à genoux, à la merci de son père. « J’en peux plus. » Il pose son regard sur son père, un regard qui veut en dire long sur son ressenti actuel. Il n’en pouvait véritablement plus. Il ne disait d’ordinaire pas ces choses-là. Pour la simple et bonne raison que son père lui avait toujours appris à ne jamais se déclarer vaincu, à ne jamais abandonner, renoncer et encore moins à déclarer forfait. Ce n’était selon ses dires, pas digne d’un homme et encore moins d’un homme Solano. Mais le fait est que depuis quelques semaines, voir quelques mois, Roan s’entraînait avec son père et il était arrivé à un point de rupture tel qu’il se savait complètement vidé. Ou du moins c’est ce qu’il ressentait à cet instant précis. Chaque partie de son corps couvert de sueur, le faisait souffrir et il n’avait qu’une envie, qu’il ne partageait de toute évidence pas avec Diego Solano. Le père de famille s’approche alors dangereusement de son fils, affichant cet air sévère dont seul lui avait le secret. Celui qui faisait pour beaucoup, froid dans le dos. Celui qui faisait passer toute envie à n’importe qui de ne pas se plier à ses ordres. Roan le premier. « Relève toi ! » Chacun des propos de Diego sont durs, terriblement lourds de sens et de reproches, mais ceux qu’il vient d’énoncer le sont encore plus. Il s’avance encore jusqu’à pouvoir atteindre son fils qui le supplie, l’implore du regard de mettre fin à leur session. Mais le fait est que terminer ainsi serait un aveu de faiblesse, et que la faiblesse ne faisait pas partie des hommes Solano. Diego s’empare alors du bras de Roan, qu’il presse sans la moindre précaution. Si le jeune homme grimace, ce n’est pas parce que son père lui fait mal, mais simplement parce qu’il redoute ce qui va se produire ensuite. Il sait qu’il a fait une erreur. Il sait que capituler est la pire chose qu’il soit et il se jure pour lui même de ne plus jamais agir ainsi –n’ayant de toute évidence pas envie de revoir le regard qui trônait à cet instant dans les yeux de son paternel. Pourtant, son père finit étrangement par l’aider à se relever. S’il a davantage envie de s’écrouler sur le sol et d’y rester pour plusieurs jours, il s’exécute pourtant. Mais à l’instant même où il croit que son père a compris, qu’il sait que Roan a été cette fois jusqu’au plus profond de lui même, jusque dans ses retranchements et qu’il est véritablement à bout de force, il tombe de haut. Littéralement. Puisqu’à peine a-t-il retrouvé la terre ferme que son père le pousse violemment. Il tombe immédiatement comme cela semble inévitable, bien trop exténué pour lutter et surtout bien trop surpris pour anticiper quoi que ce soit. Roan reste silencieux, car il a appris au fur et à mesure du temps à ne pas extérioriser ses douleurs. Il relève alors la tête vers son père et tout ce qu’il voit, c’est l’extrémité de l’arme que son géniteur pointe sur lui. Le garçon aurait pu être étonné, sauf qu’il ne l’est pas. Il a l’habitude de ce genre de comportement, de ce genre de provocation volontaire de la part de Diego. Car c’est ainsi qu’il fonctionne, c’est ainsi qu’il marque le coup et fait progresser Roan. Alors oui, lorsque l’on regarde cela extérieurement, ça peut paraître cruel et complètement fou, et ça l’est. Pourtant finalement, Roan ne conçoit pas son entraînement sans la rigueur, la difficulté et le dépassement de soit que son père lui demande. Il sait que c’est lui qui a raison, malgré ses méthodes des plus violentes. Parce que Diego Solano a toujours raison, que Roan a fait une erreur et qu’il en paie le prix fort. « Ton ennemi ne fera pas état de tes supplications Roan. » Son ton est froid, presque glacial alors qu’il n’abaisse toujours pas son arme. Ils restent là, immobiles pendant un certain temps. Un temps excessivement long pour le jeune homme qui a bien du mal avec le fait d’avoir un flingue braqué sur lui. Qui plus est par son père. Il baisse le regard, comme  honteux d’avoir déclaré forfait, d’avoir abandonné, quelques minutes plus tôt. Ce n’est qu’après l’écoulement d’un temps particulièrement long, que Diego abaisse enfin son arme pour la ranger à l’arrière de son pantalon. Mais bien sûr, ce n’est pas pour autant qu’il laisse à son fils le moindre répit. « Ne jamais déclarer forfait tu m’entends ? » Il hoche simplement la tête, ne parvenant pas à le regarder en face. Si à cet instant, une personne normalement constituée aurait probablement détesté son père, ce n’est pas le cas de Roan. Non. C’est lui qu’il déteste, il se déteste lui-même pour ne pas être celui que son père attend, pour ne pas être assez fort et résistant, pour ne pas être à la hauteur et décevoir son géniteur. Il serre doucement les poings, emprunt d’une colère qui monte peu à peu en lui malgré la fatigue. Mais il reste enfermé dans son mutisme, désirant simplement en finir, que ce moment s’arrête, que Diego parte et lui laisse un soupçon de repos. « Tu es un homme ou une fillette ? » Voilà typiquement le genre de phrase machiste et ridicule que prononçait bien trop souvent Diego. Et encore, d’ordinaire, il comparait la force et la détermination de son fils à celle d’une gamine de douze ans, à celle de Sara en somme. Il lui était même arrivé de lui affirmer que Sara avait plus de force et de détermination qu’il en avait. A cet instant, Roan a simplement envie de soupirer. Mais ce n’était de toute évidence pas la chose la plus intelligente à faire. Si bien qu’une fois encore, il détourne son regard de son père et attend patiemment qu’il ait terminé. Mais ce qu’il oubliait, était que Diego Solano détestait lorsqu’il n’obtenait pas la réponse qu’il souhaitait. Et le silence n’était de toute évidence pas ce qu’il attendait de la part de Roan. « Répond moi ! » Diego a crié si fort que Roan sursaute. Il avale difficilement sa salive avant de finalement faire face aux yeux accusateurs de son père. Il se sentait si petit et si ridicule face à lui. Il n’avait jamais été impressionné par qui que ce soit, n’avait jamais eu véritable peur de quelqu’un, sauf de son père qui asseyait de toute évidence une autorité et une domination indéniable sur lui. « Un homme. » Le ton qu’il emploie n’est pas des plus convaincants. Non pas qu’il ne se considère pas comme un homme, car il sait qu’il l’est, malgré le chemin qu’il lui reste à parcourir pour être à la hauteur de ce qu’on attend de lui. Non, simplement parce qu’il manque terriblement d’énergie et qu’il redoute la réaction de son père, à chacune de ses interventions. « Alors relève toi et prouve le ! » Aussi étonnant que cela puisse paraître, Diego tendit sa main vers Roan, afin qu’il s’en empare et s’en serve comme appui pour revenir sur ses pieds. Roan pose son regard sur sa main et hésite un instant avant de finalement la saisir et se relever. Cela ne se voyait pas toujours, mais Diego aimait son fils. Et s’il était aussi dur avec lui, c’était simplement parce qu’il voulait que sa progéniture soit le meilleur. Qu’il soit à son image. Et puis, l’entraînement des hommes Solano s’était toujours déroulé ainsi. C’est pourquoi, malgré la fatigue évidente du garçon celui-ci se remit en position. Il n’était de toute évidence pas apte à combattre mais il n’avait pas le choix. Il redoutait simplement le prochain coup qui le jetterait probablement à nouveau au sol, et cette fois-ci il n’était pas certain de pouvoir se relever. Il regarde alors son père qui se place devant lui et qui se prépare et à l’instant où il sent que les choses vont à nouveau déraper, la voix de la belle Roza Solano vient le sauver. « Je pense que ça suffit pour aujourd’hui Diego. » Roza était d’une beauté rare. Le genre de beauté ensorcelante qu’elle avait transmis à chacune de ses filles. Elle était l’opposé total de son mari, elle était douce, aimante et patiente. Et si elle approuvait les méthodes de son époux, elle était toujours présente pour calmer le jeu lorsque cela était nécessaire. Comme aujourd’hui. Car il était évident que Diego en demandait beaucoup à Roan, beaucoup trop, et que parfois, il oubliait qu’il n’avait que seize ans et qu’il était toujours en train d’apprendre. Qu’il n’était pas aussi fort qu’il ne l’était et qu’il avait encore du chemin à faire. Aux mots de sa femme, Diego se redresse. Roan lui, se tourne vers sa mère. Celle-ci à bien du mal à cacher l’effroi qu’elle ressent lorsqu’elle voit le visage blessé de sa progéniture. Mais elle ne dit rien. Elle lui lance simplement un regard qui se veut rassurant. Roan lui reste parfaitement silencieux. Il aurait aimé lui dire qu’il lui était reconnaissant d’avoir mis un terme à cette session, quand en même temps il lui en voulait, parce qu’il n’avait pas besoin d’être sauvé, et encore moins par sa mère.  « Tu dois te préparer pour le dîner de ce soir. » Elle s’adresse à son époux, sans pour autant lâcher son fils du regard. Diego acquiesce avant de se délester de ce qui l’encombrait, de son arme jusqu’à ses bandages qu’il avait autour de ses mains. « Personne n’a le pouvoir de te faire abandonner Roan, j’espère que c’est bien compris. » lui dit-il, presque menaçant, afin que la leçon du jour s’encre dans l’esprit du garçon. Roan hoche immédiatement la tête. Il avait compris. Il ne pouvait pas abandonner, quelque soit la situation face à laquelle il se trouvait. Jamais. Abandonner n’était pas digne d’eux et pas digne d’un homme. Il l’avait compris et assimilé. Diego contourne alors son fils pour quitter enfin la pièce après un bref geste d’affection envers sa femme. Pendant ce temps là, Roan vient s’asseoir sur le petit banc, prévu à cet effet, où il retire à son tour ses bandages, ainsi que son t-shirt immaculé de son propre sang. Il se sent si ridicule, si faible et si insignifiant à cet instant qu’il tente d’effectuer un travail sur lui-même pour calmer ses nerfs et sa frustration. « Laisse moi voir ça ! » Roza est venue prendre place auprès de son fils, et dans un geste doux, elle vient tourner la tête de ce dernier vers elle, le forçant à la regarder. Mais bien évidemment, Roan ne l’entend pas ainsi et se détourne immédiatement d’elle, retirant la main qu’elle avait posé sur son menton. « C’est bon, je peux me débrouiller tout seul ! » Il est énervé. Il est en colère. Contre elle certes, alors qu’elle venait en quelque sorte de le libérer de quelque chose qu’il n’avait plus envie de faire. Mais c’est surtout contre lui-même qu’il est en colère. « Roan ! » Roza le rappelle à l’ordre, car ce n’était pas ainsi que l’on s’adressait à sa mère dans cette famille et Roan le savait très bien. Mais à cet instant, il se fiche bien des règles. Bien trop épuisé et énervé pour se plier à quoi que ce soit. Et puis, il était aussi conscient de la personne à laquelle il s’adressait. Si sa mère se faisait respecter à sa manière, il était pleinement conscient que les répercussions de son comportement envers elle ne serait pas les mêmes que celles d’une attitude similaire envers son père. Car Roza n’avait pas cette même sévérité, cette même rigidité envers lui. Elle le protégeait, encore et toujours. Elle était celle qui apaisait les tensions entre son père et lui et elle était celle qui prenait soin de lui. Parfois même un peu trop au goût de Roan qui avait du mal à trouver un équilibre entre la froideur et la dureté de son père, et la chaleur et la protection à l’excès de sa mère. « Fiche moi la paix, je ne suis plus un gamin ! » Sans laisser la chance à sa génitrice de lui faire comprendre que ses propos n’étaient pas appropriés, Roan se lève et contourne la quarantenaire pour quitter la pièce. Il savait qu’il n’aurait pas dû lui parler ainsi, mais il savait aussi qu’elle n’irait pas rapporter cela à son père, et c’était finalement tout ce qui comptait. Roan passe un temps conséquent dans la salle de bain qu’il partageait avec ses sœurs, à retirer le sang séché de sa lèvre inférieure et à panser les coups qu’il avait pris lors de l’entraînement. S’il s’avait que ce n’était qu’un passage obligatoire avant d’être celui qu’il souhaitait, le fait est qu’il avait bien du mal à supporter la vue de son corps parsemé de bleus. Il finit par abandonner pour aujourd’hui, la douleur passerait, et les traces de son entraînement finiront bien pas s’atténuer. Il rejoint ensuite sa chambre, décorée avec soin par la mère de famille. La pièce est à la fois sobre et raffinée malgré la froideur qui s’échappait de cette dernière. Parce qu’elle était parfaitement bien rangée, si bien qu’il n’était pas évident que quelqu’un y vive réellement. La femme de ménage de la famille faisait de l’excellent travail. Et Roan passait toujours derrière, et plus encore lorsqu’il était énervé, en colère. Il avait cette habitude de tout ranger, tout trier soigneusement et qu’absolument rien ne dépasse. Et dieu sait que ces derniers temps, Roan était en colère. Après s’être délesté de ses vêtements sales, d’avoir pris une douche régénératrice, et enfilé des vêtements propres, Roan se laisse lourdement tomber dans son lit, songeant à ce qu’il allait devoir donner le lendemain à lors de son nouvel entraînement. Et alors qu’il s’adonne à une réflexion des plus importantes, il entend la porte de sa chambre grincée. Persuadé qu’il s’agissait encore de sa mère, Roan lève la tête, afin de lui dire que ce n’était pas le moment, qu’il ne voulait pas s’entretenir avec elle et encore moins de sa surprotection. Mais, ce n’est pas Roza Solano qui se tient à l’entrée de sa chambre, mais Malaya, sa petite sœur. Si bien que Roan repose sa tête sur son oreiller sans dire le moindre mot. S’il n’avait pas la moindre envie de parler et de supporter les enfantillages de sa sœur, il n’avait pas la force de l’empêcher de venir. Mais de toute évidence, celle-ci fut assez intelligente et perspicace pour comprendre que ce n’était pas le moment. Elle connaissait son frère, presque mieux que n’importe qui dans cette famille. Si bien qu’elle décida, dans le plus grand silence, mais qui voulait finalement en dire long, de le rejoindre sur le lit, pour venir s’installer dans ses bras. Il était actuellement dans une période de sa vie où il n’avait pas envie de cela. Il n’avait pas envie de l’affection de sa mère ou de ses sœurs, ou de n’importe qui d’autre en réalité. Il était au beau milieu de l’adolescence et de ce qu’on pouvait communément appeler l’âge ingrat. Pourtant, la chaleur de Malaya, la douceur de ses gestes et le regard qu’elle lui lance à cet instant le font capituler. Il vient alors resserrer doucement ses bras autour de sa sœur, l’étreignant contre lui. Cela lui fit d’ailleurs bien plus de bien qu’il ne voudrait l’admettre. Car, il avait beau dire qu’il détestait ce genre de démonstration, ce genre d’affection, Malaya avait cette capacité à toujours apaiser ses maux et sa colère. Elle était en quelque sorte son catalyseur. « Un jour tu seras meilleur que Papa. » Ce sont les seuls mots qui sortent de la bouche de la jeune femme durant ce long moment durant lequel ils sont là, l’un pour l’autre. Elle n’a que treize et pourtant, il a l’impression qu’elle comprend absolument tout et sait exactement quels mots lui dire pour éveiller en lui une nouvelle énergie qu’il pensait avoir perdue.


A cette heure-ci, la rue est déserte, plongée dans le dans l’obscurité complète. Si la plupart des rues de Londres sont éclairées par les lampadaires publics, ce n’est pas le cas de celle-ci, de cette ruelle qui fait la satisfaction des adeptes des deals souterrains et illégaux. Roan en est parfaitement conscient, comme la totalité du cartel. Si bien que c’est souvent ici que se déroulent les meilleures ventes, mais qu’ont aussi et parfois lieu les plus gros règlements de compte. Le jeune homme, dont les années lui ont été bénéfiques, serre son arme dans sa main droite sans pour autant la brandir. Il est sur ses gardes, comme à son habitude mais il fait preuve d’un calme olympien, presque terrifiant. Il pose un regard menaçant sur l’homme qui se trouve en face de lui. Un regard qui le fait ressembler à son géniteur à bien des égards. Un regard qui fait froid dans le dos, un regard qu’il s’est forgé au fil du temps et qui a aujourd’hui fait ses preuves à de multiples reprises. Si sa respiration est légèrement saccadée, il a appris à ne pas montrer lorsqu’il est essoufflé et quelque peu affaibli par ce qu’il venait d’affronter. Alec et lui avaient été pris dans un corps à corps musclé avec une dizaine d’hommes, dont le leadeur avait décidé de ne pas participer. Parce que ce dernier devait être le plus grand lâche de l’histoire et qu’il trouvait probablement plus amusant de donner les ordres en se tournant les pouces. Ce n’était pas la philosophie à laquelle le garçon aspirait. Bien au contraire. S’il savait qu’un jour, il serait le leadeur, il savait aussi que jamais ô grand jamais il se déporterait de l’action. Donner des ordres ne lui posait aucun problème, mais il avait cette aspiration au travail bien fait et il jugeait bien trop souvent que celui-ci ne pouvait l’être qu’uniquement par lui, ou par l’un des hommes du cartel en lequel il avait confiance. Personne d’autre. De nouveau sur le sujet, il ressemblait à son père. Celui-ci, quand bien même se retirait-il progressivement du fait de son âge, des combats à mains nues et du terrain, il lui arrivait encore bien souvent de participer. Roan fait quelques pas vers son interlocuteur, qui affiche un sourire crispé. Il ne s’attendait certainement pas à ce que Roan sorte vivant de ses dix hommes de main auxquels l’ordre de tuer le fils Solano leur avait été donné. Cela faisait parti du jeu. Roan était pleinement conscient que beaucoup souhaitaient sa mort. D’abord celle du leader, mais aujourd’hui presque davantage celle de Roan, car quelque part, tous avaient conscience qu’à la mort de Diego Solano, la place ne resterait pas vacante longtemps. C’est pourquoi ils cherchaient tous à mettre un terme à la lignée des Solano afin de pouvoir prendre leur place et régner en maître sur la ville. Mais le fait est qu’ils semblaient tous sous-estimer les capacités de Roan, pensant naïvement qu’une poignée d’hommes tous aussi stupides les uns que les autres aurait le pouvoir de le faire tomber. « Je ne suis pas un novice Blake ! »  Il ne l’était pas, il ne l’était plus. Les années s’étaient écoulées et Roan n’avait absolument plus rien à voir avec le gamin qu’il était autrefois, avec celui qui abandonnait, celui qui demandait du répit auprès de son père et qui se réfugiait bien trop souvent derrière sa mère pour souffler. Il n’était plus cet homme dorénavant. Il avait prit en assurance, en carrure, en flegme et c’est ainsi qu’on pouvait parfois en venir à le confondre avec Diego. « Tu en as pourtant l’air d’un, Solano. Ton père ne t’a pas appris à ne jamais faire confiance à ceux qui te proposent un deal dans la ruelle la plus dangereuse de Londres ? » Blake affiche un sourire fourbe, sournois, bien trop fier de lui. Il croise les bras et défit Roan du regard. Encore une fois, beaucoup le sous-estimait, et l’égo du jeune brun détestait ça, malgré que bien souvent cela tournait à son avantage. Car personne ne s’attendait à ce qu’il puisse avoir un temps d’avance, qu’il puisse surprendre et surtout, vaincre. Roan reste fixé sur lui, gardant une expression sur le visage, limpide, neutre, qui ne laissait rien paraître, alors qu’intérieurement, il avait lui aussi envie de sourire. Pas parce qu’il était aussi sournois que son interlocuteur –ou peut-être l’était-il – mais parce qu’il connaissait préalablement l’issu de cet échange. Blake était un souci que son père lui avait demandé de résoudre, il y a quelques jours de cela et comme à son habitude, Roan mettait du cœur à l’ouvrage, ne s’arrêtant avant d’avoir obtenu le résultat escompté. Qui était sans la moindre retenue, la mort de ce parasite qui se croyait bien trop malin pour croire une seule seconde qu’il pourrait atteindre leur cartel et prendre leur place. « Qui plus est, seul ? » Blake arque avec une arrogance folle les sourcils, ce qui donne une nouvelle envie de sourire au garçon. Bien sûr, il se contient. Ce n’est pas bien difficile pour lui, parce que sourire ne fait tout simplement pas parti de ses habitudes. Mais la situation est telle qu’il a bien du mal à cacher sa satisfaction avant l’heure. Il lui manquait de toute évidence quelques informations. Deux hommes apparaissent dans la pénombre, juste derrière Blake, se floquant de part et d’autre de son ennemi. Ils croisent les bras, lançant des regards qui se veulent foudroyant à l’adresse de Roan.  Ce dernier hoche la tête, en guise de salutations. C’est insolent, mais cela l’amuse bien trop pour qu’il reste de marbre. D’autant qu’il sait que ce sont les derniers hommes que Blake a en réserve, et qu’il n’est plus vraiment à cela près. Ils ont l’allure d’armoires à glace, font deux têtes de plus que le jeune homme, mais il n’est pas inquiet. Il n’a pas peur, comme d’habitude en somme. « Qui a dit que j’étais seul ? » Blake, comme tous les autres, devraient pourtant le savoir. Roan n’était jamais seul. Ou du moins, pas dans ce genre de circonstances. Parce qu’il n’était pas suicidaire –malgré qu’il avait parfois tendance à se croire invincible- mais aussi et surtout, parce qu’il formait avec Alec Oswald un duo inséparable qui faisait toujours ses preuves. D’ailleurs, il aperçoit le jeune homme qui arrive derrière leurs ennemis de la manière la plus discrète qu’il soit. Il lui fait un signe de tête, lui lançant un regard que lui seul peut comprendre, et qui échappe totalement à Blake. D’ailleurs, celui-ci ne semble, comme bien trop souvent, pas le prendre au sérieux. Il affiche un nouveau sourire en pensant probablement que Roan bluffe. « Tu n’es … » Blake n’a pas le temps de terminer sa phrase, puisqu’à peine a-t-il prononcé deux mots qu’une déflagration se fait entendre. Puis un cri de douleur vient percer la nuit noire. Les choses s’accélèrent, les hommes de mains de Blake tentent de lutter mais deux nouvelles déflagrations viennent les abattre de sang froid. Roan croise alors les bras en hochant la tête. Alec s’était pour le coup bien débrouillé. Il venait d’abattre deux hommes et avait volontairement laissé Blake en vie, l’assénant seulement d’une balle dans la jambe. Roan n’avait rien besoin de lui dire pour qu’il comprenne. C’était ce qu’il y avait de plus fou entre eux. Ils se comprenaient en permanence, savaient où se trouvait leur place et avaient dorénavant l’habitude de travailler ensemble d’une certaine façon. Façon qu’appréciait tout particulièrement Roan. Il travaillait d’ailleurs que très rarement avec d’autres personnes. Parfois, il lui arrivait d’être chargé d’une affaire en collaboration avec Malaya mais il était pleinement conscient que cela relevait davantage de la surveillance plutôt que d’une véritable collaboration. Diego Solano aimait savoir que Malaya était protégée, en sécurité avec Roan ; tout comme il était selon lui, nécessaire que Malaya soit présente auprès de Roan pour le tempérer. Ce n’était qu’un ramassis d’idioties selon Roan, mais il s’y pliait, car il s’exécutait toujours aux volontés de son père. Après qu’Alec se soit intelligemment éloigné de leurs victimes de ce soir, Roan s’avance. Blake ne cesse de gindre, suppliant de lui laisser la vie sauve, le suppliant de l’épargner. Mais encore une fois, Blake était trop crédule. Roan s’arrête à la hauteur de l’homme qui lève les yeux vers lui. « Mon père n’a plus rien à m’apprendre ! » Son ton glacial, qui ferait froid dans le dos à n’importe enclenche son dernier geste. Il lève sa main droite, juste au niveau du front de Blake et tire, sans la moindre retenue, sans la moindre hésitation et le moindre sourcillement. Il reste immobile pendant quelques secondes, regardant simplement le résultat de son action. Observant le cadavre mutilé de Blake sans aucune expression. Comme si le fait de tuer un homme ne lui faisait absolument rien. Le fait est qu’aujourd’hui, cela ne lui faisait plus rien. Il était même satisfait d’avoir eu le dessus. « Pourquoi sont-ils toujours aussi stupides de croire qu’on est des débutants ? » La phrase d’Alec le ramène alors à la réalité. Il donne un rapide coup de pied dans le corps inerte de Blake, histoire de le retourner, afin d’éviter à celui ou celle qui ferait la macabre découverte de ce corps d’être traumatisé à vie ; puis il se tourne vers son meilleur ami. Il hausse les épaules. Lui aussi se posait la question, quand la réponse était évidente. Ils étaient tous de parfaits ignorants. Mais cette fois-ci, Roan savait que la rumeur allait se répandre et s’amplifier. Et enfin, comprendraient-ils enfin à qui ils avaient à faire. Que Roan et Alec formaient la combinaison parfaite pour asseoir leur pouvoir et qu’à eux deux, ils étaient bientôt plus terrifiants que ne l’était le grand Diego Solano en personne. Comme à chaque fin d’opération, ils ne nettoient pas derrière eux, sachant pertinemment que la police locale bâclerait leur travail, pour la simple et bonne raison qu’il s’agissait là de Blake et que ce dernier n’était connu que pour être un malfrat et que même les autorités se réjouiraient de sa mort. Ils regagnent l’hôtel des Solano, s’adonnant à des sujets de conversations tantôt professionnels, tantôt bien loin de ceux qu’on pourrait attendre d’hommes comme eux. Le fait est qu’ils n’en restaient pas moins des jeunes hommes de vingt-trois et vingt-quatre ans qui pouvaient presque être considérés comme normaux. Presque. Ils se séparent pour aller prendre une douche bien méritée, mettre des vêtements propres et récupérer quelques heures de sommeil impératives. Ils ne se retrouvent que le lendemain matin, dans la salle de restaurant de l’hôtel dans laquelle ils avaient pour habitude de manger après chacune de leur mission. Le fait est que leurs activités les creusaient. « Ce soir, on a une vente avec les Sarkazian. » Rappelle Roan, la bouche pleine, tout en checkant ses messages sur son téléphone portable. Si d’ordinaire, ou du moins quand son père était dans les parages, Roan faisait toujours preuve de bonnes manières, notamment à table, lorsqu’il n’était qu’avec Alec, il ne se donnait pas tout ce mal. Dès lors il ne se gênait pas pour parler la bouche pleine, poser ses coudes sur la table, couper sa salade avec son couteau, ou couper le pain à la main. Le fait est que s’il faisait la plupart du temps preuve de bonne éducation et de prestance, il savait très bien qu’Alec se fichait de tout ça et cela l’arrangeait bien. Et puis, Alec n’était pas loin d’être aussi impoli qu’il ne pouvait l’être à table en ce moment. Les deux hommes se ressemblaient sur bien des points. « Avec les péripéties d’hier, je pense qu’on a rien à craindre. Ils seront aussi dociles que des chiots. » Visiblement fier, Alec sourit, tout en piochant dans l’un des plats qui se trouvait au milieu de la table. Un mince sourire –parce qu’un large semblait lui demander bien trop d’effort – vint alors s’afficher sur le visage du jeune Solano. Alec avait totalement raison et il ne cachait pas qu’il appréciait particulièrement le fait d’être craint et respecté. Il s’apprête d’ailleurs à surenchérir, mais quelque chose l’en empêche. Ou plutôt quelqu’un. Il écarquille les yeux et manque de s’étouffer avec bouchée, face à la vision qu’il venait d’avoir. Il venait de voir passer sa sœur, sortant de l’ascenseur pour gagner la sortie du l’hôtel. Jusque là, rien de bien choquant, car Sara passait bien plus de temps dans la chambre de Malaya que dans la sienne. Non, ce qui venait d’interloquer Roan n’était pas sa provenance mais bel et bien sa tenue. Il s’excuse rapidement, retire sa serviette qu’il pose sur le rebord de la table sans prendre le temps de la plier et accélère le pas pour rattraper sa petite sœur. Il s’empare de son bras pour l’arrêter. « Où est-ce que tu crois aller comme ça ? » Comme d’habitude, Roan ne fait preuve de la moindre douceur, ni de la moindre finesse. Il serre son bras et l’arrête au beau milieu de sa marche vers la sortie, la forçant à lui faire face. Elle tente de se dégager et de sur-jouer ses grimaces de douleur mais ceci n’a pas le moindre effet. S’il y a bien quelque chose que Roan ne supportait pas, c’était bien de voir sa petite sœur, alors âgée de seulement dix-huit ans, vêtue de la sorte. Sa jupe était bien trop courte, son t-shirt trop transparent et son rouge à lèvres trop rouge et aguicheur. Oui, il avait parfois une mentalité moyenâgeuse, mais le fait est qu’il refusait catégoriquement que Sara, ou même Camilla –Malaya était un cas à part- ne sortent ainsi. Ce n’était pas des manières de se balader dans la rue, et d’autre part, il ne faisait absolument pas confiance à l’attrait que ce genre d’accoutrement pouvait susciter chez les hommes. Le regard qu’ils pouvaient porter sur ses sœurs, et pire encore le fait qu’ils puissent les toucher le rendait complètement fou. « Ca ne te regarde pas Roan ! » Elle tente à nouveau de s’échapper mais il ne la lâche pas. Il ne la lâchera pas avant qu’elle ne lui ait dit ce qu’elle comptait faire et surtout, il ne la lâchera pas tant qu’elle n’aura pas fait preuve d’un peu plus de décence vestimentaire. « Bien sûre que ça me regarde ! Monte te changer ! » Son ton est catégorie et particulièrement autoritaire. Presque autant que ne pouvait l’être celui de Diego. Presque, car il avait encore quelques années à passer avant de pouvoir atteindre son niveau d’influence, de puissance et d’ascendance sur les autres. « Non, je suis déjà en retard. » Il arque immédiatement les sourcils. Son excuse était totalement ridicule et insusceptible une seule seconde d’être celle qui pourrait le convaincre de la laisser partir dans cet état. Il fut d’ailleurs étonné qu’elle croit une seule seconde pouvoir s’en sortir comme ça. A croire qu’elle ne le connaissait pas. « En retard pour qui ? » Il l’interroge du regard, quand il sait pertinemment qu’elle ne lui dira rien. Elle n’est pas stupide. Elle sait bien qu’il est parfois plus prudent de le laisser dans l’ignorance de certaine de ses fréquentations pour avoir la paix et surtout pour avoir une chance de faire perdurer lesdites relations. Car oui, Roan se donnait un malin plaisir à faire fuir tous les hommes qu’il jugeait discrétionnairement, pas assez bien pour elle. C’est à dire, à peu près la totalité de la population masculine de la ville, ou du pays, ou peut-être même du monde. Elle reste donc parfaitement silencieuse. Elle tente même cette petite moue boudeuse dont seule elle a le secret. Mais évidemment, cela n’a pas la moindre influence sur Roan qui resserre ses doigts autour de son bras et s’approche d’elle, affichant un regard presque menaçant. « Monte te changer maintenant Sara, ou bien tu n’iras pas seule à ce rendez-vous ! » Si elle bougonne quelque peu, tentant de lui faire entendre son mécontentement, elle finit par se plier aux ordres de son frère, retournant vers l’ascenseur. Il soupire, croisant les bras, la suivant du regard. Parfois, il se demandait pourquoi elle s’évertuait encore à tenter de sortir ainsi. Elle savait qu’elle serait interceptée et perdrait du temps à devoir aller changer de tenue. Mais elle tentait sa chance, encore et encore. Il secoue finalement la tête, lançant un regard lassé vers Alec, pensant que celui-ci le comprendrait. Cependant, il ne retourne pas vers lui, préférant attendre dans le hall, adossé contre le bureau de la réception, que sa sœur ne revienne. Car il n’était pas à l’abri qu’elle tente de partir à nouveau sans avoir pris la peine de se changer. Il patiente alors, en profitant pour jeter un coup d’œil aux alentours. Il n’était pas aux commandes aujourd’hui, Malaya l’était et cela se voyait. L’ambiance qui régnait y était bien plus agréable que lorsqu’il était en charge et plus détendue. Roan ne manque tout de même pas de remarquer que Bonnie n’est pas à son poste et que David semble plus intéressé par flirter avec un client plutôt que de faire son véritable travail. Il lève les yeux au ciel, n’en pensant pas moins. Mais il avait promis à Malaya d’arrêter de critiquer sa manière de travailler et il s’y était plié sans pour autant continuer de le penser tellement fort que bien souvent Malaya le fusillait du regard, comme si elle avait la capacité de lire dans son esprit. C’est le passage d’une ô combien charmante serveuse devant lui qui le sort de force de son réquisitoire. C’est plus fort que lui, il est obligé de la suivre du regard, s’attardant sur sa chute de rein. Le fait est qu’il détestait par dessus, quand les hommes regardaient lubriquement ses sœurs, quand lui, paradoxalement, avait exactement le même type de regard sur la gente féminine, en commençant par cette serveuse. La jeune femme, se sentant probablement observée, se tourne vers lui et affiche le genre de sourire qui donne immédiatement le ton de leur future discussion. Si on pouvait appeler cela ainsi. Car à peine quelques minutes plus tard, Roan la plaque contre la porte close de la réserve sans la moindre douceur, avant de venir fourrer sa langue dans sa bouche, une main serrant doucement- en y manquant parfois sans réellement s’en préoccuper- le cou de la jeune femme. « Je me demandais quand est-ce que tu allais m’accorder de l’intérêt ! » déclare la jeune femme entre deux baisers qui se veulent de plus en plus fougueux. Roan s’arrête un moment, fronçant les sourcils. Il ignorait totalement qui était cette jeune femme, autre qu’elle travaillait pour sa famille à l’hôtel. Mais le fait est que ses courbes lui avaient donné envie et qu’il ne s’était posé de question supplémentaire. Il n’était pas question pour lui de lui accorder plus d’intérêt que maintenant. Il ne se cachait pas, son seul souhait était de coucher avec elle, là maintenant, dans la réserve, alors qu’elle était en plein service, sous les ordres de Malaya. « La ferme et retire tes vêtements ! » Lui ordonne-t-il finalement sans la moindre émotion, avant de reprendre exactement où ils en étaient. Il ne ressort de la réserve qu’une vingtaine de minutes plus tard en refermant son pantalon et reboutonnant sa chemise. Il se fichait bien du regard qu’on pouvait porter sur son attitude. Lui, avait pris son pied et c’était tout ce qui comptait. D’autant que son père n’était pas là pour voir ça et lui passer un savon, alors pourquoi devrait-il faire le moindre effort de courtoisie ? Lorsqu’il sort, il tombe sur le regard réprobateur de Malaya. Cela le fait brièvement sourire alors qu’il l’assène d’un clin d’œil provocateur, laissant, juste derrière lui, la petite serveuse s’échapper pour retourner à son poste. Puis, après cette brève interlude des plus plaisantes, il retourne à sa préoccupation première, cherchant Sara du regard, qu’il ne voit pas. « Elle est partie ? » Lorsqu’il s’avance vers Alec, celui-ci lève rapidement les yeux de son journal pour les poser sur son meilleur ami, sachant parfaitement de qui il parlait. Il hoche simplement la tête en guise de réponse positive. « Elle s’était changée ? » poursuit-il alors qu’il reprend sa place au côté de son ami, se servant de quoi s’altérer. « Je crois oui, je n’ai pas fait attention. » Alec prononce ses mots de manière totalement détachée et bien trop normale pour que Roan ne se rende compte de quoi que ce soit. D’autant qu’il fourra rapidement sa tête dans son journal. Mais le fait est qu’il mentait, à cet instant, pour la première fois à Roan, un petit mensonge insignifiant qui s’en suivrait de beaucoup d’autres au sujet de Sara sans que jamais, l’aîné des Solano ne se doute de quoi que ce soit…


chapter two

Comme tous les dimanches, la tradition des Solano voulait que le déjeuné se fasse en famille. Si les membres de la famille Solano travaillaient ensembles toute la semaine, que ce soit dans le cadre de la gestion de l’hôtel ou du cartel, qu’ils étaient donc amenés à se voir ; le dimanche était tout simplement le seul jour, la seule occasion pour eux de se réunir au complet, et de resserrer les liens familiaux, selon les dires du Diego. Et aujourd’hui, ce dernier, ainsi que sa femme, avaient même décidé de rassembler la famille au complet –dans la mesure du possible, car le fait est qu’ils étaient bien trop nombreux. Si bien que les oncles, les tantes et autres cousins étaient aussi de la partie. La maison était donc en ce dimanche ensoleillé, plus vivante que jamais. Les plus jeunes courraient dans les longs couloirs de la demeure, quand les plus âgés ne cessaient de commenter la politique actuel du pays, ou bien de venter les mérites de leurs progénitures. Roan, lui, aux côtés d’Alec, élaborait le plan de leur prochaine vente. Car c’était une vente importante avec de nouveaux clients dont ils n’étaient pas encore absolument sûr de pouvoir leur accorder une quelconque confiance. Tous deux étaient en retrait par rapport au reste de la famille. Pour la simple et bonne raison que Roan détestait qu’on l’interroge, peu important le sujet abordé. Il n’aimait pas les questions de son oncle un peu trop curieux sur le nombre de vente qu’ils pouvaient faire en une journée, ni même lorsque sa grand lui demandait comment allait sa vie sentimentale. Tout le monde se mêlait bien trop souvent de sa vie et il n’aimait pas ça. C’est pourquoi, il restait bien souvent avec Alec, à l’écart. Parce que ces deux là étaient tout bonnement inséparables et qu’il ne cherchait pas à obtenir des réponses qui ne le regardait pas. De toute manière, Alec était déjà au courant de tout ce qu’il y avait à savoir sur lui. Mais bien entendu, la tranquillité de l’aîné de la fratrie ne fut que passagère. En effet, Diego Solano abandonna son frère pour venir à la rencontre de son fils. Il lui presse l’épaule et lui fait un signe de tête que Roan comprend immédiatement. Il avait besoin de s’entretenir avec sa progéniture, maintenant. Si bien que le jeune brun abandonne sans un mot son ami pour suivre son père. Si celui-ci avait d’ordinaire un sens aiguë de l’hospitalité, la conversation qu’il souhaitait avoir avec son fils devait être importante pour qu’il s’éclipse du reste de ses invités, laissant à Roza tout le loisir de s’en occuper. Lorsqu’ils entrent dans le grand bureau, un brin intrigant de Diego, ce dernier se dirige automatiquement derrière ledit bureau, afin de s’y installer. Par habitude, Roan ferme la porte et s’assoit en face. Ce genre de scène était banale, courante chez les Solano, quand la majeure partie des gens auraient trouvé étrange d’être reçu comme pour un rendez-vous avec le proviseur, par son propre père. Outre le fait que Roan était bien souvent plus nerveux lorsqu’il était appelé dans le bureau de son père, que lorsqu’il avait été, durant sa scolarité, convoqué dans le bureau du principal. Cependant, comme on lui a toujours appris, il ne montre rien et reste parfaitement stoïque devant son père, attendant patiemment que celui-ci n’en vienne aux faits. Diego laisse planer un silence presque pesant pendant un bon moment. Moment durant lequel il sort de son tiroir d’ordinaire fermé à clé, une petite boîte renfermant ses cigares cubains favoris. Il finit par en tendre un à son fils. Si ce dernier n’est pas un grand consommateur de cigares, préférant largement la simplement d’une cigarette, il ne refuse pas. Parce qu’on ne refusait jamais un cigare de la part de Diego et que cela était synonyme pour lui, d’une marque de confiance. Car Diego ne proposait pas de cigare à n’importe qui. Le père de famille sort ensuite un dossier qu’il consulte de manière tout aussi énigmatique. Si Roan tente de se redresser suffisamment sur son siège, pour voir d’un coup d’œil de quoi il s’agit, il n’y parvient pas. Il savait que la conversation ne serait pas un sermon. Pour la simple et bonne raison qu’il n’avait actuellement, absolument rien à se reprocher, et que lorsque son père lui passait un savon, il ne commençait pas par vouloir partager un cigare. « Elena Warren ? »  Roan lève immédiatement les yeux au ciel. A l’entente de ce patronyme, il comprend immédiatement de quoi il en ressort. Il aurait dû s’en douter, après tout, cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas abordé ce sujet. Et c’était un sujet important pour Diego. Roan se détend alors sur son siège sans pour autant se relâcher. Le relâchement n’était pas de rigueur en présence du chef de famille. Ce sujet l’agaçait profondément. Et s’il était bien trop poli pour le dire ouvertement à son père, sa mauvaise volonté en faisait clairement cas.  « Non. » Son ton est ferme et froid, comme lorsqu’il distribuent à la pelle, ses ordres à l’hôtel. Il espère ainsi que Diego comprendrait à quel point il ne souhaitait pas avoir cette conversation. Pas encore une fois. Mais étrangement, le magna de la drogue tourne les pages de son dossier, ne relevant pas la réponse de son fils. « Monyca Olinski ? » Ce nouveau nom a le mérite de le faire réagir, lui tirant une grimace. Monyca était la fille de l’un des plus proches collaborateurs de son père. Et s’il savait que l’on pouvait faire une totale confiance en cette famille, il n’appréciait pas pour autant Monyca. Bien au contraire. « Elle ressemble à rien papa, je ne vais pas me marier avec n’importe qui ! » Voilà de quoi il en retournait. D’union, de mariage. Car si en soit, Diego Solano ne se mêlait pas de la vie sentimentale de ses enfants, il donnait pourtant des indications à son fils quant aux personnes avec lesquelles il pourrait se marier et ainsi faire la meilleure des alliances. Le problème était, et pas des moindres, que Roan n’avait pas la moindre envie de se marier. Du moins pas maintenant, et encore moins avec une fille comme Monyca, qui plus est avec une que son père aurait choisi. Il était assez grand pour faire ce genre de choix tout seul. Il savait qu’il allait devoir se marier, bientôt, sous peu en réalité, car il atteignait un âge où cela devenait évident, plus encore pour lui, puisqu’il avait la lourde tâche de faire perdurer la lignée des Solano et de préparer sa propre relève, mais il n’était pas encore prêt, au grand dam de son père. Celui-ci sort d’ailleurs enfin la tête de son dossier. « Surveille ton langage Roan ! » Il laisse tomber ledit dossier marron sur son bureau et offre dès lors toute son attention à son fils. « Le physique de cette jeune femme n’est pas la priorité ! » Bien sûr que ça ne l’était pas, c’était une évidence, car elle ne plaisait absolument pas à Roan, qui lui, y portait bien trop d’intérêt. Oui Roan était parfois superficiel. « Comme si tu avais choisi maman uniquement pour son esprit ! » Diego oubliait parfois que son fils était son portrait craché et qu’à bien des égards, celui-ci lui ressemblait, qu’il avait la même capacité à effrayer son entourage, la même capacité à être désagréable et froid, mais plus encore il avait exactement le même répondant. Un léger rictus finit d’ailleurs par élargir les lèvres du patriarche, presque fier de voir à quel point sa progéniture lui ressemblait. Enfin ceci étant, il y avait un point sur lequel ils différaient, un point très important. Roan avait vingt-cinq ans et n’était toujours pas marié, ni même dans l’optique de le faire. « Roan, c’est important, c’est sur toi que repose la continuité de cette famille. Ta mère et moi nous en avions conscience et nous nous sommes mariés à nos dix-neuf ans. » Roan ne comptait plus les fois où il avait entendu cette phrase. Il en était d’ailleurs bien conscient. Il savait quel était son devoir, mais après tout, il n’avait jamais rencontré de femmes qui lui fasse assez battre le cœur pour pouvoir s’imaginer vivre avec elle toute une vie et partager son quotidien si particulier, alors que pouvait-il faire d’autre ? Peut-être ne faisait-il pas vraiment d’effort sur la question certes, mais tout de même. Il reste silencieux face à son père, se demandant comment il allait pouvoir s’en sortir cette fois. Car c’était finalement une conversation qui revenait un peu trop souvent au fil des années. « Tu peux choisir  qui tu souhaites Roan –enfin, évite quand même les filles de flics, ça ferait tâche- mais, il va falloir que tu y songes sérieusement. » Si Roan ne dit dans un premier temps mot, l’expression qu’on peut lire sur son visage veut en dire long. Cette conversation l’irrite, et lui fait perdre patience. Parce qu’il avait parfois l’impression que son père le prenait pour un parfait idiot, incapable de trouver une femme assez bien pour leur cartel. Il ne choisirait pas quelqu’un qui pourrait leur faire du tort, c’était une certitude. « J’y travaille. » Bien sûr, il mentait. Il n’était pas fier de mentir à son père, mais il mentait et lourdement. Mais, comme on lui avait appris depuis à peu près toujours à ne jamais montrer quoi que ce soit, à ne jamais sourciller sur la moindre contrariété et la moindre déformation de la vérité, son père n’y vit que du feu. Personne ne se rendait jamais compte lorsqu’il mentait. Sauf peut-être Malaya. Parce qu’elle devait avoir un sixième sens ou on ne sait quoi qui lui permettait de lire dans l’esprit de son frère sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit pour l’en empêcher. « Bien, alors je te fais confiance. » Diego Solano hoche la tête avant de se relever et de tendre solennellement sa main vers son fils, afin qu’il vienne la serrer. Comme s’ils étaient en train d’effectuer là, un deal. Bien sûr, Roan y répondit, tout en sachant pertinemment que son père ne devrait probablement pas lui faire confiance sur ce terrain. Peut-être ignorait-il qu’il s’envoyait en l’air avec à peu près toutes les femmes à son goût qu’il croisait, peut-être ignorait-il qu’il les traitait toutes aussi mal les unes que les autres, et peut-être ignorait-il qu’il n’avait pas la moindre intention de se marier pour l’instant et que son seul but était au jour d’aujourd’hui de faire son travail et de repousser aussi longtemps qu’il en serait en son pouvoir, le fait de s’enfermer dans quelque chose qu’il ne souhaitait pas. Lorsqu’ils regagnent la salle de séjour où se trouvaient chacun des invités, il reste en retrait parcourant la salle sans pour autant chercher quelqu’un en particulier. Juste pour regarder. Ses cousins du même âge avaient pour la plupart déjà une femme à leur bras, même si ceux-ci n’étaient pas encore forcément mariés. Quand lui, était seul. « Alors, papa a encore essayé de te marier ? » Un très mince sourire vient se glisser aux coins des lèvres du jeune homme, sans pour autant qu’il tourne son regard vers la provenance de cette voix qu’il aurait pu reconnaître entre mille. Malaya savait tout, devinait absolument tout, ce qui pouvait être à bien des égards totalement frustrant et déconcertant. « C’était qui cette fois ? » Sa sœur se positionne juste à côté de lui, afin de pouvoir elle aussi avoir vue sur l’ensemble de la pièce. « La fille de cette abruti d’Olinski. » Il jette un bref regard vers Lya qui grimace. Elle comprenait, au contraire de son père, exactement ce pourquoi il n’était guère emballé par cette demoiselle, aussi importante soit-elle au vu de son nom de famille. Elle finit d’ailleurs par laisser échapper un léger rire, probablement était-elle en train de s’imaginer Monyca et Roan ensemble. Ou autrement dit, le pire scénario qu’il puisse exister pour le garçon. « Qu’est-ce que tu as répondu ? » Roan pose un regard entendu à sa sœur, fourrant ses mains dans ses poches, puis il hausse les épaules le plus naturellement possible, comme si la réponse qui allait suivre était d’une évidence folle. « Que j’y travaillais. » Si Diego avait cru son fils, Malaya n’était quant à elle absolument pas dupe. Elle voyait son frère évoluer tous les jours et était parfaitement consciente que Roan n’y travaillait absolument pas. D’ailleurs, à l’entente de la réponse qu’il lui fournit, elle s’éclaffe. Peut-être un peu trop fort puisqu’une bonne partie de la famille se tourne vers elle. Elle s’excuse immédiatement pour s’être faite remarquer avant de faire face à son frère, afin d’être dos au reste de la famille et pouvoir parler plus tranquillement avec lui. « Tu y travailles vraiment durement, surtout dans la réserve de l’hôtel ! » Elle croise les bras et arque les sourcils, histoire de lui montrer qu’elle ne croit absolument pas à ce qu’il a pu dire à leur père. Et elle avait tout à fait raison, mais le fait est qu’il ne cherchait pas à lui cacher. Bien au contraire. Il préférait qu’elle le croire incapable d’aimer, car lui-même prônait cette image glaciale et sans le moindre cœur. C’était pour lui bien plus facile que d’abaisser cette garde qu’il avait en permanence et qui l’empêchait de ressentir le moindre sentiment. Il lève alors simplement les yeux au ciel alors que Lya semble beaucoup trop amusée par sa répartie. « Personne ne serait capable de te supporter t’façon ! »  Et elle n’avait pas totalement tort. Ceci étant, Roan n’était pas bien sûr d’être capable de supporter qui que ce soit toute sa vie. « Je te rappelle que ta vie sentimentale est pas bien plus sérieuse que la mienne ! » Il le savait, pour l’avoir vu à l’œuvre avec les hommes un bon nombre de fois. Ou parce qu’il adorait se mêler un peu trop de sa vie privée. Peut-être. Par habitude, la jeune femme vient réajuster la chemise de son frère, ainsi que sa veste. Il détestait quand elle se la jouait aussi maternelle avec lui. Parce qu’il avait l’impression de prendre un coup à son égo et à sa virilité, et parce qu’il assurait savoir se débrouiller tout seul. Mais il avait tellement l’habitude qu’elle remette en ordre ses cheveux, qu’elle remette droite sa cravate ou qu’elle retire toute potentielle saleté sur ses vêtements qu’il la laisse faire. « Uniquement parce que mon cher grand frère les fait tous fuir ! » Elle n’avait pas tellement tort. Roan se donnait toujours un malin plaisir à éloigner toute personne qu’il jugeait pas assez bien pour ses sœurs, mais ceci étant, il était pleinement convaincu que même sans ses interventions, elle ne resterait pas bien longtemps avec ces abrutis avec lesquels elle prenait du bon temps, tout comme lui ne restait pas avec toutes ces femmes qui lui servaient simplement pour assouvir ses besoins. Finalement, Roan et Malaya n’étaient pas si différents que cela au fond. « Toi, tu fais fuir tes prétendantes sans l’aide de qui que ce soit. » Il hausse les épaules. Ce n’était pas faux. « Je ne faisais pas fuir Elsa je te rappelle, et tu l’as viré ! » La tentation était trop forte. Car en effet, il y a quelques jours de cela, Malaya avait décidé de virer cette petite blonde bien trop physiquement attirante pour laisser Roan indifférent. Et à peine était-elle arrivée, qu’il s’était envoyé en l’air avec elle, dans la réserve, dans leur bureau –qu’il partageait normalement avec Lya-, dans sa chambre, et même sur le bar alors qu’ils faisaient la fermeture, seuls. Et évidemment, Malaya avait appris tout cela, et en observant la jeune femme, elle avait fini par lui trouver des défauts. Le fait est qu’elle ne rangeait pas toujours bien les verres à pied, qu’elle préférait cancaner avec les autres serveuses plutôt que de s’occuper des clients, et qu’elle se vantait un peu trop d’être proche du fils du patron. Roan n’écoutait jamais ce qu’il se disait, surtout lorsque cela le concernait, car sinon, cela lui prendrait bien trop de temps et d’énergie, mais Malaya, elle écoutait et savait absolument tout. « Ne me fais pas croire que tu envisageais quoi que ce soit de sérieux avec elle ! » Il n’envisageait absolument rien avec cette demoiselle, tout comme il n’envisageait rien avec les autres. Mais le fait est qu’elle se débrouillait plutôt bien dans l’unique domaine qui semblait intéresser le garçon avec les femmes. « Pourquoi est-ce qu’on est obligé de se marier ? » Comme s’il venait de prendre conscience de quelque chose, Roan redevint sérieux. Il connaissait déjà la réponse, ou du moins celle que lui fournissait son père pour l’inciter à trouver une épouse rapidement. Mais parfois, il se demandait pourquoi cela était autant désiré. Après tout, pourquoi fallait-il qu’il ait des enfants ? Ceux de l’une de ses sœurs pourraient très bien faire l’affaire. « La tradition. » Elle hausse simplement les épaules, ne semblant de toute évidence pas avoir elle non plus une réponse construite et fondée sur la question. Probablement trouvait-elle tout aussi ridicule que pèse uniquement sur lui, cette pression constante de continuité de la famille. « Je parlerais à papa pour qu’il te lâche un peu là-dessus. » Le sourire qu’arbore à cet instant la jeune femme est si réconfortant qu’il en devient contagieux. C’était toujours ainsi entre eux. Ils se disputaient beaucoup, ils se charriaient en permanence mais ils assuraient finalement toujours les arrières de l’autre. Et s’il y avait bien une personne qui pouvait avoir une quelconque influence sur l’obsession de leur père pour le mariage, c’était bien Malaya. Car le fait est qu’elle avait autant d’influence sur Diego qu’elle ne pouvait en avoir sur Roan. Elle était douée, très douée. « Merci Lya. » S’il reste neutre dans ses propos, son regard transparait bien plus, et elle le comprend. D’un geste rapide, il vient presser l’épaule de sa jeune sœur, histoire d’appuyer ses remerciements. Mais, Malaya, qui semble bien moins réticente à l’idée de faire preuve d’affection, vient immédiatement se blottir dans ses bras, ne lui laissant pas le choix. Et s’il reste un instant étonné sans bouger, il finit toute de même par refermer ses bras autour d’elle, la serrant contre lui. Ce genre de moment était finalement rare entre eux. Parce que malgré tout l’amour qu’ils se portaient l’un envers l’autre, il n’était pas courant de les voir se prendre dans les bras. Roan était quelque peu avare de ce genre de démonstration, même s’il faisait des exceptions pour ses sœurs. « Et alors, moi j’ai pas le droit ? » La voix de Sara vient mettre un terme à ce moment volé, mais elle fait tout de même naître un sourire sur le visage de son frère. Rien d’extravagant, mais assez pour que ses jeunes sœurs en soient satisfaites. Il lève les yeux vers Sara et la voit, arquant les sourcils, les regardant en croisant les bras sur la poitrine. « Et moi ? » Derrière elle, arrive Camilla, sur ses talons. Elles étaient toutes là et Roan ne lutta pas bien longtemps aux requêtes de ses sœurs, ouvrant ses bras pour les serrer toutes en même temps dans ces derniers. Car Roan avait beau jouer les insensibles, les hommes intouchables et glacials, voir sans cœur, le fait est qu’il avait une véritable faille qui le rendait à la fois plus vulnérable mais aussi et surtout, plus humain. Et celle-ci était clairement ses trois petites sœurs, pour lesquelles il serait prêt à absolument tout.


_________________


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Dernière édition par Roan Solano le Dim 3 Avr - 11:29, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:07

A l’intérieur de l’un des clubs les plus branchés de la ville, la fête bat son plein. Comme tous les vendredi soirs, la musique, l’envie de s’évader, de profiter de sa jeunesse et de sa liberté, de s’amuser tout simplement, prend le dessus sur absolument tout. Le rythme de la musique s’immisce en chacun des participants et laisse place à d’autres personnes que celles que l’on peut croiser le reste de la semaine. Il n’est plus ici question de travail, de devoirs, de stress et d’obligations. Non, tout ce qui compte à cet instant même, c’est de profiter. Simplement profiter. Et c’est exactement dans cette optique que se trouve actuellement Roan Solano. Alors oui, le jeune homme ne danse pas, parce qu’il ne danse jamais, n’étant de toute évidence pas très à l’aise avec ce genre de domaine, mais il profitait à sa manière de cet endroit, pour oublier un temps soit peu ses responsabilités qu’on lui avait conféré par le simple fait d’être un Solano. Dans un rapide geste un brin brusque, il plaque la jolie rousse sur laquelle il avait jeté son dévolu depuis quelques jours, contre le mur. L’une de ses mains vient se poser contre la paroi fraiche, juste à côté du visage d’Ella alors qu’il s’approche si près d’elle qu’elle ne peut plus fuir. Il sent que sa respiration devient de plus en plus saccadée, parce qu’il peut aisément la sentir venir se heurter contre sa peau à mesure qu’il se rapproche. Leur deux corps se rencontrent, alors qu’il laisse glisser sa main libre dans son cou. Elle ferme les yeux quelques secondes profitant probablement de cette chaleur qu’elle tentait pourtant de vaincre, de repousser. Car oui, Ella n’était pas n’importe qui. Ella Rosen n’était autre que la meilleure amie de Malaya, meilleure amie que Roan s’était donné pour mission de séduire et de mettre dans son lit. Et étrangement, cela n’avait jusqu’alors absolument pas porté ses fruits. Il y mettait pourtant du cœur à l’ouvrage. Mais pour, probablement la première fois de sa vie, toutes ses tentatives de séduction s’étaient révélées être un total échec. Il avait pourtant pour habitude que la gente féminine ne résiste guère à son charme et à ce jeu de séduction qu’il maîtrisait, il faut le dire à la perfection. Et c’était probablement et justement parce qu’Ella lui résistait qu’il persistait. Parce qu’il le sentait, elle était au bord de la rupture. Il n’y avait qu’à voir l’attitude qu’elle avait actuellement. Lorsqu’elle rouvre les yeux, Roan pose son regard dans le sien, afin de lui faire aisément comprendre ce qu’il attendait d’elle maintenant. Elle le savait, elle en était parfaitement consciente, il aurait fallu être stupide pour ne pas le voir. La main du jeune homme glisse derrière la nuque de la jolie rousse qu’il vient relativement doucement presser avant de s’arrêter à une distance très peu raisonnable de ses lèvres. Tant que ses propres lèvres viennent frôler les siennes. L’espace d’un instant, ils oublient totalement où ils se trouvent. Ils oublient qu’ils sont au beau milieu d’une boîte de nuit, que les gens passent, dansent et discutent autour d’eux. Ils oublient même la musique, pourtant si forte qu’ils sont incapables de s’entendre. Mais, pour ainsi dire, ils n’ont pas le moindre besoin de se parler à cet instant. Non, car leurs lèvres sont bien trop occupées pour retrouver l’usage de la parole. Elles se frôlent, se cherchent, sans pour autant se trouver. L’attitude du jeune garçon est totalement délibérée et lucide sur ce qu’il est en train de faire. Il la séduit, il se joue d’elle afin qu’elle cède avant qu’il ne le fasse. Malgré tout l’effet qu’elle peut lui faire. Et ce qu’il désirait depuis des jours finit enfin par arriver. Leurs lèvres se rencontrent alors que la jeune femme s’abandonne littéralement à lui. S’il avait pu, il aurait souri à ce moment même. Parce que finalement, elle n’était pas aussi forte qu’elle le prétendait et qu’il avait remporté la victoire. Enfin, c’est en tout cas ce qu’il pensait. Car si Ella se laisse aller pendant de longues secondes où leurs langues respectives se jouent l’une de l’autre, où ils profitent aisément de la chaleur, de la fougue et de l’exaltation que supposent ce baiser qui se fait de plus en plus intense, elle vient y mettre un terme de manière violente. Elle se détache de lui et le repousse, comme si elle venait de prendre conscience de l’erreur monumentale qu’elle venait de commettre. Comme si elle regrettait déjà ce baiser et comme si elle se maudissait d’avoir à la fois trop bu ce soir et d’avoir céder aux avances de Roan. Le jeune homme ne manque d’ailleurs pas de lire tout ceci dans le regard de la belle. Il arque les sourcils, amusé. Malgré la déception que le fait de se séparer en si bon chemin avait provoqué, il jubilait tout simplement de sa réussite. Ella reprend finalement son souffle et regarde absolument partout sauf vers Roan, qui se trouve encore pourtant si proche d’elle. Puis dans un excès de conscience, elle le pousse à nouveau, criant quelque chose qu’il ne parvient pas à attendre, probablement rien de bien sympathique à son sujet. Cela ne l’étonnerait pas et finalement, elle n’avait pas tort. Car elle était pleinement consciente du jeu que Roan jouait avec elle et des raisons qui l’animait. Et pourtant elle avait cédé comme une débutante. Ce n’est pas Roan qui allait sans plaindre, bien au contraire. D’ailleurs, celui-ci n’était pas décidé à s’arrêter en si bon chemin. S’il était sûr que ce baiser allait faire parler, et revenir aux oreilles de sa sœur, le challenge, et probablement son goût exacerbé pour les femmes fit qu’il n’abandonna pas, suivant Ella jusqu’à la sortie du club. « Chez toi ou chez moi ? » Les mains fourrées dans les poches de sa veste, il arbore une expression qui veut absolument tout dire. Le genre d’expression suffisante qui énerverait n’importe qui, à commencer par Ella. Celle-ci ne s’arrête pas, prenant le chemin pour rentrer chez elle, l’assénant simplement d’un regard noir. « Je ne coucherais pas avec toi, Roan ! Dégages de mon chemin ! » Le garçon a très bien compris ce qu’Ella lui disait, et pourtant, il continue de marcher à côté d’elle, s’amusant de l’énervement soudain dont elle faisait preuve. « Pourquoi est-ce que tu me repousses toujours Rosen ? » Car c’était un fait, aucune femme n’avait jamais autant résisté à l’aîné des Solano. C’était une première pour lui. Et s’il aimait le challenge que cela représentait, il était tout de même un peu vexé qu’elle ne cède pas aussi rapidement que les autres et qu’il doive entreprendre autant d’effort pour l’avoir. « Parce que tu fais ça uniquement pour emmerder ta sœur ! » Et elle avait tout à fait raison. Le fait est qu’aussi belle Ella était, il n’avait jamais démontré le moindre intérêt pour elle avant qu’il n’en trouve une raison. Et la raison était de toute évidence Malaya. Car sa jeune sœur avait décidé sur un inexplicable coup de tête de mettre les voiles, de partir loin et de ne plus revenir avant un temps qu’elle avait décrété non déterminé. Elle était partie et elle l’avait lâchement abandonné. Roan n’était pas le genre d’homme sentimental, cela se savait et se voyait, et pourtant, il était affecté par le départ soudain de sa sœur. Comme son père, il ne comprenait comment elle pouvait envisager de mettre de côté ses responsabilités, d’abandonner son job pour un temps et de jouer les enfants immatures s’enfuyant à la première difficulté. Mais au delà de ça, Roan n’adhérait tout simplement pas au fait qu’elle s’échappe sans lui. Il n’aurait bien entendu jamais fait une chose pareille mais il avait naïvement cru que Malaya et lui formaient une équipe. Le genre qui assurait toujours les arrières de l’autre et qui ne s’abandonnait pas. C’était pourtant ce qu’elle avait fait sans la moindre hésitation et il s’était retrouvé seul. Complètement seul. Bien sûr, il y avait toujours Sara, Camilla et même Alec, mais ça n’était pas pareil. De plus, celle-ci, en plus d’avoir renoncé à son devoir, même pour un temps, avait décidé de ne plus répondre au téléphone. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer. Roan était d’ailleurs à la limite du harcèlement, mais il en s’en fichait, persuadé qu’au bout d’un certain temps, elle en aurait si marre qu’elle finirait par décrocher et l’écouter. Mais évidemment, elle avait bien plus de maîtrise de ses nerfs qu’il ne pouvait le penser. Si bien qu’il tombait la plupart du temps sur son répondeur et qu’il avait dû trouver d’autres solutions pour attirer son attention. Et c’est en ce sens, il avait élaboré ce stratagème complètement fou, mais qu’il assumait parfaitement. Il aurait pu s’y prendre autrement, mais il avait étrangement opté pour la solution la moins violente. Celle de séduire l’intouchable. Celle qu’il ne devrait pas séduire et celle qui était selon les dires de Malaya littéralement inapprochable. La meilleure amie de la jeune femme ne savait absolument rien de la véritable vie de Malaya et par conséquent des Solano, mais pourtant, elle semblait compter pour elle, presque autant que sa propre famille. Si bien qu’il savait qu’en flirtant avec Ella, en prenant du bon temps avec cette jolie rouquine intouchable, il attirerait enfin l’attention de sa sœur. Sauf qu’Ella n’était pas idiote et avait pleinement conscience de ce que Roan essayait de faire, malgré qu’il clamait bien souvent le contraire.  « Pas uniquement ! » lâche-t-il alors en haussant les épaules, l’air de rien, continuant de marcher à ses côtés. Absolument pas dupe, Ella tourne la tête et jette un regard entendu à Roan. « Pourquoi alors ? Pour ajouter une rousse à ton palmarès ? » Immédiatement, Roan se sent vexé, sur un terrain qui échapperait probablement à n’importe quelle personne normalement constituée, et plus encore à une femme. « J’ai déjà couché avec plein de rousses. » Aussitôt, la jeune femme lève les yeux au ciel et accélère le pas. Mais bien entendu, Roan n’est pas encore près à la laisser partir. Car outre le fait qu’il savait que ce baiser et ce rapprochement de ce soir seraient déjà bien suffisants pour énerver sa petite sœur lorsqu’Ella s’empresserait d’aller s’en plaindre à sa meilleure amie, il espérait aussi avoir, par le biais de Ella, de ses nouvelles.« Est-ce qu’elle va revenir ? Elle va bien ? Elle ne répond jamais quand je l’appelle. » Finalement, Ella finit par ralentir le rythme, peut-être parce que Roan abordait enfin là, le véritable sujet qui se dissimulait depuis des semaines derrière ses tentatives infructueuses –jusqu’à ce soir- de séduction. « Peut-être qu’elle est trop occupée pour te répondre, si tu vois ce que je veux dire. » Ella savait exactement comme énerver Roan. Car c’était un fait, il avait un mal fou à accepter le fait que ses sœurs puissent se laisser avoir par le premier mec qui passait. Et ce, même si c’était exactement ainsi qu’il se comportait avec toutes les filles qui passaient dans son lit. Il grimace et lève les yeux au ciel, changeant immédiatement de conversation, n’ayant de toute évidence pas la moindre envie de parler des déboires de sa sœur. Et encore moins d’en avoir la vision. « Si elle prend du bon temps, pourquoi devrions-nous, nous priver ? » Il revenait à la charge, tout en sachant qu’il n’obtiendrait absolument plus rien d’Ella ce soir. Le fait est qu’il ne l’avouerait probablement jamais, mais la seule et unique raison qui le poussait à continuer à marcher aux côtés de la jeune femme, était parce que Malaya le tuerait si elle apprenait qu’il l’avait laissé tomber au beau milieu de la nuit dans les rues parfois dangereuses de Londres, seule, sans la raccompagner. Car oui, au fond, Roan n’avait pas un si mauvais fond. « Aucune raison en effet. Mais pas ensemble ! » Roan avait toujours entendu parler de Ella de manière élogieuse, comme une fêtarde invétérée et d’une fille pleine et vie et d’amusement. Mais elle avait, selon lui, bien trop de principes pour être véritablement aussi fun qu’elle était censée l’être. « T’es vraiment pas amusante Ella ! » Piquée au vif, la jolie rousse lance un regard mauvais vers Roan. « Et toi, tu es le frère de ma meilleure amie, il y a des règles dans une amitié ! Mais ce genre de truc, doit te dépasser n’est-ce pas ? » La vérité était qu’il y avait exactement le même genre de règles dans son amitié avec Alec, sans que jamais cela se soit un jour dit à voix haute. C’était implicite mais pourtant bien présent. Car Alec savait que ses sœurs étaient tout bonnement intouchables et que s’il s’aventurait sur ce terrain, il risquait gros. « Je suis sûr que Lya n’aurait pas autant d’état d’âme à coucher avec ton frère ! » Et le fait est qu’il n’était pas si éloigné de la vérité que cela, malgré tout ce que pouvait croire Ella. Car même s’il savait que Malaya était pleine de valeurs, il la connaissait mieux que personne et était persuadé qu’elle n’en ferait pas autant cas. Après une série d’échanges tous aussi musclés que ces derniers, Ella et Roan atteignirent enfin l’appartement de la jeune femme qu’il abandonne une fois qu’il fut certain qu’elle soit bien rentrée chez elle avant de retrouver à son tour son lit. Il mourrait littéralement de fatigue. Si bien qu’une fois arrivé, il se laisse tomber sur son lit et s’endormit aussitôt, sans prendre le soin de retirer ses vêtements. Ce n’est que le lendemain, qu’il sort de son coma le plus difficilement qu’il soit, par la persistance du vibreur de son téléphone portable sur la table de chevet. Il grogne à plusieurs reprises, lance un coussin sur ladite table afin de faire taire le cellulaire en vain, avant de se décider à ouvrir les yeux. Mais étrangement, lorsqu’il découvre la multiplicité des appels et surtout, la personne responsable, un sourire vient immédiatement s’immiscer sur ses lèvres. « Tiens tiens, j’étais sûr que j’allais recevoir un appel d’ici peu, Ella a été plus rapide que je ne l’aurais cru ! » Mayala était à l’autre bout du fil et Roan n’en était pas peu fier. Parce que si elle l’appelait enfin, c’était que quelque part, il avait réussi son coup et c’était finalement tout ce qu’il lui importait. « A quoi tu joues avec Ella, Roan ? » Même si sa jeune sœur est actuellement en train de lui crier dessus à travers le combiné, il ne peut s’empêcher d’être heureux d’entendre sa voix. Malgré le fait qu’elle ne s’arrête de crier, l’entendre lui fait un bien fou et lui rappelle ces moments où ils se hurlaient dessus pour mieux se réconcilier ensuite. « Elle est hors limite, tu n’y touches pas ! » Il aurait pu prédire cette scène et surtout les mots de sa sœur avant qu’elle ne les prononce. Malaya était parfois bien trop prévisible, ou la connaissait-il aujourd’hui trop bien pour être étonné de ses réactions. « C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour te faire réagir. Et visiblement cela a plutôt bien marché. » Il est obligé de se réjouir de sa victoire et d’arborer cette insolence dans sa voix qu’elle déteste par dessus tout. Ceci a d’ailleurs le don de la faire crier à nouveau, lui vociférant à quel point il n’était qu’un idiot, qu’il n’avait aucun droit de s’évertuer à ce genre de jeu sur sa meilleure amie, qu’elle était trop bien pour lui et que s’il lui venait à nouveau l’envie de toucher à la rouquine, elle se donnerait un malin plaisir de le réduire en bouilli. Sans pour autant répondre immédiatement aux multiples insultes et réprimandes, toutes énoncées en espagnol, Roan hoche la tête en souriant. Elle ne pouvait, à cet instant le voir, mais elle devait probablement imaginer sa réaction. Et alors qu’elle continue de crier, il la coupe sans la moindre gène. « Tu me manques Lya, c’est tout. » Roan ne lui disait jamais ce genre de chose. Il ne s’ouvrait pas aux gens qui l’entouraient de manière générale mais pourtant, là, aujourd’hui, il lui avait dit, reprenant soudainement tout son sérieux. « Je voulais juste savoir comment tu allais … mais comme tu ne réponds pas à mes appels, j’ai du trouver une solution. » Roan débordait d’idées, et celles-ci n’étaient bien souvent pas les meilleures qu’il soit, au grand dam de sa jeune sœur, qui devait probablement bouillonner derrière son téléphone à l’heure actuelle. Elle reste pourtant quelques secondes silencieuse. Peut-être était-elle sous le choc que Roan avoue de vive voix qu’elle pouvait lui manquer. C’est après un long soupire qu’elle reprend la parole. « Parce que je sais ce que tu veux Roan, tu veux simplement que je revienne et que je retourne dans les rangs. » C’était exactement ce qu’il voulait, ce que leur père souhaitait et ce que la logique supposait. Même si au delà de ça, c’était surtout, à cet instant l’envie de la revoir à ses côtés qui l’animait. Il oeuvrait pour les mêmes raisons que son père, c’était certain, mais il persistait aussi pour ses propres raisons. Gérer l’hôtel sans Malaya n’était plus aussi amusant, parce qu’il devait constamment collaborer avec sa mère et qu’avec elle, il ne pouvait pas séduire toutes les serveuses qui passaient, qu’il devait se contenir sur ses multiples ordres à la seconde envers les employés et qu’il devait perpétuellement se tenir droit et être gentil et courtois avec l’ensemble du personnel et des clients. Et ce n’était absolument pas ce qu’il était. Plus encore, il ne pouvait plus s’évertuer à embêter sa sœur, puisqu’elle n’était tout simplement plus là. Il s’ennuyait sans elle. Il s’ennuyait lorsqu’il travaillait avec sa mère à défaut de Malaya, il s’ennuyait lorsqu’il s’entraînait seul et lorsqu’elle n’était étrangement pas là pour le surveiller sur certaines ventes du cartel. Car Roan avait beau dire que sa sœur l’agaçait, il avait beau passer son temps à la taquiner et à la rendre folle, lorsqu’elle n’était pas là, ce n’était pas pareil et il n’aimait tout simplement pas ça. Alors oui, il souhaitait qu’elle revienne et qu’elle retrouve sa place. « Je reviendrais quand je serais prête à revenir. » Roan soupire, assez bruyamment pour que sa sœur puisse l’entendre à l’autre bout du fil, mais celle-ci semble décidée à ne pas relever la colère de son frère, revenant au sujet sur lequel elle l’avait harcelé une bonne partie de la nuit. « Et si tu touches encore une fois à Ella, je te jure que tu vas passer un sale quart d’heure Roan Diego Solano ! » Entendre son nom complet et les menaces vociférées par sa sœur amuse bien plus le jeune homme que cela ne lui fait peur, même s’il était pleinement conscient qu’elle les mettrait à exécution sans le moindre problème. « Est-ce que ça te ferait revenir ? » Car là était finalement tout le but de ses manœuvres. « Pour t’étrangler oui ! » Un nouveau sourire nait sur son visage, pas peu fier que son plan marche autant. « Alors c’est peut-être ce que je devrais continuer à faire ! » Volontairement provocateur, Roan cherche à ce que, quelque part, sa sœur craque et ne se décide à rentrer, tout simplement. Selon lui, absolument tous les moyens étaient bons pour la faire revenir. Même ceux qui n’étaient de tout évidence pas très morale. « Elle ne me résistera pas bien longtemps, si tu veux mon avis. Elle embrasse d’ailleurs plutôt bien et … » A peine a-t-il reprit son jeu dangereux pour pousser sa sœur à bout qu’elle vint le couper, afin de le rappeler à l’ordre. « Roan !! » Elle crie si fort qu’il est obligé d’éloigner le téléphone de son oreille. Téléphone qui reste éloigné un bon moment parce que les allusions de son aîné ont eu le mérite de l’énerver encore plus, et voilà qu’elle recommence à l’assèner de nom d’oiseau en espagnol. « A bientôt Lya. » lui lance-t-il finalement avant de raccrocher, sachant pertinemment qu’il n’obtiendrait absolument plus rien de Malaya dans ces conditions. Entendre sa voix lui avait pour l’heure suffit et l’idée de la laisser s’imaginer bon nombre de chose l’amusait. Oui, Roan pouvait être cruel et perfide avec Malaya, mais elle le lui rendait bien. Et puis, la fin justifiait les moyens.


chapter three

Le souffle lui manque, la douleur est lancinante et pourtant, Roan continue de marcher à pas précipités. Il marche aussi rapidement qu’il le peut en pressant sa main contre son bras, tentant, tant bien que mal de ne pas laisser s’échapper, des goutes de sang sur le sol. Il n’avait pas besoin d’attirer encore plus l’attention sur lui. Il s’engage dans les petites rues peu fréquentées de Londres pour éviter d’être vu, mais le fait est qu’il est condamné à croiser sur son passage quelques passants qui le regardent étrangement. Un homme lui demande même s’il va bien et s’il a besoin d’aide. Il doit vraiment avoir une mine affreuse. Il sait qu’il est amoché. Il sait qu’il ne doit pas être beau à voir, et pourtant, il baisse la tête et continue sa route sans le moindre mot. Malgré la douleur de son bras qui lui arrache bon nombre de grimaces. Il sait qu’il a aussi l’arcade ouverte, malgré le fait qu’il est bien trop épris de sa douleur au bras pour sentir quelque chose à ce niveau, mais il sent tout de même son propre sang glisser dans son œil droit. Cependant, il ne peut pas l’essuyer, pour la simple et bonne raison qu’il ne peut retirer la pression de sa main droite sur son bras gauche, blessé. Lorsqu’il parvient enfin à atteindre  l’hôtel, il a de la chance, car aucun client ne se trouve dans le hall. Cela pourrait faire mauvais genre de voir son patron, ou l’un des gérant de l’hôtel, avec une arcade explosée et un bras en piteux état, laissant perler quelques gouttes de sang sur son passage. Il cherche immédiatement des yeux Malaya, qu’il ne voit pas. La réception est elle aussi déserte, ce qui a le don d’agacer tout particulièrement Roan. Quand il n’avait guère besoin de Malaya, celle-ci était toujours derrière lui à lui dire quoi faire, et aujourd’hui, alors qu’il avait terriblement besoin d’elle, elle n’était pas là. Il bougonne quelques jurons presque inaudibles avant de traverser la pièce pour rejoindre son bureau. Mais sur le chemin, il voit qu’il y a finalement, au moins une personne qui travaille dans ce fichu hôtel. Derrière le bar, une petite blonde, qui doit être nouvelle s’affère au rangement des verres. Sans hésiter une seconde, le garçon se dirige vers le bar sur lequel il prend immédiatement appuie lorsqu’il l’atteint. « Est-ce que Malaya est là ? » Il est essoufflé et quelque peu sur les nerfs et cela se voit, car il ne fait le moins du monde preuve d’amabilité envers cette nouvelle recrue qui allait rapidement apprendre la manière dont Roan travaillait. La jolie blonde, relève la tête, surprise, comme prise sur le fait. « Euh, non. Elle est partie faire une course avec Aria. » Alors que la jeune femme pose un regard interloqué sur Roan, qu’il ne prend pas la peine de relever ni même de remarquer, celui-ci grimace. « Merde. » Et sans un mot de plus, il s’en va, afin de regagner son bureau, ou plutôt, celui qu’il partageait avec Malaya. En temps normal, il aurait relevé que celui-ci n’était pas parfaitement rangé et cela l’aurait agacé et aurait probablement été suivi de quelques remarques salées à l’adresse de sa sœur, mais à cet instant, l’ordre était de toute évidence le cadet de ses soucis. Il retire immédiatement sa veste, accompagné de multiples grimaces de douleur et s’empare de la bouteille d’alcool à brûler qu’il garde dans le dernier tiroir du bureau, au cas où, avec quelques compresses et de quoi apporter les premiers secours. Les Solanos étaient prévoyants, où que ce soit et dans n’importe quelles circonstances. Il retire sa chemise, afin de pouvoir accéder plus facilement à sa blessure, se retrouvant par conséquent torse nu. Il s’éponge rapidement le visage avec ladite chemise –qui coûtait pourtant bien chère pour être utilisée de la sorte- avant de nettoyer superficiellement sa plaie. Il était absolument nul pour nettoyer et soigner les blessures de manière générale. Il y était pourtant bien souvent confronté mais la plupart du temps, Malaya ou Sara s’occupaient de tout. Elles étaient bien plus douées que lui en la matière. Parfois même, sa mère pansait ses blessures. Oui, dans certains domaines, Roan était totalement assisté par sa famille, malgré le fait qu’il ne l’avouerait probablement jamais. D’autant que sa blessure se trouvait à une extrémité de son avant-bras qui ne lui était pas aisée d’accès. Il se pince les lèvres pour ne pas crier, prend appui sur le bureau et déverse de l’alcool sur son bras. Il serre la mâchoire et lutte contre la douleur lancinante, maudissant Matthews de tout son être. Matthews n’était autre qu’un des nombreux ennemis de la famille Solano et de leur cartel. Encore un qui souhaitait les descendre pour enfin détenir le monopole du trafic de drogue dans la ville de Londres. Et bien entendu, une bagarre avait éclaté entre les hommes de Diego et ceux de Matthews. Et il avait fallu que Roan se trouve là. Alors oui, il s’était défendu, il avait d’ailleurs mis à terre quelques imbéciles, jusqu’à ce que Matthews ne sorte son arme et tire sans crier gare au beau milieu des hommes des Solanos. Et si Roan n’avait pas reçu en tant que telle la balle, celle-ci l’avait assez frôlé pour faire des dégâts, avant de s’abattre dans le corps de l’un de ses hommes et amis. L’affrontement s’était dissipé à cet instant même, car Matthews avait bien trop attiré l’attention sur eux. Puis, l’ensemble des hommes s’était dispersé, conscients qu’ils pourraient, s’ils restaient là une seconde de plus être appréhendés par la police. Et voilà comment Roan s’était retrouvé là, des éclats de balle dans un bras ensanglanté qu’il tentait tant bien que mal d’extraire et une arcade explosée. Et alors qu’il s’agace sur sa blessure, quelqu’un frappe à la porte. Il n’a pas le temps de dire quoi que ce soit, que la porte s’est déjà ouverte, laissant apparaître cette même blonde qu’il avait croisée il y a seulement quelques minutes au bar. « Je suis désolée de vous déranger mais je voulais savoir, je … » Elle lève la tête vers Roan et s’arrête au beau milieu de sa phrase, définitivement interloquée et interdite devant la scène qui s’offre à elle. Roan lève rapidement les yeux vers elle mais il ne lui accorde pas plus d’importance que cela. Il ne remarque même pas qu’elle cherche ses mots et a quelque peu rougi, visiblement gênée. « Oh mince, désolée je ne voulais pas. Pardon. » Elle se confond en excuse, probablement troublée par le fait de tomber sur son patron à moitié nu avec un bras ensanglanté, tentant tant bien que mal de le nettoyer. Elle referme la porte sans que Roan n’ait décidé de lui répondre quoi que ce soit. Il n’avait de toute évidence, pas de temps à lui accorder. Mais à peine a-t-il retiré d’un geste sec un éclat de son bras qu’elle rouvre la porte, hésitante. « Est-ce que vous avez besoin d’aide ? » Roan grimace. Non pas par la gentillesse évidente de cette fille qu’il ne connaît même pas, mais par la douleur. « Ca va. » grommelle-t-il de la manière la plus désagréable qu’il soit sans lever les yeux vers elle, continuant ce qu’il est en train de faire. Le silence revient, ponctué de temps à autre par les jurons du garçon. Pourtant, la blonde n’est pas partie, elle reste là immobile devant la scène. Probablement doit-il faire véritablement de la peine à voir car elle finit par pénétrer complètement dans la pièce, refermant la porte derrière elle et par venir vers lui. « Laissez-moi faire ! » S’il résiste un instant, lorsqu’elle lui arrache la bouteille d’alcool des mains et les compresses, il n’a d’autre choix que de céder et de la laisser faire. Il ignore si c’est parce qu’il déteste nettoyer ses plaies, si cela est dû à la douleur ou s’il perd juste patience mais il la laisse faire et se détend doucement. Bien sûr, il lui donne des ordres sur ce qu’elle doit entreprendre et comment elle doit le faire mais, peu à peu, il se calme. Il ignore si elle a déjà fait cela dans sa vie, mais elle se débrouille particulièrement bien, tant qu’au bout d’un certain temps, il la laisse totalement faire et ne dit plus rien. D’un revers de la main, il passe celle-ci sur son front, histoire d’éponger la sueur formée par la précipitation et la douleur. S’il grimace lorsqu’elle déverse à nouveau de l’alcool sur sa plaie, il ne fait pourtant plus le moindre commentaire. « Je suis obligée de poser la question, je … » La voix de la jeune femme est hésitante, tant qu’à peine a-t-elle ouvert la bouche que Roan vient la couper. « Tu ne seras pas payée davantage pour ça ! » L’aîné des Solano ne savait définitivement par y faire avec les personnes qui lui venaient en aide. Car c’était bel et bien ce qu’il se passait. Sans son intervention, il serait probablement toujours en train d’essayer de retirer non sans mal les éclats alors qu’elle, elle avait bientôt terminée de faire le bandage. Un très propre bandage, bien plus beau et soigné que s’il l’avait fait lui-même, c’était une certitude. « Non je … ce n’est pas ce que je voulais dire. » De nouveau la jeune femme balbutie, cherchant définitivement ses mots. Elle n’avait de toute évidence pas encore l’habitude du ton des plus abrupts du jeune homme. Mais elle finit par prendre sur elle. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Roan lève la tête vers elle et plisse légèrement les yeux. Il ignorait s’il cherchait à lire quelque chose dans son regard mais son père lui avait toujours appris à se méfier des personnes trop curieuses, qui posaient trop de question. Mais après tout, son interrogation était légitime. Il ouvre la bouche, s’apprêtant à lui répondre mais finalement, rien ne sort. Pas parce qu’il ne sait pas quoi dire, car le fait est qu’il avait l’habitude de sortir à qui veut l’entendre des excuses bidons sur les raisons de ses blessures récurrentes, mais parce qu’un frisson vient de lui parcourir tout le corps et qu’il en a, l’espace d’un instant, le souffle coupé. Il ignore si cela est dû au peu de vêtement qu’il a sur lui, à la brise fraiche de l’automne ou bien au fait que celle qui venait de le soigner, avait glissé dans un mouvement d’une délicatesse infinie, ses doigts sur son avant-bras afin d’aider le sparadrap à prendre corps avec sa peau. Il la regarde un instant interdit et il se rend compte, sans réellement savoir ni qui, ni pour quoi, de la beauté rare de cette jeune femme. Il ne savait guère pourquoi il ne l’avait pas remarqué plus tôt. C’était pourtant d’ordinaire ce qu’il voyait en premier chez une femme. Ils restent de longues secondes ainsi, suspendus dans le regard de l’autre, avant que Roan reprenne enfin ses esprits. « Rien. Je me suis simplement retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. » Etrangement, il a plus de mal à trouver une excuse qu’à l’accoutumer et est pleinement conscient qu’il a sorti là, la plus mauvaise qui soit. Il détourne alors son regard d’elle, car il était évident que c’était elle qui provoquait en lui cet effet étrange. « La blessure est superficielle, ce n’est rien. » Il se redresse, se retirant de contre le bureau à la recherche de sa chemise, qu’il trouve en boule par terre. « Il y avait des éclats dedans, je ne crois pas que ce soit si superficiel que ça, vous deviez aller à l’hôpital je peux … » A peine a-t-il entendu la mention de l’hôpital qu’il se tourne vers elle, abandonnant quelques secondes le chiffon qu’était devenue sa chemise. « Non. » Son ton autoritaire et froid revient au galop alors qu’il fusille littéralement du regard la jolie blonde. « Je ne vais pas à l’hôpital, c’est trois fois rien. » La vérité était que ce n’était probablement pas trois fois rien et que la logique aurait voulu qu’il se rende à l’hôpital le plus proche, au moins pour vérifier que les soins avaient été bien réalisés et qu’il ne restait plus rien à l’intérieur de sa plaie. Mais il n’était pas idiot et savait qu’à l’instant où il ferait face à un médecin, celui-ci serait dans l’obligation de rapporter sa blessure, car les blessures par balle étaient toujours rapportées et que ceci pourrait de toute évidence courir à la perte des Solano et de leur cartel. Se sentant un brin attaquée par l’attitude agressive du brun, la jeune femme fait un geste de recul. « D’accord… Pas d’hôpital alors. » Roan hoche alors tête avant de reporter son attention sur sa chemise qu’il tente de démêlée. Celle-ci est baignée de sang et ne ressemble absolument plus à rien. Si bien qu’elle est tout bonnement importable. Il la laisse retomber sur le sol et s’avance vers la jeune femme. Il s’apprêtait à –surement pour la première fois de sa vie- la remercier, mais avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, quelqu’un ouvre la porte du bureau à la volée. « Roan ! » La voix de Malaya attire immédiatement l’attention de Roan mais aussi de la blonde, ils tournent d’ailleurs dans un mouvement parfaitement synchro la tête vers elle. Elle affiche une expression à la fois décontenancée et en colère. « Qu’est-ce qu’il se passe ici ? » Elle s’avance dans la pièce et interroge son frère du regard qui n’a pas dit le moindre mot. Elle plisse les yeux, observant la scène, posant ses mains sur ses hanches. Probablement était-elle en train de s’imaginer bon nombre de choses à cet instant. « Pourquoi est-ce que ? » Elle interrompt elle-même sa propre phrase pour tourner les yeux vers celle qu’elle avait engagé la veille. Si elle la regarde d’un œil dubitatif et accusateur pendant un instant, elle finit par lui sourire. Bien sûr, ce sourire était baigné d’une fausseté évidente mais il était toujours plus rassurant d’avoir un sourire de Malaya, qu’un regard foudroyant. « Retourne travailler, Faye. Merci. » Roan ne peut s’empêcher de noter dans un coin de sa tête le prénom de cette jeune femme qu’il regarde partir sans un mot de plus. Lorsqu’elle quitte la pièce et referme doucement la porte, elle croise une dernière fois le regard de Roan qui lui fait un mince sourire avant de reporter son attention vers sa sœur. « Tu veux pas aller me chercher une chemise, celle-ci est fichue ! » Prendre un ton désinvolte et tout à fait normal était une faculté que Roan maîtrisait à la perfection et qui avait le don d’énerver Malaya. D’ailleurs celle-ci s’avance vers son frère en le fusillant du regard, décidant de ne pas relever ce qu’il venait de lui demander. « Ne me dis pas que tu couches déjà avec elle ? Elle vient d’arriver, Roan ! » Des reproches, de la désapprobation et une colère évidente s’était emparé de la jeune Solano alors qu’elle ne cessait se secouer négativement la tête. Roan fait mine d’être offensé –alors qu’en réalité, la réaction de sa sœur était plutôt normale au vu du nombre de relations qu’il avait pu avoir avec le personnel de sexe féminin de cet hôtel. « Hé du calme, j’ai pas couché avec elle ! Elle m’a simplement aidé avec ça ! » Il se tourne pour montrer son bras, exposant ainsi sa blessure recouverte d’un bandage parfaitement réalisé à sa sœur. Et immédiatement, le regard réprobateur de Malaya se métamorphose en une inquiétude certaine. Elle s’avance et s’empare de son bras, manquant de délicatesse. Tant qu’il ne peut s’empêcher de grimacer. « Doucement, Lya, c’est douloureux ! » Si elle l’avait pu, elle aurait retiré le bandage pour voir l’étendu des dégâts. Fort heureusement celui-ci était bien trop bien fait pour qu’elle ne s’y évertue. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Parfois, Malaya était excessivement maternelle avec lui. Et si cela l’agaçait la plupart du temps, parfois, il trouvait cela attendrissant. Il finit par reprendre appui contre le bureau, afin de pouvoir lui expliquer ce qu’il venait de se passer. Il lui conte donc sa rencontre avec Matthews, puis le dérapage, le fait qu’il avait cloué à terre une bonne dizaine d’hommes –parce qu’il était obligé de vanter ses exploits en toutes circonstances-, que Matthews avait sorti une arme, que les choses avaient dégénérées, qu’ils avaient perdu un homme et qu’il avait été blessé. « Mais c’est rien, Faye a nettoyé la plaie, elle a fait du bon boulot et … » Il commence sa phrase alors que sa sœur inspecte son bras, puis son arcade, que Faye avait aussi rapidement soignée. Mais alors qu’il s’apprête à continuer à tenter de la rassurer, Malaya l’assène d’un violent coup dans son bras valide. « Espèce de crétin ! » Ne comprenant pas ce qu’il lui arrive tout à coup, il ramène son bras vers lui et écarquille les yeux. « Aie ! Non mais ça ne va pas ! » Il l’interroge du regard, définitivement interloqué par cette violence dont elle venait de faire preuve – malgré qu’il faut le dire, son coup ne l’a guère fait réellement souffrir, mais le fait est qu’il aimait bien exagérer. « Tu sais qui est cette fille ? » Le fait est qu’il ignorait totalement qui était cette femme et qu’il s’était littéralement laissé aller avec elle sans aucune raison véritablement valable. Il ne savait pas bien pourquoi il l’avait laissé entrer dans son bureau, l’avait laissé le soigner et lui avait peut-être laissé quelques indices qui pourraient de toute évidence se révéler fatals. Il fronce les sourcils et secoue la tête. Car non, il ignorait qui était cette fille à part qu’elle devait logiquement être la nouvelle recrue que Malaya avait engagée sans son consentement et qu’elle s’appelait Faye. « La fille de William Daniels, le chef de la police ! Elle va poser des questions, et y’a de grandes chances qu’elle raconte tout ça à son père ! » Oups. Roan déglutit et reste un instant sans voix. Il se sentait de toute évidence, comme le dernier des imbéciles. Il s’était laissé charmé, s’était laissé aller avec cette fille sans réellement savoir qui elle était. Il n’était qu’un sombre crétin et il s’en mordait les doigts. « Je ferais en sorte qu’elle ne parle pas. » Il n’avait plus vraiment le choix, il se devait de réparer son erreur. Il ignorait comment il allait s’y prendre mais il ferait en sorte de se rapprocher assez d’elle pour savoir ce qu’elle pouvait dire ou ne pas dire à son cher père. Et il se devait de jouer ce fameux jeu de la manipulation pour obtenir d’elle qu’elle se taise ou tout au moins l’orienter vers de tous autres intérêts. « Y’a plutôt intérêt si tu ne veux pas que papa te tue ! » Car c’était une certitude, si Diego Solano apprenait que son fils, sa si parfaite progéniture venait de baisser sa garde pour une femme, il n’allait que très moyennement apprécier, surtout lorsque la femme en question n’était autre que la fille du chef de la police.


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Dernière édition par Roan Solano le Mar 5 Avr - 22:31, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:07

La respiration haletante, le corps ruisselant de sueur et les poings serrés, Roan frappe une dernière fois dans le sac qu’il maltraite depuis une bonne heure déjà avant de lui offrir le repos qu’il mérite. Il reprend son souffle et se dirige vers le banc, au fond de la salle où il a laissé ses affaires, son téléphone, sa bouteille d’eau et une serviette. Il s’empare immédiatement de sa bouteille qu’il vide d’une traite alors qu’il s’éponge le visage, puis la nuque d’un geste rapide. Là était toute la routine matinale du garçon. Qu’il ait fait la fête toute la nuit, qu’il n’ait pas dormi, qu’il soit blessé ou en convalescence, il se levait toujours chaque matin pour effectuer son entraînement quotidien. C’était un rituel, une obligation sans laquelle il s’était au fil du temps persuadé qu’il ne pouvait passer une bonne journée. Et si d’ordinaire, Sara, Malaya ou encore Alec l’accompagnait dans sa lubie matinale, aujourd’hui il était seul. Une fois qu’il a repris une respiration normale, il prend le chemin de la sortie, montant les escaliers quatre à quatre pour rejoindre le rez-de-chaussée car c’était bel et bien au sous-sol que Diego Solano avait fait construire cette salle d’entraînement uniquement réservée aux Solano et certaines recrues du cartel. Pour rejoindre l’ascenseur qui le mènerait à sa suite où l’attendait une plus que nécessaire douche, il passe par le hall de l’hôtel. Tout le monde s’affaire ici et là. Malaya donne les indications aux serveuses et serveurs présents, tout en préparant la salle de réception pour le dîner à venir dirigeant ses sous-fifres avec un savoir faire évident. Malaya était très forte pour faire digérer à n’importe quel de leur employé un ordre ou une tâche de manière douce et assurée, si bien que tout le monde effectuait toujours son travail volontairement et sans rechigner. Ce n’était bien entendu pas ainsi que cela se passait quand Roan était en charge, mais fort heureusement, elle travaillait bien plus que lui à l’hôtel. Ceci étant, ça n’empêchait pas le jeune homme d’être présent et de juger son travail ou de le saboter, simplement pour l’énerver. Parce que s’il y avait bien une chose que Roan aimait faire, c’était bien de mettre Malaya en colère. Cependant, aujourd’hui, il ne fait aucune remarque sur ce que sa sœur entreprend et passe dans le silence à travers la pièce afin de rejoindre l’ascenseur. Il ne manque bien entendu pas de remarquer la présence de Faye, écoutant attentivement les indications de Malaya aux côtés des autres serveuses. Un mince sourire élargit ses lèvres sans qu’il ne le remarque. « Faye. » dit-il le plus sobrement possible en guise de bonjour, ne la quittant pas du regard lorsqu’il arrive à leur hauteur. Il ne s’arrête pas pour autant, l’assénant simplement d’un clin d’œil charmeur au passage, comme il avait bien trop l’habitude de le faire. « Roan. » Ils échangent un regard, couplé d’un sourire qui laisse les autres serveuses sous le choc. Car s’il y avait bien quelque chose que Roan ne faisait pas, c’était de s’adresser au personnel, hors du temps où il travaillait et surtout pas de cette façon. Il ne leur souriait pas et ne s’évertuait pas à de quelconques formules de politesse. La seule chose qu’il pouvait faire, lorsque ces dernières suscitaient son intérêt, principalement physique, c’était simplement de les attirer dans la réserve pour coucher avec elle. Voilà tout ce que Roan faisait avec le personnel féminin de l’hôtel. Si bien qu’une telle attitude était à la fois nouvelle, étrange et particulièrement choquante pour toutes ces filles qui passaient plus de temps à jacasser les unes sur les autres qu’à travailler. Mais le fait est qu’il s’en contrefichait et qu’il n’écoutait pas le moins du monde ce qu’il pouvait être dit sur lui ou sur quiconque dans l’hôtel en réalité. Il avait bien trop de chose à faire et à penser pour s’occuper de ce genre de futilité. Et puis, le fait est qu’il avait agi spontanément sans se préoccuper des personnes autour. Pas même de Malaya qui ne put s’empêcher de sourire à la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux, sans pour autant faire de commentaire – du moins pour le moment.  Depuis leur rencontre il y a plusieurs semaines de cela, la relation qui liait Faye et Roan avait évolué. Bien sûr, une telle entrée en matière avait fait qu’ils avaient tissé un lien particulier sans réellement s’en rendre compte mais Roan avait pris conscience de l’erreur qu’il avait commise en laissant filtrer quelques informations et surtout en lui montrant sa blessure au bras. Si bien qu’il avait pris la décision de se rapprocher d’elle, assez pour l’empêcher de parler, assez pour pouvoir la manipuler à sa guise afin d’apprendre ce qu’elle savait et surtout pour orienter ses possibles supputations. Mais au fur et à mesure qu’il se rapprochait de la demoiselle, son intérêt pour elle devenait étrangement bien plus naturel et volontaire. Son petit jeu se transformait sans qu’il en ait réellement conscience en véritable volonté de se rapprocher d’elle. Car oui, il appréciait sa compagnie, malgré tout ce qu’il pouvait dire. Il appréciait s’arrêter au bar lorsqu’elle était postée à cette fonction, histoire d’en apprendre plus sur elle, il adorait lui jeter quelques regards furtifs depuis son bureau lorsqu’il était en charge du management de l’équipe, leurs longues conversations sur absolument tout et rien lorsqu’ils s’occupaient des derniers clients avant de fermer, et il aimait encore plus voir ce sourire qui illuminait son visage lorsqu’il croisait son regard. Alors oui, si quelqu’un venait à lui poser la question, Roan nierait totalement apprécier la jolie blonde et se prendre doucement à son propre jeu, mais le fait est qu’elle avait quelque chose de différent. Elle n’était pas comme toutes ces filles qu’il avait pu fréquenter auparavant et étrangement, au contraire de ce qu’il avait souhaité avant, il avait envie de la connaître et appréciait chacune de leur conversation. Lorsqu’il arrive dans sa suite, Roan se déleste des bandages qu’il a enroulés autour de ses mains puis les laisse tomber sur le buffet et ne tarde pas à sauter dans la douche. Il en avait de toute évidence grand besoin. Lorsqu’il en ressort une bonne vingtaine de minutes plus tard, il noue une serviette autour de sa taille avant de se diriger vers son dressing. Ce dernier était bientôt aussi fourni que celui de ses sœurs. A la différence près que les multiples robes de grands couturiers étaient remplacées par des costumes tout aussi cher et bien souvent taillés sur mesure. Bien sûr, tout un pend de son dressing était réservé aux tenues qu’il avait l’habitude de porter quotidiennement –essentiellement sombres d’ailleurs- mais son père donnait tant d’importance à l’apparence qu’il avait toujours enseigné à ses enfants d’être constamment irréprochables vestimentairement parlant pour les rendez-vous importants. Et c’était exactement ce qui attendait Roan cette après-midi. Son père lui avait confié la négociation d’une affaire importante, très importante même. Celle avec un potentiel nouveau fournisseur venu spécialement de Colombie pour traiter avec les Solano dont la réputation n’était plus à faire. Et si Diego avait analysé l’affaire dans ses moindres recoins et effectué toutes les recherches nécessaires à ce sujet, il avait décidé de passer le relai à son fils. Officiellement parce qu’il lui faisait confiance pour effectuer, d’une main de fer ces négociations, officieusement davantage parce qu’il cherchait de toute évidence à tester ses capacités en la matière. Car si Malaya était connue pour ses facultés pour réaliser les meilleurs pourparlers et tirer le maximum de clauses à leur avantage, Roan avait encore quelques lacunes quant à sa diplomatie. Car oui, le jeune homme communiquait bien souvent par la violence. C’était une manière qui avait fait ses preuves mais qui n’était pas toujours nécessaire et justifiée selon Diego. Roan en était conscient et avait décidé de mettre de l’eau dans son vin pour faire plaisir à son père. Et cette conversation qui l’attentait cette après-midi avec ce potentiel fournisseur colombien était l’occasion parfaite, pour lui, de montrer de quoi il était capable. Une fois habillé et coiffé, il s’arrête devant le reflet que renvoie son miroir. Il réajuste sa cravate, met ses boutons de manchette avant d’observer longuement le résultat. C’était parfait. Il avait le reflet parfait d’un homme d’affaires sérieux, élégant et respectable. Le genre avec lequel on se prêtait aisément aux affaires. Il était prêt, fin prêt. Il jette un œil à l’heure sur sa montre hors de prix que son père lui avait offert à l’occasion de son dernier anniversaire et remarque que du temps libre s’offre encore à lui avant d’envisager les choses sérieuses. Il décide tout de même de quitter sa chambre pour descendre dans le hall de l’hôtel où il rejoint immédiatement le bar de l’hôtel. Non pas parce qu’il avait besoin d’un petit remontant avant son rendez-vous mais parce que Faye avait été assignée ici. « Quelle élégance ! » Sont les premiers mots que la jeune blonde prononce lorsqu’elle le voit arriver et prendre place devant elle. Il ne peut s’empêcher de lui sourire. Parce que le sourire de cette jolie blonde est extrêmement et bizarrement communicatif sur lui, mais aussi et surtout parce qu’un compliment de sa part suscitait toujours davantage. « Il faut ce qu’il faut pour attirer les clients ! » C’était exactement ce que son père lui répétait constamment. Et si Faye ne se doutait pas le moins du monde du genre de client avec lequel il traitait, il ne lui mentait pas pour autant sur ce qu’il s’apprêtait à faire. Car il avait bien du mal à lui mentir avec autant d’impassibilité et de facilité qu’avec le reste de la population. « Tu crois que ça va faire son effet ? » Roan a et avait toujours eu confiance en lui, parfois même un peu trop aux yeux de certains. Mais le fait est qu’aujourd’hui, et probablement parce qu’il devait canaliser sa colère et faire ses preuves dans un domaine qu’il ne maîtrisait pas totalement, il n’était pas complètement confiant et encore moins serein sur ce qui l’attendait. Son hésitation laisse d’ailleurs Faye un brin étonnée. Elle pose un instant son regard dans le sien, cherchant la raison de ce manque d’assurance soudain. Probablement n’en trouva-t-elle pas la raison, mais constata sa sincérité dans sa question car elle afficha immédiatement un sourire qui se voulait rassurant. « Certaine ! » De nouveau, elle a cette capacité rare à le faire sourire. Elle était d’ailleurs bien la seule à l’avoir, et cela n’échappait pas aux yeux de ses sœurs. Si Roan niait quoi que ce soit sur le sujet, il avait au fond conscience de l’effet étrange que Faye avait sur lui sans pour autant être capable de l’expliquer. Ils discutent là un moment, de tout et de rien, comme ils avaient finalement l’habitude de le faire dès qu’ils en avaient l’occasion. Là encore, Faye avait pour effet de le rendre bien plus communicatif. Car, en temps normal, Roan n’était absolument pas quelqu’un de bavard. Il ne supportait d’ailleurs pas de parler pour ne rien dire, seulement parler pour parler, de sujets banals et pas toujours intéressants. Mais avec Faye, tous les sujets étaient intéressants, même les plus ordinaires. Elle parlait beaucoup de ses études et de sa passion qu’elle avait pour le dessin. Elle lui avait d’ailleurs montré à quelques reprises certaines de ses œuvres qu’il avait toute trouvé particulièrement intéressantes malgré le fait qu’il ne s’intéressait absolument pas à l’art. Il avait quelques connaissances en la matière car sa mère lui avait toujours répété que cela lui permettrait de briller en société le cas échéant, mais ça n’avait strictement rien à voir avec le savoir de Faye, qu’il admirait d’une certaine façon. Au début, lors de leurs premières conversations, il avait tenté de la faire parler de sa famille, essentiellement faite de flics mais le désintérêt de la demoiselle pour ce sujet l’avait rapidement fait abandonner. Le fait est qu’il se fichait bien de savoir comment travaillait son père ou encore son frère, du moment qu’elle gardait sous silence ce qu’elle pouvait savoir sur lui. C’est à dire finalement pas grand chose. Et alors qu’ils s’adonnent à leur jeu favori du flirt implicite, Malaya, que Roan avait pour ainsi dire complètement oublié, vient interrompre ce moment suspendu dans le temps. « Roan, cesse d’importuner Faye quand elle travaille ! »  La jolie brune attire immédiatement l’intérêt de son frère qui tourne la tête vers elle. Elle lui lance un regard entendu qui sous-entend tellement de choses qu’une fois encore, Roan joue les innocents, comme il savait finalement si bien le faire lorsque ça concernait Faye. « Je ne l’importune pas !! » Il repose son regard vers Faye, afin qu’elle lui apporte confirmation qu’il ne l’importunait absolument pas dans son travail. Celle-ci amusée, hésite quelques secondes avant de secouer négativement la tête. « Tu vois ! » Il jette un regard fier vers sa sœur, rempli de défit. Roan adorait avoir raison, c’était un fait qu’on ne pouvait absolument pas lui enlever. Malaya lève les yeux au ciel en secouant la tête avant de reporter son attention vers certaines serveuses qui travaillaient ici que depuis quelques jours et qui avaient bien du mal à saisir l’exemplarité dont elles devaient faire preuve. « Et en plus je suis client, la même chose que d’habitude s’il te plait ! » Alors qu’il fait à nouveau face à Faye, il la regarde, curieux de savoir si elle allait se rappeler de ce qu’il prenait à chaque fois qu’il s’arrêtait au bar pour s’entretenir avec elle ces dernières semaines. Et sans qu’il n’ait à lui donner le moindre indice, elle lui servit ce même verre de Whisky Amrut Two Continents, cinq ans d’âge avec deux glaçons. Et encore une fois, il sourit. Comme toujours lorsqu’elle est là. « Alors, prête pour ce soir ? » Il arque les sourcils, tout en prenant une gorgée du contenu de son verre, l’interrogeant du regard. Quelques jours auparavant, alors qu’ils s’étaient presque hasardeusement retrouvés tous les deux lors de la pause cigarette devant l’enceinte de l’hôtel, ils en étaient venus à parler d’un sujet que cette fois-ci Roan maîtrisait bien plus. Puisqu’il s’agissait de self-défense. Ou autrement dit, l’un des domaines de prédilection du jeune homme. Et de fil en aiguille il avait fini par lui proposer de lui apprendre certaines choses en la matière, proposition que la jeune femme avait immédiatement accepté. Il n’était pas persuadé qu’elle soit douée dans ce domaine, mais le fait est qu’elle semblait prêter attention à ce qui l’intéressait lui et par vouloir relever ce défit. Roan avait l’habitude d’entraîner bon nombre de recrues pour le cartel et même ses sœurs, mais le fait est qu’apprendre deux ou trois moyens de se défendre à Faye avait une toute autre dimension. Dimension qu’il se languissait par avance de vivre. Et alors qu’ils se taquinaient sur le programme qui les attendait ce soir, Roan se rappelle qu’il avait ce rendez-vous qu’il ne devait surtout pas rater. « Bon, le devoir m’appelle ! » Presque à contrecœur, il se lève du tabouret sur lequel il s’était installé tout en réajustant sa veste de costume. « N’oublie, ce soir, 20h ! » De nouveau, il la défie du regard, ne se rendant absolument pas compte qu’il avait peut-être parlé un peu trop fort puisque des collègues de la jeune blonde commencèrent immédiatement à murmurer des messes-basses qui lui échappent complètement, croyant probablement qu’il venait de lui donner rencard. Un nouveau clin d’œil à l’adresse de Faye, un sourire et le voilà parti. Le retour à la réalité était de toute évidence de rigueur. Parce que ce qui l’attendait maintenant était bien moins plaisant que ses conversations teintées de flirt perpétuel avec Faye Daniels. Il ne ressort de son rendez-vous qu’en début de soirée, pas mécontent du résultat que celui-ci avait donné. Il était parvenu à négocier sans faire usage de ses poings, avait obtenu bientôt plus que ce qu’il avait espéré, et en était ressorti avec la signature d’un gros contrat qui donnerait la plus grande des satisfactions à son père. C’est d’ailleurs lui que Roan alla voir en premier en sortant. Histoire de vanter ses exploits et voir la fierté sur le visage de son père. Car cela ne faisait l’ombre d’un doute pour qui que ce soit, Roan vivait bientôt plus pour le regard de son père que pour lui-même. Parce qu’il avait cette pression constante sur ses épaules, qu’il savait quelle était sa place et celle qu’il aurait dans le futur, et parce qu’il a été élevé ainsi depuis le premier jour. Il avait dédié la totalité de sa vie à ce cartel et au rôle qu’il devrait y jouer, tant qu’il lui était tout bonnement naturel de suivre à la lettre les recommandations de son géniteur et modèle. Lorsque vingt heures s’affiche sur son téléphone portable, il se change rapidement, troquant son costume pour une tenue bien plus simple et adaptée à ce qu’il s’apprêtait à faire avant de rejoindre Faye dans le hall. Tous deux se rendent sans plus attendre dans le sous-sol, dans cette salle privative à laquelle aucun client de l’hôtel et encore moins le personnel avait accès. « Alors c’est ici que Roan Solano passe les trois-quarts de son temps ? » A force des multiples conversations qu’ils avaient pu avoir, la jolie blonde était à peu près parvenue à cerner Roan –du moins autant qu’elle le pouvait car il était évident que bon nombre de points demeuraient sous silence, laissant planer un certain mystère sur bien des choses. Le jeune homme, qui avait posé une main dans le dos de la jeune femme pour l’inviter à entrer, la ramena le long de son corps avant de tourner la tête vers elle, affichant un mince sourire au coin des lèvres. « C’est ça, j’espère que tu as conscience du privilège que tu as d’être ici, peu de personne ont eu la chance d’y venir ! » En tout cas, peu de personne invitée par Roan. Pour ainsi dire il n’avait absolument jamais et sous aucun prétexte invité la moindre femme ici. Les seules personnes avec qui il se retrouvait ici étaient les membres de sa famille ou du cartel. Car cet endroit était en quelque sorte le défouloir du garçon, l’endroit où il pouvait laisser aller sa colère sans que personne ne lui dise quoi que ce soit, l’endroit où il pouvait se perfectionner, s’entraîner, et surtout, oublier cette pression constante qu’il avait sur les épaules, totalement s’évader. C’était son endroit, son havre de paix en quelque sorte. Et il n’avait jamais ressenti le besoin de le partager avec qui que ce soit. Jusqu’à ce que l’envie lui vienne inexplicablement avec la jeune femme. « Tu veux dire que c’est pas ici que tu emmènes toutes ces filles que tu séduis ? » Faye connaissait la réputation de Roan. Et si le jeune homme s’était, ces derniers temps calmé sur ses relations charnelles –du moins, dans l’enceinte de l’hôtel- bon nombre de personnes avaient du lui conter ses déboires et donner une image de lui qu’il n’avait pas forcément envie que Faye ait. Il est conscient qu’il ne s’agit là que d’une taquinerie, que d’un jeu auquel ils aiment s’adonner la plupart du temps, mais le fait est qu’il avait sans réellement savoir pourquoi, envie qu’elle comprenne qu’elle n’était pour lui, pas comme toutes ces autres filles. « Elles ne valent pas la peine que je leur montre cet endroit. » lâche-t-il en haussant les épaules, alors qu’il dépose sur le banc l’ensemble de ses affaires. Il attrape des bandages qu’il ne se noue pour une fois, pas autour des mains. Parce qu’il savait qu’en face de Faye, il n’en aurait aucune utilité. Pourtant, il les garde dans ses mains en s’avançant vers la jeune femme. « Et puis, je suis pas certain que ça les intéresse. » Il était en réalité certain que ça ne les intéressait pas. Et plus encore, il savait qu’il n’avait rien envie de partager avec ces filles et en aucun cas envie de s’ouvrir à elles. Sans lui demander une quelconque autorisation, ni même crier au préalable gare, il attrape la main de Faye, qu’il tire vers lui. Non pas pour qu’elle se rapproche de lui –quand bien même il n’était pas mécontent de cette proximité- mais pour simplement lui permettre de plus facilement protéger les mains de la jeune femme de bandages. Si elle reste un instant, confuse et interdite par le manque évident de délicatesse de Roan, mais aussi par cette prise d’initiative à laquelle elle ne s’attendait pas, elle se laisse finalement faire. Roan, malgré le fait qu’il était bien différent avec elle qu’avec les autres, n’en restait pas moins le même homme. Ou autrement dit un homme dont toute notion de délicatesse semblait lui échapper. « Pourtant le côté bad boy peut faire son effet dans certaines circonstances ! » Il ne peut s’empêcher de laisser échapper un léger rire, sans pour autant lever les yeux vers elle, bien trop occupé par la pose des bandages. « Elles sont trop superficielles pour tout ça ! Des fois que ça ruine leur manucure ! » Cette fois, c’est le rire de Faye qui résonne dans le sol sous-sol alors que cette dernière récupère enfin ses mains, et se noue rapidement les cheveux, dégageant par conséquent ses épaules et sa nuque. Roan, quant à lui s’empare des deux paos de frappe qu’il positionne dans chacune de ses mains avant de prendre position. « Allez, vas-y montre moi ce que tu sais faire ! » Une once de défit s’enclenche dans son regard alors que Faye s’approche. Après confirmation par un signe de tête de la part du garçon, elle s’autorise à frapper dans les paos, malgré tout hésitante et un brin timide, ce qui amuse beaucoup le jeune homme. Ca et le fait qu’elle frappe vraiment comme une fille. Alors oui, elle était peut-être une fille mais, il avait grandi avec des femmes qui avaient la capacité de savoir se défendre en toute circonstances et dont les poings étaient leur armes, si bien qu’il n’avait pas l’habitude de recevoir aussi peu de puissance à son encontre. « C’est comme ça que tu frappes Daniels ? » Il ricane, la provoquant volontairement pour qu’elle y mette plus d’entrain et de force. Et c’est finalement ce qu’elle fait. Au fur et à mesure de l’entraînement, elle s’améliore à vu d’œil. Alors oui, elle n’en reste pas moins terriblement faible et facile à maîtriser mais le fait est que les deux trois mouvements que Roan lui appris au cours de la soirée semblèrent être assimilés. Et pour le coup, il n’était pas peu fier de son élève d’un soir. Ils se prêtent d’ailleurs à ce jeu une bonne partie de la soirée, ne faisant absolument plus attention à l’heure, oubliant totalement la notion du temps. Roan ne comptait jamais ses heures dans cette salle, mais il les comptait encore moins lorsque Faye était présente. Terriblement essoufflée, Faye finit par lever la main pour demander une trêve. Elle pose alors ses mains sur ses genoux afin de reprendre son souffle, sous l’œil amusé de Roan qui n’avait quant à lui presque pas transpiré. L’effort n’était définitivement pas le même que lorsqu’il s’entraînait seul, avec Alec ou pire encore avec son père ; mais il avait une tout autre attractivité. Et lorsqu’il croit avoir eu définitivement la peau de la jeune femme, celle-ci s’approche doucement de lui, dénouant ses bandages qu’elle laisse tomber au sol. Elle ne le lâche pas du regard. Lui non plus d’ailleurs, mais il ne peut s’empêcher de se demander ce qu’elle est en train de faire. Il fronce légèrement les sourcils et reste à sa place, sans bouger une seule seconde. Il ne parvient pas à lire ce qu’il se passe à cet instant dans la tête de la blonde, à son plus grand désespoir. Lorsqu’elle arrive à une distance très peu raisonnable de lui, elle s’agrippe à son t-shirt, le laissant quelque peu surpris et décontenancé. Parce qu’il n’appréciait d’ordinaire pas vraiment les contacts physiques qu’il n’avait pas lui-même provoqué mais aussi et surtout parce qu’elle n’avait jamais eu le moindre geste de ce genre envers lui. En réalité il n’y avait jamais rien eu entre eux, autre que des regards entendus, des sourires et un flirt évident. Si bien qu’il ne sait pas vraiment comment il doit réagir, ni même ce qu’il doit faire et c’est la première fois que cela lui arrive. Elle se hisse sur la pointe des pieds, afin de gagner un peu de hauteur malgré le fait qu’elle reste toujours plus petite que lui et se rapproche assez de lui pour le déstabiliser complètement et lui faire totalement baisser sa garde. Mais à l’instant même où il pense savoir ce qu’elle entreprend, à l’instant où il est sûr qu’elle va venir rejoindre ses lèvres, elle fait une nouvelle fois preuve de surprise. En effet, alors qu’il n’a à ce moment-même plus aucune méfiance à son égard, elle en profite pour tester l’une des prises qu’il venait de lui apprendre. Et si celle-ci ne connut pas le succès véritablement escompté – puisqu’elle fut entraînée dans sa chute – elle parvient à le mettre au sol. Personne ne l’avait jamais mis au sol. Pas même Alec. Seul son père y était parvenu et c’était il y a bien longtemps de cela. Personne jusqu’à aujourd’hui où il venait d’être battu par une fille, qui plus est débutante, qui avait usé de bien d’autres moyens que celui de la force pour prendre le dessus. « Alors, on se fait avoir par une fille, Solano ? » C’est à son tour de lui lancer un regard de défit alors qu’il est totalement à sa merci. Ils restent un moment ainsi. Lui, dos au sol, le souffle littéralement coupé par l’étonnement, et elle, étendue sur lui, tenant fermement les poignets de Roan pour le maintenir au sol. Ils restent ainsi sans réellement savoir pourquoi. Car, de nouveau, ils se laissent totalement envahir par ce sentiment suspendu, sans véritable sens, mais qui était bien plus plaisant qu’ils ne voulaient bien l’avouer. La chaleur de leur corps, leur souffle respectif venant se heurter contre la peau de l’autre, cette proximité, cette envie inexplicable qu’il avait, outre que de plonger ses yeux dans les siens, de venir capturer ses lèvres et de ne plus les lâcher. Les battements de son cœur s’accélèrent à mesure qu’il résiste à cette envie, malgré le fait qu’ils se rapprochent peu à peu l’un de l’autre. Et lorsqu’ils s’apprêtent à concrétiser ce qu’ils avaient finalement terriblement envie, l’un comme l’autre, ils sont comme frappés par la réalité à l’entente du bruit de pas descendant les marches qui les menait jusqu’ici. Ils se séparent immédiatement, avortant totalement ce moment de faiblesse évidente et se relèvent, s’éloignant l’un de l’autre le plus possible. Parce qu’aussi idiot que cela pouvait paraître, ce  genre de moment ne ressemblait absolument pas à Roan. Il n’était le genre qui résistait à une femme, qui hésitait ou qui se laissait doucement mais surement happer par des sentiments, quels qu’ils soient. Et pourtant… Lorsque la personne responsable de cet avortement forcé ouvre la porte de la salle, elle reste totalement interdite devant Faye. « Faye, qu’est-ce que tu fais là ? » Sara se trouvait là, dressée devant Faye, l’interrogeant du regard d’une manière bien à elle, lui faisant aisément comprendre qu’elle n’avait strictement rien à faire là. Bien sûre, sa jeune sœur n’avait pas remarqué la présence de Roan qui s’était enfui à l’autre bout de la salle. Roan ne peut d’ailleurs s’empêcher de soupirer lorsqu’il découvre sa sœur mais il décide de faire comme si de rien était, comme si tout était parfaitement normal et il s’avance vers elle, récupérant au passage ses affaires sur le banc. « Elle est avec moi ! » Il rejoint Faye mais garde une distance bien plus raisonnable entre eux avant de l’inviter à se diriger vers la sortie. « Ah, elle est avec toi. Ici. A cette heure-là. » Sara croise les bras sur sa poitrine tout en regardant tour à tour Faye puis son frère. Elle connaît d’ailleurs assez bien son aîné pour savoir que rien ni personne d’extérieur au cartel ne venait ici, encore moins invité par lui. Si bien qu’elle n’hésite pas à lui lancer un regard qui veut tout dire. Il est à la fois accusateur, car elle ne semblait pas vraiment pour la relation un brin particulière qu’il avait avec Faye, et amusé par le fait qu’elle venait de prendre son frère sur le fait. Comme si le fait de le trouver là à presque minuit, en compagnie de Faye était révélateur de quoi que ce soit. « D’accord. » En un simple mot, il y a tellement de sous-entendus qui transparaissent dans la voix de Sara, mais Roan décide de ne relever absolument rien. Il se contente d’un haussement d’épaule et de suivre Faye vers la sortie. Ce soir-là, il prit le soin de la raccompagner chez elle mais étrangement, le chemin se fit dans le plus grand silence, avant que les choses ne redeviennent normales le lendemain entre eux, une fois qu’ils privent la décision sans se concerter de ne pas reparler de ce bref mais intense moment de latence.


chapter four

Installé sur le divan, trônant dans l’immense salle de séjour de la demeure des Solano, Roan reste silencieux. Parfaitement silencieux, luttant contre l’envie de laisser exploser sa colère, luttant contre l’envie de se mettre à crier et de littéralement péter les plombs. Terré dans son mutisme, il tente d’assimiler et surtout de digérer ce qui vient de se passer ici. Camilla. Camilla venait de quitter la maison des Solano. Elle venait d’affirmer son souhait de partir, de se retirer de cette famille et des différentes affaires qu’elle traitait depuis plusieurs générations. Elle venait de faire une croix sur ses responsabilités et sur son appartenance au Solano. Famille qui se voulait pourtant puissante, justement parce qu’elle était unie. Et pour le coup, leur famille était actuellement en train de voler en éclat. Diego Solano s’était enfermé dans son bureau, refusant de voir qui que ce soit, pendant que Roza s’afférait pour, probablement la première fois de sa vie, dans la cuisine, afin de penser à autre chose. Et Roan était là, installé sur ce divan, la mâchoire serrée et le visage fermé tournant en boucle la scène qui venait de se dérouler devant ses yeux et les mots dures qu’il avait prononcé à l’égard de sa sœur. C’était simple, Roan lui avait balancé au visage sa trahison et lui avait ordonné de ne plus jamais remettre les pieds ici. C’était, selon lui, exactement ce qu’elle méritait. Elle ne méritait plus de faire partie de cette famille dans ces conditions. Elle les quittait, renonçait à son devoir sans la moindre hésitation, elle les trahissait, purement et simplement. Dès lors, il ne voulait plus jamais avoir à faire à elle. Oui, Roan pouvait être dur et intransigeant mais le fait est que pour lui, la loyauté envers leur famille et envers ses responsabilités était ce qui comptait le plus au monde. Alors oui, d’une certaine manière, il avait dédié sa vie à cela depuis à peu près toujours, au contraire de Camilla, mais cela n’était pas une raison satisfaisante à son abandon pour autant. Il la détestait. Il détestait tout ce qu’elle pouvait représenter, ses choix de vie et le fait qu’elle abandonne sa propre famille, celle qui avait fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui, celle qui l’aimait et la chérissait, celle qui lui avait tout offert, pour un simple homme sans la moindre importance. Elle était selon lui, bien naïve de penser qu’un homme, quel qu’il soit, pourrait lui apporter autant que ce que lui apportait depuis toujours sa famille. Il ne la comprenait pas et ne respectait de toute évidence absolument pas ses choix, et ne le ferait probablement jamais. Alors la spontanéité et la colère avaient parlé pour lui. Il venait de tirer un trait sur sa propre sœur sans la moindre hésitation, quand au fond, la colère dont il faisait actuellement preuve, montrait qu’à bien des égards, ce n’était pas ce qu’il voulait et que cela l’affectait plus qu’il n’y paraissait. Il ne voulait pas perdre sa sœur, et pourtant c’était bel et bien ce qu’il avait provoqué. Une fois encore, tout volait en éclats sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, sans qu’il ne maîtrise les choses et cela le rendait fou. Plus fou encore, puisqu’aujourd’hui, il s’agissait d’une personne qui lui était chère et pour laquelle il aurait pu tout donner. Et c’était ce qui était le plus déchirant dans l’histoire. Car si Roan ne montrait que sa colère et sa rancœur, au fond, il était peiné par ce qui venait de se passer. « Elle a perdu la tête ! » Malaya, dressée à quelques mètres de lui, fait les cent pas dans le salon, ne cessant de se pincer l’arrête du nez, visiblement excédée et à bout de nerf. « Elle va finir par se calmer, et revenir à la raison ! » Assise dans le fauteuil d’à côté, Sara se redresse, relevant son visage qui était jusqu’alors plongé dans ses mains, presque meurtri. Elle secoue la tête, sous le regard de Roan. Le jeune homme ne bouge pas. Il se contente de lever les yeux vers ses sœurs et d’entendre ce qu’elles disent sans émettre le moindre commentaire. Il agissait souvent ainsi, mais aujourd’hui, son humeur semblait couper toute envie de se faire entendre. « Papa ne la laissera jamais partir comme ça ! » C’était ce qu’ils avaient tous pensé et qu’ils pensaient probablement encore, quand au fond, même avec les meilleurs arguments, si Diego ne parvenait pas à faire rester sa fille, il n’y avait plus grand chose à faire. Roan serre encore plus la mâchoire et sa respiration s’accélère. La colère montait en lui, sans qu’il ne puisse la maîtriser. Il avait tenté de le faire, mais entendre ses sœurs en parler ne faisait qu’empirer les choses. « Tu crois qu’il pourrait … ? »  Le jeune homme ignorait ce que sa sœur sous-entendait dans ses propos, mais ceux-ci furent de trop pour lui. Ses poings se refermèrent, tant qu’il sentit ses ongles se heurter violemment contre les paumes de ses mains. Il avait toujours eu des problèmes à canaliser sa colère et plus encore lorsque quelque chose lui tenait à cœur. Si bien qu’à cet instant, malgré toute sa lutte contre lui-même pour ne pas devenir fou, la rage, la fureur était telle qu’il n’était pas certain de pouvoir se contenir bien longtemps. Il respire bruyamment, n’écoutant plus ce que ses sœurs pouvaient dire, il n’y arrivait plus, il n’en avait plus la force. Tant que sans crier gare, il se lève avec une virulence folle du divan et traverse la pièce. « Il faut que je sorte de là ! » Sa colère, son énervement transparaissaient par tous ses pores. Il avait littéralement l’impression d’étouffer ici et il se sentait à la limite d’imploser. Si bien que retrouver l’air libre, et surtout quitter cette maison lui semblait être la seule et unique solution pour se calmer. « Roan ! » Sara crie son prénom, afin de le rappeler à l’ordre, de le faire revenir ici afin de participer à cette conversation qui le rendait encore plus fou qu’il ne l’était déjà à cet instant sans l’aide qui que ce soit. Roan ne se retourne pas et ignore à la fois Sara, et plus encore le regard réprobateur de Malaya. Malaya était d’ordinaire la seule et unique personne à parvenir à le calmer dans ce genre de moment mais à l’heure actuelle, rien ni personne ne semblait apte à lui faire retrouver une once de sang froid. Il attrape donc les clés de sa voiture qu’il avait déposé sur le buffet, sa veste et quitte la maison des Solano, d’un pas franc et terriblement nerveux. Il prend même le soin de claquer la porte en sortant, histoire d’évacuer une infime partie de sa colère. Lorsqu’il prend le volant, l’endroit où il souhaite se rendre lui vient immédiatement à l’esprit. C’est une évidence en réalité, puisque c’est toujours ici qu’il se réfugie lorsqu’il est en colère et qu’il a besoin de l’évacuer. La salle d’entraînement privative au sous-sol de l’hôtel des Solano. Voilà l’endroit où il se dirigea naturellement, ne faisant pas état de la limitation de vitesse sur la route. Sa nervosité évidente le poussait davantage à appuyer sur la pédale d’accélérateur et à s’agacer au moindre feu rouge ou ralentissement. Lorsqu’il arrive à l’hôtel, il ouvre la porte à la volée et traverse le hall pour rejoindre les escaliers, sous les regards interloqués du personnel. Ils baissent d’ailleurs tous les yeux, de peur que la colère évidente de leur patron ne vienne se répercuter sur eux s’il venait à croiser son regard. Mais bien sûre, l’une d’entre elles, qui n’était de toute évidence pas habituée à supporter la mauvaise humeur du garçon –parce qu’elle était sans l’ombre d’un doute une véritable exception pour lui- se risqua à venir à sa rencontre, lui coupant la route et le forçant à s’arrêter. « Tiens, Roan je … » Faye affiche le même sourire charmant et terriblement irrésistible qu’elle arbore habituellement lorsqu’ils sont ensemble, mais cette fois, Roan ne s’y arrête pas. Il n’a pas la tête à ça et n’a strictement pas envie de la voir. Pour la simple et bonne raison qu’il n’a à l’heure actuelle envie de ne voir personne. Il l’assène d’un regard foudroyant –qu’elle n’avait probablement jamais eu l’occasion de voir, surtout adressé à elle-  et la contourne. « Pas maintenant Faye ! » Son ton sec, catégorique, froid et terriblement autoritaire, couplé d’un mouvement de main font aisément comprendre à Faye qu’il n’est pas d’humeur, même pour parler avec elle. Il ne voit pas la réaction de la jeune femme, parce qu’il reprend son chemin, et à cet instant, il s’en contrefiche. Ceci étant, il savait au fond, qu’il finirait par regretter ultérieurement sa virulence, car elle n’y était finalement pour rien. Ce n’est que lorsqu’il retrouve la chaleur de la salle d’entraînement qu’il se sent mieux. Car il sait qu’ici, il va pouvoir se défouler et laisser aller tous ses ressentiments. Il ne prend pas la peine de se changer. Il retire simplement son t-shirt et se dirige directement vers le sac de frappe. Sans bandages, car il n’a pas la patience de les nouer, il frappe, encore et encore sans relâche, déversant toute sa haine, tout son dégoût, toute sa frustration… Le visage de sa sœur vint rapidement dans son esprit. Non pas qu’il imaginait son visage à la place du sac, mais parce que c’était son départ qui le mettait dans cet état. Pendant deux longues heures il s’évertue à brutaliser ce sac, à se maudire de n’être pas parvenu à ramener sa sœur à la raison, se sentant coupable de ne pas être capable de maintenir sa famille unie et soudée. Il se sentait responsable de quelque chose qui lui échappait complètement et auquel il n’avait absolument pas pensé. Il ne s’était pas une seule seconde imaginé qu’une de ses sœurs pourraient un jour quitter définitivement le navire et cela le poussait encore plus vers dans ses retranchements. Parce que sans savoir pourquoi, il se jugeait fautif. Dès lors, au delà de se défouler sur ce sac, il avait aussi besoin de se prouver qu’il était capable de mettre à terre toute personne qui viendrait à son encontre. Il ne devait pas se laisser aller à de quelconque sentiment. Ce n’était pas comme ça qu’un leadeur devait diriger un cartel. Il devait se délester de toutes émotions et faire preuve d’assez de froideur pour que plus rien ni personne ne puisse un jour l’atteindre. Voilà ce qu’on attendait de lui et qu’il parvenait de moins en moins à faire. Ce n’est qu’un long moment plus tard qu’il s’arrête enfin. Son corps est ruisselant de sueur et son souffle lui manque. Alors qu’il reprend sa respiration, il pose son regard sur ses mains. Celles-ci sont terriblement rouges et ses phalanges sont égratignées, laissant s’échapper son sang qu’il essuie rapidement sur son pantalon. Il a retrouvé un semblant de calme. Frapper dans ce punching-ball lui avait fait un bien fou, quand bien même sa mauvaise humeur était toujours présente. Il attrape son t-shirt sans pour autant le remettre et quitte la salle, remontant les escaliers quatre à quatre. Lorsqu’il passe dans le hall, il ignore tout le monde – comme à son habitude, et se dirige directement vers sa chambre. Mais bien évidemment, lorsqu’il y pénètre, pensant pouvoir être tranquille et profiter de son lit et de la télévision, il eut la désagréable surprise de voir qu’il avait de la visite. Sara et Malaya, toutes deux installées sur son lit, parlaient comme si de rien était. Immédiatement, il lève les yeux au ciel et soupire bruyamment. « Qu’est-ce que vous faites là ? » Il n’avait pas envie de les voir. Pas maintenant. Même s’il était parvenu à abaisser son taux bien trop excessif de colère, il n’était pas prêt à discuter avec qui que ce soit. « Je vais finir par faire changer cette serrure, ma chambre n’est pas un moulin ! » lâche-t-il immédiatement en déposant son t-shirt sur la commode avant de se diriger vers la salle de bain, décidant d’ignorer à partir de maintenant ses sœurs. Peut-être qu’avec cela elles comprendraient qu’elles n’étaient pas les bienvenues et que ce n’était absolument pas le moment. « On voulait simplement voir comment tu allais. » Malaya parle assez fort pour que Roan puisse l’entendre et celui-ci ne peut s’empêcher de soupirer à nouveau. Pourquoi fallait-il toujours qu’elles s’inquiètent pour lui ? Pourquoi fallait-il qu’on vienne inlassablement l’emmerder quand son seul désir était de retrouver sa solitude. Il se passe de l’eau sur le visage, histoire de retirer ce trop plein de sueur avant de s’éponger rapidement. Il prendrait sa douche une fois qu’il serait parvenu à se débarrasser de ses sœurs. « Je vais bien merci, vous pouvez partir maintenant ? J’ai besoin d’être seul ! » Il retourne vers les deux jeunes femmes, ne prenant pas la peine d’enfiler un nouveau t-shirt –cela ne lui posait déjà guère de problème de se balader torse nu à travers l’hôtel, alors devant ses sœurs, encore moins- puis, il les assène d’un regard entendu, le genre de regard qui veut tout dire. Celui qui invitait non sans grande sympathie à déguerpir le plus rapidement possible de sa chambre. Malaya tente une approche vers lui, histoire de se blottir dans ses bras comme elle le faisait souvent lorsqu’elle avait besoin de l’apaiser, mais il la repousse immédiatement. Elle lui jette un regard mauvais mais ne dit rien, probablement comprend-t-elle à travers son regard que ce n’est pas le moment. « Pour faire quoi ? » Sara était bien moins compréhensive avec lui. Si le fait qu’il avait récemment pris en charge l’entraînement de la jeune femme, les avait rapproché, leur rapport était parfois conflictuel. Parce qu’il avait ce besoin constant de la protéger, qu’il n’était pas toujours tendre avec elle et qu’elle n’était pas forcément d’accord avec les choix de Roan. Et peut-être parce qu’elle était bien trop curieuse. « C’est à qui ça ? » surenchérit-elle avant qu’il n’ait pu lui répondre. Elle se tourne vers lui et brandit avec un sourire moqueur sur le visage, un soutien-gorge qui n’appartenait de toute évidence pas à Roan. Si cela semblait beaucoup amuser Sara, et même Malaya, Roan lui affiche cette même expression qu’il arbore lorsqu’il se fiche absolument de ce qu’on peut lui dire. Il hausse les épaules. « Je ne sais pas, une fille sans doute. » Pour être tout à fait honnête, Roan ignorait complètement à qui pouvait bien appartenir ce vêtement. Et pour cause, toutes les filles avec lesquelles il s’envoyait en l’air ne l’importaient guère. Il ignorait pour la plupart, leur prénom et s’en fichait. Il ne les revoyait rarement, pour ne pas dire jamais et se contentait de mettre ce qu’elle oubliait dans un coin, des fois qu’elles aient un jour l’envie de récupérer leur bien. Si bien que sa chambre regorgeait de vêtements et accessoires qui n’était pas à lui et dont il ignorait bien trop souvent qui pouvait en être la propriétaire. « A Faye ? » Le sourire de Sara se fait de plus en plus grand et surtout de plus en plus provocateur, alors que cette question eut le mérite de piquer Roan au vif qui réagit immédiatement. « Quoi ? Non ! » Il fronce immédiatement les sourcils et s’agace parce qu’il était évident que Sara venait de toucher là un point sensible. S’il ignorait à qui appartenait ce sous-vêtement, il savait très bien qu’il n’était pas à Faye. Pour la simple et bonne raison que Faye n’était jamais venue ici et surtout, qu’il ne s’était jamais rien passé entre eux. Et s’il mourrait d’envie de l’embrasser à chaque fois qu’il la croisait, il avait étrangement le désir de faire, avec elle, les choses différemment. Il n’avait pas l’intention de coucher avec elle après avoir échangé quelques phrases toutes faites sur le fait qu’elle était à son goût. Il n’avait pas envie de coucher avec elle, simplement pour coucher avec elle afin de satisfaire sa libido et cette attirance évidence qu’il avait envers elle. Non. Il ne voulait pas qu’elle soit réduite à toutes ces filles avec lesquelles il s’était sauvagement envoyé en l’air sans même connaître leur prénom et sans le vouloir une seule seconde. Car, inconsciemment, il était persuadé qu’elle méritait mieux. Et au delà de cela, il préférait faire croire qu’elle ne l’intéressait pas plus que cela plutôt que de tout gâcher. « Non, ils n’ont pas encore couché ensemble ! » Cette phrase, prononcée par Malaya, le ramène immédiatement à la réalité, le sortant de sa rêverie passagère. Comment pouvait-elle savoir ça ? « Ca ne te ressemble pas ça, grand frère ! » Il assène Sara d’un regard noir, agacé de ses perpétuelles moqueries avant d’interroger Lya du regard. Il ne se cachait pas pour parler avec Faye, c’était une évidence, mais il ne s’était pas attendu à ce que sa vie et l’état de sa relation avec la jolie blonde soient aussi connus de tous. La brune affiche un large sourire à l’adresse de son frère avant de hausser les épaules, l’air de rien. « Je l’ai entendu dire à Aria qu’il ne s’était rien passé entre vous ! » Il croise les bras sur son torse encore bien trop collant, et secoue nerveusement la tête. Il détestait ça. Il détestait lorsque Sara et Malaya se liguaient contre lui, cherchant à lui faire avouer on ne sait quoi, et plus encore, il détestait qu’elles se mêlent de sa vie privée. Alors oui, il ne se gênait pas pour en faire autant avec la leur, mais c’était selon lui, bien différent. « Non mais ça va pas bien, mêlez vous de ce qui vous regarde ! » Sa vie privée était, comme son nom l’indique, privée. Si bien qu’il n’avait pas la moindre envie qu’on l’expose ainsi. Plus encore, il détestait quand celle-ci était relative à Faye. Car cette petite blonde avait un effet tel sur lui, qu’il n’assumait certes absolument pas, mais qu’il ne pouvait méconnaître. Et c’était justement parce qu’elle avait un effet bien trop important, que cela le rendait fou et bien trop fébrile, qu’il détestait qu’on en parle. Car Roan n’était pas le genre d’homme qui faisait dans les sentiments. Il n’appréciait pas les gens, à part quelques rares exceptions, et plus encore, il n’aimait personne d’autre que sa famille. Et même encore avec les membres de celle-ci, il était avare de démonstration d’affection. Il préférait donc garder tout cela pour lui et surtout sous silence, histoire que cela soit moins réel. « Comme si ce genre d’argument t’arrêtait pour nous ! » Malaya jette un regard vers Sara et toutes deux se mettent à rire, sous le regard désabusé du garçon. Ce qu’elles pouvaient être agaçantes. « Tu l’aimes bien n’est-ce pas ? » Les regards de Sara et Malaya se tournent en même temps vers lui, l’interrogeant d’un regard qui voulait en dire long. Le genre qui connaissait déjà la réponse à la question qu’elle demandait, le genre rempli de sous-entendus et qui cherchait à le faire avouer quelque chose qu’il n’était pas prêt à avouer. Il se redresse et s’énerve immédiatement. « Non, je m’en fiche de cette fille ! Fichez moi la paix ! » C’était du Roan tout craché. Il refoulait absolument tout. Tout ce qui pourrait le faire être humain et tout ce qui, plus encore, montrerait qu’il pouvait avoir un cœur. Car ce n’était pas l’homme qu’il souhaitait être et qu’il était. Mais bien entendu, la vie, aussi sadique soit-elle, prenait un malin plaisir à se jouer des hommes afin de leur faire comprendre que justement, ils n’étaient que des hommes et que les hommes avaient tous cette capacité à faiblir devant quelque chose, ou quelqu’un. Et si Roan avait toujours pensé que sa faiblesse ne se résumait qu’à sa loyauté envers sa famille, il semblerait qu’une nouvelle ne vienne peu à peu s’immiscer en lui sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit pour l’en empêcher. Et à cet instant, il ne peut s’empêcher de repenser au fait qu’il n’avait, il y a quelques heures de cela, pas été tendre avec Faye. Et il le regrettait déjà. Ce qui, une fois encore, ne lui ressemblait pas. Car Roan ne s’embarrassait absolument pas de regrets et de remords. « Quel menteur ! » Il lève de nouveau les yeux au ciel, excédé, alors qu’il prend appui contre la commode, tout en écoutant les idioties de ses sœurs. « Je t’ai dit qu’il l’avait emmené en bas, pour l’entraîner ? » Sara s’adresse à Malaya, faisant comme si Roan venait de quitter la pièce, alors que celui-ci était bel et bien présent et agacé par cette attitude. Il arque les sourcils, sans pour autant faire le moindre commentaire. Il ne pouvait pas nier, car Sara l’avait vu. Malaya lui jette un petit regard amusé, visiblement surprise d’apprendre que Roan avait partagé à Faye, l’endroit qui lui tenait probablement le plus à cœur et qui permettait en quelque sorte de montrer à moindre mesure, la personne qu’il était. Puis elle se retourne vers Sara. « Et il passe les trois quart de son temps installé au bar lorsqu’elle y est ! » Roan souffle, secoue la tête et s’agace sans relâche. Si même Malaya commençait à s’y mettre. « Il a même échangé nos heures de travail pour pouvoir être là quand elle y était. » Sara écarquille les yeux alors qu’elle cherche à obtenir confirmation auprès de Roan. Mais bien entendu, celui-ci ne lui donne pas ce plaisir parce qu’il déteste qu’on l’affiche de la sorte, même si ce n’était qu’en petit comité. Il serre la mâchoire secoue inlassablement la tête de manière négative et totalement fatigué de ce comportement que ses deux jeunes sœurs avaient actuellement. Pour autant, il ne nie rien. Parce qu’il avait fait toutes ces choses. Il les avait faite et se demandait bien pourquoi. Parce que sur le coup, cela lui avait semblé normal et discret alors que lorsqu’il les entendait, il se trouvait tout bonnement ridicule et se maudissait d’avoir agit aussi stupidement. « Roan est amoureux ! » Malaya affiche un grand sourire, fière d’elle, bien trop fière alors qu’elle s’accroche à l’épaule de son frère, probablement pour accentuer encore plus cette taquinerie qu’elle maîtrisait à merveille sur son ainé. Bien entendu, Roan la repousse. « Taisez vous ! » Sa mauvaise humeur se fait de nouveau jour alors qu’il se redresse et se dirige à nouveau vers la salle de bain. Il ne voulait plus les écouter, il ne voulait plus participer à cette conversation, et plus encore, il voulait qu’elles le laissent définitivement tranquille, plutôt que de l’ennuyer avec des inepties. Car oui, Roan n’était absolument pas amoureux de Faye. Il n’était pas amoureux tout court, car il ne faisait encore une fois, pas dans les sentiments, et il ne le ferait jamais. Sa place n’était pas là et ne le serait jamais. Mais bien évidemment, avant qu’il n’ait le temps d’atteindre la salle de bain, Sara prononce les mots parfaits pour le faire arrêter son action. « Elle est pas un peu jeune pour toi quand même ? » Il fronce les sourcils et s’arrête immédiatement, plissant légèrement les yeux. Oui, Faye était plus jeune, oui Faye n’avait que 22 ans, mais après tout, où était le problème ? « Comme si tu te tapais que des hommes de ton âge ! » Il bougonne comme un enfant vexé, sachant pertinemment que ce genre de phrase lui coûte. Parce qu’il luttait pour que sa sœur ne s’engage pas dans des relations avec des hommes plus âgés et encore plus avec des hommes qui ne la méritaient pas – donc à peu près tous les hommes possibles et imaginables. « Elle n’est pas comme nous … » Elle ne l’était pas. Et c’était peut-être ce qui avait attiré Roan. Outre le fait qu’elle était d’une beauté ensorcelante, elle avait quelque chose de différent. Elle ne s’intéressait pas uniquement à lui parce qu’il portait le nom de Solano et qu’il était l’héritier du richissime Diego Solano. Elle ne s’intéressait pas à son argent et surtout, elle essayait de le découvrir d’une façon qu’une femme ne s’était jamais intéressée à lui. Plus encore, il avait envie de la découvrir en retour. Elle avait ce sourire qui le faisait littéralement fondre, elle avait ce regard dans lequel il avait perpétuellement envie de se plonger, et elle avait ce brin de naïveté tout en étant si courageuse et si forte qu’elle l’attirait, comme un véritable aimant. Sans qu’il ne soit capable d’en expliquer véritablement la raison. Alors pour lui, le fait que Faye ne soit pas de leur monde, qu’elle ne soit pas comme eux, en faisait justement sa force. Et puis, il savait aussi qu’elle pourrait aisément s’adapter à leur famille. Ou du moins, il voulait le croire. « Elle pourrait très bien le devenir, tu étais comme elle avant ! » La meilleure défense était pour Roan, l’attaque. Et c’était exactement ce qu’il était en train de faire, ne se rendant absolument pas compte qu’il était surtout en train de se trahir lui-même et d’avouer sans le vouloir qu’il avait finalement envisagé la possibilité d’une relation potentiellement sérieuse avec le jeune femme, et c’était bien la première fois qu’une telle chose arrivait. D’ailleurs, Sara et Malaya elles, ne manquèrent pas de remarquer cela et d’échanger un petit regard amusé et un brin moqueur. Parce que Roan défendait bel et bien Faye Daniels, coûte que coûte ; corps et âme. « Papa n’acceptera jamais la fille d’un flic dans notre famille ! » Là était tout le problème et Roan en était pleinement conscient. Lui-même se demandait comment il pouvait cautionner une chose pareille car la logique aurait voulu qu’il s’éloigne le plus possible de la fille du chef de police et pourtant il n’y était parvenu. Il s’était rapproché d’elle en faisant croire que ce n’était là qu’un moyen de la manipuler et d’obtenir des informations, quand la vérité était surtout qu’il avait été pris à son propre jeu et que le fait qu’elle appartienne à une famille pleine de flics ne semblait plus être un argument assez puissant pour le dissuader de continuer de jouer avec le feu, quitte à se brûler les ailes. Il entrouvre la bouche, afin de faire valoir son point de vu sur la question, mais il n’a pas le temps de parler. En effet, Malaya, qui s’est accrochée à son bras, prend la parole avant qu’il n’en ait la possibilité. « Moi je l’aime bien ! » Un brin surpris que sa sœur prenne le parti de Faye, Roan fronce les sourcils puis jette un regard par dessus son épaule, afin de comprendre ce qu’elle venait de dire et auquel il ne s’attendait définitivement pas. Elle affiche alors un ravissant sourire, jetant son regard tantôt vers sa sœur tantôt vers son aîné. « Suffit de le regarder quand il est avec elle ! » C’est plus fort que lui, il est obligé de lever les yeux au ciel. C’était trop beau pour être vrai. « Elle parvient à le faire sourire tu sais ! » Il soupire. Et voilà qu’elles recommençaient. Et s’il avait beau nier, il savait qu’elles n’étaient finalement pas très loin de la vérité. Lui-même avait conscience qu’il était bien plus souriant en face de la jeune femme. Tant que cet aveu eut le mérite de surprendre Sara, qui écarquille les yeux. « Quel exploit, il va falloir qu’elle nous donne deux trois conseils car avec nous, les sourires sont rares ! » Ce que ses sœurs pouvaient être énervantes. Roan bougonne quels mots inaudibles, histoire de contester ces propos avant de se dégager de l’étreindre de sa sœur pour enfin congédier ses invités qui s’étaient pour ainsi dire, invitées sans qu’il n’ait son mot à dire. « Bon allez, sortez de là ! » Il en avait assez entendu. Il leur montre la sortie mais bien sûr, s’il avait une force de caractère incontestable, cela touchait chacun des enfants Solano, donc naturellement Sara et Malaya aussi. Sara ne bouge d’ailleurs absolument pas alors que Malaya continue de le regarder, arborant ce sourire qui voulait en dire tellement long qu’il détestait ça. Car, elle parvenait à lire en lui comme dans un livre ouvert et ce malgré tout ce qu’il pouvait dire. C’était simple, il ne pouvait absolument rien cacher à Lya. D’ailleurs, au moment où il croit que la conversation est close, la jeune brune attrape sa main et l’inspecte, observant les dégâts qu’avaient pu faire sa petite séance d’entraînement sans protection. « Roan, tes mains ! » Il était pleinement conscient qu’il avait été idiot de ne pas se protéger car ses mains avaient de toute évidence pris bien plus qu’il ne l’aurait cru, mais sur le moment il avait tout bonnement arrêté de réfléchir pour laisser évacuer sa colère. Mais s’il est conscient de son erreur, il n’a comme à son habitude, pas la moindre envie d’avouer quoi que ce soit ni qu’on le traite comme un gamin, alors il récupère sa main et pousse Malaya vers la sortie. Sur le chemin, il attrape le bras de Sara qu’il attire vers lui pour qu’elle suive son autre sœur. « Il va falloir que tu apprennes à canaliser tes nerfs grand frère, Faye pourrait être effrayée ! » Sara était bien trop insolente et c’était exactement ce qui énervait Roan, alors que la vérité était qu’ils se ressemblaient bien plus qu’ils ne voulaient l’admettre. Il lève de nouveau les yeux au ciel, ouvrant la porte à la volée. « Ca suffit, allez vous-en, vous êtes épuisantes ! Allez sortez ! » Il les pousse vers la sortie, définitivement épuisé par tous ces sous-entendus et ce travail au corps qu’elles tentaient de mener sur lui pour qu’il avoue quelque chose qui selon lui, était tout bonnement inavouable. Les deux femmes finissent par regagner la sortie, non sans s’être défendues, mais fières d’avoir obtenus une forme d’aveux quelque peu dissimulés de leur aîné. « Passe le bonjour à Faye de notre part ! » Les derniers mots de Sara sont clôturés par la fermeture et le verrouillage de la porte par le garçon laissant ses sœurs sur le palier et retrouvant une tranquillité bien méritée.


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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:07

Devant l’enceinte de l’hôtel 41, Roan prend sa pause. Le regard dans le vague, il suit les mouvements qui s’exposent juste devant lui, de l’autre côté de la rue. Rien de bien intéressant se passe, mais le fait est qu’il ne regarde pas vraiment. Il est davantage bercé par ses pensées et par cette si jolie blonde qui l’obsède un peu trop. Cela fait des jours qu’elle ne lui a pas adressé la parole. Pour ainsi dire, la dernière fois qu’elle avait eu d’intérêt pour lui, était cette fois qui avait à la fois tout déclenché et tout ruiné entre eux. Sous le choc et la colère qu’avait provoqué le départ de Camille, Roan n’était été qu’un sombre idiot avec Faye et avait été abrupt et injustement cruel. Elle n’y était pour rien c’était un fait. Pourtant, elle était arrivée au mauvais moment, au pire moment et avait fait les frais de la mauvaise humeur du garçon. Pour le punir, ou peut-être simplement parce qu’elle s’était rendue compte que le véritable Roan Solano, celui des mauvais jours, ne lui plaisait pas, elle avait décidé de rompre tout contact avec lui. Et cela le dérangeait bien plus qu’il ne l’aurait pensé. Il avait bien essayé de lui parler, mais cette ignorance dont elle faisait preuve à son égard était telle que cela le rendait fou. D’ordinaire, il ne remarquait même pas lorsque les femmes l’ignoraient, vexées de son attitude, mais une fois encore, tout était terriblement et cruellement différent avec Faye Daniels. Dans un soupire, il tire sur sa cigarette avant de laisser échapper un brin de fumée. La nicotine l’apaisait et avait toujours eu de bonnes vertus sur lui –outre le fait que cela lui bousillait les poumons. Il prend alors appui contre le petit muret, songeant à ce qu’il allait bien pouvoir faire pour rattraper le coup, pour palier son erreur et son comportement. Car s’il avait tenu quelques jours loin d’elle, faisant mine d’accepter sa décision, ou plutôt de ne pas y prêter de véritable intérêt, cela le hantait bien plus qu’il ne voulait l’admettre. Tant qu’il avait passé plusieurs heures à éplucher les multiples informations qu’il avait collecté sur elle, à la recherche d’une solution qui ne vint pas. Ce n’était pourtant pas dur. Il lui suffisait d’aller lui présenter des excuses, des excuses sincères et honnêtes. Mais ceci semblait bien trop difficile pour Roan qui n’avait pas l’habitude de capituler devant qui que ce soit et de s’affaiblir. Encore moins devant une femme. Il tire à nouveau sur sa cigarette, alors qu’il entend la porte principale de l’hôtel s’ouvrir. Quelques pas lui indiquent qu’il s’agit d’une femme, et lorsqu’il tourne la tête, il constate que ce n’est pas n’importe quelle femme. Cependant, en le voyant celle-ci avait délibérément fait le choix de faire demi-tour. Manque de chance, il pourrait reconnaître sa chevelure dorée parmi tant d’autres. Faye venait de retourner dans l’enceinte de l’hôtel, sacrifiant sa pause cigarette pour ne pas se retrouver seule avec lui. Il laisse échapper un long et profond soupire, lassé de cette ignorance qui l’atteignait bien plus qu’il ne voulait l’admettre. Elle n’avait de toute évidence pas encore décidé de lui parler à nouveau. Et cela avait duré assez longtemps. Si bien que Roan, dans geste rapide, écrase sa cigarette avant de la jeter dans la poubelle au bord de la route –parce qu’au moindre mégot devant la porte de l’hôtel, sa mère avait tendance à devenir hystérique- puis il retourne dans le hall de l’hôtel. Il était aujourd’hui en charge, et cela se voyait. Tout le monde suivait à la lettre ce qui leur avait été indiqué de faire. Parfois dans la mauvaise humeur, car ils avaient fait les frais de celle de Roan, mais tout se faisait et parfaitement bien, parce que si ça n’était pas le cas, ils n’étaient pas à l’abris de recevoir une réprimande bien salée de la part du brun. Aujourd’hui, plus encore, il y avait du monde à l’hôtel. Parce qu’un événement se préparait – dirigé par les soins de Sara- et que l’on se situait en pleine période estivale. Faye travaillait donc davantage. Cela aurait pu ravir Roan, si la jeune femme cessait de l’ignorer, mais le fait est que la voir encore plus fréquemment ici tout en ne pouvant pas vraiment profiter de sa présence le rendait fou. Leur situation était déjà assez compliquée d’ordinaire pour qu’elle ne décide en plus de cela de ne plus lui adresser la parole. Il s’arrête à côté du bar, ignorant totalement les œillades de celle qui était derrière à cet instant-ci. Car le fait est qu’il est bien trop occupé à l’observer. Elle s’affère entre le bar et la salle de réception pour servir les clients, alors qu’il ne cesse de la dévisager. Elle le remarque et il note immédiatement qu’elle fuit son regard. Pour l’heure, il s’en fiche, parce qu’il est totalement perdu dans la contemplation de cette blonde qui lui faisait de toute évidence bien trop perdre la tête. Chacune de ses courbes l’appelaient, ses yeux émeraudes l’empêchaient tout simplement de détourner son regard d’elle, quand ses lèvres, pourtant à l’heure actuelle pincées lui donnaient l’envie incontrôlable de venir y goûter, le creux de ses reins, la douceur de son cou, même cet infime grain de beauté sur sa joue droite lui faisait perdre pieds. Il aimait tout en elle, et même un peu trop. Il plisse les lèvres, complètement absorbé. Ce n’est que lorsque la nouvelle serveuse fait tomber un verre à ses pieds qu’il reprend ses esprits et détourne son regard de Faye. Il assène son employée d’un regard noir, alors que cette dernière se confond immédiatement en excuse. D’un ton bien trop autoritaire et effrayant il lui balance deux ou trois ordres, couplés de réflexions peu sympathiques avant de la contourner, la laissant nettoyer. Il prend le chemin de son bureau mais lorsqu’il croise Faye sur le chemin, il ne résiste pas à mettre un terme à cette ignorance qui avait duré bien trop longtemps à son goût. Il lui attrape alors fermement le bras et l’entraîne dans le couloir qui menait à son bureau. Le couloir est étroit, et il réduit volontairement tout espace entre eux, afin qu’elle ne fuit pas, comme elle avait fuit à chacune de ses tentatives infructueuses précédentes. « Arrête Roan, j’ai des clients à servir ! » Si elle ne peut pas s’échapper, parce qu’il lui bloque tout moyen d’évasion avec son bras, elle fuit pourtant son regard, quand pose ses yeux sur elle de manière insistante. « Tu me parles maintenant ? » La manière douce ne semblait pas marcher avec elle, alors il avait été contraint d’employer la manière forte. Ce qui ne semblait pas plaire à la jeune blonde. Elle tente même de le pousser mais rapidement elle comprend que cela ne serre à rien, ou peut-être ne veut-elle pas prendre le risque de le toucher. « Non. Laisse moi passer. » Bougonne-t-elle,  sans pour autant lever la tête. Roan lui, jette un œil aux environs. Le couloir est vide, et au bout de celui-ci personne ne semble avoir remarqué leur présence. C’était parfait. Il en profite alors pour réduire conséquemment le peu d’espace qui les séparait. Si bien que leurs corps s’effleurent sans pour autant se toucher. Tout était toujours ainsi entre eux. Ils se cherchaient sans se trouver, ils flirtaient sans pour autant aller plus loin, s’amusaient de sous-entendus et de phrases implicites qui voulaient en dire très long, sans que rien de concret ne se dégage de tout cela.  Et si Roan avait l’habitude de jouer ce jeu pour séduire la gente féminine, il n’avait jamais donné autant de cœur à l’ouvrage. Le fait est que ce jeu lui plaisait bien trop, bien plus qu’il ne lui avait jamais plu auparavant. Il cherche à capter son regard, en vain. « Quand est-ce que tu vas arrêter de m’ignorer ? » Ca en devenait tout bonnement invivable pour lui. Si bien qu’il en était à se demander si elle ne s’était pas lassée de lui et de leur jeu qui ne menait finalement nul part. Elle ne lève toujours pas les yeux vers lui, nouant et dénouant nerveusement ses doigts. Ceci fait un instant sourire le garçon, parce qu’il sait qu’elle est troublée. Il sait qu’elle n’est pas insensible et c’est ce qui lui laisse penser qu’il a une chance, même infime qu’elle lui reparle un jour. Il ignorait simplement quand ce jour arriverait. Et il n’avait plus la patience d’attendre. Au risque que cela lui monte littéralement à la tête. « Ecoute je suis désolé. » S’il prononce ces mots de manière presque inaudible, ceux-ci semblent atteindre l’écoute de la jeune femme qui relève immédiatement la tête, définitivement surprise d’entendre des excuses sortir de la bouche du garçon. Elle fronce les sourcils et plonge alors son regard dans le sien. Il comprend ainsi qu’elle n’allait pas se contenter de ça. C’est maintenant à son tour de fuir son regard. « J’aurais pas du te parler comme ça. Mais c’était vraiment pas le moment, je … » Elle l’arrête en posant une main sur son torse pour le forcer à reculer. A peine a-t-il tenté de se trouver des excuses, qu’il avait totalement perdu son attention. « Je m’en fiche Roan. » Elle se dégage de cette prison dangereuse dans laquelle Roan l’avait enfermé et commence à partir, longeant le hall. Il la laisse s’éloigner à contrecœur mais devient tout à coup nerveux. Il se masse la nuque se demandant ce qu’il pouvait lui dire pour la retenir. Il aurait pu lui sortir une nouvelle excuse bidon ou bien l’une de ses phrases toutes faites pour attirer les femmes dans ses filets, mais le fait est qu’il n’avait envie que d’une chose à cet instant, être sincère avec elle. Si bien qu’avant d’elle ne soit trop loin, il lui balance finalement qu’il avait sur le cœur. « Ma sœur est partie. » Elle s’arrête. Il ne peut pas voir l’expression de son visage, mais elle s’est arrêtée et cela le rassure d’une certaine façon. Il n’avait jamais été aussi sincère avec qui que ce soit qu’avec elle. Il ne s’était jamais autant ouvert à quelqu’un et si cela semblait pour certain, infime, c’était un véritablement bouleversement pour lui. « Quoi ? » Elle se tourne et revient immédiatement à sa hauteur. Elle savait, elle comprenait, il pouvait le lire dans son regard. Ils avaient assez longuement parlé, elle le connaissait dorénavant assez pour savoir à quel point sa famille pouvait compter pour lui et ce que ce genre d’événement pouvait signifier et par conséquent justifier sa colère antérieure. Elle se rapproche de lui et tend la main pour la déposer sur son avant bras. Elle s’apprête alors à l’interroger mais quelqu’un vint les interrompre. « Monsieur Solano, Marcus Blake vient d’appeler, il y a une livraison à aller chercher pour l’événement de Sara, ce soir. Est-ce que je dis à Frank et Luke d’aller la récupérer ? » Arianna, la réceptionniste et accessoirement la meilleure amie de Faye venait de faire irruption dans le couloir, ruinant ce moment. Faye fait immédiatement un pas en arrière pour prendre de la distance,  comme pouvait le faire Roan lorsque ses sœurs ou bien l’un de ses parents débarquaient. Mais pour le coup, il n’y fait pas plus attention que cela. Il lève le regard vers Aria et prend cet air sérieux qu’il avait la plupart du temps au boulot. « Non, je m’en charge Arianna, merci. » Si Aria ne manque pas de lancer un regard entendu à Faye, il ne relève pas. Il attend qu’elle parte pour longer le couloir à son tour. « Et toi, tu viens avec moi. » C’était tout bonnement un ordre, ni plus ni moins. Roan venait de lancer à l’adresse de Faye un ordre et celle-ci ne devait probablement pas avoir l’habitude puisqu’elle se renfrogne immédiatement. « J’ai du travail ici. » Il arque les sourcils. Si elle n’avait pas été Faye, il aurait pu la virer sur le champ. Parce qu’il détestait qu’on lui réponde et plus encore qu’on conteste ses directives. Mais il s’agissait de Faye, et la vérité était qu’il faisait preuve avec elle d’une bien plus grande souplesse qu’avec les autres. « Ca fait parti de ton travail Faye ! » Et puis, ils avaient de toute évidence pas achevée leur conversation. Si bien que la jeune femme finit par capituler et le suivre, sous les messes-basses des autres serveuses, bien sûr. Le chemin vers le lieu de réception de la livraison, se fit dans un silence religieux à bord du camion spécialement affecté à cet effet. Tous deux semblaient totalement incapables de savoir comment s’y prendre. L’arrivée à bon port semble dès lors, libératrice pour eux, quand bien même ils appréciaient la compagnie de l’autre. Ils descendent en même temps et se dirigent vers l’homme chargé des livraisons. Celui-ci serre la main de Roan, puis celle de Faye, comme si celle-ci n’était finalement autre que sa partenaire. Il jette un bref regard en sa direction et un mince sourire se dessine aux coins de ses lèvres. Le fait de la voir comme sa partenaire ne lui déplaisait pas, bien au contraire. L’homme entreprend l’inventaire, puis réquisitionne la signature de Roan. Celui-ci griffonne rapidement la feuille avant que son interlocuteur s’occupe du chargement, après quelques banalités d’usages échangées. Le temps que cela se fasse, Roan et Faye s’éloignent un peu, prenant appui sur le camion. S’ils restent un instant silencieux, la jolie blonde finit par briser le silence, l’interrogeant finalement sur ce qui était prévisible. Camilla. Elle s’était doutée que c’était elle dont il s’agissait puisqu’elle avait vu ce matin même à la fois Malaya et Sara à l’hôtel. Roan reste évasif un moment avant de finalement se prêter à la confession. Il ignorait pourquoi il faisait cela. Faye avait définitivement un véritable pouvoir sur lui, qui faisait qu’il était incapable de lui mentir. Bien sûr, il ne lui annonce pas la complète vérité parce qu’il ne pouvait décemment lui parler du cartel, mais il édulcore cette vérité pour en faire ressortir quelque chose de proche et de tout à fait sincère. Sur le fait que Camilla refusait de travailler avec eux, qu’elle refusait désormais de faire parti de leur famille et des traditions qu’ils perpétraient depuis des générations, sur le fait qu’il avait été dur avec elle et qu’il le regrettait parfois et que finalement, elle lui manquait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Cette confession eut le mérite de rapprocher plus encore les deux jeunes adultes et ceci permit même à Faye d’oublier leur différend. La vérité était que se confier à quelqu’un, même si cela montrait une part de lui qu’il ne voulait pas montrer, lui faisait du bien. Il s’ouvrait à elle comme il ne s’ouvrait à personne et plus le temps avançait, plus il avait l’impression qu’il dépendant d’elle sur de nombreux points et qu’elle devenait tout bonnement indispensable à sa vie. Elle vient, dans un geste qui l’étonne mais qu’il ne rejette pas, poser sa main sur la sienne, la pressant doucement, histoire de lui faire comprendre qu’elle comprenait et qu’elle était finalement là pour lui. Roan détestait qu’on atteigne ainsi à son espace vital, de manière générale, sans qu’il n’ait préalablement décidé de le faire, mais avec Faye, c’était tout le contraire. Une fois le camion chargé, ils s’apprêtent à remonter, chacun de leur côté du camion, mais finalement, alors que Faye s’évertue à ouvrir la porte, un peu trop haute pour elle, il fait marche arrière et revient vers elle. Il bloque la porte qu’elle vient d’ouvrir et la pousse pour la refermer, sans la prévenir, ni même lui expliquer pourquoi. Elle se retourne alors immédiatement vers lui, fronçant les sourcils. « Roan, qu’est-ce que tu … » Elle n’a pas le temps de finir la phrase car il vient l’interrompre en l’attirant contre la paroi froide du véhicule. Etrangement, il ne le fait pas de cette manière brutale et bestiale qu’il avait l’habitude d’entreprendre lorsqu’il entamait ce genre d’approche avec les autres filles. Non, il est bien plus tempéré et doux, quand bien même ses gestes sont hésitants, montrant à quel point il pouvait faire des efforts et aller contre ce qu’il était habituelle, pour elle. Elle l’interroge du regard alors que sans crier gare, il vient coller son corps contre le sien, rompant définitivement tout espace entre eux et laissant passer cette sorte d’électricité, de frisson inexplicable, dans tout leur corps. Puis, il vient retrouver ce que finalement, il souhaitait retrouver depuis le premier jour, le premier instant, la première fois qu’elle avait posé ses yeux sur lui, la première fois qu’elle avait posé ses mains froides et délicates sur son bras nu et la première fois qu’il avait manqué un battement en la regardant. Ses lèvres. Voilà ce qu’il venait de faire, sans même lui demander la permission, la prenant délibérément de cours, sans réfléchir davantage. Car il avait eu envie de le faire à ce moment-ci. Il avait eu envie de l’embrasser, de goûter à ses lèvres et de ne plus les lâcher. Il avait eu envie de sentir sa peau contre la sienne, de jouer avec son souffle et de retrouver la chaleur de sa langue cherchant la sienne. Cela ne semble de toute évidence pas la déranger puisqu’elle ne le repousse pas. Bien au contraire, elle se prête au jeu et semble tout aussi plongée dans ce baiser qu’il ne l’est. Car il ne veut pas qu’il s’arrête. Ni maintenant, ni jamais. Si bien qu’il ne retire ses lèvres des siennes que lorsqu’il n’a plus de souffle. Et en mettant un terme à ce baiser, il a le sentiment le rompre ce qui venait, pour la première fois de sa vie, le faire s’être senti terriblement vivant. Il reste un instant surpris par l’ampleur de ce baiser, par l’effet que cela avait provoqué en lui, alors qu’il tentait tant bien que mal de reprendre son souffle. Pour autant, il ne réduit pas l’espace qui les sépare, sentant aisément le souffle saccadé de la jeune femme se heurter contre sa peau. Il tente de reprendre comme il peut ses esprits, puis il croise son regard. Si tous deux sont terriblement chamboulés par ce qu’il vient de se passer, mais ils finissent tout de même par se sourire. De ce sourire si sincère et qui transparaissait toute l’affection qu’ils avaient l’un pour l’autre. « On devrait y aller. » finit-il par dire à voix basse, sans pour autant se décoller d’elle, car à cet instant il avait l’impression qu’elle était tout ce qu’il lui fallait, qu’elle était sa dose d’oxygène sans laquelle il suffoquerait et presque une drogue à laquelle il ne pouvait, maintenant qu’il y avait goûté, plus se passer. C’était ça, à défaut de consommer la drogue qu’il vendait, Faye était sa drogue à lui, son plaisir coupable. Elle acquiesce, probablement autant à contrecœur que lui, mais le fait est que du travail les attendait à l’hôtel. Il se détache alors finalement d’elle mais à l’instant où il s’apprête à partir, elle le retient, s’accrochant à sa veste. « Attend. » Il la volontiers l’attirer à nouveau vers elle, vers ses lèvres, confirmant par ce baiser qu’elle avait ressenti à cet instant précis presque autant que ce qu’il avait pu ressentir. Après avoir passé bien trop de temps derrière le véhicule, à s’embrasser comme des adolescents découvrant le corps de l’autre, ils se décident enfin à rentrer. Ils ne se quittent pas des yeux sur le chemin, ou seulement lorsque Roan est forcé de regarder la route. Et tout se passe par le regard. La complicité qui les liait jaillissait de toute part, c’était d’une évidence folle. Lorsqu’ils regagnent l’hôtel, leurs mains se frôlent, se cherchent avant qu’elles ne s’éloignent brusquement l’une de l’autre lorsqu’ils tombent nez à nez, dressés dans le hall de l’hôtel sur Diego Solano et Malaya. Tous deux arborent une expression du visage fermée, ce qui n’est en l’occurrence jamais bon signe. « Roan, ta sœur va prendre la relève, j’ai besoin de toi. On y va. » Son père est catégorique, comme toujours, mais l’effet de surprise de le trouver là au moment où il s’y attend le moins a le don de le bousculer. Il interroge sa sœur du regard qui hausse les épaules, puis il jette un dernier regard vers Faye, sans la moindre expression, avant de suivre son père, ignorant totalement que c’était la dernière fois qu’il pourrait la regarder ainsi. S’il tente d’interroger son père sur le chemin, il se retrouve face à un véritable mur. Si bien qu’il doit prendre son mal en patience. Lorsque Diego invite son fils à pénétrer dans son bureau, Roan remarque aussitôt la présence de sa mère, mais aussi de Ashton Valentine. Il fronce immédiatement les sourcils, ne comprenant de toute évidence pas ce qu’il est en train de se passer. Il interroge chacune des personnes présentes du regard, pour trouver une quelconque réponse à ses multiples questions, mais le visage de son père, de sa mère et d’Ashton restent fermés et totalement impénétrables. Il connaissait cette jeune femme depuis longtemps. Plusieurs années en réalité. Et pour cause, elle était mariée à un homme qui travaillait pour eux et le fait est qu’il s’entendait plutôt bien avec elle. Sans pour autant être son ami, il avait par le passé, apprécié sa compagnie. Parfois bien plus que d’autres pour être tout à fait honnête, car Ashton et Roan s’étaient à bien des égards retrouvés dans le même lit, souhaitant la même chose, profiter aisément du corps de l’autre sans attendre quoi que ce soit derrière. Parce qu’il ne voulait pas s’engager, et parce qu’elle était tout bonnement mariée. « Ashton, Roan, je ne vous présente pas. » Chaque phrase de son père l’intrigue plus encore. Il ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe mais il fait un signe de tête courtois envers Ashton, comme ils avaient finalement l’habitude de faire à chaque fois qu’ils se voyaient. « Bien, maintenant, asseyez vous. » De sa voix naturellement autoritaire et sèche, il invite Ashton et Roan à prendre place juste devant lui, qui s’exécutent aussitôt. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Diego fait un geste de la main à l’adresse de son fils, histoire de lui faire comprendre qu’il allait avoir la réponse à ses questions quand il lui laisserait le soin de lui expliquer de quoi il en retournait. Le leadeur du cartel joint alors ses mains et pose ses coudes sur le bureau, avant d’annoncer la nouvelle. « Roan, ta mère et moi pensons qu’il est grand temps pour toi de prendre au sérieux ton rôle de leadeur. » Il interroge son père du regard, fronçant les sourcils. Il n’était pas bien sûr de comprendre ce que son géniteur souhaitait lui faire passer. Car s’il y avait bien une chose qu’il prenait au sérieux dans sa vie, c’était le cartel et le rôle qu’il y jouait depuis plus de dix ans. « Tu auras bientôt trente ans, et le temps presse. » Il sent peu à peu que ce qu’il va entendre par la suite ne va pas lui plaire. « Donc nous avons décidé d’un commun accord, que tu épouserais Ashton, ici présente. » Les yeux du jeune homme s’écarquillent immédiatement, alors que le couperet tombe, laissant derrière lui l’effet d’un véritable coup de massue. « Quoi ? » Son ton monte immédiatement alors qu’il cherche du soutien dans le regard de sa mère et des réponses dans celui de Ashton, mais rien. Absolument rien. Il n’y trouve rien et se retrouve seul face à son père. La colère monte immédiatement en lui, plus rapidement qu’elle n’était jamais montée en réalité alors qu’il se lève brusquement de sa chaise. « C’est la femme parfaite pour toi Roan. De plus, on nous a rapporté que vous vous entendiez bien et … » Roan secoue la tête nerveusement alors que les battements de son cœur s’accélèrent plus qu’il ne le devrait. Et pas comme lorsqu’il se retrouvait auprès de Faye, mais davantage comme s’il allait explosé sous la pression de la rage qui l’enivrait à cet instant précis. « Mais tu avais dit que je pourrais choisir qui je voulais et … » Roan n’a pas le temps d’énoncer tous les arguments qui allaient contre cette idée des plus saugrenues, qu’il n’avait de toute évidence absolument pas vu venir. « Oui, mais tu ne l’as pas fait Roan. Je t’ai fais confiance, je t’ai laissé le temps qu’il fallait pour que tu prennes actes de tes devoirs au sein du cartel et tu n’en as fait qu’à ta tête. » Roan sent son monde s’écrouler autour de lui, comme si tout ce qu’il avait construit, tout ce qu’il avait imaginé pour son avenir, tout ce qu’il pensait pouvoir faire de sa vie venait d’être réduit à néant. Il avait l’impression que sa vie était un château de cartes dans lequel on venait de mettre un violent coup de pied. Dans un état tel de nervosité, il cherche une solution qu’il ne trouve pas. « Alors j’ai dû agir. » Diego Solano lui avait toujours dit qu’il pourrait se marier avec qui il le souhaitait, qu’il pourrait choisir et qu’il ne ferait pas les frais d’un mariage arrangé comme cela avait tant de fois eu lieu auparavant dans cette famille. Il lui avait fait la promesse et il venait de mettre à mal sa parole. « Non ! » Dans le regard de Roan, s’illustrait à cet instant, le même regard que l’on pouvait trouver dans les yeux de Diego Solano. Ce regard catégorique, baigné d’une noirceur sans précédant, et auquel personne de normalement constituée ne voudrait se confronter. Sauf peut-être Diego Solano lui-même, car il était celui qui avait formaté son fils à son image et dont il n’avait de toute évidence pas la moindre seconde peur. Ils se prêtent alors à un duel de regards virils et terriblement inquiétants pour les personnes extérieures. « Je ne me marierais pas avec elle, c’est hors de question ! » D’une voix ferme et décidée, c’était là, la première fois que Roan faisait autant face à son père. C’était la première fois qu’il refusait aussi catégoriquement l’un de ses ordres et projets. « Je suis en droit de choisir avec qui j’ai envie de passer ma vie et ce n’est certainement pas avec cette … » Faisant de toute évidence comme si Ashton n’était pas dans la pièce, Roan s’apprête à avoir le mot de trop, si bien que son paternel le coupe immédiatement en frappant si fort sur le bureau que Ashton et même sa propre femme sursautent. « Ca suffit ! » Cette fois, il crie. Probablement les voisins l’ont-il d’ailleurs entendu tellement sa voix porte. Et si Roan sort un brin fragilisé de l’attitude de son père et de sa froideur, il tente tout de même de soutenir son regard. « Tu te marieras avec Ashton, un point c’est tout. » Les deux hommes serrent la mâchoire de la même façon, comme s’ils se retrouvaient finalement devant leur propre reflet dans le miroir. « La conversation est terminée Roan. » L’aîné des Solano secoue immédiatement la tête, cette conversation n’était pas terminée et elle était loin de l’être. « Mais … »  commence-t-il afin de nouveau faire entendre son point de vu mais son géniteur ne lui laisse même pas le temps de s’exprimer qu’il crie à nouveau et encore plus fort pour rappeler son fils à l’ordre. « Roan ! » C’était la première fois qu’une telle dispute éclatait entre les deux hommes. C’était la première fois qu’elle était aussi virulente et compliquée. Parce que c’était la première fois que Roan récusait un ordre de son père et tentait de lutter contre celui-ci. Toute sa vie, le jeune brun avait obéit au doigt et à l’œil à son père. Il avait été élevé et formaté pour obéir et pour accomplir son devoir. Il s’était jeté corps et âme dans ses responsabilités, tirant un trait définitif sur tout ce qui aurait pu lui plaire dans la vie et qui était incompatible avec ses fonctions. Toute sa vie il s’était plié aux codes et aux dictâtes de son père et aujourd’hui il s’était dressé devant lui. Du moins, il avait tenté. Parce qu’il ne voulait pas de ce mariage, il ne voulait pas s’unir avec cette femme qu’il ne connaissait finalement guère et qui n’était purement et tout simplement pas Faye. Mais la colère de son père, son haussement de voix et ce regard qu’il arborait à cet instant eurent finalement raison de Roan. Bien sûr, il tente de soutenir l’œil presque tyrannique de son père, mais le fait est qu’il se rend compte qu’il n’y parviendra pas. Qu’il ne fait pas le poids face à lui et que toute sa vie, il sera sous sa tutelle, sans pouvoir décider de ce qu’il pourrait et voudrait réellement faire. Si bien qu’il finit par détourner le regard, abandonnant. Lâchement. Baissant les bras et rendant les armes. « Bien. » Ce n’était bien entendu pas ce qu’il voulait, mais là était son devoir. Et il respectait toujours scrupuleusement ses obligations. Et encore une fois il les respecterait. Car même si ce mariage avec Ashton Valentine était la dernière chose qu’il souhaitait, il n’était tout bonnement pas capable de vaincre son père. Comme il n’en avait jamais été capable. Ce mariage aurait donc lieu, et il allait s’y plier, fatalement.


Ces derniers jours, Roan passait le plus clair de son temps ici, dans le sous-sol de l’hôtel, frappant inlassablement ce pauvre sac de frappe comme il le fait actuellement. C’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour canaliser toute cette colère qui prenait peu à peu possession de lui, le seul et unique moyen qu’il avait trouvé pour ne pas frapper en plein visage la personne responsable de sa situation actuelle. Son père. Ce dernier avait décrété discrétionnairement que Roan allait se marier. Et si cela lui était demandé depuis son plus jeune âge et qu’il l’avait accepté, aujourd’hui, c’était bien différent de ce pour quoi il s’était engagé. Car aujourd’hui, on avait réduit à néant sa liberté de choix et on lui avait collé une femme qu’il ne désirait pas. Ou tout du moins, avec laquelle il ne souhaitait pas passer sa vie, se marier et avoir des enfants pour faire perdurer le but premier de cette idée complètement folle de Diego Solano, celle d’assurer la relève et la continuité de leur famille. Car n’importe quel homme normalement constitué désirerait Ashton Valentine, Roan le premier. Mais elle n’était qu’un attrait physique pour lui, uniquement cela, quand il avait au fil du temps appris que derrière une femme, se cachait bien plus que d’avantageuses et plantureuses courbes. Bien sûr, il était contre cette alliance mais le fait est qu’il était obligé de s’y conformer. Parce que c’était ce qu’il avait fait toute sa vie et qu’il ferait probablement toujours. Mais ce n’était pas pour autant qu’il approuvait ce mariage. Bien au contraire, il ne l’approuvait pas. Il s’était fait à l’idée de se marier, au fil des années et savait qu’il devrait un jour le faire, mais jamais ô grand jamais, il ne s’était imaginé devoir le faire avec une personne qu’il n’aurait pas choisi et encore moins avec une femme qui était elle-même déjà mariée à un autre et ancienne stripteaseuse. Outre le fait qu’il n’aimait pas Ashton, il n’adhérait pas non plus au fait de devoir passer derrière quelqu’un. Et plus encore derrière Jason Valentine, qu’il ne portait pas plus que ça dans son cœur. Parce que cela faisait de lui, dans cette histoire, le novice en terme de mariage, et il détestait par dessus tout ce sentiment. Il avait ce besoin permanent d’avoir le dessus sur tout et tout le monde. Et ce mariage foutait en l’air toute sa conception de la vie. Car il devait se plier face aux ordres de son père, et qu’il devait même se plier face aux volontés de Ashton. Il reprend sa respiration, fait un pas en arrière, avant de frapper à nouveau de toutes ses forces dans le sac, imaginant que devant lui, se trouvait son père. Car ce dernier avait beau être son modèle, il avait beau être la seule personne qui détenait sur lui une quelconque autorité, être celui auquel il ne désobéirait jamais, il le détestait purement et simplement à l’heure actuelle. Il s’acharne, encore et encore sur le sac, rentrant dans une rage si folle qu’il n’entendit même pas sa sœur pénétrer dans la pièce. « Est-ce que tu as perdu la tête ? » Ne s’attendant pas à ce que quelqu’un soit présent, il a un léger geste de recul, quelque peu surpris, avant de tourner la tête vers Malaya. Immédiatement, il soupire. Il n’a pas envie de la voir. Comme il n’a envie de voir absolument personne en réalité. Et ces derniers jours encore plus qu’à l’ordinaire. Elle le foudroie alors du regard, croisant ses bras sur sa poitrine. « Lâche moi Lya. » Absolument rien de sympathique ne transparait dans sa voix, et cela s’entend encore plus qu’à l’accoutumer. Il détourne le regard pour continuer sa séance d’entraînement interminable. Car cet endroit était le seul endroit où il souhaitait être et dans lequel il passait le plus clair de son temps. Il avait décidé de mettre de côté la totalité du reste de ses activités. Il s’était écarté du cartel, ne travaillait plus à l’hôtel et passait son temps à frapper, sans relâche. Et lorsqu’il ne le faisait pas, il se rendait au stand de tir pour imaginer la tête de son père à la place des cibles. Diego faisait passer l’absence de son fils pour quelques jours de congés, parce qu’il mettait un point d’honneur à toujours sauver les apparences, mais aussi et surtout parce qu’il savait qu’il reviendrait. Car Roan revenait toujours. Il connaissait ses devoirs, ses obligations et plus encore ses responsabilités. C’est pourquoi cela était une évidence pour lui et pour les autres. Ceci même si, l’espace d’une seconde, l’idée de s’enfuir et de ne plus jamais revenir lui avait effleuré l’esprit, avant qu’il ne secoue la tête et se rappelle qu’il n’était absolument rien sans sa vie déjà toute tracée d’héritier des Solano. « Tu vas vraiment faire l’erreur de te marier avec elle ? » Roan soupire à nouveau, il en avait assez de cette conversation qu’il semblait continuellement avoir avec Malaya ces derniers jours. Il en avait assez de devoir justifier sa loyauté envers son père et il en avait assez de devoir défendre des choix qu’il ne voulait finalement même pas. Sans s’arrêter, ni prendre le temps de la regarder, Roan s’adresse à sa sœur, lui répétant ce qu’il lui répétait à longueur de journée. « C’est ce que papa veut, et tout le monde sait que personne ne refuse quoi que ce soit à Diego Solano. » Son poing percute violement le sac dans un claquement qui fait sursauter Malaya. Elle grimace, n’aimant de toute évidence pas le comportement de son frère et encore moins son état d’esprit. « Mais tu ne l’aimes pas ! » Il ne l’aimait pas, c’était vrai, parfaitement vrai, mais était-ce une raison suffisante pour se dresser devant les désirs de Diego Solano ? Non, ça ne l’était pas. Il avait d’ailleurs bien essayé de refuser, mais ce n’était pas aussi facile. « Pourquoi est-ce que tu le laisses dicter ta vie comme ça ? » Immédiatement, Roan laisse échapper un rire, un rire parfaitement faux d’entre ses lèvres. Le genre de rire qu’il avait en permanence lorsque quelque chose de totalement ridicule venait d’être prononcé. Comme les paroles actuelles de sa sœur. Si parfois, il avait cette impression que seule elle pouvait le comprendre, aujourd’hui ce n’était plus le cas. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas parce qu’elle n’avait pas assistée à ce duel de regard, largement remporté par Diego Solano il y a quelques jours de cela lorsqu’il lui annonçait qu’il lui avait trouvé l’épouse parfaite pour son unique fils. « T’as pas le droit de le laisser choisir à ta place Roan, tu ne peux pas te marier avec elle ! » C’était difficile, terriblement difficile d’œuvrer, de défendre un point de vu, un choix qui n’était finalement pas vraiment le sien. Alors oui, il avait préféré se plier à ce que son père voulait, mais il n’avait aucunement fait le choix de se marier avec Ashton, aussi attirante soit-elle. Il lève les yeux au ciel et arrête un instant de frapper dans le sac, pour le repositionner devant lui. « Tu perds ton temps Lya, ma décision est prise. » Elle était prise et, qui plus est, définitive. « Je me marierais avec Ashton, puisque c’est ce que tout le monde attend de moi ! » Sa voix exprimait à la perfection toute sa rancœur malgré son choix, le rendant totalement contradictoire. Mais Malaya le connaissait assez pour comprendre que malgré le fait qu’il se pliait à cette union, il n’en était pas pour autant complètement convaincu. Si bien qu’elle ne comprenait pas son choix et cette volonté exacerbée de foncer dans cette idée, tête baissée. Ainsi, lorsque Roan s’apprête à rependre ses frappes, elle se met en travers de son chemin, juste entre le sac et lui. « Mais ressaisis toi Roan, bats toi ! Tu perds complètement la tête ! » Il se redresse, forcé d’arrêter son combat contre lui-même, visiblement à contrecœur. Il arque alors les sourcils, arborant cette expression lasse d’entendre ce genre de choses. C’était facile de dire cela quand on n’était pas la personne à qui Diego Solano imposait quelque chose. « Est-ce que tu es conscient que tu es en train de gâcher ta vie ? » Il souffle, agacé. Il n’était pas en train de gâcher sa vie, ou du moins il avait décidé de se convaincre qu’il ne l’était pas. Parce qu’il avait toujours tout sacrifié pour le cartel, alors pour lui, cela n’était qu’un sacrifice de plus auquel il finirait par s’habituer avec le temps. Après tout c’était son devoir et le regard de son père lui avait fait aisément comprendre que ses devoirs passaient bien avant tous ses désirs, qu’ils soient passagers ou réellement encrés. « Tu ne comprends pas Lya. » S’il est en apparence calme, le ton qu’il emploie est si froid et si distant que cela illustre à la perfection son acerbité. Il contourne sa sœur, pour s’arrêter près du banc où il avait laissé ses affaires et se prêter à son habituel rituel lorsqu’il avait achevé un entraînement. « Tu ne pourras jamais comprendre ! Je ne suis pas comme toi ! » Cette fois, le ton monte alors qu’il s’arrête finalement juste devant elle. La jeune femme l’interroge du regard, pas sûre de comprendre où son frère voulait en venir, alors que pour lui, c’était une évidence. « Ma vie entière tourne autour du cartel, papa souhaitait un garçon simplement pour le formater à sa relève, c’est ce que je suis. Je ne suis qu’un moyen de faire perdurer le nom des Solano dans le trafic de drogue ! Rien d’autre ! » La colère parlait pour lui, malgré le fait qu’il était parfois persuadé que ce qu’il était en train d’avancer était proche de la vérité. Parfois il avait l’impression de n’être qu’un objet, un pion pour son père qui ne cherchait là qu’à faire perdurer son business, qu’à asseoir son autorité partout dans le monde et par récolter une certaine frayeur des autres mais aussi et surtout un grand respect. Parfois, il avait l’impression que tout n’était qu’une question de pouvoir et que tout le monde se fichait bien de ce que Roan, en tant que personne pouvait bien penser ou ressentir, parce qu’il n’était pas un citoyen lambda, une personne à part entière, mais simplement un reflet exact de son père. Et il n’avait le droit à aucune erreur, aucune déviance. « Il se fiche de mes états d’âme et encore moins de ce que je souhaite ! » Il se rendait aujourd’hui compte qu’il n’avait finalement aucune marge de manœuvre sur sa propre vie et qu’elle était déjà tracée préalablement et dictée par son géniteur. Mais à côté de cela, il avait toujours aimé sa vie. Et il savait qu’en dehors de celle-ci, il n’était rien, il était perdu, complètement perdu car il ne gérait plus, ne contrôlait plus. Et s’il y avait bien une chose qui lui faisait peur dans la vie, autre que le regard de son père, c’était bien l’inconnu et le fait de ne plus contrôler. Le cartel et le rôle qu’il avait à y jouer étaient certes dangereux, mais cela était bien plus confortable pour lui. Il prenait en apparence des risques, ceux de se faire tuer ou de finir ses jours en prison, mais il ne prenait aucun risque par rapport à ce qu’il pouvait profondément désirer et qui ne rentrait pas dans ce qu’on attendait de lui. Rester dans les rangs était finalement plus une mesure de protection envers l’incertain qu’une prise de risque. Finalement, après un long soupire, il hausse les épaules. « C’est mon devoir, et je lui dois bien ça. » Car finalement, c’était son père qui lui avait offert la vie qu’il avait actuellement. C’était lui qui avait fait de lui l’homme qu’il était et d’une certaine façon il lui en était reconnaissant. Parce qu’outre tout ce qu’il pouvait penser, son père lui promettait un avenir brillant, il était promis à être celui qui dirigeait et à ce moment-là, lorsqu’il serait enfin à la tête du cartel, il pourrait faire ses propres choix, pas avant. Mais bien évidemment, cet état d’esprit si complexe et discordant n’était pas celui de Malaya. « Tu ne lui dois rien Roan ! » Le garçon décide d’ignorer sa sœur, il ne parvenait de toute évidence pas à lui faire entendre raison. Et il s’apprête à mettre fin à cette conversation en quittant la salle mais elle l’en empêche. « Et Faye alors ? » Elle plonge son regard dans le sien, elle était tout à coup parvenue à capter son attention. La seule mention de Faye lui fit manquer un battement. Car s’il n’acceptait pas aussi facilement ce mariage, c’était principalement à cause de cette jeune femme. Il reste silencieux, parfaitement silencieux mais beaucoup de choses traversent à cet instant son regard, son esprit. Ce qu’il avait ressenti lorsqu’il était venu trouver les lèvres de Faye, le sourire qui alimentait toujours ses lèvres lorsqu’il la voyait, ce sentiment de bien être et cette chaleur qui s’immisçait dans chacune des parcelles de son corps lorsqu’elle posait son regard sur lui. Elle était celle qu’il voulait et qu’il avait finalement toujours voulue à l’instant même où il l’avait vu pour la première fois. Elle était si différente des autres. Elle était celle qui faisait battre son cœur et qui le rendait humain. Elle était celle qui le rendait certes bien plus faible, mais qui faisait finalement de lui une véritable personne et non plus seulement un héritier des Solano. Elle était sa bouffée d’oxygène qui lui manquait dans sa vie et elle ne se rendait pas à quel point il avait besoin d’elle, à quel point il dépendait d’elle. Mais ceci avait été complètement avorté avant même d’avoir pu réellement commencer. Parce que s’il avait baissé sa garde pour la faire entrer dans sa vie, il n’avait pu se résoudre à continuer ainsi dès lors qu’il avait appris qu’il ne pourrait finalement jamais l’avoir. Il allait se marier à une autre et Faye ne devait être qu’un souvenir du passé. Qu’un moment de faiblesse passager avant qu’on le rappelle à l’ordre, juste avant qu’il ne se perdre définitivement. Alors il l’avait repoussé, il l’avait éloigné sans la moindre raison apparente. Il refusait tout contact avec elle, il refusait de lui parler, il refusait de la regarder, de s’enivrer de son parfum, de frissonner à son contact. Il l’ignorait, la réduisait à une simple et vulgaire employée sans importance afin qu’elle sorte de sa vie par elle-même. Car il ne pouvait pas l’affronter. Il ne pouvait la regarder dans les yeux et lui dire qu’il était fou d’elle mais qu’il devait se marier à une autre. Il préférait largement agir avec elle comme le dernier des crétins, être abrupt et parfois virulent dans ses propos afin qu’elle le déteste et sorte définitivement de sa vie. Car il ne la voulait plus auprès de lui, il ne voulait plus la voir tous les jours tout en sachant qu’il ne pourrait jamais l’avoir et il ne voulait surtout pas prendre le risque qu’elle parvienne à lui faire changer d’avis. Car finalement, seule elle le pouvait. Pas Malaya, pas Alec, pas Sara. Faye, seulement Faye. Et si l’idée de présenter Faye à son père pour annuler ce mariage et lui dire que c’était avec elle qu’il souhaitait être, lui avait traversé l’esprit ; il savait que son géniteur ne l’approuverait jamais et que d’une certaine façon, il ne pouvait pas demander à une jeune femme âgée de seulement vingt-deux ans, d’épouser le futur dirigeant d’un cartel de drogue qui avait déjà à son actif bon nombre de cadavre. Elle méritait mieux, bien mieux. « Ca n’a pas d’importance. Ca n’aurait pas pu marcher de toute façon. » Soupire-t-il finalement dans une difficulté absolue, ne croyant plus vraiment à ce qu’il disait. Ce que sa sœur ne manque pas de remarquer. « Tu te trompes Roan, vraiment. Sur toute la ligne ! » Il ne se trompait pas, c’était elle qui se trompait, parce qu’elle pensait encore que dans le monde dans lequel ils vivaient, ils pouvaient avoir de quelconques choix et surtout, une vie normale. Ce n’était pas le cas et il était grand temps qu’elle s’en rende compte. « Jamais je cautionnerais ce mariage avec une femme qui veut t’épouser simplement parce que tu portes le nom de Solano et que la place est bonne ! » Malaya commençait à véritablement l’agacer. Il n’aimait pas se disputer avec son entourage de manière générale, parce que cela était une bien trop grande perte de temps selon lui, mais il aimait encore moins lorsqu’elle n’était plus sur la même longueur d’onde que lui et que leur conversation était à sens unique. Chacun campait sur ses positions et s’agaçait. « Ton approbation importe peu. » Il hausse le ton, afin de montrer à sa sœur que c’était ainsi que la conversation se terminerait. Il n’en pouvait plus. Il ne voulait plus l’écouter une minute de plus. Parce qu’elle pensait détenir la vérité sur ce qu’il voulait vraiment, alors que ce n’était tout bonnement pas le cas. Car oui, au fond, il ne voulait pas de cette union avec Ashton, mais ce qu’il voulait et avait toujours voulu était la reconnaissance et la fierté de son père. Et c’était exactement ce qu’il allait avoir en se mariant avec elle. Et tant pis pour les dommages collatéraux. « J’espère que tu comprendras quand tu seras enfermé dans un mariage où tu seras malheureux, que tu as gâché ta vie Roan ! »  Il n’a jamais vu un tel regard dans les yeux de sa sœur. Jamais il ne l’a vu avec autant de dégoût, de déception et de sévérité à son égard. Il n’était pas rare que les deux aînés des Solano se disputent, mais jamais cela ne s’était achevé par de tels mots, et une telle amertume. Cela aurait dû le faire réagir, le faire comprendre qu’il ne prenait pas la bonne décision en se contentant d’obéir docilement à son père. Mais non. Non, le seul effet que cela eut sur lui, fut simplement de faire grandir son aigreur. Tant que lorsqu’il se décide à quitter le sous-sol, avortant cette conversation sans même prendre le soin de lui répondre, il est dans un état de nervosité inégalable. Et celui-ci ne s’arrange pas lorsqu’il pénètre dans le hall d’entrée et qu’il assiste immédiatement à une scène qu’il déteste et qui fait encore plus grandir sa fureur. Ezio et Faye, s’adonnant à un jeu qu’il avait pourtant l’habitude de jouer avec elle. C’était lui qui flirtait avec la jolie blonde, lui qui la faisait sourire et lui qui avait le droit de l’approcher d’aussi prêt, d’entendre son rire et de voir ses joues rosir à certains de ses mots. Lui, pas Ezio, seulement lui. C’était sa Faye, pas celle de ce stupide serveur sans le moindre charisme. Il s’immobilise donc, alors que son visage se ferme et ses poings se serre. Puis il crie. Il crie si fort que bon nombre de personnes présentes dans le hall sursautent, Faye et Ezio y compris. « Toi, dans mon bureau ! » Il désigne de manière menaçante Ezio qui sait immédiatement plus où se mettre. Il bafouille quelques mots timides alors qu’il s’exécute sans la moindre contestation. Roan prend soin de ne pas croiser le regard de Faye. Parce qu’il savait bien ce qu’il allait y trouver. Car le fait est qu’il n’avait aucun droit sur elle. Elle n’était pas sa propriété, elle ne l’était plus, et ne l’avait jamais été. De plus, il lui avait aisément fait comprendre de la manière la plus cruelle qu’il soit ces derniers jours, qu’elle n’était rien pour lui. L’ignorance pouvait être parfois bien plus brutale et meurtrière que n’importe quels mots. Lorsqu’il se retrouve dans son bureau avec le fameux Ezio, il ne décolère pas. Bien au contraire car malgré tout ce qu’il pouvait montrer, il crevait de jalousie. D’une jalousie et d’une possessivité qu’il ne parvenait absolument pas à gérer et qu’il laissait éclater sans la moindre retenue. « Où est-ce que tu te crois ? » De cet air toujours plus inquiétant, Roan interroge son employé du regard. Mais celui-ci baisse immédiatement les yeux, définitivement apeuré, balbutiant quelques mots inaudibles dans une difficulté assez incroyable. Ce qui a le don d’agacer encore plus Roan. « T’es pas ici pour draguer la première venue, tu es là pour exercer un travail et j’aimerais bien que tu te conduises comme tel. » Ezio hoche docilement la tête et se confond en excuses, jurant que cela ne se reproduira plus. Mais étrangement, Roan n’y croit pas. Il ne croit pas que cet idiot sera capable d’arrêter un jour de tenter de séduire Faye. Il ne croit pas qu’il pourra s’arrêter pour la simple et bonne raison que lui-même à bien du mal à se séparer définitivement d’elle. Il sait qu’elle est difficile à oublier et à l’instant même où il pense retrouver un peu de calme, celui-ci est réduit à néant par son imagination un peu trop débordante et surtout par cette jalousie qui le dévore de l’intérieur. Car oui, des images d’Ezio et Faye lui viennent en tête et il déteste ça. Il déteste savoir que cet homme pourrait être proche d’elle, pourrait avoir un quelconque pouvoir sur elle et surtout pourrait poser ses mains sur elle, sentir sa peau contre la sienne, goûter à ses lèvres, la serrer dans ses bras. « Tu sais quoi ? Tu es viré ! » Ezio relève immédiatement la tête, ne s’attendant clairement pas à être viré pour avoir osé flirter avec Faye Daniels. Mais il n’a pas le temps de contester cette décision, ou peut-être n’en a-t-il pas le courage, car Roan reprend la parole presque immédiatement. « Dégage de là maintenant, et que je n’ai plus à te revoir ici ! » Après quelques bégaiements, le jeune homme quitte le bureau et va immédiatement annoncer le couperet à Faye qui attendait devant la porte. D’ailleurs, Roan, est légèrement surpris lorsqu’il tombe nez à nez avec elle lorsqu’il quitte à son tour la pièce. Mais cela ne dure qu’une fraction de seconde, car il détourne le regard et la contourne sans lui accorder le moindre intérêt. « Roan ! » Elle crie, afin qu’il l’entende et surtout qu’il s’arrête. Afin qu’il lui fournisse des explications sur ce qu’il venait de faire et surtout afin qu’il lui fasse enfin face, lui donnant les véritables raisons de ce changement soudain de comportement. Elle n’était pas idiote, elle savait que quelque chose se tramait, mais pour autant, elle n’arrivait pas à comprendre quoi. Et ce n’était pas aujourd’hui qu’elle le comprendrait car Roan ne lui accorde la moindre attention et quitte l’hôtel. Ce n’est que le soir venu, parce qu’il avait obligation d’être présent à ce cocktail soigneusement organisé par Sara sous la requête de Diego Solano, réunissant les gens les plus importants de la ville et surtout du cartel qu’il retrouve les couloirs de l’hôtel. Elégamment vêtu d’un costume trois pièces qui lui donnait des airs de politicien, il reste aux côtés de Ashton une bonne partie de la soirée, car c’est ce que son père lui a demandé. Ceci étant, ce n’est pas pour autant que les deux jeunes adultes s’adressent le moindre mot ou le moindre regard. Ashton tente de jouer le jeu, mais Roan fait preuve d’une mauvaise volonté évidente. Pour ainsi dire, il ne parle à personne ce soir. Il ne joue pas le jeu face aux photographes spécialement engagés pour l’occasion, il ne fait pas la conversation avec de potentiels futurs clients, et ne s’amuse pas à charmer les demoiselles présentes. Non, il fait simplement acte de présence, se renfermant dans un mutisme certain, évitant soigneusement de croiser le regard de Malaya qui ne décolère pas, et surtout celui de Faye qui avait été réquisitionnée pour jouer les serveuses pour la soirée. Même lorsque son père l’invite sur l’estrade à ses côtés, avant qu’il ne puisse commencer son discours et capter l’attention de son auditoire, il ne dit rien. Il s’exécute et va le rejoindre mais reste en retrait. Parce qu’il n’a pas envie d’être là et n’en aura surement jamais envie. Ashton, sous la requête de sa mère, les rejoint et s’accroche à son bras, sans qu’il n’ait la moindre réaction. Il la laisse faire, mais ne fait aucun geste en retour. Il reste parfaitement stoïque, les mains nouées derrière son dos et attend impatiemment que cette soirée s’achève pour qu’il puisse retrouver sa chambre et sa tranquillité. « Mesdames, messieurs, votre attention s’il vous plait ! » Diego Solano frappe doucement sur sa coupe de champagne afin de capter l’attention des personnes présentes qui arrêtent immédiatement leur conversation. Autrefois, cette capacité que son père avait d’obtenir l’attention de tout le monde l’impressionnait. Il débute alors un discours pompeux sur les raisons de cette réunion, devant plusieurs cinquantaines de personnes. Roan cesse d’écouter à ce moment-ci, se perdant dans ses pensées. Mais il est ramené à la réalité lorsqu’il voit les regards se tourner vers lui. « Mais ce soir, j’aimerais surtout vous annoncer une grande nouvelle. » Diego se tourne vers son fils et l’invite d’un geste de la main à s’avancer vers lui, ainsi qu’à Ashton. Roan fronce les sourcils. Il n’avait pas été prévenu de ce qui devait se passer durant ce discours. Il avait naïvement cru qu’il n’était présent aux côtés de son père, simplement pour montrer la force des liens du sang et de cette famille, quand la vérité était que son géniteur avait depuis le début, une idée derrière la tête. Il s’avance alors avec prudence. « Celles des fiançailles de mon fils unique, de ma chair et de mon sang, Roan Solano avec la délicieuse Ashton Valentine. » Alors que Diego passe une main dans le dos de son fils, l’ensemble de l’auditoire se met à applaudir. Roan lui, ne laisse transparaitre aucune émotion. Il ne sourit même pas, au contraire de son père, de sa mère et de Ashton qui sont tous trois à ses côtés. Toute l’attention était tournée vers eux, et il détestait ça. Cela le rendait mal à l’aise et encore plus aujourd’hui parce qu’on venait d’annoncer au monde entier qu’il se fiançait avec Ashton, sans avoir été préalablement consulté et que cela rendait les choses bien trop réelles pour lui. Il déglutit discrétement alors qu’un légère frappe dans son dos lui rappelle qu’il est à cet instant censé être heureux. Il tente un mince sourire mais celui-ci sent la fausseté à plein nez. Et celui-ci ne dure pas, car il disparait immédiatement lorsqu’il croise au loin, dans la foule, le regard de Faye. Ce regard lui défiche le cœur. Car il sait à cet instant qu’il vient de la blesser, de terriblement la blesser. Et ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Il ne voulait pas qu’elle souffre par sa faute et il ne voulait pas qu’elle subisse sa propre lâcheté. Il tente de lui faire comprendre quelque chose par le regard, il tente, dans un effort vain de lui faire savoir que ce n’est pas de son ressort, qu’il ne souhaitait pas de cette situation et qu’elle était celle qu’il voulait, tout en sachant pertinemment que cela était impossible à retranscrire à travers un simple échange de regard. « Il ne pouvait pas me rendre plus fier ! » De nouveau, Diego frappe doucement dans le dos de son fils, le sortant de sa tentative de communication avec Faye. Et lorsqu’il tente de la retrouver, elle n’est plus là. Elle a disparu. Alors que les commentaires vont bon train dans la foule, son père se tourne vers lui, afin de faire un instant dos à son auditoire et de lui chuchoter quelques mots. « La bague ! » Roan fronce les sourcils et secoue la tête, ne comprenant pas ce que son père tentait de lui dire. Il n’avait pas de bague. Et pour cause, il n’était même pas au courant que leurs fiançailles allaient être annoncées aussi rapidement. Il ignorait que cela allait se faire avant même que le divorce entre Ashton et son actuel époux n’ait été prononcé. Il hausse alors les épaules face au regard insistant de son père, avant de se souvenir qu’il y a deux jours de cela, une note de la part de son géniteur lui avait été déposée dans sa suite et qu’il avait tout bonnement pas eu envie de la lire. Peut-être l’aurait-il dû. Comprenant cet élément, Diego fusille son fils du regard et fait un signe à l’un de ses hommes de venir. Il connaissait assez Roan pour avoir anticipé son manque d’entrain à ce mariage et fait acheter une bague de fiançailles par l’un de ses sous-fifres. Lorsqu’il s’en empare, il la fourre dans la main de Roan et l’incite à passer cette bague, au doigt de celle qu’il allait bientôt épouser. S’il ne le fait pas de gaieté de cœur, mais il s’exécute finalement glissant doucement cette bague qui devait probablement coûter autant qu’une maison sur les côtes californiennes, à l’annulaire de Ashton. La jeune femme, démontrant son plus beau jeu d’actrice affichait un magnifique sourire qu’on aurait de toute évidence un mal fou à se rendre compte qu’il n’était pas sincère avant de venir rejoindre les lèvres de Roan, furtivement. Puis ils font tous les deux face à la foule alors que Diego reprend son discours. Ils affichent l’un et l’autre des sourires hypocrites qui sont censer montrer leur joie de s’unir et sceller leur amour et ne se décollent plus l’un de l’autre. Il vient même lui glisser quelques mots que seule elle peut entendre, à son oreille. « Je vais faire de ce mariage un enfer, Valentine. » Il glisse sa main dans le dos de la jeune femme, pour montrer à qui voulait le voir, qu’ils étaient le couple parfait, alors qu’il n’était absolument pas en train de lui glisser quelques mots doux à l’oreille comme la plupart des invités auxquels ils faisaient face devaient penser. « Jamais tu ne feras réellement partie du business, et encore moins de cette famille. » Son ton froid et glacial ainsi que ses menaces n’eurent le moindre effet sur Ashton qui continue de sourire au public qui se dresse devant eux, avant qu’à son tour, elle ne dépose une main délicate sur le torse de son fiancé et qu’elle ne lui réponde sans même le regarder. « Tu ne sais pas à qui tu t’attaques chéri. » Elle se mord insolemment la lèvre inférieure, continuant de feindre la bonne entente évidente. « J’obtient toujours ce que je veux. » A cet instant, Roan déteste Ashton. Il la déteste car c’est définitivement elle qui a remporté le match et lui qui doit en subir les conséquences. C’est lui qui doit se marier à une personne qu’il n’a pas choisi, tout en ayant le moindre avantage en retour alors qu’elle, elle s’assurait d’avoir tout ce dont elle désirait. Il était le grand perdant quand elle étant la gagnante.

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Dernière édition par Roan Solano le Lun 11 Avr - 19:27, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:36

Mon grand frère chéri
Avec une signature pareil, on pourrait faire de l'inceste

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:43

ohhhh
le plus parfait des grands frères
(je repasserais avec Faye pour un accueil tout love )

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Mer 23 Mar - 18:55

encore un bg

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won't lose you again
You and I walk a fragile line, I have known it all this time, but I never thought I'd live to see it break. It's getting dark and it's all too quiet and I can't trust anything now and it's coming over you like it's all a big mistake. Stood there and watched you walk away from everything we had, but I still mean every word I said to you.
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Jeu 24 Mar - 8:20


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Party girls don't get hurt, can’t feel anything, when will I learn.  I push it down, push it down. I'm the one "for a good time call". Phone’s blowin' up, they're ringin' my doorbell. I feel the love. Throw em back, till I lose count. And I'm holding on for dear life, won't look down won't open my eyes. ♛endlesslove.
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 11:21

sara › lil' sis d'amour tu peux parler toi, roan a que des soeurs canons le charme solano quoi
malaya › c'toi la plus parfaite voyons n'hésite surtout pas à revenir avec faye
evan on va pas se mettre à prendre des moches hein
becca

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 19:44

le plus beau

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 19:51

Aller viens, on s'en va loin et on les laisse tous

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 19:57


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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:01

C'est mort

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:17

Il n'aura pas son mot à dire !

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:18

Fait gaffe qu'il ce mette pas à dragué une des soeurs Solano juste pour lui rendre l'appareil !

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:26

mauvaise idée ça, très mauvaise idée !

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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:39

Faut pas toucher à sa sœur

_________________

    u l t i m a t e f e e l i n g
    No matter how hard I try, something always brings me right back to you. Whether it’s something you said, something we heard, something we once laughed about. You are haunting me with your eyes, your laugh, your smile. I can’t stop spinning from those first words you told me. I can’t stop hearing your voice. I can’t stop and it’s killing me.
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Confide in me
Love in stereoϟ Letters : 215
ϟ ID Card : benzorris (anouchka)

MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:47

Trop tard

_________________


    Remember that I’m still a monster. I can listen to you scream and cry and beg and I still won’t let you out.
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{ MY PLAYLIST }:
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Love in stereoϟ Letters : 119
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   Sam 26 Mar - 21:55

non mais c'est pas bientôt finit ces enfantillages là Faye est une grande fille elle décide avec qui elle veut s'enfuir

_________________

    You and I, we're one too many worlds apart It really shouldn't work but it does, and side by side, we're different but somehow the same, it really shouldn't work but it does when it comes to us
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MessageSujet: Re: it’s a mission, not a party | solano   

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it’s a mission, not a party | solano
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