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 if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ

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MessageSujet: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 18:07

- Hunter Winslow Rosen -
I’ve always learned to keep my expectations as low as they need to be to motivate me to do the work.
PRÉNOM(S) + L’aîné de la fratrie se prénomme Hunter. Chasseur, prédateur, voilà ce que signifie son prénom et ce qui ne lui correspond finalement pas vraiment. Explorateur aurait été le mot parfait quand on sait que s’il est avide de découvrir chaque parcelle du monde, il n’est pas vraiment le genre à chasser la gente féminine et à accumuler les relations d’un soir, et il est absolument contre la chasse des animaux. Oui, Hunter peut être vu comme l’homme parfait, c’est vrai. Mais le fait est qu’il ne l’est pas vraiment. Parce qu’il a un mal fou à se poser, que ce soit dans un endroit fixe ou bien avec une femme. Par ailleurs, le jeune homme porte comme la tradition le veut, en second prénom, celui de son père, Winslow. Cela n’a pas grande importance pour le jeune homme, puisqu’il ne l’utilise jamais. Enfin, cela n’en a pour lui officiellement pas, parce qu’il ne s’est jamais réellement bien entendu avec son géniteur, mais depuis que ce dernier n’est plus là, il regrette sans l’avouer, de lui avoir rendu la tâche si difficile et de ne jamais lui avoir montré qu’il l’aimait. NOM(S) +  le jeune homme appartient à la famille Rosen. Celle-ci ne vous est probablement pas inconnue. Pas parce qu’il s’agit d’une famille à histoires, car le fait est qu’ils ont toujours été discrets, calmes et sans le moindre problème. Mais ceux-ci ont malheureusement fait la une de la rubrique des faits divers de la ville. Un tragique accident de voiture et voilà que la famille sans histoire s’est transformée en une famille meurtrie et orpheline. Winslow et Jolene ont laissé derrière eux trois enfants pris sous le coup du sort de la vie, abandonné à eux-mêmes et devant faire des adieux prématurés à ceux qui leur ont donné la vie. Aujourd’hui et pour un tout autre genre, le nom de Rosen peut être connu de ceux qui lisent les journaux et plus particulièrement le Times, ou bien ceux qui s’intéressent à la photographie. En effet, Hunter Rosen n’est pas méconnu dans ce milieu et certains de ses clichés ont même aujourd’hui une renommée non négligeable. ÂGE + Hunter vient tout juste d’avoir trente ans. Si pour beaucoup, c’est un cap difficile à passer, ça n’a pas vraiment été le cas du jeune homme qui accorde peu d’importance à cela. Il a bien d’autre chose à penser et il n’est absolument pas le genre à se lamenter sur de telles futilités. Il vit au jour le jour, sans se préoccuper du lendemain et surtout, sans se préoccuper de la situation dans laquelle la tradition voudrait qu’il se trouve à son âge. De toute manière, maintenant, cela n’a plus vraiment d’importance, car sa mère n’est plus là pour l’implorer de lui apporter des petits enfants et une belle fille avec qui elle pourrait vanter les mérites de son fils adoré. Il faut le dire, tout ceci est loin des préoccupations actuelles d’Hunter, malgré ses trente ans.  DATE ET LIEU DE NAISSANCE + C’est en fin d’année, alors que la neige recouvrait les rues de Londres que le premier enfant de la fratrie des Rosen est né. Le vingt-huit décembre 1985, Hunter Rosen est né dans la capitale du Royaume-Uni. Celle où il a grandi et celle où il vit toujours officiellement, bien qu’officieusement il doit y passer au total que trois ou quatre mois dans l’année à peine. Hunter n’est pas vraiment attaché à sa ville natale. Peut-être parce qu’il a tellement voyagé à travers le monde qu’il a vu qu’il lui était parfaitement possible de trouver mieux ailleurs. Cependant, il finit pourtant toujours par revenir à Londres, parce que c’est ici que se trouve ses sœurs. ORIGINES ET NATIONALITÉ + Naturellement, Hunter est de nationalité britannique. Ceci même s’il est souvent qualifié de citoyen du monde de par son job. Parallèlement, le garçon a quelques origines irlandaises de par sa mère, sans que cela n’ait vraiment de signification particulière pour lui. STATUT CIVIL + La version courte de la vie sentimentale d’Hunter énoncera qu’il est célibataire, qu’il le restera probablement encore longtemps et qu’il n’est pas prêt de se poser avec une femme définitivement. Le fait est qu’il n’est pas adepte du mot « définitivement » et qu’il n’a jamais trouvé la personne qui lui donnait envie de tout lâcher, de tirer un trait sur sa vie de nomade pour elle. Ou du moins, il ne l’a officiellement pas trouvé. Car oui, la version longue de la vie sentimentale d’Hunter Rosen est un peu plus compliquée que cela. C’est un fait, il n’a pas le profil de l’homme à marier. Parce qu’il fait passer son travail avant tout chose, qu’il part bien trop souvent à l’autre bout du monde pendant plusieurs semaines, voir plusieurs mois, qu’il ne résiste que très rarement à une belle femme et qu’il ne supporte pas la routine. Il ne tient pas en place et pour beaucoup de femme, cela peut-être effrayant et altérer la confiance. Ce qui est idiot parce que Hunter se sait lui-même fidèle lorsqu’il apprécie réellement quelqu’un, mais encore faut-il qu’il l’apprécie assez. Alors oui, ceci n’est jamais –ou presque- arrivé. Ce qui fait que sa vie amoureuse est souvent dépeinte comme un véritable fiasco, comme une série d’histoires sans succès et sans grande importance. Des histoires sans lendemain, des histoires de quelques jours, de quelques mois, qui se terminent toujours de la même façon. Il doit retourner chez lui, ou bien il doit se rendre à l’autre bout du monde. Hunter a même été marié –certes, pendant une très très courte durée, mais marié quand même. Bien sûre, cela n’a pas marché et il est rapidement passé à autre chose. Une seule et unique personne semble, si l’on s’y attarde davantage, avoir retenu réellement son attention. Il l’a rencontré –enfin officiellement, car officieusement, il la connaît depuis à peu près toujours- à Mexico. Un voyage organisé dans le cadre de son travail et voilà qu’il se retrouve avec elle, à l’autre bout de leur vie respective, à l’autre bout de leurs responsabilités et de leurs devoirs. Il ignore ce qui lui a plus chez elle qu’il n’avait pas remarqué à Londres, mais les choses se sont faites à la fois si lentement et si rapidement qu’il n’a pas remarqué ce dans quoi il s’entraînait lui-même. Son sourire, cette façon qu’elle avait de rire à la moindre de ses plaisanteries, le regard qu’elle posait sur lui lorsqu’ils se retrouvaient seuls, la manière dont elle posait ses mains délicates sur son corps, l’effet qu’elle provoquait en lui à chacun de leur baiser, cette habitude qu’elle avait pris de plisser les yeux lorsqu’une femme dont les intentions ne pouvaient être trompeuses s’approchait un peu trop près de lui, cette influence qu’elle avait sur lui, cette attirance inexplicable qui s’emparait de lui à chaque fois qu’elle apparaissait dans son champ de vision, cette envie irrésistible d’être constamment avec elle et ce regard qu’il n’avait jamais eu auparavant pour quiconque lorsqu’il posait ses yeux sur elle… Tout lui plaisait en elle, de la femme qu’elle était à ce qu’elle provoquait en lui. Il se sentait bien, tout simplement bien. Mais comme tout bonne chose à une fin, leur histoire fut finalement avortée comme chacune des histoire d’Hunter. Le devoir de retourner à Londres, le retour à la réalité, et surtout, la présence d’éléments perturbateurs qui allaient mettre un terme définitif à toute potentielle histoire. Comme le fait qu’elle s’appelait Malaya Solano, qu’elle n’était autre que la meilleure amie et de sa petite sœur, et la digne fille d’un baron de la drogue… ÉTUDES/MÉTIER + Hunter a toujours été un bon élève. Le genre qui est constamment premier de la classe sans réellement fournir d’efforts, le genre qui parvenait à étudier, avoir de bons résultats tout en sortant et profitant aisément de sa jeunesse et de ses amis. Le genre énervant pour toute personne normalement constituée. Parce que, quoi de plus agaçant qu’un mec à qui absolument tout sourit ? Ou au moins professionnellement parlant. Car c’est un fait, Hunter a le genre de parcours dont tout le monde rêverait. Il a obtenu son diplôme du secondaire avec mention et avec un an d’avance, il a fini major de promo, obtenant avec brio son diplôme de journaliste tout en suivant parallèlement une formation pour perfectionner son talent naturel pour la photographie. Aujourd’hui, Hunter a donc professionnellement parfaitement bien réussi sa vie. Il a été engagé il y six ans de cela par le journal le plus réputé et influant de la ville et probablement du pays en tant de photographe, reporter. C’est donc lui qui illustre bon nombre des articles du Times par des clichés réalisés à travers le monde. S’il travaille parfois localement, Hunter est bien souvent envoyé à l’autre bout du monde avec une équipe de journalistes pour traiter des sujets internationaux, et c’est ce qu’il préfère. Hunter donne beaucoup de son temps et de sa personne dans son job, et c’est tout à son honneur, malgré le fait que certaines personnes ont du mal à vivre ses voyages à répétition. Il ne serait pour autant prêt à tirer un trait sur son job pour rien au monde. Parallèlement, Hunter fait parfois l’objet d’expositions temporaires dans des galeries d’art ou autres événements où il peut exposer ses clichés annexes récoltés lors de chacun de ses voyages.  TRAITS DE CARACTÈRE + Hunter est un garçon simple, sans prétention, qui, malgré son ambition, ne sera pas le genre à écraser les autres pour obtenir ce qu’il veut. Il est le genre à suivre scrupuleusement les règles sans jamais-ou rarement- les enfreindre, qu’il est plutôt sérieux et attaché à des valeurs morales de ce côté-ci. Il est adepte de la philosophie qui dit de vivre au jour le jour sans se préoccuper du lendemain, mais aussi et surtout celle qui dit de toujours aller de l’avant. C’est exactement ce qu’Hunter fait au quotidien. Il n’aime pas les conflits et ne les cherche absolument pas. Si ceux-ci se pointent devant lui, il les affrontera mais jamais il ne sera celui qui en sera à l’origine. Il n’est de toute évidence pas le genre de personne à faire des histoires, à se prendre la tête – et celle des autres. Il a d’ailleurs tendance à fuir se genre de personne qui lui font rapidement perdre patience. Pourtant, il est quelqu’un de plutôt patient de manière générale. Par ailleurs, Hunter est plutôt solitaire. S’il n’est absolument pas renfermé et aime la présence des autres, il aime se retrouver seul de temps à autre pour profiter simplement du silence et voguer à ses activités sans la moindre précipitation. Car oui, il n’est pas le genre à se précipiter. Au grand dam de certains, qui l’attendent parfois pendant des heures alors qu’ils avaient fixé un rendez-vous. Oui, Hunter n’est pas la personne la plus ponctuelle que l’on connaisse. S’il est protecteur envers ses proches et qu’il ne leur laissera jamais rien de mal leur arriver, il n’est absolument pas le genre intrusif. Il déteste qu’on le soit avec lui, alors il ne le fait pas aux autres, sauf peut-être avec Ella. Surement parce que c’est sa plus jeune sœur et qu’il est persuadé qu’elle a encore besoin de sa protection. Par ailleurs, beaucoup vous le diront, mais Hunter n’est pas quelqu’un de très expressif. Ses proches sauront lire en lui ce qu’il pense ou ressent mais beaucoup n’y parvienne pas, à moins d’y être initié. Il ne montre jamais rien et déteste étaler ses états d’âme en public. Certains diront que cela le rend froid et distant, mais la vérité est qu’il préfère tout simplement garder les choses pour lui et qu’il ne supporte pas s’étendre sur sa vie. Cela lui donne un côté énigmatique qui a su faire ses preuves.  GROUPE +  Natural History Museum.

Wreck of the day

20 CHOSES À SAVOIR SUR MOI + one, S’il n’est pas très famille de manière générale, il est pourtant très proche de ses sœurs. Celles-ci représentent à peu près tout pour lui et il donnerait tout pour elles. Elles sont d’ailleurs les seules personnes à qui il répond constamment au téléphone, même lorsqu’il est au bout du monde, même lorsqu’elles appellent en pleine nuit. Il tente comme il peut de combler ses absences répétées par le fait d’être toujours présent et disponible pour elles, au moins par téléphone. ϟ two, Il ne se balade jamais sans son appareil photo. Déformation professionnelle ou bien véritable passion. Il a besoin de toujours l’avoir sur lui, des fois que s’offrirait une vue spectaculaire à lui  et qu’il devrait immortaliser ce moment. ϟ three, Il porte des lunettes pour lire. Enfin son ophtalmologue lui a prescrit de les porter de manière permanente mais il ne parvient pas à encore s’habituer à la tête de premier de la classe qu’il arpente lorsqu’il les a sur le nez. Si bien qu’il ne les met uniquement en cas de nécessité. ϟ four, Parce qu’il a toujours été bon à l’école et parce qu’il a beaucoup voyagé, Hunter est multilingue. Il parle couramment quatre langues en plus de sa langue maternelle, le français, l’italien, l’espagnol et le mandarin. Il a quelques notions de russe et de néerlandais mais il a encore beaucoup de travail à accomplir là-dessus. Oui cela peut sembler impressionnant mais il a toujours eu des facilités dans l’apprentissage des langues étrangères et c’est un domaine qui l’a toujours beaucoup intéressé. ϟ five, Il cuisine affreusement mal. La plupart du temps, lorsqu’il voyage avec son équipe dans le cadre de son travail, c’est Daisy qui lui fait à manger. Elle est plutôt douée dans ce domaine et elle lui propose toujours gentiment, il aurait donc tort de s’en priver. ϟ six, Pendant vingt-quatre heures, suite à un énième déplacement professionnel, une surdose de tequila et quelques états d’âme, Hunter s’est retrouvé marié à la belle Daisy Malone, sa collègue, amie et parfois amante depuis des années. Si leur mariage a été annulé aussi vite qu’il a été célébré, ils leur arrivent d’imaginer quelle aurait été leur vie s’ils étaient restés ensemble, avant d’en rire. Ils auraient tous deux fait de piètres époux. ϟ seven, Il est parfois un peu tête en l’air, si bien qu’il perd absolument tout en permanence. La plupart du temps, Daisy est là pour récupérer ce qu’il oublie, mais il ne compte plus les fois où il a dû racheter un téléphone après l’avoir égaré ou de paires de lunettes.  ϟ eight, Lorsqu’il est absent, il laisse le double des clés de chez lui à Ella. Il ne veut pas savoir ce qu’elle fait chez lui, du moment qu’il retrouve son appartement en état lorsqu’il revient. C’est simplement pour lui un moyen de s’assurer qu’elle a toujours un endroit où aller si elle ne souhaite pas rentrer chez elle. Il préfère largement la savoir chez lui, plutôt que chez le premier homme qui passe, probablement mal intentionné. Même s’il n’est pas dupe sur les fréquentations de sa petite sœur. D’ailleurs, il n’hésite pas, lorsqu’il revient en ville à faire une petite sélection dans ses fréquentations et à faire fuir à sa manière ceux qu’il juge indésirables. ϟ nine, Il fume de temps à autre. Assez fréquemment lorsqu’il est loin de chez lui, et beaucoup moins lorsqu’il est à Londres. Parce que sa mère lui a toujours dit qu’elle n’aimait pas le voir se bousiller la santé de la sorte et qu’il a pris l’habitude de ne jamais fumer devant elle. ϟ ten, S’il ne s’est jamais vraiment entendu avec son géniteur, avec qui les relations étaient bien trop conflictuelles sans qu’il n’y ait vraiment de raison, sa mère prenait toujours sa défense. Parce qu’elle manquait cruellement d’objectivité en ce qui concernait son seul fils qu’elle adulait un peu trop, et parce qu’ils avaient tout deux une relation particulière. ϟ eleven, Il joue du piano depuis tout jeune et se débrouille plutôt bien. Il a toujours trouvé le son de cet instrument apaisant. Cependant, aujourd’hui, il joue beaucoup moins qu’il a joué, parce que cela lui rappelle le temps où aux côtés de sa mère, ils jouaient tous deux à quatre mains pour endormir Ella. ϟ twelve, A chaque fois qu’il est de retour sur Londres, il a toujours le même rituel, celui de passer le maximum de temps avec Sofia et Ella, de se retrouver devant une bière avec Jay, son meilleur ami depuis l'enfance, et faire une visite surprise à Amelia. Ces quatre personnes sont les seules qui le retiennent à Londres. ϟ thirteen, Il ne s’attache absolument pas vite, bien au contraire, il a de manière générale besoin de beaucoup de temps pour réellement apprécier une personne, s’attacher à elle et s’ouvrir réellement. Mais, étrangement, il s’est éprit bien trop rapidement de Malaya alors qu’ils étaient tous deux à l’autre bout du monde. Cela ne lui ressemble pas, et encore aujourd’hui il se demande bien ce qui lui a pris. Malaya est pour lui un mystère, une interrogation sans réponse et une énigme qu’il n’est pas prêt de résoudre. ϟ forteen, Depuis son retour à Londres, il se sait menacé. Il sait qu’il y a à l’heure actuelle un contrat sur sa tête et qu’il pourrait perdre la vie pour des histoires qui ne le regardent finalement pas. Pourtant, il ne s’est toujours pas résolu à céder aux menaces. Pour cause, Hunter détient des photos compromettantes qui pourrait faire tomber le plus influant cartel de la ville, voir du pays, qu’il s’est procuré alors qu’il cherchait à illustrer un article de Daisy sur le trafic de stupéfiants à Londres. Personne n’est au courant, parce qu’il ne souhaite pas inquiéter ses proches, mais il est bel et bien décidé à fournir ces photos à la police, même si cela veut dire qu’il prend un gros risque pour sa vie. Enfin, il était décidé, jusqu’à ce que quelqu’un n’ait pour mission de le faire taire. Et cette personne n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Malaya, cette même personne pour laquelle son cœur battait un peu trop fort et qu’il croyait pourtant connaître … ϟ fifteen, Il n'est absolument pas intéressé par la mode et ne la suit en général que très peu. Il s’habille de manière classique et passe-partout, quand bien même il sait faire des efforts quand la situation s’y prête. ϟ sixteen, S’il lit beaucoup, il est rare de le voir devant la télévision. Celle-ci a un effet soporifique assez incroyable sur lui. ϟ seventeen, Seuls Jay et Sofia sont au courant de son aventure avec Malaya. Le premier parce que Hunter lui dit à peu près tout depuis toujours et la seconde parce qu’elle l’a découvert tout seule en fouinant un peu trop sur son ordinateur. Il lui a fait jurer de ne rien dire à Ella, histoire de conserver un temps soit peu de durée de vie, car il sait pertinemment qu’Ella ne va absolument pas apprécier cette relation, aussi courte fut-elle. ϟ eighteen, Il a toujours au fond de sa valise – qu’il ne défait en général que partiellement, un gilet appartenant à Malaya. Il ignore comment celui-ci s’est retrouvé là, mais le fait est qu’il n’a jamais eu envie d’aller lui rendre. Il le laisse là, au fond de sa valise, en souvenir d’un temps maintenant révolu. ϟ nineteen, S’il n’est pas un adepte des sports collectifs, ni du sport en général, il se tient tous les matins à aller courir, histoire de s’entretenir un peu. Il le fait d’ailleurs davantage lorsqu’il est à l’autre bout du monde –parce qu’il peut bien souvent courir sur les bords de plage- qu’à Londres où ses journées sont en générales bien trop rythmées et remplies pour qu’il n’ait le temps pour cela. ϟ twenty, Il est rarement malade et est de manière générale plutôt résistant, que ce soit aux virus ou à la douleur, mais le fait est que lorsqu’il est vraiment malade, il passe  sa journée au lit, dans le noir et aime qu’on s’occupe de lui. Oui, dans ces cas-là, il est à la fois incapable de faire quoi que ce soit, souvent insupportable et en plus assisté. Un vrai gosse.


We all want a happy ending

PSEUDO/PRÉNOM + benzorris/ AnouchkaÂGE + 23 ans et toutes mes dents (grand classique quand tu nous tiens) COMMENT AS-TU CONNU LE FORUM ? + demandez à Caro et Tica, ces nulles qui m'ont appâté ici ... FRÉQUENCE DE CONNEXION + Tous les jours, je rendrais une petite visite mais je ne pourrais RP qu'une fois par semaine (hors période de partiel, of course) TON DERNIER MOT + love les rosen !


Dernière édition par Hunter Rosen le Mer 16 Mar - 6:28, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 18:07

Chapter one

La fête bat son plein. La musique est forte, très forte, tant que les voisins doivent probablement maudire le couple Meyer d’être parti en vacances, laissant tout le loisir à leur adorable fils d’organiser une énorme fête. Le genre de fête à l’américaine, au bord de la piscine, dans un manoir familial hors de prix. Le genre de fête qui réunit tous les étudiants les plus populaires –ou ceux qui ont simplement la chance d’avoir les bonnes fréquentations ; où circulent à peu près toutes les substances possibles et imaginables et où il faut tout simplement être. Parce que c’est ici que tout se passe. C’est ici que l’on peut faire la connaissance des personnes les plus intéressantes, ou du moins celles qui sont dépeintes comme telles, c’est ici qu’on peut profiter jusqu’à ne plus en pouvoir de sa jeunesse et c’est ici que l’on se forge en général, une réputation. A seulement vingt-et-un ans, c’était donc exactement l’endroit dans lequel Hunter Rosen devait se trouver. Non pas qu’il fasse réellement parti de ceux que l’on qualifiait de populaires, mais le fait est qu’il n’était pas méconnu et que les choses s’étaient faites naturellement. Le trio qu’il formait avec ses deux meilleurs amis, Jay et Amelia, était toujours invité à ce genre d’événement. Parce que sans réellement en avoir conscience, Jay et Hunter attiraient l’attention de la gente féminine –et tout particulière Jay, mais aussi et surtout parce qu’Amelia faisait tourner bien des têtes. Les deux hommes en étaient parfaitement conscients, et c’était peut-être pour cela qu’ils ne manquaient jamais de l’accompagner. Par simple esprit de protection. Ou peut-être parce qu’ils adoraient tout simplement se retrouver après de longues semaines de cours –ou formation-, pour profiter, pour s’amuser, comme le ferait n’importe quel jeune de leur âge. Le rire d’Hunter se fait d’ailleurs entendre, raisonnant dans la véranda mal insonorisée où l’hôte des festivités avait installé l’irrémédiable table de beer-pong. Il vient tout juste de réussir son lancé qui atterri directement dans l’un des gobelets prévus à cet effet. Le jeune homme lance un regard entendu à son ami qui lève les yeux au ciel, définitivement las des performances de Hunter. Jay, en bon joueur s’empare donc du gobelet et boit la totalité de ce dernier comme le veut la tradition. Hunter jette un bref regard vers Amelia. Celle-ci est installée dans un canapé juste en face de la table, avec quelques amies à elle et quelques garçons qu’il n’espère pas trop lourds. Elle hoche la tête, histoire de lui faire comprendre que tout va bien, qu’il n’a pas besoin d’intervenir et qu’il peut donc sereinement continuer à écraser son meilleur ami à ce jeu auquel ils jouaient depuis leurs première soirées, il y a plusieurs années de cela. C’était d’ordinaire toujours Jay qui était le plus adroit, c’était lui qui ne manquait pas un seul panier lorsqu’ils jouaient au basket, c’était lui qu’il gagnait toujours aux fléchettes et c’était lui qui avait de toute évidence la meilleure adresse. Mais ce soir, il était mauvais, et l’alcool qu’il ingurgitait au fur et à mesure qu’il perdait ne devait pas aider. Cela amusait beaucoup Hunter, qui devait probablement pour la première fois de sa vie gagner contre Jay. « Bah alors Daniels, on est pas au sommet de sa forme ? » Les deux garçons se défient du regard alors que Jay tente de reprendre sa concentration. Si Hunter était parfaitement conscient que cela devait probablement être dû à ses entraînements intensifs à l’armée, il ne résistait tout de même pas à la tentation de le charrier. Parce que c’était ainsi qu’était faite leur amitié et qu’elle avait toujours été faite. D’ailleurs ceci eut un effet bénéfique sur le blond qui parvint enfin à viser correctement, la balle blanche venant trouver l’un des gobelets. « Tu disais ? » De nouveau, les deux hommes échangent un sourire avant qu’Hunter se plie aux règles du jeu, avalant d’une traite le contenu du gobelet. Fort heureusement pour lui, il tenait à peu près bien l’alcool. Du moins, c’est ce dont il se persuadait à chaque fois qu’il buvait un peu trop. « Ne fais pas trop le malin Jay, si je met celle-ci, tu devras … » Hunter s’arrête, la balle en main, cherchant autour de lui un challenge, un défit qui pourrait rendre le jeu pour intéressant. Son sourire s’élargit lorsqu’il croise le regard d’une jeune femme qui n’a pas bougé de la pièce depuis qu’ils y sont entrés. « Céder aux avances de Maisie Simone ! » Hunter arque les sourcils, définitivement amusé par ce défit, dénué de la moindre maturité certes, mais dont il se délectait d’avance. Parce que Maisie Simone n’était pas n’importe qui. Elle était follement amoureuse de Jay depuis l’école primaire, lui avait écrit bon nombre de lettres d’amour enflammées et mourrait d’envie depuis bien trop longtemps qu’il lui accorde enfin l’intérêt qu’elle pensait mériter. Cela amusait depuis à peu près toujours Hunter, qui ne cessait de taquiner son ami sur le sujet. Bien sûr, cela plaisait beaucoup moins à Jay, puisqu’à l’entente du défit que venait de lui lancer Hunter, son sourire retomba immédiatement. Il jette un regard en arrière pour s’assurer d’avoir bien compris. Et malheureusement, il fut contraint de se rendre à l’évidence. Il fusille Hunter du regard et plisse légèrement les yeux, espérant probablement de tout son être que son ami rate sa cible. Il n’en avait pas encore raté une seule depuis le début de leur partie. Il fallait le dire, Hunter était ce soir dans une forme olympique, et il était persuadé qu’il allait remporter. Il serre alors la balle qu’il fait glisser au sommet de ses doigts et se concentre sur sa cible. Tant qu’il ne fait pas le moins du monde attention à Jay et au regard qu’il jette par dessus son épaule, tant qu’il se fait avoir comme un bleu, pourtant si bien parti. A l’instant où il lance la balle, des mains frêles et tendres viennent s’enroulées tendrement autour de sa taille, venant de derrière. Le fait est qu’il ne s’y attendait pas et que cela eut le mérite de le déconcentrer et de lui faire rater le gobelet. Son visage se décompose et il ne peut s’empêcher de pester face à sa défaite. Il se retourne immédiatement pour voir qui venait de délibérément tirer un trait sur son amusement de la soirée, histoire de lui faire regretter son geste. Lui qui se languissait de voir Maisie et Jay conclure venait d’être battu par l’alliance de son meilleur ami et de sa petite amie. Car oui, celle qui avait entouré ses bras autour de sa taille, venant glisser ses mains sous son t-shirt pour le corrompre n’était autre que Sara Solano, où celle avec qui il sortait depuis plusieurs semaines maintenant. Outré de son attitude il ouvre la bouche, définitivement stupéfait. « Depuis quand ma copine s’allie avec mon meilleur ami pour me faire perdre ?! Maisie se faisait une joie de me voir gagner ! » Un gamin, un vrai gamin dans toute sa splendeur qui venait de se faire avoir et à qui on avait retiré sa distraction. Sara étouffe un rire alors qu’elle fait un clin d’œil à Jay à l’autre bout de la table. Hunter jette un œil vers son meilleur ami qui semble un peu trop réjouit. « Injustice. » Il secoue la tête, hésitant entre l’amusement et la tristesse de ne pas assister au spectacle auquel il était persuadé d’assister. Mais ceci est vite compensé par ses retrouvailles avec Sara, dont il oublie en à peine une fraction de seconde la trahison. Il passe une main dans le dos de la jeune femme pour la ramener vers lui, afin que leur deux corps viennent à la rencontre de l’autre. Cela faisait quelques jours qu’il ne l’avait pas vu et il fallait le dire, le goût et la chaleur de ses lèvres lui avait terriblement manqué. Alors oui, il fit rapidement abstraction de ce qui les entourait pour venir déposer ses lèvres sur les siennes. Leur relation était récente et leur couple un brin atypique. Elle était plus jeune, bien plus jeune mais le fait est qu’elle était parfois plus mature qu’il ne pouvait lui-même l’être, et qu’il avait eu bien du mal à croire qu’elle n’avait pas le même âge que lui. Et puis, elle avait un charme qu’on ne pouvait guère lui enlever. Et si, Hunter était conscient qu’il ne s’agissait là que d’une relation passagère, comme toutes ses relations précédentes, il s’était pourtant attaché à elle. Elle avait quelque chose de différent de toutes ces filles avec lesquelles il avait pu être par le passé – et dieu sait qu’il y en avait eu –Jay adorait d’ailleurs le charrier là-dessus. Bien sûre, leur petite démonstration d’affection fut de courte durée parce que Sara ne cessait de regarder furtivement autour d’eux, des fois que des membres de sa famille seraient dans les parages, mais aussi surtout parce que Jay, qui devait probablement avoir peur que Maisie profite de sa solitude passagère pour venir vers lui, interpelle Hunter. « Si je le mets, tu finis dans la piscine ! » A l’instant où il obtient l’attention de son ami, Jay sourit en montrant la balle. Hunter, lève les yeux au ciel, persuadé qu’il n’y parviendra pas, persuadé qu’il ne finirait pas dans la piscine alors qu’il devait faire à peine 10 degrés dehors et que la plupart des invités avaient un manteau –enfin sauf celles et ceux qui avaient bien trop bu pour sentir la fraicheur de l’automne. « Et voilà. » lâche Jay à l’instant où il lance la balle et que celle-ci atterrit à l’exact endroit où il l’avait souhaité, au grand dam de Hunter. Il fixe un instant le gobelet rouge, puis Jay. A cet instant, on pouvait aisément lire dans son regard toute la détresse qui l’habitait. Ceci eut le mérite de faire d’ailleurs beaucoup rire Jay qui tenait visiblement sa revanche. D’autant qu’il commence à s’approcher dangereusement d’Hunter, accompagné d’un autre de leur ami. « Désolée chéri. » Un large sourire aux lèvres, Sara tape doucement sur le torse de celui qui était pourtant son copain et pour lequel elle aurait normalement dû avoir un brin de compassion. Elle recule alors laissant le garçon aux mains des deux autres qui s’avançaient vers lui, bien trop amusés par leur propre plaisanterie. Hunter recule, tout en sachant qu’il allait avoir du mal à se sortir de là. Et la négociation ne semblait de toute évidence pas marcher sur ses amis, ou ceux qui se revendiquaient comme tels. « Non, non, hors de question, j’ai pas d’affaires de rechange et il fait super froid ! »  Il tente comme il peut de s’extirper mais le fait est que ni Jay ni Cameron ne semblent décider à lui laisser la vie sauve. « Petit joueur ! » A peine a-t-il dit cela avec un immense sourire que Jay attrape Hunter. Ce dernier tente en vain de se débattre tout le long du chemin qui le mène vers la piscine, car oui Jay et Cameron ont décidé que de le soulever et de l’amener de force jusqu’aux méandres de la piscine serait bien plus drôle. Et encore plus lorsqu’ils le balancent à l’eau sans le moindre ménagement. Totalement habillé, le jeune étudiant sent la fraicheur de l’eau s’immiscer dans chacune des parcelles de son corps. Il bougonne et jure à Jay qu’il va le payer, luttant pour ne pas rire, parce qu’il était bien conscient que la situation était des plus risibles. Il ressort trempé de la piscine s’amusant à prendre Sara dans ses bras pour se venger de sa trahison. Alors que Jay et Cameron sont morts de rire. « C’est à charge de revanche les gars ! » Il affuble ses amis d’un clin d’œil qui veut en dire long sur l’étendue de sa vengeance. Et alors que Sara passe ses mains dans ses cheveux, histoire de les faire ressembler à quelque chose et qu’une autre invitée lui tend une serviette, son sourire retombe immédiatement. D’un coup, d’un seul, alors qu’il s’était pourtant joint aux rires de ses amis, l’envie de rire s’était totalement dissoute. Il plisse les yeux et se dégage de l’étreinte de Sara. Car en effet, ce qu’il venait de voir, ne l’amusait absolument plus. Il s’avance alors jusqu’au fond du jardin laissant une flopée d’eau derrière lui à chacun de ses pas. Mais pour ainsi dire, il n’avait pas le moindre intérêt pour cela. Il pousse quelques idiots sur son passage pour l’atteindre. Puis il s’arrête devant elle, serrant la mâchoire et plissant les lèvres démontrant à la perfection tout l’énervement qui pouvait s’être emparé de lui en à peine une fraction de seconde. « Qu’est-ce que tu fous là Sofia ? » En face de lui, sa petite sœur, Sofia. Elle n’avait strictement rien à faire là, à une heure pareille et surtout arborant une tenue comme celle qu’elle portait actuellement. Bien trop courte au goût du jeune homme. Il n’était pas spécialement le genre de grand frère intrusif et autoritaire, mais le fait est qu’il n’avait jamais vu sa sœur dans un état pareil et dans ce genre d’endroit. Le choc était tel que cela lui avait immédiatement fait retomber la dose d’alcool qu’il avait ingurgité et oublié tout envie de s’amuser. Il venait de prendre une gigantesque claque, lui faisant aisément comprendre que la petite fille qui jouait à la poupée et qui avait peur du noir, avait bien grandi. « Hunteeeeeer ! » Elle est complètement saoule et c’est probablement ça qui énerve le plus Hunter. La petite brune, dont le maquillage est bien trop abondant se tourne vers son frère, un immense sourire aux lèvres. Elle lui saute alors dans les bras comme si cela faisait des semaines qu’elle ne l’avait plus vu. Elle est dans un état tel qu’elle ne remarque même pas qu’il est trempé de la tête aux pieds lorsqu’elle l’enlace. Secouant la tête, l’air totalement désapprobateur, Hunter la repousse. Il l’inspecte avant de retirer le verre qu’elle a dans les mains et de le jeter sans le moindre soin plus loin. Il entend quelqu’un grogner quelque chose, mais le fait est qu’à cet instant, il s’en contrefiche. En face, Sofia affiche une petite moue boudeuse. « Bah quoi ? C’est là que tout le monde est, toi-même tu as dit que c’était la fête de l’année ! » Elle pouffe d’un rire aigue qui traduit à l’évidence la dose d’alcool qu’elle a prit ce soir. Hunter soupire, fusillant du regard ces garçons un peu trop collants flanqués de part et d’autre de sa petite sœur. Petit sœur qu’il jugeait bien trop jeune pour fréquenter ce genre d’endroit et surtout pour se mettre dans des états pareils. Il n’était pas un modèle de vertu lorsqu’il avait son âge, mais le fait est que c’était toujours plus difficile de voir sa petite sœur faire ces premiers pas dans ce monde. Quand bien même il se doutait que cela ne devait pas être la première ni la dernière fois. Il lui attrape alors le poignet qu’il saisit fermement pour la ramener vers lui. « On rentre. » Si elle ne tente pas physiquement de se dérober, elle n’hésite cependant pas à faire entendre son avis sur la question. « Tu as cru que tu étais le seul à avoir le droit de t’amuser ? »  Il lève les yeux au ciel, la tirant à travers les invités pour regagner tant bien que mal la terrasse. « Tu n’as que 17 ans Sofia ! » A peine a-t-il dit cela et à peine eurent-ils enfin atteints Jay et Sara que la seconde des Rosen s’arrête net sans crier gare. « Ta copine est encore plus jeune, je te rappelle ! » Touché. Elle marquait un point. De nouveau, Hunter fait entendre toute son exaspération alors qu’il se tourne vers Sofia. Elle avait raison, il passait chacun de ses weekends dans ce genre de soirée et rejoignait bien souvent Sara passé une certaine heure. C’était d’ailleurs dans ce genre d’événement qu’il avait fait sa connaissance et il ne lui avait jamais reproché de s’adonner à ce genre de festivités. Mais, cette fois, c’était différent. C’était de sa petite sœur qu’il s’agissait et il était hors de question qu’elle suive les traces de toutes les filles de son âge, il était hors de question qu’elle fréquente ces endroits sans qu’il ne soit présent pour veiller à ce que rien ne lui arrive, pour veiller à ce que personne ne profite d’elle et qu’elle reste raisonnable. Il savait qu’il ne pourrait pas être constamment derrière elle, et ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Car il n’avait pas pour ambition d’être le genre de grand frère énervant à souhait car bien trop protecteur et collant, mais le fait est qu’il avait bien du mal à la voir ainsi. Peut-être était-ce dû au degré d’alcool conséquent qu’il avait actuellement dans le sang, qu’il suréagissait. Peut-être. Ceci étant, il était énervé, agacé de la voir ainsi et il était bien décidé à trouver un responsable à cela. « C’est toi qui la ramené ici ? » Il fusille immédiatement Sara du regard, qu’il assène d’une multitude de reproches, uniquement à travers ses yeux. C’était injuste et presque cruel, car il ignorait si Sara était celle qui avait entraîné Sofia ici ce soir. Mais le fait est que ces deux-là étaient devenues un peu trop inséparables ces derniers temps et qu’elle était, aux yeux de Hunter, la seule à pouvoir être la fautive à cet instant. Elle reste un instant interdite, ne sachant pas quoi lui dire. Il ne lui en laissa de toute manière, pas le temps. « Je savais que c’était pas une bonne idée vous deux ! » Il n’était pas franchement ravi d’apprendre que sa petite sœur et sa petite amie deviennent aussi proches. Pas parce que l’une n’était pas fréquentable ou digne de l’autre, non, absolument pas. Simplement parce qu’il n’était pas vraiment enjoué à l’idée de savoir que celle qui partageait actuellement sa vie, allait raconter leur vie de couple à sa petite sœur. Le fait est qu’il n’avait pas pensé une seule seconde au fait que Sara pourrait avoir une influence qu’il ne cautionnerait pas sur Sofia et que sa dernière phrase était d’une mauvaise foi légendaire, mais c’était plus fort que lui. Il n’attend pas de réponse de la part de Sara. D’autant que Sofia vient de prendre appui sur lui et qu’il sent qu’elle ne va pas bien. C’était à prévoir. « Je te ramène à la maison ! » La jeune Rosen acquiesce. Il n’est pas persuadé qu’elle a bien compris ce qu’il a décrété, car celle-ci aurait dans ce cas, probablement maugréé contre cela. Mais il profite de l’état de faiblesse de sa petite sœur pour la faire sortir de cet endroit. Sur le chemin, il s’arrête à hauteur de Jay à qui il demande de ramener Sara et Amelia chez elles ce soir. Une fois ceci fait, il regagne la fraicheur des rues de ce quartier aisé de Londres. Sofia, qui s’est accrochée à lui se sent partir. Il tente de la retenir comme il peut mais elle s’écroule sur l’herbe fraichement tondue d’un des voisins pour régurgiter probablement la totalité de ce qu’elle a bu ce soir. Hunter soupire avant de venir s’accroupir près de sa sœur. D’un geste tendre, il passe sa main au creux de sa nuque pour s’emparer de ses cheveux, histoire de les épargner. « Je suis contente que tu sois là. » finit-elle par lui dire une fois terminée. Allez savoir si cela était dû à l’alcool ou bien au mal-être évident qui l’imprégnait à cet instant, mais ceci eut le don de faire sourire Hunter. Il fait un bref signe de tête à sa sœur avant de l’aider à se relever. Finalement, c’était normal. C’était son rôle d’être là pour elle, même dans ce genre de moment. Bien sûre, il aurait préféré que cela n’arrive pas mais en l’état, il se devait d’être celui qui la raccompagnait et lui faisait passer l’envie de boire autant. Bien sûre, cela était idyllique, car il savait pertinemment qu’elle ne s’arrêterait pas en si bon chemin, mais il aimait croire que cela lui servirait de leçon. Ils regagnent la maison à pieds et finalement, la colère du garçon se dissipa au fur et à mesure qu’ils traversaient les rues de Londres pour rentrer. Ils finirent même par rire de la situation et il céda à sa requête lorsque celle-ci l’implora de la porter jusqu’à la maison, définitivement épuisée de marcher avec des talons aussi hauts. C’est dans un éclat de rire des plus indiscrets qu’ils pénétrèrent dans la maison, après avoir mis un temps fou à trouver la serrure. La brune descendit du dos de son frère pour regagner la terre ferme et abandonna sa paire de chaussure dans l’entrée, avant de courir vers l’endroit dont elle rêvait depuis une bonne demi-heure déjà, le canapé. S’ils implorent l’autre de faire moins de bruit à chacun de leur mouvement, il est évident que le silence n’est à cet instant pas de mise. Pour ainsi dire, ils font un vacarme monstre. Tant que le grincement de l’escalier ne tarde pas à se faire entendre. Sofia et Hunter se jette un regard presque paniqué, de peur d’avoir réveillé leur parent. Sofia, pensant probablement avoir trouvé la meilleure cachette, se couvre sous le plaid posé sur le canapé alors que le garçon se rue vers la cuisine. « Qu’est-ce que vous faites ? » La petite voix fluette d’Ella Rosen résonne dans le salon alors qu’elle s’arrête devant le canapé, croisant les bras sur sa poitrine. Vêtue de son pyjama, et les cheveux en bataille, elle fronce les sourcils. Elle n’est pas idiote, elle sait parfaitement ce qui se trame ou s’est tramé ici. Et elle ne semblait pas contente. Au delà du fait que Sofia et Hunter l’avaient réveillé, elle avait l’air en colère de ne pas avoir été invité à cette fête à laquelle tout le monde semblait avoir été. Enfin,  l’aurait-elle probablement été si leur parent- encore profondément endormis, ne l’avait pas privé de sortie la veille parce qu’elle leur avait désobéit. « Rien Ella, retourne te coucher. » Rassuré qu’il ne s’agisse que de Ella, Hunter sort de la cuisine avec un grand verre d’eau dans les mains, se dirigeant vers Sofia. D’ailleurs, à l’entente de la voix de sa petite sœur, celle-ci sortie immédiatement de sous le plaid, se redressant vivement. « Ellaaaa !! » Elle affiche un rayonnant sourire bien trop enjoué pour être dans son état normal et Ella le remarque aussitôt. Elle pose immédiatement un regard interrogateur sur Hunter, histoire qu’il lui confirme ce qu’elle devait probablement déjà se douter. Le jeune homme hausse les épaules avant de venir retrouver Sofia sur le canapé et de lui tendre le verre d’eau, histoire de l’aider à décuver plus rapidement. « Vous êtes sorties ? » Elle plisse légèrement les yeux alors que Sofia répond immédiatement par l’affirmative. « Pourquoi est-ce que vous avez toujours le droit de sortir et que moi je suis condamnée à rester ici !? » Hunter secoue immédiatement la tête. Déjà qu’il avait à faire avec Sofia, il était tout bonnement hors de question qu’Ella se mette à fréquenter ce genre d’endroit. Du moins pas tout de suite et le plus tard possible. Si Hunter était protecteur envers Sofia, il l’était encore plus avec Ella. Parce qu’elle était la petite dernière, qu’elle demandait toujours beaucoup d’attention et qu’il voulait préserver aussi longtemps que cela soit possible l’innocence de la rouquine. « Parce que tu es trop jeune pour ça ! Et ta sœur aussi d’ailleurs ! » Pour seule réponse, Sofia s’étale tout du long sur son grand frère, se laissant tomber en arrière. S’il soupire et montre clairement sa contrariété, il la laisse pourtant faire. C’est une habitude chez eux. Les deux jeunes Rosen prenaient un peut trop leurs aises et avaient tendance à envahir bien trop souvent l’espace vital de Hunter. Mais il s’agissait de ses petites sœurs, et il ne pouvait décemment rien leur refuser. Ella, la petite dernière de la famille, décide quant à elle d’ignorer la remarque de son frère, parce qu’elle n’était pas de son opinion et qu’elle se savait assez grande pour faire ce qu’elle entendait. Amusée par l’état de sa sœur, elle affiche un sourire avant de les rejoindre sur le divan, se flanquant sur le côté droit de Hunter. Elle se blottit, comme elle a l’habitude de se faire, dans ses bras, tout en rejoignant le visage de sa sœur. « Jay était là ? » A cette question, Hunter lève les yeux au ciel. Et voilà qu’elles s’adonnaient à ces conversations de filles auxquelles il n’avait absolument pas envie d’assister. Surtout lorsque le centre de la conversation était Jay. Il était son meilleur ami depuis à peu près toujours et comprenait l’attrait qu’il suscitait chez les filles, mais pourquoi fallait-il que même ses sœurs soient folles de lui ? « Bien sûre qu’il était là, et toujours aussi canon d’ailleurs ! » De nouveau, une grimace se forme sur le visage du garçon. « Mais qu’est-ce que vous avez toutes avec Jay ? » A peine a-t-il dit cela que les deux adolescentes se jettent un regard terriblement entendu, le genre qui veut tout dire, le genre qu’il n’a pas envie de voir afficher sur le visage de ses petites sœurs, surtout quand le sujet principal est l’attrait qu’elles ont pour son meilleur ami. Il arque les sourcils avant de secouer vivement la tête et de retirer ses bras de chacun des côtés de ses sœurs, qui avaient naturellement pris le chemin de leurs épaules respectives, feignant d’être vexé de l’intérêt qu’elle portait à Jay. « Vous êtes épuisantes ! » Les deux jeunes filles se lancent un nouveau regard avant de se mettre à rire, pas peu fières d’elles visiblement. Elles se rapprochent donc à nouveau d’Hunter, amusées par la tournure que prenait la conversation et par le fait qu’il était un temps soit peu déçu de ne pas être le centre d’intérêt de ses petites sœurs avec lesquelles il avait toujours eu une relation particulièrement forte, à défaut d’être proches de ses géniteurs. « Hé, ne fais pas cette tête Hunter, tout le monde sait que c’est toi le plus beau t’façon. » Un sourire ne tarde pas à élargir les lèvres du garçon, qui ne peut s’en empêcher, face aux mots mais aussi du fait de la tendresse évidente de ses sœurs qu’il finit par enlacer. « Je préfère ça ouais ! » Tous trois se mettent à rire comme ils ont finalement l’habitude de le faire depuis à peu près toujours. Car c’était un fait, s’il y avait des désaccords dans la famille, si Hunter avait quelques frictions avec son père et que les filles en avaient avec leur mère du fait qu’elle ne voyait que par son unique fils, laissant parfois de côté ses filles lorsqu’elle parlait de ses progénitures en société, Ella, Sofia et Hunter étaient proches, terriblement proches et il leur était tout bonnement impossible de vivre les uns sans les autres. Ou du moins, c’était le cas à cette période… Les trois enfants de la fratrie restèrent sur le divan une bonne partie de la nuit, s’adonnant à des conversations de leur âge, critiquant les programmes à la télévision avant de finir s’endormir, les uns dans les bras des autres, jusqu’au petit matin…

Devant l’enceinte de la bibliothèque du campus, Hunter jette sa cigarette et l’écrase, laissant échapper d’entre ses lèvres le reste de sa dernière bouffée. Sachant très bien qu’il ne resterait que très peu de temps ici, il est venu les mains vides, totalement vides. Seuls son téléphone portable, ses clés et son paquet de cigarettes trônent dans les poches de sa veste. Il fait un signe de tête courtois à la bibliothécaire de l’entrée, avant de prendre par habitude le chemin des escaliers. Il les monte quatre à quatre pour rejoindre le troisième étage, celui dans lequel elle est toujours et où il est persuadé qu’il la trouvera. Car il le savait, elle avait beaucoup de travail ces derniers temps – ou pensait-elle à son niveau en avoir beaucoup, Hunter aimait se moquer d’ailleurs gentiment d’elle en lui affirmant qu’elle comprendrait une fois qu’elle entrerait en école supérieure ce qu’était réellement d’avoir beaucoup de travail. De plus, son besoin d’être constamment la meilleure dans tous les domaines faisait qu’elle passait beaucoup de temps ici. Hunter devrait probablement en faire autant et prendre exemple sur Sara, parce qu’il avait une tonne de travail en retard mais le fait est qu’il avait une capacité assez impressionnante à faire du bon travail en un temps record, et qu’aujourd’hui, travailler n’était absolument pas ses plans. Un mince sourire s’immisce sur ses lèvres à l’instant même où il la décèle, au fond de la pièce, le nez fourré dans ses bouquins. Il la rejoint aussitôt et s’arrête à hauteur de la table de la jeune femme, parsemée de feuilles et de livres en tout genre. Elle prenait de toute évidence autant de place à elle seule que les quatre étudiants en médecine à sa droite. Cela amusait toujours autant le garçon d’ailleurs. « J’étais sûr que je te trouverais ici ! » Dit-il à voix basse, histoire de ne pas déranger le reste de la salle. Cela faisait quelques jours qu’ils ne s’étaient pas vus, et leur dernière rencontre s’était plutôt mal terminée. D’ailleurs, le regard que Sara lui lança lorsqu’elle entendit sa voix et tourna la tête vers lui, traduisait à la perfection toute l’irritation qu’elle avait à cet instant à son égard. Ses yeux pourtant si clairs étaient terriblement noirs. Elle lui en voulait encore c’était évident. Il faut dire que la dernière fois qu’ils s’étaient vus, Hunter avait lourdement accusé Sara d’entraîner sa petite sœur dans le chemin de la dépravation. Ce n’était ni vrai, ni fin, mais le fait est qu’il avait eu besoin de trouver un coupable et elle était celle qui était présente à cet instant et qui avait subi son agacement. Sans lui accorder la moindre attention de plus, elle se reporte à son travail. Hunter soupire. Si l’espace d’un instant, il avait espéré que la colère de la jeune femme se serait dissipée, il se trompait. Elle était bien plus rancunière qu’il ne l’aurait cru. Mais il n’était pas non plus en reste pour obtenir son pardon. Il s’installe alors sur la chaise qui se trouve juste à côté et se penche vers elle, histoire d’être le plus discret possible. « Ecoute, je suis désolé. » Et il l’était sincèrement. Car parfois, les mots dépassaient ses pensées, parfois, il laissait bien trop place à la spontanéité et parfois, il manquait de tact. Comme cette fois où l’effroi de voir sa petite sœur ainsi avait parlé pour lui. Il était toujours bien plus stupide lorsqu’il s’agissait de ses sœurs. Après tout il était celui qui se devait de garder un œil sur elles et de veiller à ce qu’elles empruntent le bon chemin, ou celui qu’il jugeait bon pour elles en tout cas. Oui, il s’était lui-même donné ce rôle qui était pour lui une évidence. Il baisse légèrement les yeux en se mordillant nerveusement la lèvre. Il cherchait ses mots, il cherchait ce qui pourrait faire qu’elle passe l’éponge, qu’elle lui pardonne et lui accorde un semblant d’intérêt. Car à cet instant précis, les excuses de Hunter ne semblèrent faire le moindre effet. Elle ne relève même pas les yeux vers lui, continuant son exercice d’algèbre comme s’il n’était pas là. Il soupire de nouveau, avant de rapprocher sa chaise de la sienne. « C’est juste que tu comprends, c’est ma petite sœur … » Elle, mieux que personne, devrait le comprendre. Car elle était terriblement attachée à sa famille, à ses sœurs ainsi qu’à son frère et ils lui faisaient parfois avoir des réactions inattendues et totalement aux antipodes de ce qu’elle était habituellement. Alors pourquoi ne comprenait-elle pas ? Ou peut-être qu’elle comprenait mais qu’elle avait décidé de se jouer de lui. Comme elle aimait si bien le faire. Car le fait est qu’elle semblait apprécier les excuses de Hunter. Alors elle continue de jouer les indifférentes. Elle continue de feindre l’ignorance et la colère pour le forcer à faire davantage d’effort. « J’aurais pas dû te le reprocher. » ajoute-t-il de nouveau à voix basse, près de son oreille. Pour appuyer ses propos et donner un peu de valeur à ses excuses, il passe une main délicate sur la cuisse de la jeune femme, espérant qu’elle ne le repousse pas. Mais, lorsqu’il décèle un infime sourire sur les lèvres de Sara, même si elle continue de refuser de le regarder, il sait qu’il est parvenu à se faire pardonner et qu’elle ne lui en veut plus. Ils restent ainsi quelques secondes avant que Sara ne capitule et agrandisse largement ses lèvres. En pinçant ses dernières, elle lui jette un rapide coup d’œil. C’est bon, il avait obtenu ce qu’il voulait, il avait gagné. Il sourit à son tour, réjouit de pouvoir enfin récupérer officiellement sa copine. Mais à l’instant même où il pense avoir remporté, où il pense avoir repris le dessus, et où il laisse glisser ses doigts le long de la cuisse de Sara, celle-ci rejoint sa main pour la repousser. « Tu ne vas pas t’en sortir aussi facilement Rosen. » Si le ton de sa voix est catégorique, son sourire la trahit. Hunter sait donc pertinemment que c’est gagné d’avance. Si bien qu’un nouveau sourire éclaircit son visage, montrant qu’il avait une idée derrière la tête. « J’ai prévu de quoi me faire pardonner. » Dans un mouvement de sourcil entendu, il fait rapidement comprendre à Sara où il veut en venir avant de venir lui glisser à l’oreille le programme du reste de l’après-midi. Et celui-ci n’avait absolument rien de catholique, bien au contraire. Sara a bien du mal à camoufler son intérêt pour la proposition de Hunter. Mais elle tente tout de même de garder un brin de sérieux. Si elle se mord la lèvre pour ne pas sourire, le garçon l’a bien remarqué. « Tu me déconcentres Hunter, je travaille. » Et lui avait de toute évidence absolument pas envie qu’elle travaille. Alors il continue son petit stratagème, son petit jeu de charme,  dans l’unique but de lui faire rendre les armes et qu’elle abandonne ses cours et ses révisions d’algèbre pour aujourd’hui. Si bien qu’il se rapproche de nouveau d’elle pour venir déposer ses lèvres au creux du cou de la brune. S’il est dos à la bibliothécaire, celle-ci n’est pas idiote et sait pertinemment que l’attitude de Hunter n’est absolument pas appropriée avec le lieu dans lequel ils se trouvent. Elle les fusille du regard sans que cela ait la moindre répercussion. Parce que le garçon est dos à elle et qu’il ne la voit pas. Sara quant à elle, ferme les yeux un instant, profitant de ce contact, de cette chaleur qui semble l’enivrer mais à l’instant même où elle les rouvre, elle tombe sur le regard de la bibliothécaire et pousse Hunter, histoire qu’ils ne se fassent pas virer de la bibliothèque avant qu’elle n’ait eu le temps d’achever son exercice. Mais c’est trop tard, Hunter a très bien compris qu’elle était facilement corruptible et qu’un petit effort supplémentaire ferait qu’elle abandonnerait totalement ses devoirs. Il baisse alors les yeux vers ce qu’elle était en train de faire et il ne lui faut que quelques secondes pour trouver la réponse. Et bien oui, cela avait bien des avantages d’être plus âgé, outre son expérience évidente, parce qu’il avait déjà effectué ce programme, qu’il avait une plutôt bonne mémoire et qu’il avait toujours excellé à l’école. « C’est cette formule que tu dois appliquer ! » Il griffonne rapidement la formule mathématique dont elle a besoin et lui sourit, arquant les sourcils, plutôt fier. Elle reste un instant stupéfaite, parfois elle semblait oublier avec qui elle sortait. Elle décide tout de même de vérifier qu’il n’était pas en train de l’induire en erreur et elle reste choquée de voir qu’il avait bel et bien raison. « Et maintenant, on peut sortir d’ici ? » Il l’interroge du regard, espérant qu’elle craquerait enfin. Elle plonge alors son regard dans le sien pendant quelques secondes, hésitant de toute évidence. Tout se passe à cet instant dans un jeu de regards qui valaient bien plus que des mots, ou du moins qui leur permettaient de communiquer sans se faire affubler du terrible regard de la maîtresse des lieux. « Si je rate mon devoir d’algèbre ça sera de ta faute. » bougonne-t-elle alors qu’elle commence à ranger ses affaires, éparpillées ici et là, sous l’œil vainqueur du jeune homme. Celui-ci la regarde faire, l’aide rapidement avant de se lever. « Je prend le risque. Toi et moi on sait tous les deux très bien que tu ne le rateras pas ce devoir. » Car Sara travaillait beaucoup, plus que lui ne travaillait alors qu’il était déjà considéré comme intellectuel, beaucoup plus qu’il n’avait étudié à son âge et probablement beaucoup plus que la plupart des gens normalement constituées. Et puis, il était évident que Sara Solano ne ratait absolument rien dans sa vie. Les deux jeunes finirent donc par enfin quitter la bibliothèque. Sur le chemin, Hunter ne manque pas de faire un ravissant sourire à la bibliothécaire, alors que Sara le frappe doucement pour qu’il arrête. Tous deux ne tardent pas à s’engouffrer dans l’ascenseur. Et à peine les portes se furent refermées qu’ils se jetèrent littéralement dessus. Non, Sara et Hunter n’étant en rien des animaux, mais cela faisait quelques jours qu’ils ne s’étaient plus vus, quelques jours qu’ils étaient en froid et quelques jours qu’ils n’avaient pu profiter des lèvres de l’autre. Entre autres. La jeune femme laisse alors tomber lourdement son sac sur le sol, pour se jeter sur les lèvres d’Hunter, qui répond immédiatement à son baiser. Leurs souffles se mélangent, leurs lèvres semblent ne plus vouloir se quitter et leurs langues s’amusent l’une avec l’autre, donnant en une fraction bien plus de sérieux à leurs retrouvailles. Un échange de regard leur fait clairement comprendre leurs intentions, que ce soit de l’un ou de l’autre. Ils se décollent un instant, se regardent, la respiration haletante. « Ici ? » La fougue de la jeunesse et l’effet qu’elle avait définitivement sur lui, firent qu’immédiatement, Hunter hoche la tête. « Ici. » Il recule, presse le bouton de l’ascenseur qu’il avait déjà pressé auparavant et tout s’arrête. L’ascenseur est bloqué. Ils ont donc quelques longues minutes avant que quelqu’un ne le remarque et ne vienne à leur secours. Aussitôt s’est-il assuré qu’ils ne seraient pas dérangés, qu’il retourne vers Sara et la plaque contre la paroi de l’ascenseur, reprenant à l’exact endroit où il s’était arrêté. Car oui, si Hunter était d’une nature patiente et réfléchie, il ne l’était plus du tout lorsqu’il s’agissait de prendre du bon temps avec Sara. Il avait envie d’elle, terriblement envie d’elle, là maintenant. Et il n’était de toute évidence pas prêt à patienter jusqu’à ce qu’ils ne rejoignent sa chambre d’étudiant minable où ils n’avaient pas le moindre espace. Cet ascenseur ferait parfaitement l’affaire... Lorsque les portes coulissantes, s’ouvrent à nouveau, les hommes chargés de l’entretien et de la maintenance des ascenseurs dans le campus lèvent les yeux au ciel en secouant la tête. Car ce n’était surement pas la première fois que ce genre de chose devait arriver et pas la première fois que des étudiants bloquaient les ascenseurs pour s’adonner à diverses activités. Et il ne faisait l’ombre d’un doute que les deux jeunes qu’ils avaient en face d’eux s’étaient évertués à cela. Car Sara était en train de réajuster sa jupe et Hunter d’arranger ses cheveux déjà naturellement en bataille. Les cinquantenaires grommèlent quelques mots que les deux jeunes ne n’écoutent guère alors qu’ils sortent en remerciant poliment, comme si de rien était leurs sauveurs. « Bon d’accord, je te l’accorde, tu sais te faire pardonner. » lâche finalement Sara lorsqu’ils regagnent enfin l’extérieur, un sourire qui voulait en dire long sur les lèvres. Hunter y répond immédiatement par un bref clin d’œil, presque fier. Elle vient alors glisser sa main dans la sienne avant qu’ils ne se dirigent vers le parking. A première vue, Sara et Hunter étaient le couple parfait, celui que n’importe qui pourrait envier et celui qui semblait sans la moindre ombre au tableau. Ils s’appréciaient, passaient le plus clair de leur temps libre ensemble et avaient bien du mal à se séparer. Un amour de jeunesse, le genre qu’on n’oublie pas, et ce malgré le fait qu’il y en avait eu d’autre auparavant et qu’il y en aurait d’autre par la suite. Mais c’était entre eux particulier sans qu’ils ne sachent réellement pourquoi. Ils s’étaient attachés à l’autre et n’avaient guère envie de s’arrêter en si bon chemin. Enfin, ceci aurait peut-être pu être le cas s’il n’y avait pas quelques éléments perturbateurs qui venaient de toute évidence se mettre en travers de leur chemin. Et celui-ci s’approchait d’eux à grands pas. A peine Sara eut-elle remarquée la présence d’une personne qui lui était de toute évidence familière qu’elle retira sa main de celle d’Hunter et mis de la distance entre eux. A la seconde où Roan s’avance vers eux et relève la tête pour observer la scène qui s’offrait à lui, elle changea littéralement de comportement. « Le cafétéria est par ici ! » Son ton était bien plus froid, bien plus distant que celui qu’elle arborait à l’ordinaire, laissant un Hunter un brin dérouté. Un instant, il reste interdit, pas bien sûr de comprendre ce qu’il se passait. Il s’arrête et fronce les sourcils, avant de lever les yeux vers la personne qui était responsable de ce changement soudain de comportement. Il se retient de lever les yeux au ciel et de soupirer. Car outre le fait que ce genre de scène commençait à l’agacer, il n’était pas assez stupide pour la mettre devant le fait accompli ou dans une situation délicate dans laquelle elle ne semblait pas vouloir se trouver. « Merci. » lâche-t-il finalement d’une voix particulièrement lasse et remplie de reproches. Puis il s’éloigne sans un regard vers Sara. Parce qu’il est bien trop occupé par celui de Roan qui lui jette un regard foudroyant, comme s’il n’avait pas le droit d’adresser la parole à sa petite sœur, ni même le droit de l’approcher ou ne serait que la regarder. Intérieurement, Hunter a envie de sourire, pour la simple et bonne raison qu’il faisait bien plus que de parler avec Sara. S’il savait …  Hunter regagne doucement sa voiture les laissant se retrouver entre Solano, malgré tout l’agacement que cela suscitait chez lui. Parce qu’il ne comprenait pas vraiment pourquoi Sara l’écartait du moindre contact avec sa famille, qu’elle n’assumait pas leur relation et qu’elle la gardait secrète à bien des égards. Il ne comprenait et commençait à perdre patience. Mais bien sûr, il la laissait faire, parce qu’il l’appréciait, mais au fil du temps, ce genre de comportement avait fini par avoir raison de leur couple. Epuisé d’être constamment mis de côté et de devoir supporter les humeurs étranges et contradictoires de la belle, Hunter avait fini par mettre un terme à leur histoire. Après tout, c’était elle qui n’assumait pas, c’était elle qui le rejetait et c’était elle qui s’éloignait petit à petit, le mettant à l’écart de sa vie progressivement. Que pouvait-il faire d’autre ? S’il appréciait Sara, et qu’il avait cru, l’espace d’un instant que les choses auraient pu devenir véritablement sérieuses entre eux, il s’était rapidement rendu à l’évidence qu’elle n’était vouée qu’à finir comme chacune de ses histoires passées. Il n’était de toute évidence pas fait pour la vie de couple. Il en était d’ailleurs rendu à se demander si le problème ne venait pas de lui et de son incapacité à s’engager pleinement, quand au fond, il n’avait pas grand chose à se reprocher. Ou peut-être qu’il se déclarait vite vaincu. Parce que, malgré tout, il savait que ce n’était pas l’histoire qui le transcenderait et lui ferait vivre tout un tas d’émotions et à laquelle il serait tout bonnement incapable de se défaire. Sara n’était pas cette personne, même si pendant un bref moment, elle avait eu l’illusion de l’être. Elle était bien trop sous l’emprise de sa famille et bien trop changeante dans son humeur pour que le garçon voit un quelconque avenir dans leur histoire. Il avait capitulé et avait abandonné, y mettant un terme définitif, sans véritable regret. Ce soir-là, il rentra donc chez lui, agacé. Terriblement agacé parce qu’il venait de rompre avec Sara même s’il ne regrettait pas sa décision, même si c’était une évidence et même s’il était finalement soulagé de ne plus avoir à se prendre autant la tête pour des futilités. Mais le fait est qu’il n’était pas pour autant complètement satisfait de la tournure qu’avaient pris les évènements. Il lâche donc, sans le moindre soin, son sac dans l’entrée et vient immédiatement s’écrouler dans le canapé, extériorisant à la perfection toute sa mauvaise humeur. Chose que ne manque pas de remarquer Ella, elle-même installée dans le divan, devant la télévision. Elle arque un sourcil en regardant son frère, pensant probablement qu’il assimilerait son regard à une interrogation et un devoir de s’exprimer sur ce qui semblait le contrarier. Mais bien évidemment, le jeune homme n’était pas décidé à dire quoi que ce soit, et il était tellement fermé dans son désagrément qu’il ne remarqua même pas le regard insistant de sa petite sœur. Mais celle-ci n’était pas idiote, elle connaissait bien trop son frère pour ne pas comprendre ce qu’il en retournait, sans qu’il n’ait pour autant eu à lui dire quoi que ce soit. Elle change alors de position pour venir se blottir dans ses bras comme elle a l’habitude de le faire depuis toujours. Il la laisse faire, plaçant naturellement son bras autour de ses épaules. « Sara ? » A l’entente de ce prénom, Hunter fronce les sourcils et tourne la tête vers sa jeune sœur, presque stupéfait de voir à quel point elle était douée pour le comprendre, pour déceler en lui chacun de ses maux. Ou peut-être n’était-il qu’un livre ouvert dans lequel il était terriblement facile de se plonger. Il hoche simplement la tête, histoire de confirmer ce qu’Ella devait probablement déjà penser. Et immédiatement, une grimace apparaît sur son visage. « Dommage, c’était la seule que j’aimais bien parmi toutes ces idiotes que tu nous ramènes. » Hunter lève les yeux au ciel, malgré le fait qu’il ne peut s’empêcher d’étouffer un rire. Ella avait toujours eu du mal à supporter et à tolérer les filles avec lesquelles Hunter sortait, comme il détestait chacun des garçons qu’elle pouvait fréquenter. Et à cet instant, Ella l’ignorait encore, mais elle était loin d’être au bout de ses peines…


Dernière édition par Hunter Rosen le Lun 21 Mar - 23:16, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 18:07

Chapter two

Sur le chemin vers la demeure familiale, installé à l’arrière des traditionnels taxis londoniens, Hunter ferme un instant les yeux. Il soupire longuement et sent les larmes lui monter de nouveau. Il rouvre immédiatement les yeux et lève légèrement la tête vers le haut de l’habitacle, afin d’empêcher ses larmes de couler. C’est ce qu’il fait déjà depuis trois jours, alors qu’il était à l’autre bout du monde, seul. Enfin, il n’était pas vraiment seul, car il était en permanence avec son équipe habituelle de travail, mais le fait est qu’il se sentait pour la première fois, terriblement seul. Cela faisait bientôt un an qu’il avait obtenu le poste de ses rêves dans le plus grand journal du pays. Deux années qu’il avait quitté les bancs de l’école en décrochant avec brio son diplôme pour enfin pouvoir goûter aux joies de la vie professionnelle. Il exerçait aujourd’hui l’ensemble de ses passions. Celle du journalisme d’investigation, celle de photographe et celle de la découverte de nouveaux horizons, de nouveaux pays et civilisations. Voyager était dans son ADN. Il vivait pour cela et avait toujours rêvé de suivre les traces de son grand père qui avait voyagé à travers le monde dans le cadre de son travail. Bien différent de celui qu’avait actuellement Hunter, mais qui lui permettait de s’épanouir et de combler ce besoin indomptable de ne jamais rester en place. Passionné, par ce qu’il vivait, par ce qu’il découvrait, par son job et par la vie qu’il lui était donné de vivre, voilà ce que le garçon était actuellement. Mais comme toutes les bonnes choses ne durent jamais dans les meilleures conditions, il avait fallu qu’une véritable tragédie vienne toucher la famille Rosen. Il ferme de nouveau les yeux et souffle doucement l’air qu’il avait accumulé en trop grosse quantité. Il sent sa gorge se nouer et son estomac le tirailler. Il n’a pas envie de rejoindre la demeure familiale. Il n’a pas envie de retrouver ce petit quartier de Londres dans lequel il a grandi, il n’a pas envie de se confronter à la foule de personnes qui l’attentent et il n’a pas envie de croiser les regards remplis de tristesse de ses sœurs. Il n’a envie d’absolument rien. Il se sent pour la première fois de sa vie, totalement vidé, comme si plus rien autour ne comptait réellement, comme si sa vie n’avait plus aucun sens, ni aucun goût. Cela fait trois jours qu’il n’a pas fermé l’œil, trois jours qu’il est hanté par des images qu’il a inventé pour se torturer, depuis l’instant même où, en pleure, Sofia l’a appelé pour lui annoncer que leur parent venait de périr dans un accident de voiture. Il avait fait  son possible pour prendre le premier avion, quittant la capitale Australienne pour celle du Royaume-Uni, mais rien n’était simple et son arrivée s’était faite attendre. Comme chacun de ses retours ces derniers temps en réalité. Car au delà du fait qu’il aimait et s’épanouissait dans son métier, il se jetait parfois un peu trop dans celui-ci oubliant totalement sa vie londonienne, oubliant qu’ici certaines personnes comptaient sur lui et avaient bien dû mal à gérer ses absences à répétition. Car c’était ainsi qu’était fait son quotidien aujourd’hui. Il était envoyé à l’autre bout du monde pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, voir plusieurs mois. Il couvrait un événement ou réalisait des reportages avec son équipe avant de revenir à Londres, puis de repartir pour un nouveau périple après seulement quelques semaines de repos auprès des siens. Actuellement, il était au beau milieu d’une mission et il n’était pas prévu qu’il avorte son implication dans le sujet qu’ils exploitaient. Bien sûr, tout le monde comprenait. Tout le monde était parfaitement conscient que sa présence à Londres était bien plus importante, qu’il devait se retrouver auprès des siens, qu’il avait bien des choses à gérer et qu’au delà de tout cela, il devait prendre du recul et faire tant que possible son deuil dans les meilleures conditions. Mais voilà, ce n’était pas chose aisée, et encore plus pour Hunter qui avait pour habitude de toujours noyer de quelconque sentiment, de quelconque faiblesse au plus profond de lui pour ne pas avoir à les gérer, pour pouvoir être celui qui serait fort et sur lequel on pourrait s’appuyer. Mais là, à cet instant, alors qu’il approche dangereusement de chez lui, après des heures interminables d’avion, il n’est pas persuadé qu’il parviendra à endosser ce rôle. Il le faut, il en est conscient, mais il n’est pas certain d’y parvenir. Il rouvre les yeux, avalant difficilement le peu de salive qu’il lui reste et il serre la mâchoire, luttant contre l’envie de céder à cette panique, à cette tristesse qui l’inonde depuis l’instant où il a compris qu’il ne reverrait plus jamais ses parents. Il n’était pas proche d’eux, il ne les voyait que rarement et n’appelait qu’à de rare occasion sa génitrice pour lui donner des nouvelles-parce qu’elle était la seule à s’y intéresser. Mais il n’était pas plus que cela proche de ses parents. Mais le fait est qu’ils n’en demeuraient pas moins ses parents et qu’il les aimait. Et que les perdre lui avait fait aussi mal que s’il avait été proche d’eux. Cependant, à cet instant c’était bientôt le chagrin de ses sœurs qui l’angoissait le plus. Parce qu’il se mettait toujours de côté dans ce genre de situation, se préoccupant d’abord de Sofia et de Ella. Elles étaient plus importantes et avaient besoin de plus que lui n’avait besoin. Du moins, c’est ce dont il était persuadé. Lorsque le taxi s’arrête devant la demeure des Rosen, il met un temps conséquent avant d’en sortir. Ce n’est que lorsque Daisy vient presser sa main pour lui faire comprendre qu’ils étaient arrivés à bon port qu’il reprend conscience. Il lève les yeux vers elle et son sourire attendrissant lui fait un bien fou. Ses lèvres, dans un effort presque surhumain s’élargissent légèrement à son tour, alors qu’il lui fait comprendre par un regard qu’il est content qu’elle soit là. Qu’il est content de ne pas avoir à gérer cela seul et qu’il lui est reconnaissant d’avoir elle aussi mis de côté leur sujet pour être là pour lui. Il ne connaissait Daisy que depuis plusieurs mois, mais elle s’était immiscée dans sa vie si rapidement qu’il n’avait rien vu venir. Le fait est qu’ils passaient le plus clair de leur temps ensemble dans le cadre de leur boulot et qu’elle était venue à bien des égards combler le manque de ses proches. Elle était devenue son rayon de soleil, sa joie de vivre et aujourd’hui plus encore que n’importe quel jour. Il resserre ses doigts autour de ceux de la blonde avant qu’ils ne se décident à sortir du taxi. Sur le pas de la porte, Sofia est en train de fumer une cigarette. Dans d’autres circonstances, Hunter lui aurait fait une réflexion bien placée sur les méfaits de la nicotine, mais aujourd’hui, il ne lui dit rien. N’ayant ni l’envie, ni la force de le faire. Non, la seule chose qu’ils font lorsqu’il arrive à sa hauteur, est se serrer dans les bras l’un de l’autre. Parce que c’est la seule chose qui semble importante à cet instant et qu’ils avaient besoin de se transmettre l’un à l’autre, le peu de force qu’ils leur restaient. Et malgré tout cela, malgré les circonstances horribles qui les amenaient là, ils étaient contents de se retrouver. Daisy, qui est restée jusqu’alors en retrait, vient saluer poliment Sofia. Les deux jeunes femmes font comme si la présence nouvelle de Daisy était tout à fait normale et prévue alors que Hunter n’avait finalement averti personne. Mais la décence fit qu’aucune n’évoqua le sujet. C’est en tout cas le chemin que choisit d’emprunter Sofia au contraire de Ella. A peine a-t-elle enlacé son frère qu’elle jette un regard mauvais en direction de la blonde qui ne cherche pourtant qu’à être présente pour Hunter. « C’est qui elle ? » sont les premiers mots que la rouquine lui dit. Pas un bonjour, pas un mot de circonstances. Non. Tout ce qu’elle voit, c’est la plantureuse inconnue que son frère a décidé de ramener le jour des funérailles de leur parent. Car de toute évidence, Ella n’était pas prête à comprendre que si la jeune femme était là, c’était tout simplement parce qu’Hunter en avait besoin. « Ella. » Il se contente de la rappeler à l’ordre sans pour autant se justifier, ni même lui présenter Daisy. Il n’en a pas envie, pas maintenant. Il retourne vers la blonde un instant dont il presse le bras avant de lui glisser quelques mots bien pensés à l’oreille. Il la remerciait d’être là tout simplement. Car il était conscient de ce qu’il lui demandait, il était conscient que ce genre de festivités n’était en rien celles auxquelles n’importe quelle personne normalement constituée souhaitait participer. Il lui était donc reconnaissant d’être là et de supporter l’accueil des plus glaciales que lui avait réservé Ella. Lorsqu’ils se retrouvent tous, vêtus de noir à l’église pour la cérémonie, il sent rapidement le souffle lui manquer. Le visage de ses sœurs s’était refermé et il luttait contre lui-même pour ne pas céder au chagrin. Il ferme à plusieurs reprises les yeux, inspirant longtemps pour s’empêcher de craquer. Pour la simple et bonne raison qu’il ne le doit pas, il ne peut pas. Parce qu’il est celui qui doit consoler ses petites sœurs et qui doit panser leur plaies. Beaucoup de personnes semblent avoir fait le déplacement pour rendre un dernier hommage au couple Rosen. Leur famille, leurs amis, leurs collègues mais aussi des personnes qui étaient davantage présentes pour soutenir les trois enfants, les trois orphelins. Amelia et Jay étaient naturellement là. Ils avaient été les premiers à venir prendre Hunter dans leur bras, lui offrant tout leur soutien, une affection, une force qui lui fit un bien fou. Dans les rangs du fond, Hunter perçoit même Sara. Si les deux jeunes ne forment plus un couple depuis bien longtemps maintenant, ils étaient aujourd’hui en bon terme et il était heureux de la voir là. Sur sa gauche, Malaya était elle aussi présente, probablement pour Ella. D’autres s’ajoutaient à la longue liste des personnes qu’il allait devoir remercier plus tard. La cérémonie se déroule sans véritable encombre. Avec certes, beaucoup de larmes, des discours poignants et de nombreuses fleurs déposées, mais sans incident. Ce sont les jours suivants qui sont les plus difficiles. Car ils ont beaucoup de paperasse à remplir, beaucoup de gens à remercier, beaucoup d’appels et condoléances à recevoir. Hunter s’occupe de toutes les formalités administratives avec l’aide de Daisy, pendant que Sofia doit subir la lourde charge des appels et remerciements. Les deux aînés se sont arrangés pour éviter toutes ces responsabilités à leur petite sœur, et pour une fois, celle-ci leur semble reconnaissante. Hunter a parfois des moments d’absence, des moments où il s’imagine que tout ceci n’est pas arrivé, que leur parent ne sont pas partis et qu’ils peuvent chacun reprendre leur vie. Puis tout fini par s’évaporer et la réalité revient de plein fouet, lui infligeant l’effet d’une véritable claque en plein visage. Il déteste cette sensation. Et pourtant, il a l’impression que chaque jour qu’il passe ici dans la demeure familiale est bercé par ces sensations horribles. Comme cette fois où, installé sur le petit banc, à l’entrée de la maison, il a les yeux rivés sur ces enfants qui jouent dans le jardin de la maison d’en face. Ils sont l’air si heureux, si paisibles et si insouciants. Il se perd alors dans ses souvenirs. Ceux qui remontent de cette époque où Sofia, Ella et lui jouaient tous les trois dans leur propre jardin, sous l’œil attendri de leur mère. Un mince sourire apparaît alors sur son visage à ce souvenir qui se veut heureux. Mais cet instant ne dure que quelques précieuses secondes, qui viennent être avortées par Ella. « Tu repars quand ? » La jolie rousse est adossée contre la porte et croise les bras. Si elle est heureuse de voir son frère à ses côtés, si elle profite du moindre moment qu’elle peut passer avec lui, et davantage dans les conditions actuelles, elle le connaît. Elle sait que sa présence est éphémère et qu’il fera bientôt ce qu’il faisait toujours, repartir à l’autre bout du monde pour une plus ou moins longue période. Elle n’hésite donc pas à entrer dans le vif du sujet, à poser les questions qui fâchent. Si Hunter est violemment extirpé de ses pensées, il ne tourne pas pour autant la tête vers sa petite sœur. Il tire doucement sur sa cigarette avant de formuler une réponse qui n’était surement pas celle que la jeune femme souhaitait entendre. « Demain. » Le silence. Voilà ce qui s’empare immédiatement de l’espace qui les sépare l’un de l’autre. Il ne regarde pas la réaction qu’elle est en train d’avoir, mais qu’il imagine aisément. Il sait qu’elle est en colère, peut-être même déçue et attristée. Mais il était fatigué d’être là et avait besoin de retrouver égoïstement le cours de sa vie. Il avait besoin de penser à autre chose et de vivre. Cela même s’il souhaitait aussi et paradoxalement être présent pour ses sœurs. Cela faisait déjà quelques jours qu’il était là et il ne pouvait décemment pas rester ici indéfiniment. Il risquait de devenir fou, de se mettre à suffoquer sous peu. Car vivre dans la tristesse permanente, le chagrin et l’humeur morose ne lui ressemblait pas. Face au silence de sa sœur, il finit par lever les yeux vers elle, jetant sa cigarette à terre et venant l’écraser par habitude, avec son pied. Elle arborait exactement l’expression à laquelle il s’attendait, même si celle-ci était plus difficile à affronter qu’il ne l’aurait cru. « Je sais Ella. » Il savait. Il savait qu’elle souhaitait qu’il reste mais c’était impossible. La jeune femme secoue la tête nerveusement. Si elle est restée silencieuse un moment, cela va rapidement être comblé par sa colère, son agacement qui s’était emparé d’elle en une fraction de seconde. « Nos parents viennent de mourir Hunter ! Tu pourrais faire un effort ! » Elle croise les bras sur sa poitrine et décide de se mettre en face de lui, lui cachant définitivement le paysage de ces enfants heureux. Elle le forçait à lui faire face. Hunter soupire avant de se laisser tomber contre le dossier du banc. Il fuit un instant son regard, frottant nerveusement sa nuque. « J’ai fait ce que j’ai pu Ella. Je ne peux pas m’absenter indéfiniment du boulot. » Lui-même était conscient que son devoir de retourner au travail n’était qu’une excuse. Une abominable excuse qu’il s’en voulait presque d’avancer alors qu’il y a quelques heures, son boss lui avait assuré qu’il pouvait encore prendre quelques jours de congés. Mais le fait est qu’il n’en pouvait plus de rester ici et égoïstement, il avait besoin de fuir. « Personne ne t’a demandé de rester là six mois Hunter, on sait quelles sont tes priorités ! Tu aurais au moins pu avoir la décence de rester auprès de nous quelques jours de plus ! » Il sait qu’elle a raison au fond. Car si ce genre de dispute était monnaie courante entre eux, cela finissait toujours pas se régler. Parce que, quand bien même la jeune femme n’appréciait guère les absences de son aîné, elle s’en accommodait. Mais aujourd’hui c’était différent. Aujourd’hui il s’agissait d’une toute autre affaire et d’un tout autre devoir. Leur parent venait de mourir, leur propre parent était décédé et elle avait besoin de lui. Conscient que ses propos sont parfaitement justifiés, Hunter ne dit mot. Il plisse les lèvres et baisse les yeux, comme lorsqu’il était enfant et qu’il se faisait prendre sur le fait par son géniteur. « Déjà que tu as pris la liberté de nous imposer ta copine, qui ne le sera surement plus d’ici quelques jours, vu à la vitesse où tu les fait fuir ! » Immédiatement, Hunter relève la tête vers sa sœur, fronçant les sourcils. C’était gratuit et facile. Elle cherchait juste un moyen de l’atteindre, de le blesser et, il détestait ça. Il détestait quand sa sœur agissait ainsi. Il secoue la tête en soupirant. Il n’allait pas relever ses propos car ça n’en valait pas la peine. Elle ne voudrait de toute manière pas entendre ce qu’il avait à dire sur le sujet. Elle ne voudrait pas comprendre que Daisy était simplement là parce qu’il avait besoin d’elle, qu’il n’était pas un surhomme et que lui aussi avait besoin de ce soutient que la jeune femme lui apportait. « Je suis resté une semaine. Je ne peux pas faire autrement, je suis au beau milieu de … » A peine eut-il le temps de tenter de se justifier qu’Ella lui coupa à nouveau la parole, définitivement sur les nerfs. « Je sais ! C’est toujours la même chose. » Elle le regarde et ce qu’il voit à cet instant dans son regard lui brise le cœur. Parce qu’elle est à la fois terriblement agacée mais surtout véritablement attristée par ce qui était en train de se passer et par le potentiel départ de Hunter. Et il se retrouve devant elle comme le dernier des idiots, ne sachant pas quoi lui dire, ni même quoi faire. « Excuse moi d’avoir cru un instant que la mort de nos parents aurait changé quelque chose pour toi ! » Elle le fusille du regard. Plus encore, elle est dégoutée, presque écoeurée par celui qui se trouve en face d’elle, et cela est bien plus difficile à encaisser qu’il ne l’aurait cru. « Mais visiblement, il n’y a toujours que ton job qui compte ! » Elle tourne immédiatement les talons pour retourner à l’intérieur. A cette fuite précédée d’une énième attaque, Hunter se lève et attrape le bras de sa sœur pour l’empêcher de partir. « Ella … » Mauvaise idée. Très mauvaise idée, car ce n’était de toute évidence absolument pas le bon moment pour lui accrocher le bras pour la retenir de force. Elle le retire donc avec violence sans même le regarder. Elle ne semble plus en être capable. « Laisse moi, retourne travailler et bon vent ! » Et elle pénètre à nouveau dans la maison, claquant la porte derrière elle, laissant un Hunter totalement déconcerté et confus. Il soupire bruyamment, en secouant légèrement la tête. La situation était toute aussi pénible pour lui qu’elle ne l’était pour elle. Parce qu’il était tiraillé par des sentiments contradictoires. Il voulait être auprès d’elle. Il voulait être là pour elle afin qu’elle puisse, dans les meilleures conditions vivre ces jours difficiles, il voulait être là afin qu’elle se repose sur lui. Mais en même temps, il avait cette impression pesante qu’à chacune de heures passées ici, il s’enlisait. Il s’enfonçait comme dans du sable mouvant, lentement, longuement luttant contre lui-même et contre toute cette colère et cette tristesse qui l’animait sans qu’il ne puisse l’extérioriser. Il avait l’impression que cette maison, que cette ambiance, cette atmosphère si pesante, le tirait vers le bas alors qu’il tentait désespérément d’avancer, en vain. Il vient alors se rassoir sur le banc et laisse lourdement tomber sa tête dans ses mains, ne sachant plus ce qu’il devait faire ou ne pas faire. « Elle a raison tu sais … » Il n’avait pas fait attention au fait que Sofia venait de prendre place à côté de lui, passant une main tendre et rassurante sur son genoux. Il ne l’avait d’ailleurs pas vu, écoutant aux portes comme à son habitude. Hunter relève alors les yeux vers la jolie brune dont le regard, si sécurisant lui permet de se rattacher à quelque chose de plus tranquillisant, de moins accusateur et colérique. Sofia avait toujours été moins abrupte, moins accusatrice envers ce qu’il faisait de sa vie. Elle ne lui en voulait pas autant qu’Ella, de vivre de sa passion,  même si celle-ci se trouvait toujours à des kilomètres d’eux. « Je sais. » Il était parfaitement conscient qu’au fond, Ella avait raison, cela ne faisait l’ombre d’un doute. Il comprenait son point de vu, comme il défendait en même temps le sien. Il dépose alors délicatement sa main sur celle de la jeune femme avant de faire glisser ses doigts dans les siens puis de relever les yeux vers elle. Il veut qu’elle comprenne et il sait que finalement, il y a qu’elle qui peut le comprendre. Un seul regard suffit à cela. Ca a toujours été ainsi, ils ne pouvaient rien cacher à l’autre, parce qu’ils parvenaient à lire dans les yeux de l’autre sans qu’ils ne soient capables d’expliquer comment. Mais si elle semblait le comprendre, elle ne pouvait laisser Ella dans cet état, surtout lorsqu’elle était persuadée que le seul moyen de la faire aller mieux au plus vite, était Hunter lui-même. « Reste quelques jours de plus, Hunter. Elle a besoin de toi. On a besoin de toi. » C’est fou, l’influence, le poids qu’elle peut avoir sur lui. Tant, qu’à peine a-t-elle dit cela qu’il reprend immédiatement en compte son choix de partir. Il hésite de nouveau. Son cœur balance et ne sait plus sur quel pied danser. « Elle finira par se calmer. Elle vient de perdre ses parents, elle est à fleur de peau et tu es la personne la plus importante pour elle. » Elle avait raison, il ne pouvait pas la laisser, il ne pouvait pas l’abandonner, pas quand elle avait le plus besoin de lui. Mais en même temps, il n’était pas persuadé qu’en avoir la force. « Elle t’a toi Sofia ! » Et c’était  vrai, toutes deux étaient proches et cela l’avait d’ailleurs pendant un temps, alors qu’il n’était qu’un adolescent, rendu jaloux à bien des égards, jaloux de la relation qu’elles pouvaient avoir quand finalement, cela était tout à fait normal pour des sœurs. Chacun avait une place toute particulière dans le cœur de l’autre. « Toi et moi on sait tous les deux qu’elle t’écoute bien plus qu’elle ne m’écoute et que votre relation est bien différente de la notre. » Il lève les yeux vers elle alors qu’elle hoche doucement la tête. C’était elle qui avait raison, définitivement et irrémédiablement raison. Il n’avait le droit de partir. Pas maintenant. Pas même s’il ne voulait pas rester. Simplement il devait le faire et l’avait fait. Il avait passé quelques jours de plus auprès de ses sœurs. Simplement tous les deux, sans personne d’autre. Ils avaient pu s’expliquer, passer du temps ensemble, oublier leur désaccord, profiter de la présence des autres, rattraper ce temps perdu éloignés, retrouver le sourire et même rire. Jusqu’à ce qu’il ne soit contraint de retrouver le chemin du travail à des milliers de kilomètres …


C’est un tambourinement violent qui vient le réveiller. Sa tête lui fait mal, terriblement mal, comme si l’on venait la frapper inlassablement. Il a l’impression d’être pris au piège de cette douleur infernale, comme si son crâne allait exploser à tout moment, las de subir cet acharnement incessant. Il pousse quelques grognements de douleur, avant d’ouvrir le plus difficilement qu’il soit, les yeux. Des valises trônent sous ses yeux, ses cheveux sont dans un piteux état et il n’a plus aucun vêtement. Il met un temps conséquent avant de comprendre où il est. Certes, il est dans un gigantesque lit king size, de l’hôtel dans lequel il séjournait avec son équipe de journalistes depuis plusieurs jours déjà, mais ce n’est pas son lit, ce n’est pas sa chambre et tout ceci n’est pas normal. Il fronce les sourcils et se redresse tant bien que mal, prenant appuie sur ses coudes. Ses yeux étudient rapidement la totalité de la chambre. Celle-ci est dans un bazar monstre. Des vêtements traînent sur le sol, des cadavres de bouteilles sont dispersés dans la pièce, des papiers chiffonnés, des verres à moitié vides, un  cendrier bien trop bondé est renversé sur le sol et quelques objets dont il ignore la provenance l’entourent. Il plisse les yeux, se demandant ce qui avait bien pu se passer la nuit dernière. Il reste pendant de longues secondes circonspect, fixant la pièce avant de se laisser retomber lourdement sur son oreiller. Sa tête ne tarde par à le rappeler à l’ordre, lui faisant aisément comprendre que son geste était bien trop violent pour son état actuel. Il marmonne à nouveau, quelques jurons, se maudissant pour avoir trop bu la veille. Car c’était là toute la raison de son état à l’heure actuelle, cela ne faisait l’ombre d’un doute. Cependant, il n’arrivait pas bien à se remémorer ce qui l’avait amené ici, dans cette chambre inconnue. Ce n’est que lorsqu’il regarde à sa droite qu’il obtient une bride de réponse –amenant bien entendu de nouvelles questions. Daisy. Daisy Malone se trouve à ses côtés, profondément endormie et aussi vêtue qu’il ne l’est actuellement. S’il écarquille les yeux un instant, il n’est pas totalement surpris. Ce n’est de toute évidence pas la première fois qu’il partage le lit de la jeune femme, de sa collègue et amie. En effet, ils leur arrivaient fréquemment de finir leurs nuits ensemble. Parce que loin de leur proche, cela leur permettait de se sentir moins seul mais aussi parce au delà de tout, Daisy était loin d’être désagréable à regarder et il fallait avouer qu’Hunter était toujours le premier à en redemander. Il savait qu’entre eux, rien n’était sérieux, qu’ils ne seraient jamais un couple et qu’ils profitaient du corps de l’autre uniquement pour combler leur vie sentimentale respective totalement désastreuse. Entre eux, tout était simple. Ils ne se prenaient pas la tête avec de quelconques sentiments, ils ne souhaitaient pas d’engagement et voulaient simplement profiter. Et au vu de l’état dans lequel ils se trouvaient tous deux actuellement, c’était exactement ce qu’ils avaient fait la nuit dernière. Un mince sourire vient alors s’afficher sur ses lèvres alors qu’il la regarde encore endormie. Rien de bien grave et véritablement novateur en somme. Il n’avait fait que passer sa soirée avec Daisy, à s’envoyer en l’air et à boire plus que de raison. Il soupire alors, quelque peu soulagé et passe ses mains dans ses cheveux histoire de leur redonner un peu de forme. Et c’est à cet instant qu’il la voit. Qu’il voit ce qu’il n’aurait pas aimé voir et qui lui fait écarquiller les yeux comme il ne les a jamais écarquillé. « Et merde ! » Il n’a pas pu s’en empêcher, c’était pour fort que lui. Il se redresse vivement et inspecte sa main, comme si l’anneau qui trônait nouvellement sur son annulaire gauche allait exploser d’ici quelques secondes. Il n’était pas idiot, il savait pertinemment ce que signifiait une telle bague à un tel emplacement, et surtout à Los Angeles. Car c’est ici que l’équipe de journalistes avait atterri il y a quelques jours de cela pour la préparation d’un reportage sur l’utilisation à l’excès et les risques que cela comportaient, des lumières et plus généralement de l’électricité. Pris d’une panique évidente, Hunter saute du lit, enfile quelques vêtements abandonnés la veille et contourne le lit pour, sans le moindre soin, chercher la main gauche de Daisy. « Et merde ! » furent à nouveaux les mots qui s’échappèrent d’entre ses lèvres lorsqu’il découvrit la présence du même anneau au même emplacement sur la main de Daisy. Le jeune femme, quelque peu bousculée par Hunter pousse quelques grognements mais ne parvint à reprendre totalement conscience, surement encore trop épuisée de leur nuit qui avait été à l’évidence, des plus mouvementées. Il reste planté là un moment, ne sachant que faire. Il s’était marié. Il venait de bafouer l’institution sacrée de mariage en passant devant un stupide sosie d’Elvis pour officialiser une relation qui n’existait même pas. Le souffle lui manque alors qu’il ne cesse de se masser de la manière la plus nerveuse qu’il soit la nuque. Il fait alors quelques pas dans la pièce, afin d’inspecter les décombres de leur folle nuit. En voulant aller jeter un œil sur les papiers froissés qui avaient été jetés sur la moquette sans le moindre soin, il butte dans une tasse qu’il ramasse. Une vision d’horreur s’offre à nouveau à lui. Son visage se décompose doucement. Car en effet, sur cette tasse, avait été imprimée une photo de Daisy et lui, qui devait avoir été prise la veille au soir. Il soupire, presque désespéré. Puis il continue le tour de la pièce. Et son état ne fit qu’empirer à mesure qu’il découvrait les nombreux goodies réalisés pour leur union. C’était une catastrophe, une véritable catastrophe. La masse de papier éparpillée sur le sol vint finalement lui confirmer l’erreur qu’ils avaient faite. Daisy Malone était belle et bien devenue, à exactement 3h42 du matin, Daisy Rosen, sa femme. Il souffle, se pinçant l’arrête du nez avec une certaine anxiété qu’il avait bien du mal à camoufler. Pourquoi fallait-il toujours que ce genre de chose lui arrive ? Pourquoi devait-il toujours se retrouver dans les pires plans, dans les pires histoires ? Il jette ce qu’il a dans la main par terre en secouant la tête. Puis il vient s’asseoir sur le bord du lit. Il avait définitivement besoin de s’asseoir. Histoire de reprendre un peu ses esprits et d’assimiler ce qu’il venait de faire. Il reste là un moment, le front posé dans la paume de sa main, se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire. Il finit par poser son regard sur son alliance, la faisant tourner autour de son doigt. Ce qu’ils pouvaient avoir de mauvaises idées lorsqu’ils buvaient. C’est le vibreur de son téléphone portable qui le sort de sa rêverie passagère. Il attrape ce dernier sans véritable entrain, définitivement désabusé. Mais lorsqu’il voit le nombre d’appels et de messages qui s’affichent sur son écran, il est contraint de se réveiller. Il devait avoir une cinquantaine de messages, une bonne vingtaine d’appels en absence et d’innombrables alertes des réseaux sociaux. Beaucoup de messages de félicitations. Ceci le fit d’ailleurs lever les yeux au ciel. Comment ses amis pouvaient-ils croire qu’il s’était marié ? Lui qui était abandonné au célibat ou aux relations sans véritable intérêt ou futur. Il l’ignorait. Il passe rapidement en revue les messages de ses sœurs. Si Sofia se la jouait habituellement moqueuse, Ella ne semblait pas très contente d’apprendre cette nouvelle. D’ailleurs bon nombre des appels manqués étaient de sa part. Ce qui revenait le plus fréquemment dans ses messages et appels était qu’il n’était qu’un inconscient, qu’il ne pouvait pas se marier avec Daisy, parce qu’elle était tout simplement Daisy –et qu’avouons-le, Ella détestait Daisy- qu’il aurait pu l’avertir et surtout qu’il n’était qu’un sombre idiot et un frère indigne d’avoir fait cela dans leur dos, ou quelque chose qui s’en approchait. Si Sofia semblait avoir compris que cela avait été fait sur un véritable coup de tête, il n’était pas persuadé qu’Ella en ait véritablement conscience. Qui plus est qu’il s’agissait en réalité d’un coup de folie sous l’influence de l’alcool. Il n’était tout simplement jamais bon de boire plus que de raison à Los Angeles. Lorsqu’il appuie sur l’application d’un des réseaux sociaux les plus célèbres, il ne peut s’empêcher d’être encore plus circonspect. Au delà des messages de ses connaissances complètement décalés de la réalité, c’est surtout les photos que Daisy et lui ont posté qui l’achèvent. L’une d’entre elles, porte la mention ‘nous nous sommes mariés !’ et tous deux posent pour la photo, tout sourire, brandissant leurs anneaux. Il soupire de nouveau et plus encore lorsqu’il voit une nouvelle photo apparaître, illustrant le nouveau couple, en train de s’embrasser pour officialiser leur union devant un faux sosie d’Elvis. A cet instant, seuls des soupires complètement dépassés, complètement désemparés s’échappent d’entre ses lèvres alors qu’il est toujours assis sur le bord du lit, se demandant comment il allait pouvoir se dépêtrer de cette situation. Il n’en avait pas la moindre idée. Mais lorsqu’il voit le nom de son meilleur ami s’afficher sur l’écran de son téléphone, il a l’espoir que ce dernier l’aidera à trouver une alternative magique. Car ça a toujours été ainsi, dès que Hunter avait un problème, c’était vers Jay qu’il se tournait. Pour la simple et bonne raison que Jay était celui comme lequel il aspirait à être, celui qui ne faisait pas d’erreur monumentale lorsqu’il buvait et celui qui ne faisait pas d’erreur tout simplement. Il était calme, sérieux et réfléchi – ou du moins c’était l’image que Hunter s’était fait de Jay. L’exact contraire de ce qu’avait été Hunter la veille au soir. Il jette un bref regard vers Daisy, qui est toujours profondément endormie avant de se réfugier dans la salle de bain, afin de pouvoir répondre au téléphone et s’entretenir avec Jay de manière un peu plus confidentielle. « Heyyyy, alors qu’est-ce que ça fait d’être un homme marié ? » Hunter n’a même pas le temps d’en placer une qu’évidemment, Jay s’empresse de crier et surtout de s’amuser de la situation. Situation, qui, au vu de la panique assez visible du jeune journaliste, ne l’amusait absolument pas. Du moins pas pour le moment, c’était encore un peu trop frais dans son esprit pour trouver cela drôle. « En tout cas, bien joué Dom Juan, Daisy est sexy ! Mais, ne crois-tu pas que tu aurais pu l’avoir sans la faire boire ? » Jay, à l’autre bout du fil s’esclaffe, ne laissant de toute évidence pas une seule seconde à Hunter pour en placer une. Bien trop occupé à ricaner. D’ailleurs les plaisanteries et le rire de son meilleur ami firent de toute évidence leur effet car Hunter laissa, à son tour, échapper un petit rire avant de s’asseoir sur le rebord de la baignoire. Toute cette situation était ridicule et il en était parfaitement conscient. Jay lui-même n’avait pas vraiment besoin qu’Hunter lui explique quoi que ce soit pour comprendre. Parce qu’il savait que son meilleur ami ne se serait jamais marié sur un coup de tête, et encore moins avec Daisy, aussi jolie et sexy soit-elle. « J’ai l’impression d’être une adolescente qui se cache dans la salle de bain parce que son crétin de copain l’attend pour coucher avec elle pour la première fois. » Il pouffe un rire étouffé, essayant de faire le moins de bruit possible. C’était exactement ça. Il ne ressemblait à rien d’autre qu’à une adolescente honteuse, peureuse, à se cacher dans la salle de bain pour appeler son meilleur ami pour trouver une solution à ses problèmes. Mais après tout, Jay était toujours celui qui trouvait les meilleures résolutions. Davantage pour les autres que pour lui-même mais en l’occurrence, Hunter était persuadé qu’il pourrait l’aider. Une fois qu’il aura cessé de se moquer. « C’est l’horreur. » dit-il immédiatement lorsqu’il découvre que d’autres objets à l’effigie de leur mariage avaient été dispersés jusque dans la salle de bain. Il détourne le regard du t-shirt imprimé qui traînait sur le sol, passant une main définitivement stressée, dans ses cheveux. « La nuit de noce a été si mauvaise ? Daisy a pourtant l’air de savoir s’y prendre pour ces choses là ![/i] » Hunter lève les yeux au ciel. Jay savait tout, à peu près tout de sa vie et de son incapacité à garder la moindre de ses copines, tout de ses déboires amoureux et surtout de sa relation charnelle et plutôt particulière avec Daisy. «[i] Tais-toi Jay, je suis dans un sale pétrin! Comment est-ce que je vais faire ? » Il souffle espérant probablement qu’une solution miracle tomberait du ciel. « Je suis marié mec ! » Le dire à voix haute rendait la chose encore plus réelle et c’était probablement ce qu’il y avait de plus effrayant. Jamais ô grand jamais Hunter s’était imaginé être marié, ou du moins pas tout de suite et encore moins sur un coup de tête. Il était de ceux qui souhaitaient se marier qu’une seule et unique fois, avec celle qui serait la femme de sa vie. Si bien qu’il n’avait jamais envisagé la possibilité jusqu’alors car jamais aucune femme n’avait été la bonne, tout simplement. Il avait des principes, des valeurs et une ambition en la matière. Et tout venait d’être réduit à néant en une seule et unique nuit. Derechef, Jay semble être incapable de s’arrêter de rire. « Tu es ingérable quand tu bois ! Au moins cette fois, tu n’as pas fini en cellule de dégrisement, c’est plutôt une bonne chose tu ne crois pas ? » Ensemble, Jay et Hunter avaient fait les quatre cent coups et ils ne comptaient plus les fois où ils avaient bu plus que de raison, avaient bien trop fait la fête, où ils avaient eu de très mauvaises idées mais tout de même terriblement amusantes. Notamment celles qui leur avaient valu de finir la nuit au poste de police. Enfin, Hunter s’y était retrouvé, après avoir vomi sur les chaussures d’un flic qui le réprimandait. Et c’était Jay qui était venu le sortir de là. Comme à chaque fois. Car les deux hommes surveillaient finalement toujours les arrières de l’autre. Et si aujourd’hui, ils avaient grandi, murît, qu’ils étaient devenus bien plus sérieux et réfléchis, ils leur arrivaient encore parfois de déraper. Comme il avait dérapé la veille au soir. « Être marié est genre 250 fois pire ! Je n’ai pas envie de me marier ! J’aime bien Daisy mais non ! » Quand il angoissait, Hunter avait la fâcheuse tendance à tout exagérer, à tout extrapoler et à ne penser qu’à ça. D’autant qu’il n’était pas persuadé que tout l’alcool qu’il avait ingurgité s’était totalement échappée de son système. « Fallait y penser avant de dire oui devant le prête Elvis mec ! » S’ils s’esclaffent un moment, ce qui ramène immédiatement Hunter à son problème, est le fait de penser à sa petite sœur, à Ella à qui il n’avait pas encore daigné répondre et qui devait être totalement furax à des kilomètres de lui, en apprenant la nouvelle par le biais le plus horrible qui soit, les réseaux sociaux. Rien ne sortait de bon dans ce genre de chose. « Ella va me tuer ! Je suis un homme mort … » Il imaginait déjà la scène. Elle, le traitant de tous les noms ; lui, ne sachant pas bien comment se justifier. Et il n’était pas très loin de ce qui allait réellement se produire. Parce qu’il allait de toute évidence en prendre pour son grade. Car au delà de s’être marié avec une personne qu’elle détestait, elle n’avait ni été avertie, ni même invitée. Et même s’il lui affirmait que ce n’était pas un mariage en bonne et due forme, que ça ne comptait pas vraiment, que ça n’était pas ce qu’il voulait et que l’alcool avait eu raison de lui, elle ne voudrait rien entendre. Parce que c’était toujours un véritable dialogue de sourd lorsqu’ils évoquaient ce genre de sujet. « Pour ta gouverne, tu as 24 heures pour faire annuler un mariage avant qu’il ne soit officiel ! »  Immédiatement, à l’entente des mots de son ami, Hunter relève la tête. Mais oui ! Comment n’y avait-il pu ne pas y penser ? Qu’il pouvait être stupide parfois. Ce délai de 24 heures était pourtant bien connu de tous. Il se redresse immédiatement et sent de suite sa bonne humeur habituelle revenir. « Mon dieu, merci ! Je te rappelle plus tard ! » Et il raccroche sans un mot de plus. Car le temps pressait de toute évidence et qu’il n’avait pas une minute de plus à perdre s’il ne voulait pas dépasser le fameux délai. Il fourre alors avec précipitation son téléphone dans sa poche et quitte enfin son lieu de retranchement. Mais à peine sort il de la pièce qu’il tombe nez à nez avec la jolie blonde avec qui il avait passé cette folle nuit.  « Daisy. » Il reste un instant immobile devant elle, cherchant dans son regard ce qu’elle savait et surtout ce qu’elle pouvait bien penser de tout cela. Mais il n’y trouva la moindre réponse. Car si un mince sourire arborait ses lèvres, toute émotion de la jeune femme semblait contradictoire et voilée par la gueule de bois certaine qu’elle devait avoir, tout comme celle qu’il avait actuellement. « Comment va mon mari ? » Elle s’approche de lui, arborant un sourire rempli d’une malice qu’il ne parvient pas à interpréter dans un sens ou dans un autre. Elle vient alors glisser ses bras sur ses épaules avant de déposer ses mains légèrement froides sur sa nuque. Un frisson le parcourt indéniablement alors qu’il ignore comment il doit réagir. Le fait est qu’il ne voulait absolument pas de ce mariage et qu’il espérait qu’il en était de même pour elle. Mais son attitude actuelle lui faisait avoir de sérieux doutes. Et cela semble se voir sur son visage car après quelques secondes à le faire marcher, Daisy laisse échapper un rire franc et massif. « Tu devrais voir ta tête Hunter ! » Immédiatement, il soupire longuement de soulagement, se décontractant instantanément. Il détestait lorsqu’elle se jouait de lui ainsi, mais le fait est qu’il était bien trop déchargé, apaisé qu’il ne parvint à lui en vouloir la moindre seconde. Elle plaisantait, elle le faisait marcher. « Allons annuler ce mariage avant qu’il ne détruise nos parties de jambes en l’air sans la moindre attache ! » Et c’était exactement ce qu’ils allaient faire, car au delà de leur attachement certain envers l’autre, de leur attirance indéniable, il n’y avait entre eux pas l’ombre d’une envie d’y donner un caractère sérieux. Entre eux, c’était simple, casuel et terriblement plaisant ainsi. Il n’était pas question une seule seconde que les choses changent. Du moins, ce n’était pour l’heure pas au programme.


Dernière édition par Hunter Rosen le Jeu 14 Avr - 13:34, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 18:08

Chapter three

Les mains dans les poches, Hunter s’arrête devant la porte du bar qui est devenu, en l’espace de quelques jours, un véritable repère pour le groupe de journalistes affectés à un nouveau sujet à l’autre bout du monde. Cette fois, ils sont à Mexico, la ville du soleil, de la tequila et des corruptions politiques. Et c’était dans ce dernier domaine qu’ils étaient chargés de mener à bien leurs investigations pour apporter au Times le meilleur article, ou tout au moins, le plus pertinent, celui qui ferait parler de lui et qui dénoncerait à bien des égards les manœuvres frauduleuses de ces dirigeants corrompus. Hunter aimait cette idée, il aimait se dire qu’à petite échelle il permettait au monde d’avancer par la découverte de sujets inconnus du grand public ou par la dénonciation de certains fléaux, de choses qui ne devraient pas exister. Alors oui, il savait que quelque part, avec ce genre de sujet, il risquait des répercussions et parfois des conséquences graves, allant jusqu’à mettre en jeu sa propre vie. Il était conscient de ces choses-là, il était conscient des risques qu’il prenait au quotidien, tout comme ses collègues l’étaient aussi, mais aucun ne se concentraient là-dessus. Aucun n’en faisait état, car finalement, le job comptait davantage qu’une quelconque peur qui pouvait les envahir par la couverture de certains sujets particulièrement délicats et polémiques. C’était un risque qu’ils étaient prêts à prendre. Un risque auquel ils ne pensaient pas, le mettant dans un coin de leur tête pour y réfléchir seulement en temps opportun. Et si cela voulait dire, ne jamais y penser, ils ne s’en portaient que mieux. Lorsque le jeune homme pénètre dans l’établissement, il cherche des yeux ses collègues qui sont aujourd’hui devenus, au fil du temps, de véritables amis, et une seconde famille pour lui. Bien sûr, absolument rien ni personne, n’avait la capacité de remplacer sa véritable famille, celle qu’il formait désormais seulement avec ses deux petites sœurs, mais auprès d’eux, le manque de ces dernières se faisaient moins sentir. Légèrement moins. Un mince sourire s’affiche sur ses lèvres lorsque Daisy lui fait signe de les rejoindre à cette même table qu’ils occupaient depuis plusieurs jours une fois leurs investigations réalisées. « Tu t’es fait attendre Rosen ! » Hunter avait un véritable problème avec la ponctualité. Il n’était pas le genre de personne hyper active, constamment exaltée et frénétique. Non, il faisait la plupart du temps preuve d’une force tranquille, ne se souciant pas forcément du temps qu’il passait à faire les choses. Et aujourd’hui, il s’était totalement perdu dans les rues de Mexico, son appareil photo en mains pour capturer les meilleurs clichés de cette ville qui regorgeait d’endroits particulièrement intéressants et captivants. Et s’il y avait bien une chose pour laquelle Hunter ne comptait pas ses heures, c’était lorsqu’il s’adonnait à ce qu’était finalement sa véritable passion, la photographie. Il affiche un mince sourire alors avant de s’excuser de son retard, qui n’en était pas vraiment un. Parce qu’ils n’avaient aucun rendez-vous aujourd’hui, qu’ils étaient seulement au début de leur séjour et qu’ils tendaient pour l’heure chacun de leur côté de tester le terrain. Alors oui, Hunter avait quelque peu oublié sa mission première qui était celle d’enquêter sur ces fameuses corruptions politiques à l’instant même où il s’était retrouvé face à ces somptueux paysages, mais il avait tout de même récolté quelques éléments pour leur sujet. Il fait signe au barman de lui apporter une bière avant de s’installer autour de la table qui réunissait la quasi-totalité de l’équipe. « Dis moi que tu étais avec cette belle colombienne avec qui tu étais l’autre soir ! » A sa droite, Jared affiche un large sourire entendu alors que Hunter, interloqué n’est pas sûr de comprendre de qui il lui parle. Enfin, la réalité est qu’il sait très bien à qui son ami fait référence, parce que les belles colombiennes dans son genre sont rares, mais qu’il se sent obligé de feindre l’innocence, et par conséquent une certaine indifférence. « Qui ça ? » En vérité, Hunter avait passé la journée seul, tout comme sa nuit d’ailleurs. Pour la simple et bonne raison qu’il ne se passait absolument rien avec cette charmante colombienne, davantage britannique pour être tout à fait honnête. Rien, absolument rien. Alors oui, découvrir un visage qui ne lui était pas méconnu alors qu’il se trouvait à des milliers de kilomètres de chez lui, lui avait fait plaisir. Oui, il s’était prêté au jeu des conversations de comptoir en sa compagnie absolument tous les soirs depuis qu’il l’avait vu assise seule un soir, et il avait découvert d’une toute autre manière cette jeune femme qu’il connaissait pourtant depuis toujours. Car celle-ci n’était autre que Malaya Solano. Ou autrement dit, la meilleure amie depuis des années de sa petite sœur Ella. « Pas à nous Hunter. On sait que tu as ton petit succès avec la gente féminine, mais ce n’est pas tous les jours que tu rencontres une femme de sa prestance ! » Hunter ne peut s’empêcher de laisser échapper un léger rire suite aux mots de son ami. Pour la simple et bonne raison qu’il est finalement totalement en accord avec ce qu’il venait de dire. Malaya était le genre de femme qui ne laissait pas les hommes indifférents. Et la vérité était qu’elle ne le laissait pas indifférent non plus. Bien sûr, il gardait dans un coin de son esprit qu’elle était la meilleure amie de sa sœur et qu’elle le tuerait probablement d’avoir de genre de pensée envers elle, mais c’était plus fort que lui. A l’instant où il posait son regard sur elle, à l’instant où elle lui souriait, où elle se mordait doucement et si sensuellement la lèvre inférieure, où elle marchait en sa direction, où elle se rapprochait de lui, où il pouvait sentir son parfum, il oubliait. Il oubliait qu’elle était d’une certaine manière intouchable et qu’il n’était vraiment pas très judicieux de se lancer là dedans. Mais le fait est qu’en sa présence, toute notion de raison s’évaporait, comme par magie. Elle était ensorcelante, et elle l’ensorcelait, littéralement. Il ignorait ce qu’il voyait aujourd’hui en elle qu’il n’avait pas vu autrefois mais le fait est qu’il n’avait jamais discuté plus de trente secondes avec elle, autre que pour lui dire que sa petite sœur finissait de se préparer et qu’elle arrivait d’une minute à l’autre. Il n’avait jamais eu avec elle de véritables conversations, et il n’avait jamais posé son regard dans le sien comme il le faisait chaque soir ces derniers jours. Et ce malgré le fait qu’il l’avait toujours trouvé particulièrement jolie. Il avait fallu qu’ils soient à des kilomètres de chez eux pour qu’ils se découvrent et s’apprécient. C’était étrange et terriblement inexplicable mais, Hunter aimait ça. Il aimait leur conversation, il aimait la force et l’assurance qu’elle dégageait, il aimait le regard qu’elle portait sur lui et surtout il aimait entendre son rire à la moindre de ses plaisanteries, pourtant parfois bien douteuses. Un mince sourire s’affiche sur ses lèvres à ces souvenirs alors qu’il plonge son nez dans son verre qui vient de lui être apporté, continuant de se persuader qu’il n’était pas irrémédiablement et incontestablement sous le charme de Malaya Solano. Il se rendait bien compte qu’il avait un véritable faible pour les femmes Solano. « Ce n’est que Malaya, la meilleure amie de ma sœur. Je la connais depuis toujours. Je l’ai vu grandir. » Lorsqu’il relève la tête, il voit que l’ensemble de la tablée le regarde de cet air totalement entendu, le genre qui montrait à la perfection qu’ils n’étaient pas dupes et qu’ils ne croyaient pas une seule seconde ce qu’il leur avançait. Enfin, en ce qui concernait la partie où il assurait qu’elle n’était juste que la meilleure amie de sa sœur. Car ils avaient tous assistés à leur rapprochement progressif bien que timide et que tout le monde avait l’air de connaître l’issu de cette histoire avant lui. Il est obligé de sourire, parce qu’il est démasqué et qu’il a bien du mal à leur mentir. Mais il ne dit rien de plus, changeant de sujet pour ne pas devoir subir un interrogatoire et surtout, ne pas rendre cela trop réel. Car il le savait, se lancer dans cette histoire n’était pas bien. Parce qu’il était déjà sorti avec la petite sœur de la demoiselle –qu’il était d’ailleurs à peu près sûr qu’elle l’ignorait- et que les choses ne s’étaient pas bien terminées, justement à cause de sa famille ; et que Malaya était la meilleure amie de sa sœur à lui, accessoirement. Hunter n’avait donc pas passé la journée avec la jeune femme, et encore moins la nuit. Cependant, il ne manque pourtant pas de jeter quelques regards furtifs dans le bar, espérant secrètement qu’elle serait là. Mais, hélas, elle ne l’était pas, et il eut bien du mal à cacher cette légère déception de constater qu’il ne passerait pas sa soirée avec elle ce soir. C’était assez fou de voir à quelle vitesse, une personne pouvait prendre des habitudes. Et Hunter s’était incontestablement habitué à Malaya, sans parvenir à expliquer pourquoi ni même comment. Le groupe d’amis reste dans le bar une bonne partie de la soirée, parlant de tout et de rien, refaisant le monde, traitant des premières informations qu’ils étaient parvenus à récolter et préparant leur rendez-vous ô combien important du lendemain. Ce jusqu’à ce que l’heure tardive et la fatigue n’aient raison d’eux. « Je meurs de fatigue, il est grand temps pour moi d’aller me coucher, une longue journée nous attend demain ! » Ils acquiescent tous, se joignant aux propos de Daisy alors qu’ils rassemblent leur affaire pour rejoindre l’hôtel non loin du bar. Et à l’instant où ils s’apprêtent à traverser la salle pour rejoindre la sortie, il la voit. Il la voit entrer et venir s’installer au bar. Il s’immobilise un instant et un sourire en coin, qu’il n’a même pas le temps de tenter de dissimuler, apparaît sur son visage. Il s’était pourtant fait une raison, celle qu’il ne la verrait pas ce soir. Puis, d’un coup, alors qu’il s’apprêtait à partir, elle était là. Elle était là et il en était particulièrement ravi. Trop peut-être. « Je pense que je vais rester un peu. A demain. » Daisy, qui était en train d’enfiler sa veste fronce les sourcils face à ce changement soudain de décision de Hunter, mais à l’instant où elle suit le regard du garçon et tombe sur Malaya, elle comprend. Elle comprend et sourit. Elle lui jette bien évident ce même regard amusé qu’il y a quelques heures et lui presse doucement le bras, comme elle a l’habitude de le faire. « Ne sois pas en retard demain, Rosen ! » Après un rapide clin d’œil, la jolie blonde avec qui il avait depuis quelque temps maintenant, divorcé, vient déposer un rapide baiser sur sa joue, alors que derrière Jared semble particulièrement réjouit de voir Malaya, bientôt plus que Hunter ne l’était. Enfin presque. « Profites, elle est vraiment sexy ! » Il lève les yeux au ciel, mais ne peut s’empêcher de rire. Jared était tout bonnement incorrigible. Une fois que ses amis ont quitté le bar, il se dirige doucement vers celle qui allait probablement ruiner ses heures de sommeil de la nuit à venir. Il fourre ses mains dans ses poches, puis les enlève avant de tirer sur sa veste pour la réajuster. Et de nouveau, il remet ses mains dans ses poches. Il ignorait pourquoi, mais Malaya avait tendance à le rendre nerveux, et hélas, cela se voyait parfois plus qu’il ne l’aurait souhaité. Lorsqu’il arrive à côté d’elle, celle-ci ne semble toujours pas l’avoir remarqué, ou du moins, c’est ce qu’elle tente de lui faire croire puisqu’à la seconde où il s’installe, ce qu’elle lui dit lui fait immédiatement comprendre qu’elle avait bien repéré sa présence dans le bar. « Plutôt jolie ta copine. » S’il ne peut s’empêcher de relever la pointe de curiosité de la jolie brune qui se trouve en face d’elle par l’énonciation de ce genre de commentaire, il secoue pour autant immédiatement la tête. Daisy n’était pas sa copine. Bien sûr, il leur arrivait fréquemment de se retrouver, lorsqu’ils étaient l’un et l’autre seuls, mais entre eux, il n’y avait finalement rien de plus qu’une profonde amitié, quand bien même était-elle parfois améliorée. « Qui ? Daisy ? Non ce n’est pas ma copine. » Il ignorait pourquoi, mais il ne voulait pas que Malaya pense une telle chose, il ne voulait pas qu’elle pense qu’il puisse finalement ne pas être disponible alors qu’il n’y avait pas de véritable raison à cela. Ou du moins, en apparence. Il fait signe au barman de lui servir une nouvelle bière avant de se tourner vers Malaya. « Ella me tuerait si c’était le cas. Elle la déteste sans que je n’arrive à comprendre pourquoi. » Ella se plaignait tellement de Daisy, elle était si exécrable avec elle qu’il était à peu près sûr qu’elle avait déjà due une ou deux fois s’en plaindre auprès de sa meilleure amie, c’était une évidence. D’ailleurs, cela se confirme lorsqu’il voit le petit sourire en coin de Malaya qui semblait en savoir long sur la haine de sa sœur envers cette jeune femme. Il l’aurait d’ailleurs bien interrogé là-dessus mais il n’aimait pas spécialement parler d’Ella avec la jeune femme. Pour la simple et bonne raison que cela lui rappelait que ce qu’il était en train de faire actuellement n’était pas bien et devait probablement être pire pour Ella, que de sortir avec Daisy. Si bien qu’il décide de changer le plus rapidement possible de sujet. Il plonge son regard dans le sien, comme il aime ces derniers temps un peu trop le faire. Il aime tenter de lire en elle, malgré le fait qu’elle reste pour lui bien trop énigmatique. Et c’était peut-être l’une des raisons qui l’attirait encore plus vers elle. Ca et l’assurance et la force qu’elle dégageait en toute circonstance. « Soirée mouvementée ? » Elle semblait fatiguée, épuisée par la journée et ou la soirée qu’elle venait d’avoir. Cela se voyait, ses traits étaient tirés et ses yeux cernés. Si bien que Hunter ne résiste pas à lui poser la question. Quand bien même il a cette petite part de lui qui se demande actuellement si un autre homme était responsable de cette fatigue. Et tout à coup il se sent parfaitement idiot parce qu’il envie cet homme imaginaire, il envie cet homme qui peut-être n’existe même pas, mais qui avait pu avoir le luxe de se rapprocher d’elle comme il avait terriblement envie de le faire depuis quelques jours. C’était inexplicable mais elle l’attirait un peu trop pour qu’il reste simplement amical et en retrait avec elle. La jeune femme détourne alors le regard sur son verre qu’elle touille rapidement. « J’avais deux, trois choses à faire. » Encore une fois, elle était secrète et mystérieuse. Et si Hunter détestait les secrets, qu’il avait d’ailleurs mis un terme à sa relation avec Sara Solano pour cette raison, étrangement, avec Malaya, cela avait l’effet inverse. Cela l’incitait davantage à aller vers elle. Parce qu’il avait finalement envie d’en savoir plus et découvrir la femme qu’elle était. Mais bien sûr, si son côté journalistique aurait voulu qu’il l’interroge de nouveau, il ne le fit pas, parce que pour lui, la meilleure méthode n’était pas celle du bombardement de questions, mais davantage de donner l’impression à son interlocuteur qu’il avait tout le loisir de se confier lorsqu’il le souhaitait et de la manière dont il voulait. Il hoche alors doucement la tête, buvant en même temps une gorgée de sa bière. « Mais, je ne peux pas passer une soirée sans être venue ici, c’est devenu mon rituel. » Elle tourne la tête vers lui et immédiatement ils échangent un sourire qui veut en dire long. Le genre rempli de sous-entendus et qui laissait à penser qu’il était quelque part la raison de son rituel, de sa présence ici, tout comme elle était la sienne. S’installant de sorte d’être en face de la jeune femme, il se rapproche naturellement, affichant ce regard totalement captivé par son interlocutrice. Il était sous le charme, et il ne le cachait plus. C’était de toute évidence bien trop difficile pour lui, qui avait parfois tendance à extérioriser ses émotions. Et un peu trop quand il s’agissait de Malaya. Ils restent un moment ainsi, à se sourire, à communiquer à travers seulement ce regard persistant. Car le fait est qu’ils avaient bien du mal à se quitter des yeux, à ne pas se dévorer littéralement du regard alors que le barman, qui semblait être un ami de Malaya assistait à la scène en souriant. Cela crevait les yeux qu’il se passait quelque chose entre eux, même si absolument tout était implicite. « Parce que je ne paie pas les conso’ ici ! » Elle sourit de plus belle en agitant son verre avant de faire un petit signe de tête vers le barman, rompant ainsi ce moment suspendu, où Hunter avait pensé, l’espace d’une seconde pouvoir lire quelque chose en elle. « Pour être tout à fait honnête, j’étais un peu déçu de ne pas t’y voir ce soir. » Cette fois, il ne cherche pas son regard, bien au contraire, puisqu’il fixe tout à coup sa boisson qu’il tourne sur elle-même, transparaissant de toute évidence ce brin de fébrilité qui l’habitait. « Ah oui ? » Elle semble à la fois amusée et enchantée de cette confession, tant que c’est à son tour de se rapprocher de lui afin de lever une nouvelle barrière qui était pourtant, selon la raison, infranchissable. « Tu partais ? » Sa question le fait sourire, parce qu’elle confirmait qu’elle avait posé un œil, quelques minutes plus tôt, à la scène qui se déroulait entre Hunter et son équipe. « Oui, on a des rendez-vous pour le boulot demain. » Malaya connaissait son travail et savait que ce dernier était la raison pour laquelle il se trouvait là et voyageait à travers le monde tout au long de l’année. Et elle savait que son job comptait beaucoup, beaucoup trop selon Ella, et qu’il y mettait toujours énormément de cœur à l’ouvrage. Et pourtant, ce soir, alors que la logique aurait voulu qu’il aille retrouver les bras de Morphée, il se trouvait là, à ses côtés, alors que le reste de son équipe était partie. « Mais, puisque tu es là. » De nouveau, ils se sourient, plus qu’ils n’avaient jamais souri à qui que ce soit dans leur vie, c’était une certitude. Et à chacun de leurs aveux, bien que prononcés à demi-mots, ils se rapprochaient, si bien que l’espace qui les séparait devenait infime. Malaya vint même naturellement rompre cet espace en s’amusant avec ce bracelet qu’Hunter avait autour du poignet, un bracelet qui ne payait pas de mine mais qui avait été offert par Ella, il y a des années de cela et qu’il ne quittait jamais. Ils restent là, tous deux, oubliant totalement le monde qui les entourait et toute notion de temps, durant plusieurs heures. Jusqu’à la fermeture du bar en réalité, qui fermait pourtant bien plus tard que les autres du centre ville. Il la raccompagne même jusqu’à son hôtel, parce que la bienséance le voulait, ou peut-être parce qu’ils n’avaient au fond, pas envie de se quitter.  « Tu vas avoir du mal à te lever demain. » Devant l’entrée de l’hôtel de la jeune femme, ils s’arrêtent pour se retrouver l’un en face de l’autre. Il acquiesce, c’était une certitude le réveil allait être compliqué. Lui qui mettait un point d’honneur à ses heures de sommeil venait de les ruiner sans la moindre hésitation. « C’est pas grave, ça vaut le coup. » Cet énième sourire échangé entre les deux jeunes adultes semble avoir totalement raison d’eux. Ou du moins de Hunter qui fait un pas de plus vers elle, rompant définitivement l’espace qui les séparait. Il rehausse doucement le menton de la jeune femme qui semblait tout à coup aussi nerveuse qu’il avait pu l’être lorsqu’il l’avait vu entrer dans le bar, et la force à lui faire face. Ils restent un moment comme ça avant qu’il avance ses lèvres vers les siennes, afin d’enfin faire ce qu’il désirait depuis bien trop longtemps sans avoir eu le courage de le faire. Mais à l’instant même où il frôle ses lèvres, à l’instant même où il est sur le point de les capturer et ne plus les laisser lui échapper, Malaya vient mettre de la distance entre eux. Elle avait pourtant fermé les yeux pour profiter de ce contact, elle avait pourtant laissé apparaître tous les signes que ce qu’il s’apprêtait à faire était ce qu’elle voulait aussi. Mais hélas, elle vient poser une main sur le torse du jeune homme, le repoussant légèrement afin qu’il avorte son geste. « Ella… » S’il est un brin déçu qu’elle mette un terme à ce moment qui n’avait même pas pu touché à sa fin, il l’est encore plus qu’elle mentionne Ella. Car la vérité était qu’il devrait lui aussi y penser, qu’il devrait se dire qu’Ella ne cautionnerait de toute évidence pas cela et qu’il ne pouvait pas faire une chose pareille à sa petite sœur. Oui il devrait, il devrait être à cet instant comme Malaya était. Il devrait culpabiliser et avorter ce genre de moment. Il devrait avoir un cas de conscience et s’éloigner de Malaya, ou au moins seulement avoir des rapports courtois et amicaux avec elle. Mais ce n’était pas ce qu’il voulait et surtout, ce n’était pas ce qu’il s’apprêtait à faire. Pour être tout à fait honnête, il avait chassé Ella de son esprit à l’instant même où il avait posé ses yeux sur Malaya et il ne voulait plus y penser. Il laisse échapper un bref soupire avant de faire glisser sa main au creux du cou de la jeune femme, ne pouvant s’empêcher de relever le frisson qui parcourait le corps de la brune à cet instant. « Tu penses trop Malaya. On est à des milliers de kilomètres. » Peut-être était-il un abominable frère, mais que pouvait-il faire d’autre. Cela relevait du supplice de résister à ses envies concernant Malaya et plus encore, il ne comptait pas le moins du monde faire preuve de bon sens. Elle retire alors sa main, qui les empêchait d’aller plus loin, comme pour lui faire comprendre que quelque part, elle abandonnait. Elle abandonnait la raison et toute idée de résistance. Elle abandonnait l’idée de ne pas faire une chose pareille à sa meilleure amie, elle abandonnait toute pensée envers elle en réalité et s’abandonnait à lui, à ses lèvres, à sa peau, dans ses bras, laissant son corps épouser le sien. Car c’est ainsi que les deux jeunes adultes terminèrent leur nuit. L’un dans les bras de l’autre, goûtant au plaisir du fruit défendu avec une saveur bien loin de celle qu’ils avaient plus, l’un et l’autre goûter auparavant et oubliant absolument tout. Ce n’est que le lendemain, ou plutôt une heure après qu’ils se soient endormis épuisés, qu’Hunter est violemment extirpé de son sommeil profond par son réveil. Maudit réveil. Mais il ne devait absolument pas rater ce rendez-vous. C’était important, terriblement important, et pourtant, à cet instant-ci, il n’avait qu’une envie. Celle de rester au lit et de profiter à nouveau de la présence de celle qui était à ses côtés. De plus, l’hôtel de la jeune femme était encore plus éloigné du lieu de rendez-vous que l’aurait été le sien. Si bien que s’il ne voulait pas être en retard, il ne lui restait qu’une vingtaine de minutes pour se lever et se rendre présentable. Dans l’absolu, il aurait fallu qu’il repasse par sa propre chambre d’hôtel, histoire d’enfiler des vêtements propres mais il abandonne très rapidement cette idée. Il abandonne même toute idée d’être bien apprêté aujourd’hui. Car tout ce qui l’intéresse à cet instant, c’est Malaya. Celle-ci est encore endormie. Elle est blottie dans ses bras, comme si le seul fait de se décoller pouvait les séparer et comme si finalement, leur vie en dépendait. Il affiche un mince sourire, dégageant quelques mèches de cheveux qui tombaient sur son visage et la serrant à nouveau contre lui. Il ferme les yeux, et se perd dans l’enivrement que provoque en lui son contact, son parfum, sa simple présence. Il n’a pas envie de se détacher d’elle. Il veut la garder pour lui, contre lui, rien que pour lui durant des heures, des jours et des mois entiers. Pourtant lorsqu’il regarde à nouveau l’heure et qu’il voit que le temps lui est réellement compté, il est dans l’obligation de rompre ce contact qui lui faisait pourtant tellement de bien. Il dépose un rapide baiser sur le front de la demoiselle encore endormie avant de sortir du lit. Il saute dans une rapide douche avant de récolter ses vêtements qu’il a laissé éparpillé sur le sol il y a quelques heures de cela et les enfile à la hâte. S’il ne partait pas maintenant, il allait être en retard, c’était une certitude. Si bien qu’il abandonne l’idée de mettre de l’ordre dans ses cheveux ou d’améliorer son état incertain, pour griffonner quelques mots sur un papier afin de ne pas partir comme un voleur et surtout, pour lui dire qu’il avait passé un agréable moment et qu’il espérait la revoir à l’occasion. Ce n’était que quelques mots complètement détachés, et presque froids mais qui voulaient en dire bien long pour le jeune homme et dont il était certain que Malaya saurait lire entre les lignes.  


Installé horizontalement au beau milieu du lit dont les draps sont en pagailles, de sa chambre d’hôtel, Hunter peaufine les derniers détails de son article. Celui-ci n’est pas très long ni même très élaboré mais le fait est que le sujet ne l’intéressait que moyennement et qu’il avait été ces derniers temps occupé à bien d’autres choses. Ce n’était là qu’un petit article sans importance sur lequel son boss lui avait demandé de travailler, tout en sachant qu’il pouvait le faire depuis Mexico. Car oui, c’était ce qu’on lui donnait à faire ces derniers temps, pour la simple et bonne raison que Hunter avait demandé quelques jours de plus, qui s’étaient rapidement transformés en semaines à Mexico. Non pas parce qu’il n’avait pu achever le sujet qui les avait mené, son équipe et lui, ici en premier lieu, car cela faisait un moment que ce dernier était bouclé, mais simplement parce qu’il y avait quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui le retenait à Mexico. Assez pour qu’il repousse sans arrêt son départ, au contraire de la totalité de son équipe qui avait regagné petit à petit les terres britanniques. La logique aurait voulu que Hunter en fasse de même, mais il n’y était parvenu. Il n’avait pu se résoudre à avorter ce séjour et surtout à mettre un terme à son idylle avec Malaya Solano. Car quelque part, il était bien trop bien avec elle pour vouloir retourner à la dure réalité et surtout la quitter. Alors bien sûr, il avait dit à la jeune femme qu’il restait pour le boulot, quand la vérité était pourtant évidente et crevait les yeux. Elle était la seule et unique raison de sa présence ici et elle devait quelque part s’en douter. Lorsqu’il passe en revu les clichés qu’il a pris au cours de son séjour pour trouver l’illustration parfaite, il ne peut s’empêcher de s’arrêter sur ceux de Malaya. Le fait est qu’il en avait, ces derniers jours, bien plus d’elle que d’autre chose. La plupart étaient des instants volés, capturés alors qu’elle ne s’y attendait pas ou n’était parfois, même pas au courant. Elle était devenue en l’espace de quelques jours, quelques semaines, l’objet favori de ses clichés. Le modèle était tout simplement bien trop beau et captivant, regorgeant de mystère pour ne pas être exploité. Ou peut-être qu’elle l’obsédait un peu trop, peut-être. Il ne peut s’empêcher de sourire, lorsqu’il découvre une photographie de la jeune brune, riant aux éclats. C’était ainsi qu’il préférait la voir. Elle semblait heureuse, dénuée de toutes contraintes extérieures, solaire et resplendissante. Elle était parfaite, absolument parfaite, ou du moins l’était-elle aux yeux très peu objectifs de Hunter. Et alors qu’il s’est totalement perdu dans les clichés de la jeune femme, il est contraint de s’extirper de sa rêverie passagère lorsque sur le haut de son écran d’ordinateur, une alerte l’informe d’un mail reçu de la part de Sofia, sa jeune sœur. Machinalement, il se dirige dessus afin d’en prendre connaissance. Les mails envoyés par ses sœurs sont bien souvent les mêmes, surtout ces derniers jours. Elles donnent de leurs nouvelles, avant de finalement poser cette même question, à savoir quand est-ce qu’il comptait rentrer. Cela faisait des jours qu’il repoussait le moment de son départ et ses sœurs commençaient à en être épuisées, tout particulièrement Ella. D’ailleurs, Hunter ne manque pas de remarquer que cette fois, elles ont pris l’initiative de rédiger ce mail ensemble, histoire de donner plus de poids à leur requête probablement. Mais sa réponse reste similaire. Il ment. Il ment à sa propre famille en leur affirmant qu’il avait encore du boulot, que son article avait pris plus de temps que prévu et qu’il était forcé de rester encore quelques jours de plus. Avant de leur affirmer qu’elles lui manquaient terriblement et qu’il espérait les revoir bientôt. C’était vrai, parfaitement vrai, mais le fait est qu’il ne parvenait pas à se fixer une date de départ. Il n’arrivait pas à quitter Mexico et plus encore à quitter Malaya. Ce qui était idiot car finalement, ils venaient tous deux de Londres, mais ils étaient surtout conscients qu’à l’instant où ils quitteraient Mexico pour retourner sur leur terre natale, tout serait terminé entre eux et qu’ils ne pourraient plus vivre d’amour et d’eau fraiche sans se soucier de rien ni personne d’autre que de leur amour naissant et bien trop vital pour eux à cet instant. Hunter savait par ailleurs, qu’il allait un jour devoir repartir, mais pas aujourd’hui. Ni même demain et le jour d’après. D’ailleurs, la sortie de Malaya de la salle de bain juste en face du lit où il se trouvait ne fait que confirmer cette évidence. « Qu’est-ce que tu fais ? » Hunter appuie sur envoyer avant de fermer sa page internet et se tourner vers elle. Un ravissant sourire élargit immédiatement ses lèvres. Parce que Malaya était d’une beauté rare. Plus encore ce soir, puisqu’elle avait revêtu une somptueuse robe longue laissant bien trop de place à la suggestivité du garçon. Tant qu’il ne parvient à détourner son regard d’elle. Elle le remarque bien entendu et en joue, comme à son habitude en s’approchant doucement de lui, alors qu’elle accroche des boucles d’oreilles qui devaient probablement coûter plus que ce que Hunter touchait par mois. « Tu es magnifique ! » Elle l’était. Comme toujours. Ils avaient prévu de se rendre en ville afin d’assister à un cocktail célébrant l’ouverture d’une galerie d’exposition d’un artistique renommé en matière de photographie, un artiste que Hunter aimait tout particulièrement d’ailleurs. « Je regardais simplement les clichés pour mon article. » Mais à cet instant, son article ne l’intéressait tout à coup, plus du tout. Il était de toute évidence obnubilé par la femme qui se trouvait devant lui. « Et j’ai le droit de toucher des droits d’auteur sur cette photo ? » Elle affiche un sourire alors qu’elle pose son regard sur l’écran d’ordinateur du garçon. Il était évident qu’il avait été accaparé par d’autres clichés que ceux qui devaient illustrer son article sans importance. Mais comment pouvait-on lui en vouloir lorsqu’il avait une femme comme elle à ses côtés. La jeune femme s’assoit alors sur le rebord du lit, prenant soin d’y prendre place de telle sorte de ne pas froisser sa robe. « Je ne suis pas assez fou pour exposer une photo de toi. » Il arque les sourcils en souriant de plus belle. Car oui, si Hunter aimait tout particulièrement prendre Malaya comme modèle, il aimait surtout garder ces clichés pour lui. Rien que pour lui, et seulement pour lui. Il retire alors ses lunettes qu’il pose sur le clavier avant de poser son ordinateur à côté et d’attraper le bras de la jolie brune qui partageait ces derniers temps, le moindre instant de sa vie. Sans vraiment se le dire, ils étaient devenus un couple, un duo inséparable ne pouvant de toute évidence plus se passer l’un de l’autre. Certains diront qu’ils sont irrémédiablement et incontestablement fous amoureux l’un de l’autre, ce qui était bien trop proche de la réalité d’ailleurs, quand eux-mêmes avaient bien du mal à s’avouer les choses. Mais bien sûr, tout se traduisait implicitement, faisant donc qu’ils n’avaient guère besoin de se dire les choses pour le savoir et le comprendre. « Ils voudraient tous te voler à moi, après. » Il l’attire vers lui, la forçant à s’étendre sur le lit à ses côtés, tant pis pour la robe. Elle résiste un moment, mais finalement, les bras réconfortants du garçon semblent avoir raison d’elle puisqu’elle se laisse faire, rejoignant avec bonheur ses lèvres. C’est elle qui arrête leur baiser pour attraper l’ordinateur et probablement regarder l’étendue des photos qu’il avait capturé, la plupart du temps, à son insu. Elle reste pour autant contre lui, car le fait est qu’ils avaient bien du mal à se décoller l’un de l’autre. « Tu as bien trop de photos de moi Hunter. » dit-elle, visiblement amusée alors qu’elle fait défiler les clichés. Le jeune homme dont le sourire ne cesse de s’élargir, hausse les épaules, l’air de rien. « J’y peux rien si le modèle fait ressortir en moi le photographe que je suis. » Son âme d’artistique et son boulot lui permettaient évidemment d’avoir une certaine légitimité et peut-être de ne pas passer pour un parfait psychopathe de s’attacher autant à ces multiples photographies de la jeune femme, malgré toute la beauté de ces dernières. Mais le fait est que Malaya ne semblait pas penser cela. Bien au contraire, elle était toujours aussi captivée par ce que pouvait dégager chacune des photos. Il entoure de son bras ses épaules afin de la serrer contre lui, laissant ses lèvres se balader sur le corps de la jeune femme, pendant que celle-ci tente de garder un brin de concentration, pour regarder avec attention les photos. Elle s’arrête d’ailleurs sur une photo de eux deux, ensemble, dans cette même chambre où ils passaient bien plus de temps qu’ailleurs, où leur bonheur transparaissait sans le moindre doute à travers l’écran. Toutes les photos étaient finalement ainsi. Même celles réalisées par Malaya lorsqu’elle parvenait à arracher l’appareil photo des mains du jeune homme et à le prendre en photo, mêmes celles qui étaient floues, ou ratées racontaient une histoire, leur histoire. Celle d’une rencontre fortuite qui s’était rapidement transformée en une véritable histoire d’amour qu’ils avaient bien du mal à contrôler aujourd’hui. « On pourrait peut-être rester ici ? » Il relève la tête vers Malaya et affiche cette petite moue à laquelle elle avait bien souvent du mal à résister. Si elle était prête et terriblement bien apprêtée, il n’était, quant à lui, même pas encore passé dans la salle de bain. Ses cheveux étaient en bataille, il n’avait pas pris la peine d’enfiler autre chose qu’un vieux jogging et pour tout dire, il préférait largement rester ainsi à profiter de son temps avec Malaya plutôt que de se rendre à cet événement. Certes, celui-ci était relatif à quelque chose qu’il aimait tout particulièrement mais, rien ne faisait le poids face à Malaya. « Hunter, tu adores cet artiste. » Il l’adorait certes, mais à l’heure actuelle il s’en fichait éperdument. Il aurait tout le loisir de se rendre à des expositions une fois qu’il serait seul et à Londres. Une fois que leur histoire aurait atteint sa date de fin, une fois qu’il ne pourrait plus la voir, passer son temps auprès d’elle, la regarder, la serrer contre lui et l’embrasser comme il le faisait actuellement. Le fait est qu’il avait simplement envie de profiter de chaque minute, de chaque seconde auprès d’elle. Plus que d’assister à de quelconque exposition. « Mais toi, je t’adore encore plus. » Il la serre contre lui, avant de venir retrouver ses lèvres, glissant ses mains le long du corps bien trop attirant de la jeune femme. « Et ça sera guindé et pompeux là-bas. » Hunter n’était pas le genre d’homme à fréquenter les endroits réservés la plupart du temps à une élite aisée, ni même à exposer son argent auprès du reste du monde. Il ne faisait, de plus, bien trop souvent pas vraiment attention à son apparence, misant tout sur la simplicité, la neutralité. L’excentricité n’était de toute évidence pas du tout son genre. Il vivait bien, avait un compte en banque confortable mais n’éprouvait pas le besoin pour autant de faire parti de cette communauté bourgeoise qui adorait faire constamment l’inventaire de leur argent. Hunter était quelqu’un de simple, bien plus simple que pouvait l’être Malaya, il en était conscient mais c’était peut-être cela qui plaisait à la jeune femme, car ça lui permettait de s’échapper un peu de son quotidien, rythmé par le pouvoir et l’argent. Et la brune aimait assister à ce genre d’événement, elle se laisse bien rapidement convaincre par les gestes tendres de Hunter. Tous deux savaient de toute évidence comment faire valoir son opinion auprès de l’autre. « Et puis, c’est de ta faute, tu m’as aguiché avec cette robe. Je n’ai envie que d’une chose maintenant, c’est de te la retirer. » Lui glisse-t-il à l’oreille avant de laisser apparaître un large sourire, rapidement capturé par les lèvres de Malaya. Comme à leur habitude, leur présence de l’un et de l’autre, leur suffit amplement et prend totalement le dessus sur de quelconques activités extérieures. Parce que bien souvent, c’est eux contre le reste du monde. Eux contre leurs responsabilités extérieures, eux contre le retour à la réalité finalement. Ce n’est que le lendemain soir qu’ils décident enfin de voir la lumière du jour –ou plutôt de la nuit, et d’accepter une certaine forme de socialisation. Après avoir longuement fait état de l’insistance des amis locaux de Malaya, cette dernière avait finalement décidé de leur présenter Hunter. Et il s’était prêté au jeu, finalement ravi d’en apprendre davantage sur Malaya et ses fréquentations. Car malgré le fait qu’il passait le plus clair de son temps avec elle, il ignorait comment pouvait être la jeune femme en dehors de ces moments qu’ils passaient ensemble, et cela avait piqué au vif sa curiosité. Ils rejoignent les amis de la demoiselle dans un bar local où la musique couvre presque leur conversation. Malgré cela, l’ensemble du groupe d’amis de la jeune femme parvient à le bombarder de questions en tout genre. Tous semblent particulièrement intrigués de connaître l’homme qui partage actuellement la vie de Malaya, chacun de ses moments et qui l’accapare à leur détriment. Bien sûr, ils semblaient heureux de voir que Malaya l’était, mais tout autant qu’ils étaient interloqués par le fait qu’elle parvenait à maintenir une relation de plus de quelques jours. Il se prête pourtant à ce jeu des interrogations, même les plus indiscrètes, ne manquant pas de jeter quelques regards en biais vers Malaya, en souriant lorsque ressortaient quelques informations sur la belle Solano qu’il ignorait. La soirée continue, perdure et les différentes conversations vont bon train. Hunter se trouve même un centre d’intérêt avec l’une des amies de Malaya qui est venue s’installer juste à côté de lui, avec la photographie. Et s’il n’y a aucune ambiguïté apparente entre eux, l’enthousiasme du garçon pour sa passion est visible à vue d’œil. Tant qu’ils discutent longtemps –peut-être un peu trop longtemps selon Malaya qui, malgré le fait qu’elle est en plein débat avec ses amis, garde un œil sur Hunter, ou plutôt sur cette jolie blonde qui s’intéressait un peu trop à la photographie. Tant qu’elle commence d’ailleurs à se rapprocher de lui, officiellement afin de pouvoir communiquer plus facilement du fait de la musique assourdissant, et officieusement pour une raison que Hunter ne remarque même pas, bien trop épris par son discours. C’est Malaya qui vient mettre un terme à cette conversation en se levant, contournant la table et s’excusant auprès de celle qui ne devait pas être une amie si proche que cela, prétextant un besoin urgent de s’entretenir avec Hunter. Le garçon la suit avec un mince sourire, parce que cela faisait bien trop longtemps à son goût qu’il n’avait pas goûté à ses lèvres ou même qu’il n’avait pu se retrouver seul avec elle. Tant qu’il ne résiste pas à venir l’embrasser à la seconde où ils s’éloignent des autres, dans une petite ruelle calme à côté du bar. « Je n’aime pas quand je dois te partager avec d’autres. » Elle affiche cette petite moue boudeuse, comme si elle avouait là une quelconque faiblesse, ce qui fait immédiatement sourire le garçon qui dépose chacune de ses mains sur ses hanches, alors qu’elle, elle passe ses bras de part et d’autre de son cou. « Qui a dit que tu me partageais ? » Hunter avait tendance à ne pas voir le jeu que pouvaient jouer les autres femmes, plus encore il avait tendance à n’absolument pas voir les femmes autres que Malaya. Elle était la seule qui accaparait ses pensées, la moindre de ses réflexions et plus encore, son cœur. La brune attire Hunter contre lui, en arquant les sourcils, comme si elle n’était absolument pas dupe quant à la scène à laquelle elle venait d’assister, au contraire de lui, de toute évidence. « J’ai bien vu le regard qu’elle avait sur toi, cette façon qu’elle avait de te toucher le bras, de sourire et rire à tout ce que tu disais. » La jalousie de Malaya était évidente, et ceci eut le mérite de faire immédiatement sourire Hunter. Il n’était quant à lui, pas vraiment d’une nature jalouse, un brin possessif certes, mais pas vraiment jaloux. Quand bien même il n’était pas certain de ce que serait sa réaction s’il la voyait flirter avec qui que ce soit d’autre. Ceci étant, il trouvait la jalousie de Malaya particulièrement amusante et attendrissante, pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait absolument rien avec cette fille autre qu’un désir profond de la part d’Hunter de faire bonne figure devant les amis de la jeune femme. Parce qu’il avait envie de leur plaire pour Malaya, uniquement pour elle. « Tu es terriblement sexy quand tu es jalouse Lya. » Il lui glisse ses quelques mots, à voix basse avant de venir furtivement l’embrasser, puis de prolonger ce baiser qu’il aimerait infini. « Mais, franchement, à côté de toi, cette fille est bien fade. » Toutes paraissaient bien fades à côté de Malaya selon Hunter en réalité. Il ne voyait plus aucune fille, il ne voyait qu’elle. Elle l’obnubilait, elle l’obsédait, elle était la seule. L’unique et celle qui lui faisait de toute évidence bien trop tourner la tête, alors que la raison voudrait qu’il s’en éloigne le plus possible. Mais c’était impossible. Impossible parce qu’il était fou d’elle, qu’il aimait sentir sa peau contre la sienne, qu’il aimait l’odeur de son parfum, la sensation que provoquait en lui, chacun de ses baisers, chacune de ces fois qu’elle faisait glisser ses doigts sur sa peau, qu’elle passait ses mains dans ses cheveux, qu’elle s’emparait de sa nuque pour lui montrer que quelque part il lui appartenait. Et il aimait cette idée. Il aimait l’idée de lui appartenir parce que cela voulait aussi dire qu’elle lui appartenait. C’est en tout cas ce qu’illustraient leurs baisers, qui devinrent rapidement plus langoureux et plus sérieux. Assez pour que Malaya vienne y mettre un terme pour reprendre son souffle, mais surtout pour lui demander ce qui semblait être une évidence. « On rentre ? » Aussitôt, il sourit. Parce que c’est plus fort que lui, mais aussi et surtout parce qu’il partageait de toute évidence son état d’esprit actuel. « J’attendais que tu le proposes. » Il attrape la main de la jeune femme, se décollant d’elle afin de prendre le chemin du retour. « Tes amis sont supers, mais c’est avec toi que je préfère être. Juste toi. » C’était la stricte vérité et c’est ainsi qu’ils passèrent le reste du séjour. Tous les deux, juste tous les deux, profitant aisément de la présence de l’autre, sans se poser de question, sans se soucier du lendemain, vivant simplement au jour le jour, ces instants coupés du reste du monde, profitant de cet endroit où ils pouvaient avoir une véritable histoire. Jusqu’à ce que le patron de Hunter ne le rappelle pour une nouvelle affaire. Une affaire dans un nouvel Etat, une affaire à l’autre bout du monde, sur un sujet probablement passionnant. Mais un sujet qui n’était pas à Mexico et qui était par conséquent bien loin de Malaya… Un appel qui le ramène à la réalité et qu’il fut contraint d’accepter. Pourtant, il n’en lui en parle pas à la jeune femme. Pour la simple et bonne raison qu’ils ne parlent pas de départ, ni même de séparation. Bien sûr, ils savent pertinemment que c’est ainsi que cela va se terminer. Que Hunter allait être rattrapé pour son boulot, qu’il avait pourtant, depuis la première fois de sa vie, mis de côté pour quelqu’un et plus encore pour une femme. Si bien qu’ils passent leur dernière nuit comme les autres nuits, dans les bras l’un de l’autre, profitant du contact, des lèvres et du corps de l’autre, sans qu’elle conscience que c’était là, leur dernier moment. Puis le lendemain, c’est à contrecœur qu’il l’abandonne, alors qu’elle est encore endormie. C’est à contrecœur qu’il rassemble ses affaires et qu’il imprime ses billets d’avion. Il jette un dernier regard vers elle, vers celle qui allait bien trop lui manquer, arborant ce regard qu’il avait bien du mal à ne pas être rempli d’une tristesse évidente. Parce qu’il ne voulait pas la quitter, qu’il savait qu’il ne la reverrait plus avant un certain temps, et quand bien même il la reverrait, tout serait différent, tout serait terminé et plus jamais comme ici, à Mexico. Il prend tout de même soin de griffonner quelques mots sur un papier, histoire de lui faire connaître son départ. Il lui devait au moins ça. Leur histoire s’achevait de la même façon qu’elle avait commencée. Sur une note, par quelques mots distants et presque froids, mais qui en disaient toujours bien plus long qu’il n’y paraissait : Peut-être qu’on sera amené à se revoir. Mexico sans toi n’aurait pas eu la même saveur. PS : elle t’allait mieux qu’à moi. C’est avec un mince sourire qu’il dépose sa chemise à côté de la note, cette même chemise qu’elle avait porté durant ces quelques mois, bien plus que lui, qui lui allait à merveille et dont le souvenir resterait, comme chacun des moments partagés avec elle, gravés en lui.

_________________


    Love isn’t soft, like those poets say. Love has teeth which bite and the wounds never close ϟ ϟ


Dernière édition par Hunter Rosen le Sam 16 Avr - 20:46, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 19:20

Chapter four

Un an. Cela faisait presque un an qu’il n’avait plus revu ses sœurs, autre que quelques jours par-ci par-là, ou que par écrans interposés. Il avait enchaîné les déplacements professionnels qui s’étaient pour la plupart éternisés. Ces derniers mois, Hunter s’était plongé dans le travail, encore plus qu’à l’ordinaire et il avait demandé des sujets certes passionnants et prenants mais qui nécessitaient la plupart du temps qu’il parte à l’autre beau du monde, sans avoir pour autant le temps de rentrer chez lui pour souffler. De plus, il couvrait ces derniers mois, les campagnes des élections présidentielles américaines, ce qui lui demandait beaucoup d’énergie mais surtout beaucoup de temps. Si bien que cela faisait près de six longs mois qu’il était aux Etats-Unis et qu’il n’avait plus mis les pieds à Londres. Cependant, parce qu’on approchait des fêtes de fin d’années, son boss avait lâché du lest afin de faire prendre à ses employés une petite semaine de vacances bien méritées. Et si Hunter n’était pas franchement enclin à retourner à Londres, il l’était cependant de retrouver ses sœurs. Parce que tout ce temps sans pouvoir les voir, les prendre dans ses bras et les interroger sur leur vie –privée ou non- était un temps bien trop long à son goût. De plus, il était certain que Sofia et Ella le tueraient sur place s’il leur annonçait qu’il ne serait pas présent pour leurs traditionnelles vacances de noël. C’était important pour elles, alors ça l’était aussi pour Hunter. C’est ainsi qu’après huit longues heures d’avion, il pose enfin pieds sur sa terre natale. Il ignore pourquoi, mais il est nerveux. Pas de retrouver Ella et Sofia car il se languit de leur retrouvailles depuis l’instant où son patron lui a annoncé qu’il pourrait rentrer chez lui. Non, en réalité, ce qui l’inquiétait était surtout le fait de la croiser, par pure coïncidence, que ce soit ici à l’aéroport ou dans les rues de Londres. Ceci montrant donc à la perfection à quel point il n’avait pas tourné la page de sa relation avec Malaya Solano et ce même après de très longs mois loin d’elle et sans le moindre contact. Ils ne s’étaient pas revus depuis ce jour où il avait quitté leur hôtel à Mexico, laissant derrière lui qu’une simple note. Ils n’avaient pas eu le moindre contact, et avaient tout simplement tourné la page, retrouvant chacun de leur côté leur vie respective. Ou du moins, c’est ce qu’Hunter tentait de se convaincre quand il était clair que ce n’était pas vraiment ce qu’il avait fait. Alors oui, il avait eu quelques relations par-ci par-là avec des femmes, mais aucune ne semblait arriver à la hauteur de celle qu’il n’avait de toute évidence pas oublié. Aucune ne parvenait à le faire se sentir aussi vivant qu’avec elle, aucune ne lui faisait oublier, l’espace d’un instant son job, et aucune faisait battre son cœur comme il battait à tout rompre auprès d’elle. Et cela le rendait fou à bien des égards car il n’avait jamais ressenti cela auparavant. Au delà du fait qu’elle avait fait naître en lui bien des sentiments inconnus, c’était surtout le fait qu’il ne parvenait à la sortir de sa tête après tant de temps qui le troublait. Parce qu’il avait eu bon nombre de relations par le passé, et aucune n’avait laissé un souvenir aussi persistant dans son esprit. Il était à chaque fois, passé à autre chose sans réellement ressasser ses histoires. Sauf avec elle. Parce qu’avec elle, tout était bien trop différent et il avait bien du mal lutter contre ses images de leur histoire qui revenaient sans cesse. Il finit par laisser échapper un long soupire, las avant de chasser ces vilaines pensées de son esprit lorsqu’il tombe, en arpentant les couloirs de l’aéroport pour en rejoindre la sortie, sur un fleuriste. Un mince sourire s’affiche sur ses lèvres, plus pour lui-même que pour qui que ce soit alors qu’il choisit le plus beau bouquet. S’il avait ramené à ses sœurs un tas de cadeaux pour Noël –mais peut-être aussi pour se faire pardonner de ses absences à répétition, il avait aussi envie de marquer le coup. Et quelle femme résistait à un bouquet de somptueuses fleurs ? Quand bien même venaient-elle de l’aéroport. Et à peine a-t-il eu le temps de faire quelques pas de plus, quittant les couloirs d’embarquement qu’il les voit. Ella et Sofia. Toujours aussi resplendissantes, toujours aussi belles. D’ailleurs, il ne suffit que d’un regard à Ella pour abandonner sa sœur, courir vers lui, et lui sauter dans les bras, comme elle avait l’habitude de le faire depuis son plus jeune âge. Si bien que Hunter n’est ni étonné ni interloqué et encore moins déséquilibré. Bien au contraire, il abandonne un instant l’ensemble de ses affaires pour la serrer contre lui, affichant un ravissant sourire. Ce que cela pouvait faire du bien de la voir et de la serrer dans ses bras, elle mais aussi Sofia qui ne tarde pas, à son tour à venir l’enlacer. Derrière, Jay et Amelia ont même fait le déplacement. Il est content de les voir, tellement heureux qu’il ne parvient plus à effacer son sourire de ses lèvres, et tellement heureux qu’il finit par oublier son angoisse de croiser Malaya. Profitant simplement de la présence de ses amis et de ses sœurs pour rattraper le temps perdu. Il eut d’ailleurs un mal fou à les abandonner, parce que ces quatre personnes qui se trouvaient à l’heure actuelle devant lui étaient tout bonnement les seules et uniques à susciter pour lui son intérêt et qui le retenaient et l’incitaient à revenir à Londres. Elles étaient sa vie tout simplement. Ils passèrent une bonne partie de la journée ensemble, autour d’un verre, afin de partager les dernières anecdotes de la vie de chacun. Ce qui était rafraichissant et terriblement apaisant pour Hunter. Être avec eux était l’un de ses plaisirs simples de la vie. Ils ne se séparent que tard dans la soirée, laissant chacun regagner son domicile alors qu’ils se retrouveraient le lendemain. Car le lendemain obéissait à une tradition que les Rosen et les Daniels entretenaient depuis plusieurs années, depuis la mort du couple Rosen en réalité. C’était donc chez les Daniels qu’ils passaient toujours les périodes de fêtes. Cependant, avant toutes festivités et parce que cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas mis un pied chez lui, Hunter mis un point d’honneur à mettre de l’ordre dans son appartement mais aussi et surtout dans l’ensemble de ses bagages qu’il transportait de ville en ville sans jamais les vider. Si bien que son appartement devint rapidement un véritable chantier. Cette vision fit d’ailleurs beaucoup rire Sofia qui avait décidé de passer en avance chez lui pour rejoindre la demeure des Daniels ensemble. Ce n’est pas pour autant qu’elle décide de l’aider, bien au contraire, elle s’étale sur son lit et s’empare de son ordinateur afin de flâner sur internet en jetant quelques regards amusés vers son frère qui tente de trier et ranger tout ce qu’il a accumulé ces derniers mois. Sa valise étalée sur le lit est un vrai bazar. « C’est à qui ça ? » Un mince sourire éclaire le visage de Sofia qui attrape au fond de la valise un gilet de femme, qui n’appartenait de toute évidence pas à Hunter. Ce dernier lève les yeux vers le fameux gilet et un nœud se forme immédiatement dans son estomac. « A Daisy, elle l’a probablement égaré. » Son ton est un peu plus brusque qu’à l’ordinaire, ce qui interpelle bien évidemment Sofia qui fronce les sourcils, alors que Hunter récupère immédiatement le gilet qu’il remet dans sa valise sans un mot, ni même une explication de plus. Car en vérité, ce gilet n’appartenait pas à Daisy. Ce gilet n’était autre qu’à Malaya qui avait dû pour le coup, elle, l’égarer et devait probablement se demander ce qu’elle en avait fait. Il n’avait pu se résoudre à aller lui rendre, ni même à s’en débarrasser, si bien qu’il le gardait constamment dans sa valise, au fond, comme une référence du passé, toujours présent. D’un passé qui lui manquait parfois bien trop. Sofia l’interroge du regard mais finalement, elle décide de reporter son attention à l’ordinateur face à l’ignorance de Hunter qui continue son rangement, cherchant en même temps les vêtements qu’il allait pouvoir mettre pour le dîner chez les Daniels. Ce n’était pas quelque chose de guindé, mais plutôt de casuel et familial mais il se devait tout de même de faire un effort vestimentaire. Il montre une chemise vers Sofia, cherchant son approbation. Elle secoue la tête en guise de réponse négative et il grimace avant de chercher autre chose. Elle avait toujours eu de meilleurs goûts que lui en matière de vêtements, si bien qu’il lui faisait aveuglément confiance en la matière. « Alors comment c’était Washington ? » Sans lever les yeux vers elle- ne voyant donc pas, par conséquent ce sourire en coin qu’elle arbore, le garçon répond à sa jeune sœur de la manière la plus normale qu’il soit. « Bien. Les américains sont plus sympas qu’il n’y paraît ! » Il affiche un mince sourire moqueur, au souvenir des rencontres qu’il a pu effectuer durant son séjour avant de lever une autre chemise à l’approbation de Sofia. Cette fois, elle hoche la tête. Parfait. Il la met de côté avant de s’emparer d’un jean noir qui ferait parfaitement l’affaire. « Et les américaines ? » Il lève immédiatement les yeux au ciel à la mention de cette question. Il détestait lorsque Sofia, ou pire encore, Ella posait ce genre de question. Parce qu’il n’aimait pas s’étendre sur sa vie privée, qu’il n’y avait rien de très intéressant à dire et qu’il ne pouvait absolument pas mentionner ce qu’il se passait actuellement dans sa tête. « Rien de bien sérieux. » Il prend l’air le plus détaché possible pour donner le change, haussant nonchalamment les épaules. Après tout, c’était vrai, il n’avait rien eu de sérieux avec de quelconque américaine. Il avait parfois passé ses nuits en charmante compagnie, mais la plupart avaient été faite seul, ou bien avec Daisy. Pensant enfin être tranquille, il range le reste de ses affaires dans la penderie et l’armoire murale qui longe tout un côté du mur de son appartement. « C’est vrai, tu préfères les anglaises toi, ou devrais-je dire, les colombiennes… » Il manque de s’étouffer et de perdre l’équilibre lorsqu’il entend ce que vient de dire Sofia. Il se tourne immédiatement vers elle, en fronçant les sourcils. Etait-elle au courant ? Comment pouvait-elle l’être ? Qu’était-elle en train d’insinuer ? Il l’interroge sur regard, comme pris tout à coup d’une panique mêlée d’une incompréhension qu’il a bien du mal à cacher. « Ce n’était pas à Daisy le gilet n’est-ce pas ? » Sofia affiche un charmant sourire, bien trop fière de ce qu’elle était en train d’avancer et surtout d’insinuer, laissant son frère quelque peu circonspect et sans voix. Tant qu’il ne lui répond pas. Il se contente de la regarder avec cet air totalement dubitatif, espérant qu’elle n’avait pas tout découvert, et si tel était le cas, espérant qu’elle lui explique comment. Sofia avait toujours été bien plus tolérante envers Daisy que n’avait pu l’être Ella, mais elle semblait pourtant bien trop heureuse que ce gilet ne lui appartienne pas. « Ella sait que toi et Malaya vous … ? » Elle lui lance un regard entendu, qui voulait clairement en dire long, alors que le simple fait d’entendre à voix haute ce qu’il avait cru comprendre lui glace encore plus le sang. Il ne cesse de froncer les sourcils, l’interrogeant du regard. Ce n’est que lorsqu’elle tourne l’écran d’ordinateur dans sa direction affichant une photo de Malaya et lui, s’embrassant devant le palais des Beaux-Arts de Mexico, offrant un cliché, d’un point de vu essentiellement photographique exceptionnel, qu’il comprend. A la vue de cette photo, Hunter écarquille les yeux alors qu’il récupère immédiatement son ordinateur, bien qu’il sait pertinemment que Sofia doit déjà avoir parcourue une bonne partie des si nombreuses photos qu’il avait pu faire à Mexico et qui exposait à la perfection son histoire avec Malaya. Il bougonne, visiblement agacé alors qu’il se maudit intérieurement d’être si naïf de laisser si aisément ses proches utiliser son ordinateur en pensant qu’ils ne feraient pas d’ingérence dans sa vie privée et viendrait y fouiner. « Non. Et elle ne doit pas le savoir. » Son ton est cette fois-ci bien moins sympathique, alors qu’il éloigne le plus possible son ordinateur de sa sœur. C’était trop tard, mais il ne voulait tout simplement plus qu’elle y touche. Pas après avoir découvert qu’il avait eu une liaison avec Malaya, qui n’était autre que la meilleure amie de leur plus jeune sœur, Ella, qui ignorait tout de cela. Et s’ils ne souhaitaient pas mourir dans d’affreuses souffrances, ceci devait rester ainsi. « Ca n’a pas d’importance, ce n’était rien d’autre qu’un flirt sans intérêt à Mexico. » Il tente comme il peut de donner à nouveau le change, faisant croire à sa sœur que cette histoire ne signifiait rien de plus que celles qu’il avait finalement pu avoir par le passé ; mais évidemment, elle ne semble pas dupe et sourit de plus belle alors qu’elle croise les bras sur sa poitrine. « Ca m’avait pas l’air d’être juste un flirt quand même ! » Elle utilise cette petite voix un brin ironique qui l’agace car il sait qu’elle a compris. Elle le connaît assez pour savoir comment il se comporte lorsqu’il est heureux et comment le lire dans son regard et plus encore dans son sourire. « Sofia. » Il soupire, l’assénant de l’un de ses regards désapprobateurs et foudroyants. Parce qu’il n’aimait pas ce que sa sœur insinuait et qu’il aimait encore moins être démasqué. Il finit cependant, par détourner le regard, alors qu’il attrape ses vêtements, histoire d’aller se réfugier dans la salle de bain, évitant soigneusement un flot de questions auquel il n’était pas prêt à répondre. « Peu importe de toute manière, c’est terminé maintenant. » dit-il sur le chemin, énonçant finalement la cruelle vérité. Cela faisait de très longs mois qu’il n’avait plus revu Malaya et il était à peu près sûr qu’il était le seul à avoir autant de mal à reprendre le cours normal de sa vie et à passer à autre chose. Il était misérable et il s’en rendait bien compte. D’ailleurs cela n’avait pas échappé à Sofia qui saute immédiatement du lit pour lui barrer la route vers la salle de bain. « Tu as un vrai souci avec les femmes Solano, grand frère ! » Elle commence à rire, défiant Hunter du regard qui supporte difficilement que sa petite sœur se moque ainsi. D’autant qu’il lui arrivait bien trop souvent d’oublier que Malaya était belle et bien la grande sœur de Sara. « Elles sont au courant ? » Aussitôt, Hunter secoue la tête négativement. Il n’avait jamais mentionné à Malaya qu’il avait eu il y a longtemps de cela une histoire avec sa sœur. Pour la simple raison que pour lui, cette histoire appartenait au passé, qu’elle n’avait pas véritablement eu grande importance pour lui et qu’il n’avait quelque part, pas envie de risquer ce qu’il vivait avec Malaya pour une histoire telle qu’elle. Alors oui, si cela venait à se savoir, cela lui retomberait probablement dessus, mais c’était un risque qu’il avait été prêt à prendre au moment où il ne voulait surtout pas compromettre son idylle avec Malaya. « Moi, tout ce que je vois c’est que tu avais l’air heureux sur ces photos. » Elle affiche finalement un sourire plus doux, lui pressant doucement le bras, comme pour lui faire comprendre quelque chose qu’il n’est de toute évidence pas prêt à accepter. Si bien qu’il contourne sa sœur sans un mot de plus et s’enferme dans la salle de bain histoire d’obtenir la tranquillité qu’il méritait. Le sujet n’est plus mentionné entre les deux aînés Rosen, au plus grand bonheur de Hunter qui n’avait pas la moindre envie de se justifier et surtout de s’exposer à qui que ce soit. Il l’avait assez fait auprès de Jay comme cela. Car Jay était bel et bien le seul qui était au courant de cette histoire et qui avait pu comprendre à quel point il avait malheureusement pu s’attacher à Malaya. Mais c’est surtout l’arrivée d’Ella qui dissuade Sofia de parler davantage de ce qui devait de toute évidence rester de l’ordre du secret. Retrouver la famille Daniels, partager auprès d’eux un repas convivial et familial lui fait un bien fou. Les Daniels ont toujours été une seconde famille pour lui. Si bien qu’il était parfois bien plus proche de Julia et William Daniels qu’il ne pouvait l’être de ses propres parents à l’époque. Le repas est d’ailleurs rythmé par les anecdotes toujours passionnantes du père de famille qui ne manque pas de conter son expérience en tant que chef de la police de Londres. Il a d’ailleurs un auditoire toujours très à l’écoute. Sauf peut-être Hunter et Faye qui ont bien trop souvent du mal à se prêter aux autres conversations lorsqu’ils commencent à parler art. C’était ainsi qu’il aimait passer son temps à Londres et c’était ainsi qu’il se rappelait à quel point ils pouvaient lui manquer lorsqu’il s’envolait aux quatre coins du monde, les laissant derrière lui. « Alors avec Jillian ? » Adossé au mur de la maison, côté jardin, Hunter allume sa cigarette avant de redonner le briquet à son propriétaire. Les deux meilleurs amis avaient profité d’une pause au milieu du repas pour aller consommer leur dose de nicotine mais aussi et surtout pour, quelque part se retrouver et discuter de choses dont ils ne pouvaient décemment parler devant tout le monde. En commençant par Jillian, qui était celle qui partageait la vie de Jay depuis plusieurs années maintenant. Hunter n’était le genre à se mêler des affaires des autres, mais il n’avait pu se résoudre à constater qu’entre eux les choses étaient compliquées, bien plus compliquées qu’elles semblaient l’avoir été par le passé. « Tu sais, on fait aller. » lâche seulement Jay en haussant les épaules, avant d’à son tour allumer sa cigarette. Hunter savait que Jillian avait toujours été présente pour Jay, bien plus que lui-même n’avait été là pour son meilleur ami et quelque part, il lui en était reconnaissant. Parce qu’il n’avait pas toujours été là dans les moments difficiles au contraire de la jeune femme qui semblait avoir une force impressionnante, malgré son petit gabarit. Cependant, ces derniers temps, les disputes semblaient de plus en plus fréquentes et Hunter avait plusieurs fois surpris son meilleur ami complètement ailleurs et distant avec Jill. « Tu sais, si ce n’est plus ce que tu veux, tu devrais pas t’enfermer dans quelque chose comme ça… » Tout ce que Hunter voulait et avait toujours voulu, c’était simplement que Jay soit heureux et il n’était plus vraiment certain que c’était ce que Jillian lui apportait, malgré toute l’amitié qu’il éprouvait pour elle. « Ca va. » Hunter soupire en regardant son ami, qui ne faisait de toute évidence pas le moindre effort pour être convainquant. Cependant, il ne dit rien de plus, si Jay avait envie d’en parler, il était là, mais il n’était absolument pas le genre à vouloir s’introduire dans la vie privée de ses proches, pas même celle de son meilleur ami. « Et puis, entre toi et moi, je pense que tu n’es pas mieux que moi hein. » Jay le défit du regard, arborant un petit sourire en coin, faisant de toute évidence là, référence à son histoire, bien que passée, mais finalement encore présente -dans son esprit au moins-, avec la belle Malaya Solano. Hunter ne peut s’empêcher de sourire, parce qu’au final, c’était Jay qui avait raison. De plus, ce dernier était de toute évidence très fort pour changer de sujet. « Tu devrais aller la voir pendant que tu es en ville. » Hunter inspire longuement sur sa cigarette, comme-ci la bouffée qu’il était en train de prendre était révélatrice de son état actuel. Il s’installe alors sur le petit muret qui borde les marches de l’entrée de la maison, avant de reporter son attention sur Jay, sans pour autant lui répondre quoi que ce soit. Hunter prenait les conseils de son meilleur ami, il les avait toujours pris et la plupart du temps suivi, mais cette fois, il n’était pas question pour lui d’aller rendre une visite impromptue à Malaya. Parce que Londres regorgeait de personnes que tous deux connaissaient et qui pourraient bien trop rapidement ébruiter cette rencontre et en tirer les conséquences, mais aussi et surtout parce qu’il ne voulait pas la voir. Enfin, en soit, il mourrait d’envie de la voir, mais il se forçait à assimiler le fait que cette histoire était belle et bien terminée et sans le moindre futur, malgré tout ce que pouvait dire Jay. « Faye m’a dit qu’elle était rentrée chez elle quelques jours après que tu sois parti de Mexico. Tu étais la seule raison qui la retenait là-bas. Tout comme elle était la tienne. » Jay pouvait être agaçant. Très agaçant. Parce qu’il avait constamment les mots adéquats pour révéler bien plus qu’il ne voudrait révéler, qu’il savait lire en lui sans qu’il n’ait à avouer quoi que se soit et qu’il le connaissait probablement bien plus qu’il ne se connaissait lui-même. « Elle est probablement passée à autre chose. » dit-il presque à voix basse, de peur qu’on l’entende. Il avait bien trop l’habitude qu’être épié avec Ella et Sofia. Et sa relation avec Malaya était quelque chose qu’il ne comptait pas ébruiter, sous aucun prétexte. Personne ne devait savoir, et encore moins Ella qui les tuerait probablement l’un après l’autre sur place en l’apprenant. Il avait dit cela sans pour autant le penser, ou du moins il espérait quelque part, le contraire. Il espère sincèrement qu’elle est aussi misérable qu’il ne l’est en ce moment, qu’il hante autant ses pensées qu’elle ne hante les siennes, quand par ailleurs, il se convint que ce n’est pas le cas pour pouvoir avancer. « Mais toi non. » Hunter lève les yeux au ciel. Décidemment, Jay était bien trop perspicace à son goût. « Il y a Ella. » C’était tout le problème de cette relation. Au delà du fait qu’il ignorait si ici, à Londres, loin de l’insouciance de Mexico, avec une famille comme la sienne et un boulot aussi prenant que le sien, les choses puissent réellement marcher entre eux ; il savait surtout qu’elles n’avaient pas d’avenir à cause d’Ella. Car Ella était bien trop catégorique sur toutes les femmes que Hunter pouvait fréquenter et plus encore, elle serait probablement terriblement blessée d’apprendre qu’il avait passé des mois à l’autre bout du monde à batifoler avec sa meilleure amie, plutôt que de rentrer pour être auprès de sa jeune sœur, comme elle lui demandait constamment de faire. Et la blesser était la dernière chose qu’il souhaitait. Si bien que la garder dans l’ignorance semblait la seule et unique solution qui s’offrait à lui. « Ella finira par s’y accommoder. » Jay semblait sûr de lui, au contraire de Hunter qui était persuadé du contraire. Ella lui en voulait déjà de ne pas être assez présent, il était persuadé que lui avouer la vérité pourrait faire des dégâts irréparables, dégâts qu’il n’avait de toute évidence pas envie d’affronter. Ce n’était pas de la lâcheté, simplement, il n’avait la chance de voir sa sœur que quelques jours, si bien qu’il n’avait pas envie de les gâcher en parlant d’un sujet qui n’en valait plus vraiment la peine. D’ailleurs, Hunter s’apprête à énoncer son point de vu mais juste avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, quelqu’un vint le couper dans son élan. En effet, Ella vient de sortir de la maison pour les rejoindre. « De quoi vous parlez ? » Elle affiche un ravissant sourire, ne s’imaginant pas à quel point sa question pouvait être gênante. D’ailleurs, Jay et Hunter ne manquent pas de s’échanger un regard qui veut en dire long. Le blond le pousse à prendre les choses en mains et à tout avouer à Ella, mais Hunter décide d’ignorer cette partie de ce qu’ils ont pu s’échanger en un seul regard. « Rien. Des trucs de mecs ! » Jay le regarde, interloqué alors qu’il laisse échapper un rire moqueur, Hunter était un pitoyable menteur. Cependant, Ella ne semble pas en faire état. Elle se contente d’esquisser un sourire et de venir étreindre son frère, s’installant sur ses genoux comme elle avait l’habitude de le faire depuis son plus jeune âge, peut-être parce qu’ils venaient à peine de se retrouver et qu’elle avait tout bonnement envie de tout lui passer. « Oui, je sais que je suis ta sœur préférée et que je te manque terriblement, Rosen. » Pour le coup, Hunter n’était pas mécontent que Ella ne joue pas les curieuses et affiche un large sourire, la serrant contre lui. Parce qu’elle avait finalement pas tout à fait tort. Alors, pourquoi viendrait-il ruiner l’ambiance qui régnait en lui parlant de quelque chose qui viendrait la blesser alors que ça n’était pas d’une importance capitale et plus encore, plus d’actualité ?


Alors qu’il dort profondément, confortablement installé dans son lit, celui dont il avait presque oublié les bienfaits à force d’être constamment en déplacement, quelque chose vient le réveiller en sursaut. Son téléphone se met à sonner et immédiatement il se tourne vers la table de nuit, où le petit appareil bouge au rythme du vibreur. Il avait d’ordinaire le sommeil plutôt lourd, si bien qu’une sonnerie de téléphone n’avait pas pour habitude de le réveiller, mais il attendait un coup de fil de la plus haute importance. Ou du moins l’avait-il jugé ainsi pour la rédaction de son article. Hunter avait depuis quelques semaines, pris la décision de rentrer au bercail pour un certain temps. Sa sœur avait été victime d’un accident qui avait réduit à néant ses rêves de devenir un jour danseuse étoile et elle était au plus mal. Alors, même s’il savait qu’Ella était constamment présente auprès de sa sœur pour l’épauler et l’aider dans sa rééducation, Hunter avait jugé logique et naturel de rentrer pour s’occuper de Sofia. Elle jurait ne pas avoir besoin de son aide bien sûr, mais il en avait lui-même décidé autrement, si bien qu’il avait fait la demande à son supérieur de l’affecter à des sujets locaux. Il n’avait jamais fait une telle requête, pas même après la mort de ses parents. Mais Sofia était pour lui, bien plus importante et il commençait ces derniers temps, sans réellement savoir pourquoi, à avoir le mal du pays. Alors il avait retrouvé ses terres natales et avait été affecté à un nouveau sujet qui n’en demeurait pas moins intéressant. Bien au contraire. Il travaillait de concert avec Daisy- qui ne pouvait décidément pas se passer de lui, tant qu’elle avait elle aussi pris l’initiative de rentrer à Londres. Un mal pour un bien selon elle et qui ravissait Hunter, parce qu’il travaillait toujours bien mieux avec elle. Il jette d’ailleurs un bref regard dans sa direction, afin de vérifier que ce vacarme ne l’avait pas réveillé avant de s’emparer de son téléphone et de décrocher. Jared était à l’autre bout du fil et il l’appelait sans tenir compte du décalage horaire – car lui, avait été affecté dans une nouvelle mission à l’autre bout du monde. Cependant, Hunter lui avait demandé de l’appeler à la moindre information, qu’il s’agisse du jour ou de la nuit, ce qu’avait bien entendu fait son ami. Jared était en contact avec un petit dealeur sans le moindre intérêt qui lui avait fourni quelques informations il y a longtemps de cela contre un peu de cocaïne. Depuis, les deux hommes s’étaient liés d’amitié sans que cela soit réellement compréhensible pour Hunter. Cela étant dit, cette amitié lui servait aujourd’hui bien pour son article, relatif au trafic de stupéfiants à Londres. Un sourire apparaît sur son visage à mesure que la conversation se déroule et lorsqu’il raccroche il se tourne immédiatement vers Daisy, encore profondément endormie. « Daisy, Daisy réveilles toi ! » Il la secoue sans la moindre douceur. Il n’avait plus le temps pour cela. Elle pousse quelques grognements alors qu’elle se recroqueville sur elle-même pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas la moindre envie de se réveiller. Mais sous l’insistance de Hunter, elle en fut pourtant contrainte. Elle ouvre un œil et devant l’excitation évidente de son collègue, ami et ces derniers temps un peu plus, elle soupire. « Il faut qu’on y aille, Jared vient de m’envoyer un message, d’après son contact, il y a une rencontre ce soir avec le boss ! » Il tenait sa première véritable piste après moult recherches infructueuses qui l’avaient rendu terriblement fou. Cela faisait bientôt trois mois qu’il travaillait sur ce papier et rien. Le néant. Jusqu’à ce que l’ami de Jared n’accepte de leur donner une information capitale. Celle de la rencontre d’un gros client avec celui qui dirigeait le cartel. Celui qui donnerait toute la valeur et tout l’intérêt à son papier. Celui qu’il ne pouvait sous aucun prétexte rater. « Hunter, il est quatre heures du matin ! » Daisy soupire en regardant l’heure sur son téléphone avant de s’écrouler à nouveau sur le lit, replongeant sous la couette. La nuit avait été courte et visiblement pas suffisante pour la jolie blonde. Il faut dire que les nuits qu’ils passaient ensemble étaient toujours agitées et les privaient sans aucun doute de tout sommeil. « Je sais mais ça ne se reproduira surement pas, il fait rarement des transferts lui-même. » C’était le propre d’un leader de cartel. Ce n’était jamais eux qui allaient sur le terrain, ce n’était pas eux qui prenaient les risques et encore moins eux qui pouvaient se faire arrêter en pleine transaction. Mais d’après les informations pourtant moindre que Hunter avait réussi à récupérer après bons nombres de manœuvres et quelques menaces au passage, le magna de la drogue avait un léger problème d’égo et il avait de temps à autres besoins de tester ses capacités à effectuer le meilleur deal possible. Hunter saute du lit et enfile rapidement son jean qu’il a laissé traîner là, la veille ; puis le reste de ses vêtements à une vitesse folle. Il ne s’est jamais préparé aussi rapidement. Il met ses chaussures et attrape son appareil photo, illustrant un Hunter particulièrement exalté face à la perspective que pourrait prendre cette information. Fin prêt, il la regarde, insistant pour qu’elle sorte enfin du lit. Mais elle n’a toujours pas bougé et le regarde comme si elle se trouvait devant quelque chose de totalement insensé. Quelque part, cela l’était, mais ça faisait aussi et surtout parti de leur métier. « Je suis crevée, et c’est ta faute Rosen. » Hunter ne peut s’empêcher de sourire doucement, il n’était pas peu fier d’être la cause de sa fatigue. « Fallait pas débarquer chez moi hier soir ! » Il hausse alors les épaules arborant cet air totalement innocent qu’il maîtrise à la perfection. Si Daisy et Hunter n’avaient absolument rien d’un couple et n’en seraient probablement jamais un, ils finissaient pourtant toujours par se retrouver dans le même lit. Et c’était quelque chose qui arrivait de plus en plus fréquemment depuis leur retour à Londres. Parce que cela lui permettait de penser à autre chose qu’à Malaya et surtout, cela lui permettait en quelque sorte de tourner la page, dans la mesure du possible. En vérité, c’était surtout un moyen pour lui de se prouver qu’il n’était plus attaché à Malaya et ce même lorsqu’il devenait totalement fébrile et ridicule quand il lui arrivait de la croiser dans les rues de Londres. Ceci même trois ans après la fin de leur relation qui n’avait absolument pas eu la moindre suite. Il regarde une dernière fois Daisy qui lui fait comprendre qu’elle ne viendra pas, lui laissant le champ libre. Il soupire mais cela ne l’arrête pas pour autant. L’aboutissement de ce rendez-vous était bien plus important que la présence de Daisy. Au beau milieu de la nuit, alors que la fraicheur ambiante vient lui glacer le visage, Hunter se rend sans plus attendre sur le lieu du rendez-vous où devait avoir lieu le fameux échange. Il se place à un point stratégique. En retrait certes, mais qui lui permet surtout de ne pas être vu et de pouvoir prendre quelques clichés volés sans que personne ne s’en aperçoive. De là où il se trouve, étendu derrière une colline, il ne peut pas distinguer les visages des personnes qui se trouveront peut-être devant lui d’ici, il l’espère quelques minutes, mais il sait que le zoom de son appareil photo fera le travail pour lui. Il attend un bon moment avant qu’il ne se passe quoi que ce soit. Mais lorsque deux personnes, toutes deux vêtues de noir viennent se rencontrer, il lève immédiatement son appareil photo qu’il dresse devant son œil droit, plissant l’autre et règle le zoom à toute vitesse. A travers l’objectif, il ne parvient à distinguer qui sont ses personnes. D’autant que la scène qui se déroule devant lui ne dure qu’une fraction de seconde avant que les deux hommes ne se quittent après un simple échange de mallettes. Il fronce les sourcils, ne s’attendant pas à ce que l’échange soit aussi rapide. Quelque chose devait lui échapper. Mais une chose était certaine, il avait en sa possession des photos et c’était tout ce qui importait. Il prend du recul, afin d’être totalement hors champ de qui que ce soit et jette un œil aux clichés. Certains sont flous, ce qui le fait immédiatement soupirer. Mais d’autres sont bien plus nets. Et immédiatement, quelque chose retient son attention. L’un des hommes lui semble familier. Et c’est celui qui est présumé être le leadeur qui retient son attention. Celui-ci, malgré la pénombre n’est pas un inconnu. Cependant, il n’arrive dans un premier temps pas à mettre un nom sur ce visage. Il n’arrive pas à savoir où il a vu cet homme et qui il est. Il s’agace un instant, faisant marcher sa mémoire. Jusqu’à ce que cela ne lui revienne. Il écarquille les yeux et reste pétrifié un moment. Il sait qui est cet homme. Hunter met un temps fou avant de reprendre ses esprits. Il met un temps conséquent à se redresser et plus encore à se lever pour regagner son appartement, laissant son esprit vagabonder à une série infinie de questions. De questions qui ne trouvent la moindre réponse et qui l’angoissent à mesure qu’il y pense. Pourtant, d’une certaine manière, tout prend un sens dans son esprit. Car cette personne qui se trouvait à l’intérieur de son appareil photo expliquait bien des choses. Ce pourquoi Sara et Malaya avaient toujours été terriblement secrètes sur leur famille, ce pourquoi elles semblaient toujours chargées de choses mystérieuses, obscures et dangereuses, pourquoi elles parlaient si souvent de devoir, et de loyalisme et qu’elles le maintenaient constamment éloigné de tout contact avec leur famille. Tout s’expliquait certes, mais il avait à cet instant l’impression que l’on venait de lui transpercer le ventre d’un couteau et qu’on s’amusait inlassablement à le remuer dans la plaie. Il met un temps fou avant de parvenir jusqu’à chez lui, pris d’un état second et d’une réflexion intense, trop intense sur la découverte qui venait de s’offrir à lui. Lorsqu’il rentre, Daisy dort toujours à points fermés. Il ne lui accorde la moindre importance, s’empare de son ordinateur, du câble de son appareil photo et file à la demeure familiale sans plus attendre. Celle où malgré le décès de ses parents, Ella et Sofia vivaient aujourd’hui. Il savait qu’à une heure aussi matinale, personne ne serait réveillé et c’était exactement ce qu’il souhaitait. Car à cet instant, tout ce dont il avait besoin était de se retrouver seul. Complètement seul. Il passe des heures à faire des recherches sur son ordinateur, comparant inlassablement les photos avec le visage que lui proposait le moteur de cherche lorsqu’il tapait le nom de Diego Solano. Et ses recherches retombent toujours au même point. Il s’agissait indéniablement et irrémédiablement de Diego Solano, le géniteur de Malaya et Sara. Ce dernier était celui qui faisait marcher l’ensemble du réseau de drogue de la ville, et de ses alentours. Il était celui qui écumait ces merdes qui étaient responsables de la mort de nombreuses personnes, il était celui qui tuait sans le moindre scrupule ses adversaires et celui qui devait sans nul doute finir sa vie en prison. Il reste devant ces photos pendant très longtemps, après être venu à bout de ses recherches. Il se sent tout à coup totalement vide. Il n’a plus la moindre énergie et son corps semble le lâcher. Il se laisse alors tomber au fond du canapé, fermant son ordinateur portable afin de ne plus subir cette vision qui le met dans un état auquel il ne s’était attendu. Diego Solano, le père de Malaya, celui qui faisait la une des magazines pour sa réussite professionnelle, celui qui était apprécié et adulé de beaucoup pour son charme et pour sa capacité à gérer les affaires, n’était autre qu’un trafiquant de drogue qui vivait sur la faiblesse, la dépendance et la maladie des autres. Il n’était qu’un criminel et Hunter ne doutait pas une seule seconde que son fils, fait à l’image de son père et qu’il n’avait jamais aimé, devait lui aussi faire partie de ce business sous-terrain meurtrier. L’espace d’un instant il se dit que Malaya ne peut pas être au courant. Que ce n’est pas possible, qu’elle est bien trop douce, droite et honnête pour s’adonner à ce genre de pratiques mais il se rend rapidement à l’évidence qu’il se voile la face. Il sait à quel point elle est proche de sa famille et l’interprétation des moindres mots qu’elle a pu lui dire le ramène rapidement à la réalité. Elle était forcément au courant de cela, et peut-être en faisait-elle, elle aussi partie. D’autant qu’il se souvient de cette conversation qu’il avait eu avec elle, quant à sa présence à Mexico. Elle était là, suite à un léger différend avec sa famille. A cette époque, Hunter n’en avait pas fait cas, parce que les différends dans les familles étaient récurrents, lui-même pouvait en attester. Peut-être était-il en train de se monter la tête, mais il présumait que celui-ci avait tout à voir avec leur business illégal et illicite. Et à cet instant, il est écoeuré, blessé, meurtri par ce constat. Il se sent dupé et trompé. Il avait passé des mois auprès d’elle. Il s’était attaché à elle, il était tombé amoureux d’elle, bien plus qu’il n’aurait dû, bien plus qu’il ne l’avait jamais été. Elle avait pris possession de son cœur et il n’avait pu l’oublier. Elle était celle qui faisait naître en lui ce sentiment que les films romantiques américains appelaient la passion, l’amour avec un grand A. Et elle était celle qui venait de le briser en une fraction de seconde. Il avait perdu tellement de temps. Elle s’était encrée en lui et durant ces trois dernières années il n’avait fait que penser à elle, alors qu’elle n’était rien d’autre qu’une criminelle responsable de la mort de tellement de personnes. Il a un haut le cœur, il a envie de vomir. Parce qu’il était tombé dans les filets de cette femme qu’il ne connaissait finalement pas, de cette personne qui était une parfaite étrangère et qui lui avait menti pendant tout ce temps. Il ignorait qui elle était. Elle n’était plus celle avec qui il avait passé ses jours et ses nuits à Mexico, celle à qui il avait eu envie de dire je t’aime à de si nombreuses reprises, elle n’était pas celle qu’elle prétendait être et il avait simplement l’impression de s’être fait avoir comme le dernier des imbécile. Voilà ce qu’il était, un parfait idiot qui payait le prix fort de ressentir autant de choses envers une femme qui n’était autre qu’un assassin. Un nœud se forme au fond de son estomac alors qu’il lutte actuellement contre lui-même, le regard rivé dans le vide. Qu’allait-il pouvoir faire ? Que devait-il faire de ces photos ? Il connaissait la réputation de ces personnes, il était pleinement conscient que ce genre d’exposition, de délation le mettrait dans une position délicate et plus encore dangereuse. Il risquait sa vie en dénonçant cet homme, malgré le fait qu’en soit, ces photos n’étaient à elles seules pas suffisantes pour monter un véritable dossier contre eux. Mais l’exposer pour son article ferait naître l’intérêt des forces de l’ordre et susciterait la mise en route d’une action et d’une véritable investigation à leur encontre. Et peut-être finiraient-ils tous en prison, à l’exact endroit où ils méritaient sans l’ombre d’un doute d’être. La logique voudrait qu’il publie ces photos, et qu’il les donne directement aux autorités. Quand, son cœur, encore endolori lui dictait pourtant le contraire. Car une partie de lui voulait encore protéger Malaya de tout cela, une partie de lui espérait encore, d’une certaine manière qu’elle ne lui avait pas menti sur toute la ligne et que quelque part, elle était toujours celle qu’il croyait connaître. Qu’elle n’était pas une mauvaise personne et qu’elle ne participait pas à tout cela. Une partie de lui voulait une explication de sa part, quand il savait pertinemment que son affection pour elle le rendrait faible et facilement corruptible. De plus, il savait surtout qu’en exposant ses trouvailles auprès de Malaya, il risquait aussi sa propre vie. Il ne savait plus sur quel pied danser ni même comment poursuivre et se servir de ces photographies. Il reste là, sur le canapé, plongé dans ses pensées, dans ses retranchements et dans ce questionnement dual qui le rendrait fou. Il est si pénétré par cette réflexion, ce tiraillement intérieur qu’il ne remarque même pas que Ella est entrée dans la pièce, faisant preuve d’une bonne humeur qu’il ne voit pas. Elle s’installe à côté de lui sans qu’il n’y porte d’intérêt et commence à lui parler. Il ignore ce qu’elle dit, parce qu’il ne l’écoute pas. Parfois, il pose son regard sur elle, pour donner l’illusion mais c’est plus fort que lui, il ne parvint pas à sortir de ses pensées actuelles qui le hantent. « Et Jay m’a pris contre le mur et on s’est sauvagement envoyé en l’air ! » Ella a bien remarqué que Hunter était ailleurs, complètement ailleurs, c’est pourquoi elle décide de changer totalement de registre, afin de le faire réagir mais bien évidemment cela n’a pas le moindre effet sur le jeune homme qui hoche la tête sans savoir de quoi il en ressort. « Ca te dérange pas ? Tu es d’accord ? » Elle affiche un sourire en durcissant son regard pour qu’il reprenne ses esprits et lui accorde un semblant d’intérêt. Ce n’est que lorsqu’elle lui presse le bras qu’il reprend ses esprits. « Quoi ? » La vérité était qu’il n’avait absolument rien écouté de ce qu’elle venait de lui dire et qu’il ignorait totalement de quoi il en ressortait, mais il savait à quel point Ella détestait lorsqu’il ne lui accordait d’intérêt. C’est pourquoi il feint de savoir ce quoi il en retournait. « Non, c’est très bien. » Il hoche la tête, n’ayant pas le moins du monde conscience de ce qu’il venait de cautionner. Et étrangement, cela ne fait que doucement rire Ella qui l’observe en silence, tout à coup curieuse de savoir ce qui pouvait le mettre dans cet état. « Il lui arrive quoi ? » Sofia, non sans mal vient s’écrouler dans le fauteuil juste en face d’eux, laissant ses béquilles tomber sur le sol et fronce les sourcils alors qu’elle dévisage son frère qui tente de donner le change comme il le peut. Mais le fait est qu’il n’arrive même pas à faire d’effort et à sourire pour leur faire croire qu’il allait bien. « Problème de cœur Hunter ? » Sofia sourit, de ce genre de sourire provocateur, cherchant le regard de son frère pour le faire réagir. Parce qu’elle est l’une des seules à être au courant de son histoire avec Malaya et elle prenait plaisir à le charrier là-dessus. Mais la non réaction évidente de Hunter, lui fait rapidement comprendre que quelque chose ne va pas. « Ne me dis pas que c’est encore cette Daisy ! » Ella fait une grimace de dégoût alors qu’elle lève les yeux au ciel. Hunter pose son regard sur sa sœur mais il ne relève pas ce qu’elle vient de dire. Si d’ordinaire il prenait la défense de Daisy face à la haine inexpliquée de sa jeune sœur à son égard, aujourd’hui, il n’en avait ni l’envie, ni la force. La seule chose à laquelle il était en train de penser, était celle de se dire à quel point Ella allait être effondrée en apprenant que sa meilleure amie n’était pas celle qu’elle croyait. Et cela lui faisait bien trop de peine. Parce que voir sa sœur dans ce genre d’état n’était pas ce qu’il voulait, d’où le fait qu’il ne lui avait jamais révélé quoi que ce soit de son histoire avec Malaya. Aujourd’hui plus encore. Il lui presse doucement le genoux, histoire de lui offrir un soutien dont elle ignorait complètement la cause avec un léger sourire qui se voulait rassurant. « C’est rien. » Il se tourne alors vers Sofia, qui parvenait bien trop à lire en lui et insiste pour lui faire comprendre, par un seul regard qu’il allait bien, que tout allait bien et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. « Je vais pas rester en fait, désolé. » lâche-t-il en se levant immédiatement du divan, sous les grognements de ses sœurs. Il leur avait promis de passer la journée avec elles et il venait de leur faire faux bon. Mais il ne prend pas la peine d’écouter leur supplication. Non, il s’empare de son ordinateur et de son appareil photo et quitte la demeure familiale immédiatement pour rejoindre sa voiture. Il avait besoin d’être seul. Il avait besoin de réfléchir à tout cela. Il avait besoin de calme et il avait besoin de se retrouver pour savoir ce qu’il allait pouvoir faire des informations qu’il détenait. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait plus. Pourtant, il démarre la voiture et se laisse machinalement guider par son inconscient. S’il est en pleine réflexion, il se retrouve pourtant rapidement devant l’immeuble dans lequel habitait son meilleur ami. Meilleur ami qui n’avait pas seulement ce statut pour Hunter, puisqu’il était aussi et surtout en ces circonstances particulières, membre des forces de l’ordre. Il était flic et il était exactement la personne à laquelle il devait remettre ces indices qu’il avait récoltés. Il prend son ordinateur sous le bras, une fois qu’il s’est arrêté à une place de parking et monte les marches pour arriver jusqu’à la porte de chez lui. Il lève le bras pour frapper mais à l’instant où sa main allait rentrer en contact avec le bois de la porte, il stoppe son geste. Il s’arrête et hésite à nouveau. Il ne pouvait pas faire ça. Il n’y arrivait pas. Il ne pouvait pas dénoncer Diego Solano, et risquer la liberté de Malaya sans l’avoir affronté. Il avait besoin d’explication, il avait besoin de savoir et même si cela voulait dire qu’il risquait sa vie, il ne pouvait se résoudre à fournir ces indices aux autorités sans avoir recherché si elle était réellement la menteuse, criminelle et épouvantable personne qu’il pensait qu’elle était…

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Dernière édition par Hunter Rosen le Mar 19 Avr - 22:29, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 21:18



amuse-toi bien avec ta fiche, il m'a l'air super ce hunter

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won't lose you again
You and I walk a fragile line, I have known it all this time, but I never thought I'd live to see it break. It's getting dark and it's all too quiet and I can't trust anything now and it's coming over you like it's all a big mistake. Stood there and watched you walk away from everything we had, but I still mean every word I said to you.
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 22:00

Mon frère d'amouwwwwwwr
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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Jeu 10 Mar - 22:20

t'es trop mignonne Hélène, j'espère qu'il vous plaira mon petit Hunter

sestra d'amour c'est toi la plus parfaite de la terre

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Ven 11 Mar - 8:05

Le plus canon des BFF I love you

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Ven 11 Mar - 10:16


sexy le petit hunter
et attention je surveille hein

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Ven 11 Mar - 17:11

amelia la plus sexy des bff

mayala
et il n'y a rien à surveiller voyons

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Sam 12 Mar - 12:38

mouais je surveille quand même on sait jamais

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Mar 15 Mar - 19:53

Mais non ne t'inquiète pas, il n'y à rien à surveiller

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Mer 16 Mar - 6:30

absolument rien, exactement, même elle le dit

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Mer 16 Mar - 11:52

je sais pas pourquoi mais je le sens mal cette histoire là

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Mer 16 Mar - 17:25

Tu ne devrais pas

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MessageSujet: Re: if your demons were wildfires I would burn my hands to conquer them ϟϟ   Mer 16 Mar - 21:48

du love et rien que du love pour le big bro
oui je devais poster avec Sofia

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    Sometimes i tell myself i'm okay. I repeat it, like a mantra. I'm okay. I'm okay. I'm okay. I'm okay. Because I'm afraid if I stop it, even for one moment. One tiny little moment. I will drown in all the reasons I'm not okay.
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